Traversée du Vercors

Traversée du Vercors

Trouver une randonnée en montagne de quelques jours en novembre n’est pas toujours chose aisée mais le Vercors était le lieu parfait : isolement, paysages, faune, altitude, tout y est réuni pour marcher quelques jours loin du monde.

Le Vercors est un lieu particulier, massif calcaire des pré-Alpes situé à deux pas de Grenoble, il se démarque par son isolement et l’absence relative d’eau qui y règne. On y trouve également une faune riche et peu farouche. Le massif est facilement accessible en voiture ou en train, ce qui facilite la logistique transport. Et puis, je ne sais pas trop pourquoi, le Vercors et ses hauts plateaux ont toujours eu un raisonnement un peu mystique en moi et cela faisait longtemps que je voulais découvrir ce lieu.

Nous avons donc bouclé les sacs pour trois jours à la Toussaint. L’objectif était simple : rejoindre Corrençon-en-Vercors depuis Chichilianne en prenant le temps de savourer l’automne sur les Hauts Plateaux. Voici le récit de ce beau trek automnal le long du GR91.

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Jour 1 - De Paris au Mont Aiguille


Pour cette aventure, je serai accompagné de mon pote Geoffroy, Jeff pour les intimes. C’est gare de Lyon que nous nous retrouvons pour un départ matinal en direction de Grenoble. Nous y serons 3h plus tard Ô magie du Train à Grande Vitesse !

Pour la suite nous prendrons un TER qui nous déposera à Clelles. La gare et le village sont perdus au milieu de nulle part, ça y est, on y est, on peut commencer notre randonnées !

Celle-ci commence par une petite déconvenue, étant donné que Jeff a oublié sa carte mémoire d’appareil photo ! Je serai donc le reporter pour les prochains jours, lourde tâche que voici !

La première étape de la rando consiste à rejoindre Chichilianne et plus précisément la Richardière, au pied du Mont Aiguille. Il est environ 13h on a encore quelques heures devant nous avant la nuit.

En toile de fond de cette première étape, le magnifique Mont Aiguille, proéminence rocheuse culminant, seul, à 2087m. C’est un lieu historique pour l’Alpinisme car c’est la première « véritable » ascension réalisée en 1492. C’est également notre objectif de la journée car nous avons l’intention de bivouaquer vers le Col de l’Aupet.

Le chemin n’est pas train difficile jusqu’à la Richardière et relativement plat. Nous tournons au fur et à mesure autour du mont qui nous présente différents profils.

Une fois à la Richardière (1000m), nous attaquons le vif du sujet avec la montée au travers de la forêt domaniale de Chichilianne. Nous prenons rapidement de l’altitude et pour ma part je lutte un peu et j’ai le souffle court. Jeff, lui caracole en tête. Il commence à se faire tard et le soleil baisse à vue d’oeil.

Nous arriverons à l’épaulement sous le Mont Aiguille vers 16h, pour ma part exténué… Nous ne pouvons pas boire à notre soif car il n’y a pas d’eau dans le coin. Nous espérons en trouver demain à la fontaine de Bachassons. Pour le moment on installe le camp qui offre une belle vue sur le Mont Aiguille et la vallée environnante. Comme il fait encore jour nous partons tenter de trouver de l’eau sur le versant nord mais rien…on rentre bredouille.

Les températures chutent vite et le vent n’arrange rien ! Nous nous réfugierons dans nos duvets très tôt après un repas pris à la hâte ! Nous avons suffisamment d’eau pour ce soir mais il faut que l’on en trouve demain.

Comme souvent avec les premières journées, la mise en jambe n’a pas été facile mais nous sommes tout de même content d’être ici bien emmitouflés dans nos duvets.

Jour 2 - Du Mont Aiguille à la Fontaine du Playe


La nuit n’a pas été trop froide, nous nous étions équipés en connaissance de cause. L’aube nous réserve un lever de soleil rougeoyant et la météo est au beau temps, tout ce qu’il faut pour attaquer la journée du bon pied !

Le petit déjeuner sera frugal et rapide car le manque d’eau ne nous permet pas de faire un thé ou un café. On reprend donc la route assez rapidement une fois le camp plié.

La première étape nous emmène au Pas de la Selle qui sera notre porte d’accès aux hauts plateaux. Nous laissons les arbres derrière nous dans la montée qui se fait donc de plus en plus minérale. La vue jusqu’au col est merveilleuse : en contre bas la vallée nimbée des brumes matinales et le Mont Aiguille planté là dans toute sa splendeur.

L’arrivée au pas de la Selle révèle enfin les Hauts Plateaux et cela vaut le coup ! On se croirait dans le Rohan du Seigneur des Anneaux : de grandes landes d’herbes rases à perte de vue avec quelques arbres ici et là. C’est très beau et il y a personne surtout !

Nous bifurquons ensuite vers le Nord en quête de la fontaine des Bachassons. Sur la route nous croisons une petite cabane perdue dans la pampa, on y fait un stop 2min.

Nous cherchons la fontaine que nous trouverons un peu plus loin. Elle coule doucement mais elle coule, c’est déjà ça ! On remplie nos bouteilles à fond (3L/personne).

On reprend la route en direction de la Cabane des Aiguillettes pour prendre un café. Il fait beau mais ça souffle très fort, au point de nous déporter. La vue est très belle avec le Grand Veymont (2341m) en toile de fond tout coiffé d’un joli chapeau nuageux.

Nous arrivons rapidement à la Cabane des Aiguillettes mais celle-ci est déjà occupée par d’autres randonneurs avec qui nous nous installons le temps d’un café.

Les nouvelles ne sont pas bonnes par contre : nos compagnons de pti déjeuner nous informent que de nombreuses fontaines sont complètements à sec. Cela n’augure rien de bon ! On prend donc des bouteilles en plus que l’on remplie avec un peu de neige fondue au réchaud… On espère tout de même trouver un peu d’eau sur la route…

Nous repartons après cette bonne pause un peu « inquiet » de ce problème d’eau… nous verrons bien. Initialement nous voulions grimper en haut du Grand Veymont mais comme il est tout encapuchonné nous décidons d’obliquer plein ouest et de récupérer le GR91 plus tôt que prévu.

Nous passons donc par le Pas des Chattons où nous attend une belle surprise ! C’est en effet ici que nous attendent une dizaine de bouquetins littéralement en train de paître sur le chemin… Nous nous approchons avec précaution pour ne pas les effrayer au point de se retrouver à moins de 10m d’eux. C’est même à nous de nous décaler du chemin pour passer car ces messieurs (il n’y a que des mâles) ne prennent pas la peine de bouger… On en profite pour quelques photos !

J’avais entendu dire que la faune ici était peu craintive mais à ce point ! Comme je le disais nous ne sommes en présence que de mâles ici, les femelles sont plus haut avec leurs petits.

Le paysage change rapidement après le Pas des Chattons. Nous perdons de l’altitude, les arbres refont donc leur apparition en nombre. Ceux ne sont que des conifères par contre, les conditions étant toujours rudes ici en hiver.

Nous tomberons, un peu par hasard, sur notre premier Scialet un peu plus loin. Les Scialets sont des sortes de trou sans fond (tout du moins en apparence) qui sont dû à la nature même du sous-sol de Vercors. En effet celui-ci est principalement constitué de calcaire et est donc particulièrement sujet à l’érosion par les eaux. C’est d’ailleurs ce sous-sol karstique qui fait du Vercors un zone si aride car l’eau disparaît directement dans les anfractuosités du terrain. Dans tous les cas faut pas tomber dedans !

Nous rejoignons le GR91 un peu plus loin, au Nord-Est de la « Grande Cabane ». Nous suivrons à présent de GR qui traverse le Vercors de part en part. Direction plein nord.

On s’arrête un peu plus loin un peu avant la fontaine des Serrons pour casser la croûte. La vue est belle sur le Grand Veymon.

Nous poursuivons vers la fontaine des Serrons. Même si on nous a dit qu’elle était à sec on fait un détour de 100m pour aller voir. Et bien certes ça coule pas bien fort mais ça coule tout de même ! On décide donc de remplir toutes les bouteilles avec de la bonne eau (la moitié était remplie avec de la neige fondue et pas bien propre).

Bon il faut 10min par bouteille et on a 6 bouteilles à faire … Une bonne pause en perspective, mais ça nous va on est pas pas mal là au soleil.

9L plus tard on reprend notre chemin avec le soleil dans le dos.

Les paysages oscillent entre de la forêt au sol assez rocailleux et des espaces ouverts où croiser des bisons ne serait pas étonnant. On avance vite, c’est plaisant. On a pas croisé grand monde depuis notre départ de la cabane des Aiguillettes.

Plus loin nous croisons la fontaine de la Chaux qui ne coule quasiment pas (juste un goutte à goutte). On récupère un peu d’eau qui stagne dans le tuyau pour boire à la pause.

Nous poursuivons notre route dans le maquis sur encore 2km en direction de la fontaine du Playe, on compte bivouaquer non loin en espérant y trouver suffisamment d’eau.

Et nous avons de la chance car la fontaine a encore un débit acceptable. Nous aurons donc suffisamment d’eau, ce soir, pour boire à notre soif et cuisiner. Nous installons le camp juste à côté. La vue est belle d’ici mais les températures chutent vite avec le crépuscule et il a toujours beaucoup de vent.

Nous ferons un bon repas bien riche en comparaison de la veille mais nous ne nous attarderons pas dehors car il caille fort ce soir. Direction le duvet à 18h30 pour s’endormir pas très longtemps après. Une jolie journée avec pas mal de diversité en terme paysage et surtout une vraie immersion dans le Vercors sauvage.

Jour 3 - De la Fontaine du Playe à la Cabane de Carrette


Nuit fraîche mais pas de soucis avec les gros duvets. Le petit déjeuner sera plus sympa que celui de la veille étant donné qu’on a de l’eau. Nous faisons d’ailleurs le plein des bouteilles au maximum avant de partir car nous ne croiserons pas d’autres fontaines a priori et ce soir nous serons à la cabane de Carrette, il nous faut donc des réserves.

Nous reprenons la route en passant à côté de la Cabane de la Jasse du Play qui exhale une bonne odeur de feu de bois au passage…

Le chemin se poursuit ensuite au travers de la forêt et par de petites dépressions. Il y a un côté labyrinthique agréable. Un peu plus loin, non loin de la tête de cognaux, on surplombe la forêt et le soleil levant offre une belle lumière. On en profite pour faire une pause et faire des photos aériennes car on peut enfin faire voler le drone étant donné que le vent est tombé.

Nous continuons notre route le long du GR91. Les paysages sont toujours aussi beaux. La progression est rapide car depuis la veille nous sommes sur un faux-plat descendant.

Le GR91 nous emmène ensuite au travers du Canyon des Erges. Alors ce n’est pas le Grand Canyon non plus mais c’est originale, le sentier est encaissé entre deux falaises de 20m de haut environ aux formes organiques parfois.

Petite pause repas non loin du Pot du Play après la traversée du canyon. On a perdu un peu d’altitude depuis ce matin et cela se ressent par la présence de feuillus de plus en plus nombreux.

Nous atteignons ensuite rapidement la plaine de Darbounouse. Je trouve cet endroit magnifique notamment au moment où nous y sommes car les nuages créés des jeux d’ombres au sol tout à fait beau. On se croirait dans les Grandes Plaines américaine et on se serait pas surpris de voir un troupeau de bison en train de paître.

Séance photo pour immortalisé le moment.

De retour dans la forêt il ne nous reste plus beaucoup de distance jusqu’à la Cabane de Carrette. La météo a rapidement tournée à la grisaille et les températures ont chuté au passage.

Nous arrivons relativement tôt à la cabane qui est nichée dans une petite dépression à l’Est du chemin. Nous aurions pu continuer jusqu’à Corrençon mais nous voulions profiter de cette dernière nuit dans la forêt.

La cabane est déjà occupée par une maman, sa fille et une amie, nous partageons un thé avant qu’elles reprennent le chemin du retour.

Etant donné qu’il y a un petit poêle, nous allons voir dans les bois alentours si nous pouvons trouver un peu de bois mort mais la récolte est pauvre. Cela permettra peut être de gagner quelques petits degrés…

La cabane est on ne peut plus simple : une emprise rectangulaire avec poêle dans un coin et une table au milieu de la pièce, au fond un escalier mène à l’étage, un simple plancher en bois, prévu pour dormir. Sans être nickel ce n’est pas trop sale non plus, ça ira bien pour ce soir.

Notre solitude est vite interrompue car deux voyageurs arrivent : une fille et son petit frère qui viennent également passer la nuit ici, cela n’en sera que plus sympa.

L’heure passe vite et nous en sommes déjà au repas où nous partageons nos victuailles. Le poêle chauffe très peu et on est pas mécontent d’être à 4 ça réchauffe un peu.

Malheureusement, nous ne resterons pas à 4 car l’un de nos acolytes ne s’est pas senti bien en fin de repas et ils ont fait le choix de rentrer à leur voiture car ils pressentaient le besoin de voir un médecin rapidement… Dommage et pas cool pour eux car ils venaient exprès de Toulon…

Nous voilà de retour seuls. On profite de la fin de soirée au calme et au froid à la lumière de la bougie ! Bucolique !

Dodo tôt pour changer, demain retour à la civilisation.

Jour 4 - Arrivée à Corrençon et à la maison


On a pas trop mal dormi même si il a dû faire froid dehors comme en témoigne le magnifique paysage givré que nous réserve le réveil.

Commençons la journée par une session photo :

Le petit déjeuner prit, nous continuons d’admirer ce spectacle matinal dehors et en vue aérienne :

Ce moment contemplatif  passé, nous faisons les sacs une ultime fois, nous rangeons la cabane et c’est reparti, direction Corrençon-en-Vercors. Mais avant cela nous faisons un petit crochet par une grotte non loin de la cabane qui abrite une source.

On la trouve après quelques hésitations. Le lieu est assez sympa et surtout pratique si on a besoin d’eau.

Nous prenons ensuite effectivement la direction du village. Le chemin passe par un double lieu d’intérêt : la borne du 45e parallèle qui symbolise cette latitude ainsi qu’un monument à la mémoire des maquisards du Vercors car les Hauts Plateaux ont été un haut lieu de la Résistance durant le Seconde Guerre Mondiale.

Le chemin qui suit nous ramène à la civilisation. Il devient quasiment carrossable et serpente entre le golf et les circuits de ski de fond… Nous arrivons à Correçon-en-Vercors peu de temps après.

Jeff poussera jusqu’à Villard-de-Lans à pied mais j’opterai pour le stop de mon côté car j’ai une vive douleur au genou qui est apparue depuis hier…

Villard, qui est tout à fait sympathique comme ville, marque bien la fin du voyage, un pti coup de bus jusqu’à Grenoble et de train vers Paris et nous voilà au bercail…


Conclusion

Le Vercors aura tenu ses promesses : quel lieu extraordinaire ! A seulement 1h de route de Grenoble et tellement isolé. Il y a vraiment un sentiment de bout du monde ici. J’ai particulièrement été surpris par la variété des paysages et de leur étagement, en seulement 100m de dénivelé on passe de la plaine herbeuse à la forêt. 

La rando en elle même est vraiment sympa et accessible. Le seul point d’attention c’est l’eau, il faut se renseigner un peu en avance mais il existe ce site pour savoir l’état des fontaines : Lien

Je vous conseille donc d’aller découvrir ce beau coin de France aussi bien en été, en automne ou même en hiver en ski de rando ou raquettes.


Cirque de Gavarnie depuis le refuge de Baysselance - Pyrénées

Traversée Cauteret - Gavarnie

Voilà quelques temps que nous voulions découvrir les Pyrénées et notamment le Parc National (Lien vers le site du Parc). Nous avons donc profité de nos vacances estivales pour y randonner quatre jours depuis Cauteret vers Gavarnie . Un petit trek entre lacs, refuges et cols somptueux.

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Jour 1 - De Cauteret au Lac d'Estom


Nous sommes arrivés la veille à Cauteret. La ville est sympathique et bien active. Elle a également l’avantage d’être facilement accessible en train (avec un peu de bus à la fin). Dernier petit restaurant et surtout dernière nuit au chaud avant d’attaquer 4 jours en montagne.

Remarque sur la durée de la rando : nous avons choisi de prendre notre temps durant cette traversée et de savourer la montagne. Certaines journées, notamment la troisième, sont donc relativement courtes mais cela fait de bien de ne pas avoir à courir. La traversée doit être réalisable en 2 jours je pense en y allant à un bon rythme.

Nous sommes donc prêt pour monter au lac d’Estom en cette matinée. Le temps est à la grisaille et il ne fait pas très chaud. Nous rejoignons le début du chemin qui se trouve proche de l’intersection de l’Avenue du Mamelon Vert et de l’Avenue Charles Thierry (coordonnées GPS : 42°53’17.7″N 0°06’58.2″W). Le début du chemin grimpe au dessus de la ville dans le sous-bois. Nous sommes accompagnés de quelques randonneurs matinaux.

La section jusqu’à la La Raillière (1050m) ne présente pas un grand intérêt, on suit la route d’un peu plus haut sur un sentier « aseptisé ». L’arrivée à l’établissement thermale nous immerge dans une vraie foule. C’est la zone de départ pour le fameux Lac de Gaube. De notre côté nous bifurquons vers la montée du Lac d’Estom, il y a encore pas mal de monde avec nous.

La végétation change peu à peu, il y a à présent moins de feuillus et plus de conifères. Nous suivons la Gave de Lutour, le paysage est plus joli à présent mais le ciel se fait de plus en plus menaçant…

Après quelques temps nous passons vers la Fruitière qui marque la fin de la route. Nous rejoignons enfin des zones moins « civilisées ». Nous nous arrêterons un peu plus loin pour casser la croûte à côté de la rivière et avec un troupeau de vache pour l’animation. Il a toujours pas mal de monde sur le chemin.

La fin de la montée vers le lac se fera sous la pluie. Cette portion sera longue, c’est notre première journée de marche depuis longtemps, les sacs pèsent et la météo n’arrange rien. Sous le soleil la montagne doit être belle mais en l’occurrence on en profite pas trop.

Nous profiterons du petit Refuge pour se réchauffer un peu avec un thé. Ils sont complet ce soir, nous dormirons donc sous la tente. Nous l’installons un peu sous le refuge afin d’être à l’abri du vent cette nuit. On est pas trop mal même si ce n’est jamais drôle de bivouaquer sous la pluie mais ça fait partie du jeu…

Au final, une première bonne journée avec ce qu’il faut de dénivelé et des conditions météos peu sympathiques… Espérons que demain soit mieux, on verra.

Jour 2 - Du Lac d'Estom  aux Oulettes de Gaube par le Col d'Arraillé


Une bonne nuit froide et humide comme on les aime… Le réveil n’est pas des plus agréable ce matin et on préférerait rester au chaud dans le duvet mais bon il faut y aller…

Il ne pleut pas pour l’instant mais le ciel est totalement couvert et gris. Une fois en route on attaque la montée vers le Col d’Arraillé (2583m), le sentier offre une belle vue sur le lac aux eaux vertes.

La météo se gâte au fur et à mesure, les températures chutent, on se retrouve vite dans la brouillard et les quelques personnes que nous croisons nous disent qu’il y a de la neige fraîche au col… Rapidement, nous serons sous nos premiers flocons… L’ambiance est morose, nous n’avons pas très bien dormi, il fait à présent vraiment froid et il neige au moins d’août… le Charme de la Montagne !

Nous arrivons enfin au Col ! La montée a paru interminable avec ce temps … Il a bien un petit peu de neige en haut mais rien de méchant. Malheureusement, le brouillard nous bouche toute la vue qui doit pourtant être belle par beau temps.

Nous entamons la descente après une petite pause repas. On perd vite de l’altitude et ce versant est un peu plus abrité on se réchauffe donc un peu. Nous avons même droit à nos premiers rayons de soleil depuis notre départ de Cauteret… Le temps a l’air de vouloir changé mais c’est timide pour l’instant. Nous ne sommes pas les seuls à apprécier un peu de chaleur comme en témoigne notre rencontre avec une Marmotte peu farouche.

Nous arriverons rapidement au Refuge des Oulettes de Gaubes, c’est un endroit superbe ! Les Oulettes s’étendent au pied du Vignemale dans une sorte de mini vallée cernée de hautes murailles.

Nous ferons une pause au refuge avant d’aller monter la tente dans les espaces prévus à cet effet à l’ouest des Oulettes. Il n’y a pas grand monde pour l’instant mais il y aura pas mal de tentes ce soir.

Une fois la tente montée nous avons la visite d’un curieux qui a bien compris que les randonneurs sont généreux en pommes ou d’autres friandises !

La météo en fin de journée sera changeante avec quelques passages ensoleillés mais surtout de la grisaille et de la pluie. Les températures ont également beaucoup chuté ce soir. Nous nous emmitouflons donc dans la tente en espérant passer une nuit pas trop froide.

Dommage que la météo est été si moche aujourd’hui mais on a tout de même fait une bonne journée de marche et les Oulettes sont très belles. En fin de soirée, la face du Vignemale jouera à cache cache avec nous, nous offrant de belles images.

Jour 3 - Des Oulettes de Gaube au Refuge de Bayssellance


La nuit a été difficile ! Il a fait très froid comme en témoigne notre tente toute recouverte de glace ce matin. J’avais pris pour ma part un duvet plutôt typé été (confort 5-10°C) j’ai donc dû dormir avec la doudoune pour gagner en confort. Heureusement Hélène avait un bon duvet confort 0°C.

Il a fait froid mais ce matin, Ô bonheur, il fait grand beau !!! Nos premiers rayons de soleil après 2 jours de mauvais temps quel bonheur ! Les Oulettes de Gaube révèlent toute leur beauté sous les rayons matinaux. La face nord du Vignemale est superbe. Tout cela fait du bien au moral.

Nous sortons toutes nos affaires que nous mettons à sécher sur un grand rocher. Après 2 jours de pluie tout était humide. Nous enchaînons avec le petit déjeuner que nous partageons avec un autre couple de campeur. On sent bien que ce matin tout le monde prend son temps pour profiter de la météo.

Nous ne nous pressons pas pour plier le camp et ce n’est qu’à 11h que nous reprenons la route direction le refuge de Baysselance. C’est une petite journée en perspective mais comme je l’ai dit en introduction nous voulions profiter de la montagne et de ses paysages grandioses et nous ne serons pas dessus le soir venu.

Première étape, reprendre la route de la veille et rejoindre la bifurcation que nous avions pris sous le col d’Arraillé. Il y a un peu de monde sur le chemin mais c’est raisonnable. On s’arrête souvent prendre des photos car nous voyons enfin à plus de 200m ! On découvre en contrebas le Lac de Gaube et en face de nous les magnifiques roches rouges des montagnes fermant l’ouest des Oulettes.

Une fois la bifurcation dépassée, la montée se fait plus raide mais la vue sur le Vignemale et le petit glacier qui résiste tant bien que mal motive bien et nous fait avancer.

Nous arriverons finalement assez rapidement à l’Hourquette d’Oussoue (2734m) avant de redescendre vers le refuge de Baysselance (2651m). Nous découvrons une toute nouvelle vue qui s’étend à présent vers l’Est avec au loin Gavarnie. L’emplacement du refuge est superbe.

Nous croisons pas mal de personnes qui ont fait le chemin depuis le barrage d’Oussoue pour gravir le Petit Vignemale et ses 3032m.

Notre arrivée au refuge sera accompagnée d’une bonne omelette au fromage et d’une belle part de tarte ! Ça change des lyophilisés. L’équipe du refuge est très sympa.

Nous sommes en début d’après midi et nous profitons du soleil.

Nous irons finalement monter la tente un peu à l’écart, proche de la falaise, sur un promontoire qui nous offre une vue absolument merveilleuse sur la Montagne avec, au loin, le cirque de Gavarnie.

La soirée sera magique. Ce ne sera qu’une succession de lumières changeantes, de jeu d’ombres, de nuages aux formes fabuleuses. Un de mes plus beau bivouac en terme scénique et quel bonheur d’avoir enfin cette météo !

Nous nous endormirons donc au dessus d’une mer de nuage rougeoyante pour une nuit encore bien fraîche en perspective.

Jour 4 - Ascension du Petit Vignemale et descente à Gavarnie


La nuit a été froide mais rien de bien méchant. Le programme de la journée est chargé : ascension du Petit Vignemale (3034m) et ensuite longue route jusqu’à Gavarnie.

Pour l’ascension nous voyagerons léger : nous laissons les sacs au refuge pour simplement prendre de l’eau et nos appareils photos. Le temps est au grand beau, c’est parfait !

Première étape rejoindre l’Hourquette d’Oussoue à 100m au dessus du refuge, c’est chose rapidement faite. On oblique ensuite sur la gauche pour suivre un ensemble de sentiers plutôt clair en direction du sommet. Il est tôt nous ne sommes que deux groupes à faire la montée pour l’instant.

Le sentier est assez rocailleux, il faut faire attention à ne pas se prendre une pierre qui pourrait venir du dessus ou bien en décrocher sur les camarades en dessous.

Nous arriverons au sommet en à peine une heure. La vue d’ici est absolument magnifique ! Au nord les Oulettes de Gaube qui s’étendent sous un précipice vertigineux, à l’Est la chaîne des Pyrénées qui se poursuit à perte de vue. C’est somptueux ! Nous photographions, nous observons, nous profitons du moment surtout que nous sommes quasiment seuls à cette heure.

Retour au refuge après ce beau moment., il y avait déjà beaucoup plus de monde dans la montée. On s’arrête le temps d’un café et on attaque la longue (!) descente vers Gavarnie : au programme 1200m de D- et 10km à vol d’oiseau donc facilement 15km au total…

Le début du sentier fait rapidement perdre de l’altitude, on évolue dans les gorges creusées par la rivière. Les paysages sont beaux. Il y a quelques marmottes pour nous accompagner.

Nous arriverons rapidement aux Oulettes d’Oussoue et son barrage. Il fait très chaud à présent étant donné que l’on a perdu beaucoup d’altitude et que le soleil tape fort. Petite pause repas et on reprend la route. On suit le GR10 à environ 1800m. Les paysages ont bien changé. Nous avons quitté la haute montagne pour les alpages et il y a de nombreuses vaches. On nous expliquera d’ailleurs que ces vaches sont toutes espagnoles car un ancien traité Napoléonien laisse l’accès estival à nos amis ibériques…

La fin de la rando, même si les paysages sont beaux, sera très longue ! Entre les 1600m de D- cumulés sur la journée, la distance horizontale et les températures, nous serons content d’arriver à Gavarnie dans la perspective d’une bonne douche chaude, d’un bon lit et d’un restau !

Joie nuancée par la foule impressionnante que le cirque attire. On se croirait presque sur le périph parisien tant il y a de voiture et sur les champs Elysées tant il y a de monde. Par contre tous disparaissent après 18-19h et la ville devient morte jusqu’au lendemain 8h pour une nouvelle marée humaine. Toutefois le cirque vaut le coup d’être visité car c’est impressionnant. Nous n’avons pas eu le temps de la faire mais la rando jusqu’à la brèche de Roland à d’ailleurs l’air super.


Conclusion

Pour une première dans les Pyrénées nous n’avons pas été déçu ! Malgré les premiers jours de mauvais temps nous avons tout de même pu profiter de la beauté des paysages sur la deuxième moitié du trek. Cette traversée offre un bon patchwork des possibilités que réservent les Pyrénées. 

Ce qui est sûr c’est que nous reviendrons car nous n’avons pas eu beaucoup de temps et la liste de randonnées qui font envie est longue : la Brèche de Roland, la Vire aux Fleurs, le Néouviel, … pour ne citer qu’eux.

Nous vous conseillons donc d’aller découvrir ou redécouvrir cette belle chaîne de montagne qui s’étend tout de même sur 400km, il y a de quoi faire … 


Traversée du pont de neige - Laponie

Laponie Suédoise - De Nikkaluokta à Abisko

« L’Appel Sauvage » a encore été fort cette année ! Nous y avons évidement répondu : direction la Laponie Suédoise cette fois-ci avec Matthieu, Quentin dans la région du Kebnekaise pour une dizaine de jours fin juin entre Nikkaluokta et Abisko.

Initialement nous voulions suivre la Kungsleden sur cette portion mais nous avons fait évoluer la route durant la préparation et surtout sur place comme je l’expliquerai ci-dessous.

Notre motivation pour ce trek était surtout de se retrouver dans de grands espaces sauvages avec le moins de contact humain possible, en toute liberté. La Suède et la Laponie sont parfaits pour cela et nous avons vraiment pu profiter de la Nature et du grand air…

Suivez nous donc durant ces 9jours au milieu des forêts de bouleaux, dans les marécages ou la neige, loin de la civilisation, seuls et heureux de l’être !

L'itinéraire


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A l’origine nous voulions avant tout partir dans une région reculée avec peu de contact humain et au sein de laquelle nous pouvions vivre « la Grande Vie ». La Suède était le terrain de jeu parfait grâce à l’isolement qu’offre la Lapland (la Laponie Suédoise) et à la loi de l’allemansrätt.

En Norvège et en Suède, existe une loi qui stipule que la Nature appartient à tous et que chacun peut en profiter librement, dans son respect évidemment – Plus d’infos. Cette loi et cet état d’esprit permettent donc de jouir de la Nature Scandinave tout à fait librement et quasiment sans contrainte « humaines » contrairement aux espaces sauvages français qui sont très réglementés (ce qui est aussi bénéfique pour leur sauvegarde).

Nous avions donc décider de parcourir la Kungsleden entre Singi et Abisko en démarrant à Nikkaluokta mais après quelques recherches sur internet et des retours du terrain, nous décidâmes dans un premier temps de partir dans la Vallée de Vistas pour ensuite couper par les montagnes au niveau de la cabane de Raïtastugan et rejoindre le tracé classique.

La Kungsleden, le chemin Royal, dans son ensemble, est un parcours de plus de 400km entre Hemavan et Abisko. Il traverse les espaces sauvages du Nord Suédois entre le Sarek, le Vindelfjallen ou les montagnes de Saltoluokta. La portion Singi-Abisko est surement la plus courue car des refuges sont présents à peu près tous les 20km permettant ainsi de pouvoir parcourir cette portion de 90km avec un sac léger si on dort en refuge.

Le problème est que ce trajet était bien sur le papier mais l’hiver a été très tardif cette année et les conditions de neige ainsi que les retours qu’on a eu des locaux nous ont dissuadés de le suivre comme je vous le présenterai en détails dans le carnet. Nous avons finalement parcouru la vallée de Vistas dans son intégralité avant de rejoindre la Kungsleden à Alesjaure. Nous avons ensuite changé de vallée deux autres fois afin d’éviter de croiser du monde, nous avons donc marché dans la vallée de Gama puis celle de Kårsavagge. Ce parcours est intéressant car il est plus isolé de la Kungsleden et du nombre relativement important de personnes qui le parcourt (environ 50-100pers./jours en haute saison) ; il offre une bonne diversité de paysages entre forêts de bouleaux et toundra de montagne.

Départ et premier jour : début du voyage et premières galères


Rendez-vous à 8h à Charles de Gaulle pour le départ. J’y retrouve Matthieu et Quentin avec nos (énormes) sacs à dos remplis de 10 jours de nourriture, on ressent l’excitation du départ et l’envie d’en « découdre » avec nos 100km dans la « pampa ».

Le vol de 2h30 est rapide ; nous voilà donc à Stockholm (plus précisément Arlanda). Nous avons décidé de faire la suite du voyage en train. Ce moyen de transport permet de prendre le temps, de vivre la transition vers le nord en douceur,…, surtout avec 21h de voyage…

Avant de prendre le train, nous devons l’attendre, on attaque donc 5h passionnantes à l’aéroport. On en profite pour refaire les sacs et revoir un peu le trajet.

Le train part à 18h, nous avons pris un compartiment de nuit à trois, ils sont pas mal mais un peu petit avec les sacs (à noter qu’il y a des douches ce qui est appréciable). On passera une bonne partie de la soirée à jouer aux cartes et à regarder le paysage défiler, celui-ci est principalement une succession de lacs et de forêts avec de temps en temps une petite ville…

La nuit, le soleil ne se couche qu’à peine, le cercle polaire se rapproche…

On ne dort pas si mal que ça dans ces petits compartiments. Il doit être dans les 7-8h lorsqu’on se lève. Re-jeux de cartes en prenant le petit déjeuner. On change de train vers 10h à Boden. Celui-ci a plutôt un format TER. La ligne part de Luleå et file vers Narvik à l’entrée des Iles Lofoten, il y a donc beaucoup de randonneurs. Ces 4 heures de trains paraissent longues, on les passe à regarder les paysages nordiques, on verra quelques élevages de rennes et deux élans non loin des voies.

Nous arrivons finalement (et enfin!) à Kiruna. L’arrivée est impressionnante car on passe devant l’immense mine de fer (27500 tonnes de minerais extraits chaque jours). La gare est située un peu en dehors de la ville, on rejoint le centre par une navette gratuite. De là, direction l’office du tourisme car on veut avoir quelques infos sur les moyens de transport pour Nikkaluokta.

En effet, les bus quotidiens ne commencent que le lendemain (26/06), nous souhaitions donc prendre un taxi. La dame au comptoir nous dit que c’est possible de se rendre sur place en taxi, par contre, d’après elle et un mail qu’elle vient de recevoir, la Kungsleden est quasiment impraticable car recouverte à 80/90% de neige ou bien est totalement marécageuse dans les zones sans neige… Coup dur ! A l’écouter, notre entreprise est vouée à l’échec du fait des conditions…

On essaie donc de réfléchir aux options : y aller quand même, attendre le lendemain pour avoir plus d’infos, changer totalement de lieu, … Changer de lieu : non, ça sera pareil et on a rien préparé ; reporté, à quoi bon ça repousse juste le problème sans changer grand chose à la situation; il nous reste donc la première option.

On décide donc d’aller voir sur place et si c’est pas bon, demi-tour et on avisera…

Nous voilà donc en taxi (après avoir mangé un horrible kebab dans Kiruna) direction Nikkaluokta. Je suis content de retrouver ces paysages du nord et leur ambiance sauvage…

1h30 et un petit dodo plus tard, nous arrivons enfin à Nikkaluokta, véritable départ de notre trek après 35h de voyage!

Il n’y a pas grand chose sur place si ce n’est une grande battisse qui fait office de restaurant, hôtel, boutique et surtout un sentiment de bout de monde et de début d’aventure.

Avant de partir on passe voir la gérante pour essayer de glaner quelques informations sur les conditions de terrain. Elle ne possède pas beaucoup plus d’infos que la dame de l’office du tourisme et nous confirme bien qu’il y a beaucoup beaucoup de neige (ce que l’on voit déjà facilement car toutes les montagnes alentours ont la tête blanche). Des pilotes d’hélicos du coin passent lorsque nous sommes en train de discuter avec la dame, ils nous confirment encore une fois que la neige est présente en masse et nous disent qu’ils ont même évacué des personnes la veille… Ce n’est pas très engageant … Avec toutes ces infos on reste sur l’idée de partir dans la vallée de Vistas car elle monte moins haut que la Kungsleden et donc sera plus déneigée sur le début. Les pilotes ne savent pas les conditions en fond de vallée,… on verra donc, au pire ça sera un demi tour.

Nous voilà enfin prêt ! On a les infos, les sacs sont pleins, il fait beau… Une dernière photo et C’EST PARTI !

Le début du chemin se fait sur la route pour 2km. On bifurque ensuite sur la gauche pour entrer dans la forêt et surtout dans le vif du sujet. On se fait directement accueillir par les moustiques !

En été, le grand Nord peut être un véritable enfer à cause des moustiques qui pullulent en très grand nombre étant donné qu’il y a beaucoup de marais. Nous espérions en avoir peu en juin ce qui aura finalement été le cas (surtout « grâce » à l’hiver tardif). Ils se font également plus rares à partir de fin août.

Le problème c’est qu’on a fait une erreur ! Sur la route, on a tourné trop tôt. Conséquence : on suit un chemin sur quelques centaines de mètres mais celui-ci disparaît rapidement. On se retrouve alors à marcher soit dans de la forêt broussailleuse ou bien, Ô bonheur, dans des marécages gorgés d’eau ! Comme on le voit sur la carte ci-dessous, on était pas loin du vrai chemin, mais la résolution de notre carte papier (1/75000e) ne nous à pas permis de retomber sur nos pattes surtout que nous ne savions pas dans quel état était le « vrai » chemin.

Nous luttons donc pour avancer sur ce terrain horrible, les pieds et le pantalon trempés tout en étant attaqués par les moustiques, je finis même à un moment dans une sorte de trou d’eau caché par de la mousse avec le niveau au dessus des genoux, ce qui mouille l’appareil photo et « améliore » mon humeur…

Au final on aura fait 2km en 2h… A cet instant je me dis que ça va être un véritable enfer si tout le chemin est comme ça…

Il commence à se faire tard et nous sommes fatigués du transport, nous nous mettons donc à la recherche d’un coin pour la nuit. Après quelques hésitations nous trouvons celui-ci directement à côté de la rivière sur un terrain acceptable.

On monte donc le camp en se battant un peu avec les moustiques et en esquivant les fourmilières en grand nombre ici. L’ambiance va vite mieux après que l’on ait lancé un petit feu …

Repas rapide et vite au lit pour une nuit sans nuit, on est tous un peu fatigués. En tous cas, la vue est belle avec le soleil bas sur l’horizon et on peut voir ce qui nous attend demain dans la vallée. Je m’endors toutefois inquiet pour la suite, entre marécages infranchissables, neige et moustiques, … On verra demain, on est quand même pas mal…

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Deuxième jour : Plus loin dans la Vallée de Vistas


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Nous avons bien dormi malgré le soleil de minuit, je n’avais pas retrouvé cela depuis mon expédition au Svalbard. On vit les heures de la journée différemment.

On ne s’éternise pas trop car les moustiques se font pressant… Une fois le camp plié, on décide de partir perpendiculairement à la direction du chemin car on s’est dit, après lecture attentive de la carte, que le bon chemin devrait être par là… et voilà que nous croisons 200/300m plus loin un superbe chemin en planche de bois comme on trouve en Scandinavie (dans les Lofoten par exemple) ! Nous nous étions donc bien trompés hier… Pas grave.

Nous avançons évidemment bien plus vite sur ce bon chemin. Il fait grisou aujourd’hui mais les paysages sont agréables. Pour l’instant nous n’avons croisé personne depuis que l’on a quitté Nikkaluokta…

Arrivés à une grosse rivière, le chemin se fait plus discret dans les hautes herbes, on se trompe donc en partant sur la droite mais ceci est une chance car nous tombons sur un élan en train de paître gentiment à 50m de là… L’absence de bois me fais penser que c’est une femelle, elle n’est pas très grosse mais la bête est toutefois impressionnante. Elle nous laisse l’observer 1 minute puis s’éloigne sans trop se presser révélant, au passage, un second élan caché plus loin dans le sous bois…

Nous retrouvons le bon chemin après cette jolie rencontre. La traversée de la rivière se fait sur un pont de fortune en troncs de bouleaux. Nous croiserons ensuite un groupe de quatre Russes qui sont passés par les montagnes il y a quelques jours, bonne nouvelle ! On peut donc passer malgré la neige, les conditions se sont pas si horribles que ça.

Nous continuons la route à un bon rythme en prenant le temps d’admirer les paysages. Derrière nous, Nikkaluokta parait déjà loin, le réseau téléphonique a disparu depuis ce matin (on ne le retrouvera que l’avant-dernier jour du trek), nous sommes à présent vraiment au sein de la Laponie sauvage !

Il y a de nombreuses rivières à traverser sur le chemin, beaucoup sont relativement étroites, d’autres plus larges ou plus débitantes demandent un peu de jugeote. Mais celle devant laquelle nous sommes va être compliquée à traverser sans enlever les chaussures et le pantalon… C’est donc parti. On traverse chacun son tour, l’eau est gelée ! Elle arrive directement de la fonte des neiges et n’a pas eu le temps de se réchauffer …

Le chemin continue ensuite gentiment. Lors de la pause midi nous croisons deux Allemands qui arrivent d’où on veut aller ! Bonne nouvelle surtout que nous avons également croisé des Hollandais qui, eux, ont fait demi tour en direction de Nallo… Le chemin qu’on veut faire est donc réalisable même si on va un peu lutter d’après les dires des Allemands…

La journée est longue, surtout que nous ne sommes pas encore « chauds » et que les sacs sont lourds en ce début de trek. Quentin commence à ressentir des douleurs sur la crête iliaque et souffre un peu en marchant, pour ma part je commence à en avoir un peu marre, ça fait bientôt 16km qu’on marche. Deux gars qu’on a croisé un peu plus tôt (avec 10 personnes cette journée aura été la plus peuplée du voyage) nous ont dit qu’il y a des spots de bivouac très sympa plus loin à côté d’un pont. On décide donc de pousser encore 2km.

Et en effet, on trouve un emplacement parfait pour le bivouac : terrain plat en herbe rase, rivière en contrebas à 20m, coin pour le feu de camp… Parfait !

Cerise sur le gateau : je repère un troupeau de renne dans la forêt un peu plus loin ! Ils ne nous ont pas vu, on s’approche donc discrètement pour les observer. Ils nous repèrent évidemment avant longtemps et s’échappent en nous gardant à l’œil.

Le camp sera vite installé et le feu rapidement lancé. Il fait relativement frais ce soir. Chacun se lave un peu à la rivière (l’eau est toujours aussi froide) et on profite d’un « bon » repas à base de lyophilisés et saucisson/fromage au coin du feu. On est bien ce soir là, on se sent libre. Nous sommes en train de vivre ce pour quoi on est venu, on a de la chance.

Fin de journée plus optimiste que la veille. A priori ça passe bien jusqu’à Alesjaure mais ça sera compliqué ensuite jusqu’à Abiskojaure…

Troisième jour : jusqu'à Vistasstugan


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Encore une bonne nuit même si le bruit de la rivière était assez présent. On plie, on range, on démarre. Le programme de la journée est léger : direction la cabane/refuge de Vistas à 10km de là.

Mais avant de reprendre la route : atelier bricolage ! En effet, les chaussures de Matthieu montrent des signes de fatigue inquiétant au niveau des semelles. Celle du pied droit est déjà bien décollée et celle du pied gauche ne va pas tarder… C’est pas cool pour la suite du trek. Heureusement j’ai pris mon gros scotch d’escalade qui est solide, on va donc essayer de maintenir la semelle en place ainsi et changer le scotch le soir, au pire Quentin en a aussi un peu et on a un peu de ficelle… On va bricoler mais faudra que ça tienne.

Nous revoilà en route, toujours plus loin dans la Laponie sauvage. Le début du chemin nous emmène vers un petit pont qui permet de traverser une rivière infranchissable autrement, plus loin, rebelote, petit pont qui traverse une belle rivière et qui offre une vue superbe sur la vallée en aval.

La carte montre la présence d’une hutte proche du deuxième pont. Nous ne sommes pas rentrés à l’intérieur mais celle-ci à l’air plus que sommaire.

Le chemin nous mène ensuite vers Vistasstugan. Nous y arrivons 4h après le départ du camp ce matin (sans se presser). La journée de marche aura été courte.

Vistasstugan est normalement gardé mais le gardien n’arrivera que 2-3 jours plus tard d’après ce qu’on nous a dit à Alesjaure le lendemain. Les installations couvrent une surface assez grande car il y a plusieurs bâtiments d’habitation ou technique et même un sauna !

En ce qui nous concerne on se dirige vers la cabane d’hiver (celle proche du pont) qui reste ouverte annuellement et qui contient en particulier un téléphone de secours en cas d’urgence. La cabane est vraiment sympa, c’est même étonnant à quel point c’est bien aménagé, entretenu et propre ! L’ambiance à l’intérieur est très cosy, il y a quatre lits (relativement confortables), une table, un superbe poêle qui chauffe très bien, du gaz et une petite gazinière (grand luxe) et pas mal de matériel de cuisine. On se croirai à la maison !

Nous prenons possession des lieux pour la journée et la nuit, voilà trois jours déjà que nous sommes partis et cela serait bête de pas profiter de ce petit confort histoire de bien charger les batteries, surtout que d’après ce qu’on sait, les prochains jours vont être durs !

A peine installés, nous sommes accueillis par des rennes qui passent en plein milieu des cabanes.

L’après-midi commencera par un copieux repas suivi d’une alternance de sieste, « douche » à la rivière, jeux de cartes (beaucoup) et tout simplement profiter du moment.

On lancera également un feu dans le poêle histoire de se réchauffer et de faire sécher les affaires, ce dernier donne très bien, il fait donc vite très(trop) chaud dans la cabane mais c’est pas mal.

Vistasstugan est un beau site, il offre une jolie vue sur les montagnes alentours, sur la vallée. On y trouve également le début du chemin pour Nallostugan.

Nous serons rejoint, en début de soirée, par deux américaines qui arrivent d’Abisko, ce qui est une bonne nouvelle car cela fait deux groupes qui arrivent de cette direction, c’est donc bien réalisable. Comme on a pris trois lits sur les quatre de la cabane elles décident de planter la tente un peu plus loin, on partagera tout de même le repas et la chaleur du poêle.

On ne se couche pas trop tard car demain on a une longue route jusqu’à Alesjaure.

Bien que le refuge soit non gardé il y a une petite « taxe » dont on doit s’acquitter (250SEK / nuit / personne). Vous pouvez régler le montant par versement bancaire ou bien au bureau STF à Abisko (et peut être à Nikkaluokta mais j’ai un doute).

Quatrième jour : de Vistasstugan à Alesjaure


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Direction Alesjaure après rangement et nettoyage de la cabane. Les batteries sont bien rechargées, le scotch sur les chaussures de Matthieu mis, les sacs blouclés… C’est parti pour 19km !

Nous quittons aujourd’hui la vallée de Vistas après trois jours à la traverser. Nous commencerons à prendre un peu d’altitude pour arriver au final  à un petit col qui nous permettra de « descendre » sur Alesjaure.

La végétation change rapidement, les arbres se font de plus en plus rares et rabougris, la toundra prend la place. Le fond de la vallée est beau et sauvage en tous cas.

Nous aurons la chance de passer non loin d’un couple de rennes peu de temps après le départ. Ils ne manqueront pas de manifester une certaine curiosité durant leur fuite. Les rennes sont, ici, habitués à l’homme étant donné qu’ils appartiennent aux Samis et sont parqués plusieurs fois par an pour être comptés ou marqués.

Le chemin est bon et relativement sec sur cette portion. On avance bien.

Nous ferons la pause du midi en face de la cabane de Renvaktarstuga, on aurait aimé qu’elle ne soit pas de notre côté de la rivière (qui semble compliquée à traverser) car il bruine un peu.

Plus loin nous traverserons la Moarhmmàjhoka sur un autre petit pont, tous sur le même modèle, simple mais efficace. Juste derrière, nous entamons la montée sur le col. Derniers regards sur la vallée de Vistas qui aura tenu ses promesses en terme de paysages et d’isolement.

Nous croiserons ensuite trois groupes distincts, des Suisses, des Estoniens et des Allemands qui arrivent tous d’Abisko. Ils nous donnent tous la même version du chemin, c’est à dire réalisable mais on finit trempé et on a souvent la neige au dessus des genoux voir de la taille pour la portion Alesjaure/Abiskojaure… Malgré la bagarre qui semble-t-il nous attendre, nous passerons ce qui est toujours mieux que de faire demi-tour (les américaines de la veille nous ont quand même dit qu’un groupe de 9 personnes avaient appelé l’hélico à Alesjaure pour faire demi-tour…).

Le chemin passe ici sur une sorte de plateau. On commence à avoir nos premières plaques de neige. Celle-ci est plutôt bonne et ne nous pose pas de problème. On ressent bien que nous sommes en altitude car les arbres sont quasiment absents et les lacs encore partiellement gelés !

La cabane de Tjatjajaurekåtan est une ruine, elle peut toutefois offrir un relatif abri au vent pour une pause où si on bivouaque non loin, ce qui doit être sympa d’ailleurs.

Nous entamons rapidement la « descente » sur Alesjaure. Durant celle-ci nous passons non loin d’Alisjàrvi un campement Sami encore inoccupé car nous sommes un peu tôt dans la saison. La vue sur le lac permet de constater, qu’en effet, il y a beaucoup de neige sur cette partie de la Kungsleden.

Comme il commence à se faire tard dans l’après-midi la neige a ramolli, on passe donc un peu au travers mais rien de terrible pour l’instant. Quelques traversées de rivières et on arrive enfin à Alesjaure.

Alesjaure est une grosse installation, il y a pas mal de cabanes. Je ne sais pas combien de personnes peuvent être accueillies ici mais on se dit qu’il doit y avoir pas mal de monde sur la Kungsleden à la haute saison.

Nous ferons un stop au refuge, le temps de discuter un peu avec les sympathiques gardiens des conditions et de leur faire notre retour sur l’état du chemin côté Vistas.

Nous ne resterons toutefois pas dormir ici, nous préférons poser le bivouac un peu plus loin. On continue donc 300 mètres plus loin et on trouve un bel emplacement qui offre une vue imprenable sur la vallée. La végétation a bien changé, ici on ne trouve que des arbrisseaux et de l’herbe rase.

Le camp est vite installé, on se relaxe car nous avons bien marché. Matthieu part à la recherche de baies et nous ramène quelques camarines noires (c’est dommage d’ailleurs car il y a encore peu de baies étant donné que l’hiver a été tardif).

La fin de soirée sera fraîche car le vent souffle fort et il descend directement des montagnes. On a toutefois quelques passages ensoleillés qui permettent de profiter.

Demain nous attend une journée difficile, on mange donc pas mal et on se couche tôt.

Cinquième jour : la journée difficile (ou pas) !


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Une journée de plus en pleine Laponie Suédoise et pas des moindres car aujourd’hui nous attaquons la partie tant redoutée depuis le départ.

Notre stratégie pour la journée est établie : la majorité des groupes rencontrés ont suivi le « vrai » chemin de la Kungsleden en longeant le lac or la forme de la vallée fait que l’eau ruisselle et stagne dans cette zone ce qui rend la neige mauvaise et que l’on finisse trempé à patauger dans un mélange neige/marais. Nous avons donc choisi de passer plus en hauteur vers 800-850m afin d’être dans une zone où l’eau ne stagne pas et de profiter de l’altitude pour avoir une neige un peu plus froide.

D’après les retours qu’on en a eu la principale difficulté est concentrée sur la traversée d’une importante rivière 2km après Alesjaure et dont les ponts de neige en partie basse sont cassés, nous espérons donc en trouver de bons sur notre chemin, plus haut.

Nous prenons donc la route après avoir plié le camp, au bout de cinq jours chacun a à présent ses réflexes, ses rituels, on est à présent à 100% dans le trek. Il faut avouer que l’absence de réseau est positive pour cela car on est réellement déconnecté du monde extérieur.

Le début du chemin est bon et on profite de la fraîcheur matinale pour progresser rapidement sur la neige dure. On s’enfonce un peu quelques fois mais rien de dramatique. La fameuse rivière se rapproche mais pour l’instant aucun problème et pour couronner le tout il fait beau !

Nous arrivons donc en 45min à la rivière, on comprend rapidement pourquoi elle peut poser problème : elle est relativement large et le débit est impressionnant. Coup de chance nous tombons directement sur un pont de neige qui semble solide. Pour plus de sécurité on traverse chacun son tour ; ça passe tout seul ! C’est un moment de joie car nos appréhensions des jours précédents s’envolent, il fait beau et le paysage à cet endroit est magnifique ! On prend le temps de le savourer.

Nous restons ensuite sur les hauteurs car on voit bien que le fond de vallée est gorgé d’eau. On progresse relativement vite, il n’y a personne, c’est agréable et le soleil ne gâche rien à tout cela. La vue sur la vallée, en amont comme en aval, est magnifique.

Nous rejoignons la Kungsleden au niveau d’un « rengärde », un grand enclos circulaire pour parquer les rennes lors des comptages annuels. Le chemin se fait beaucoup plus boueux mais heureusement les sections aménagées permettent de ne pas être trop mouillés (même si au final l’eau trouve son chemin jusque dans les chaussettes).

L’utilisation de guêtres et de chaussures réellement imperméables est à recommander pour l’ensemble du trek pour limiter la pénétration de l’eau.

Nous avons avancé beaucoup plus vite que prévu mais cela ne nous sert à rien de courir car nous avons encore pas mal de jours devant nous et donc « le temps de prendre le temps ». On décide donc de passer l’après midi dans la petite cabane de Radunjarga, c’est un abri tout simple un peu en contre bas de la Kungsleden. Il est composé d’un sas (avec pelles et balais) et d’une grande pièce avec banquettes en bois, table et poêle. L’utilisation du bois de chauffage disponible est réservé aux situations d’urgences et il n’y a pas d’arbres dans les parages, on se passera donc de feu aujourd’hui.

Nous commencerons notre après-midi avec un bon repas, nous aurons même droit à un chocolat chaud maison préparé avec amour par Matthieu.

Nous passerons notre temps ensuite entre repos, corvée d’eau et jeux de cartes endiablés. Ce moment dans la cabane aura été une petite parenthèse dans le trek, le confort y était spartiate mais juste comme il fallait.

Nous avons choisi de ne pas dormir dans la cabane afin d’être au calme si jamais des personnes y arrivent tardivement. On installera donc le campement un peu plus loin sur les hauteurs pour profiter d’un emplacement sec. Le paysage et la lumière sont superbes.

Je me sens soulagé et serein en cette fin de soirée car je sais que nous allons pouvoir rejoindre Abikso ; même les chaussures de Matthieu et leur semelles qui se décollent ont l’air de vouloir tenir.

Nous nous couchons sous un beau soleil de minuit dans le calme de la lande de Laponie…

Sixième et Septième jours : changement de plan et repos


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Il n’a pas fait chaud cette nuit mais nous avons tout de même bien dormi. On reprend la route en suivant la Kungsleden. Il y a pas mal de neige mais nous progressons tout de même assez rapidement.

Nous en sommes au sixième jour et il nous reste encore trois jours avant de retourner à Kiruna or nous ne sommes qu’à deux jours d’Abisko. Nous avons donc décider de changer légèrement les plans : nous allons dans un premier temps changer de vallée pour celle de la rivière Kamajakka car nous commençons à rencontrer de plus en plus de monde ici et nous souhaitons être plus isolés. Nous avons également décidé de rester deux jours au même endroit pour profiter de la nature, du calme.

Nous bifurquerons donc de la Kungsleden au niveau du camp Same (quelques centaines de mètres après la barrière à rennes). Le chemin est ensuite un peu boueux mais c’est joli. Vers 800m d’altitude, nous grimpons sur une petite proéminence pour admirer la vallée en contrebas. Le paysage est magnifique. La vision se perd à des kilomètres sur une succession de pics enneigés et de lacs plus bas dans la vallée. On aperçoit en face de nous le camp Same de Rovvidievva. Nous nous installons pour grignoter en admirant la Laponie.

Nous entamons la descente. Le chemin est bon, il ne doit pas y avoir grand monde qui est passé ici cette année car on ne voit aucune trace. Nous arrivons rapidement au petit pont qui enjambe la rivière Kamajakka dont le débit et la puissance sont impressionnants. Par contre, Quentin se rend compte qu’il a perdu sa caméra un peu plus tôt, il file donc en arrière la chercher et, heureusement, la retrouvera rapidement.

Le camp Same n’est pas habité actuellement, on passe donc rapidement et nous continuons en direction du nord. Le terrain est particulièrement détrempé, j’espère que nous trouverons un coin agréable pour poser le camp.

Nous arrivons vers la rivière Hoiganjohka après 2km. Nous n’avons vu qu’un seul coin intéressant pour l’instant. Nous posons les sacs près du petit pont et nous partons en reconnaissance dans le coin pour trouver un bon spot.

Après quelques hésitations nous trouvons le spot parfait ! Terrain plat, vue superbe, rivière à 20m… Nous sommes même accueilli par un grand soleil juste après avoir monté le camp.

Nous nous installons donc pour deux jours dans notre petit camp. La suite de la journée commence par manger un bon bout au coin du feu que l’on vient de lancer. Nous partagerons ensuite notre temps entre farniente et atelier taillage de bois surtout pour Quentin et Matthieu.

La lumière en cette fin de soirée est magnifique, on profite pleinement du moment, de la nature Lapone. Nous n’avons croisé personne depuis que l’on a bifurqué de la Kungsleden, on se sent au bout du monde, isolés, on est bien… On ressent réellement de la plénitude dans ce genre de moment, nous sommes venu pour cela, nous voilà comblés.

On ne se couchera pas trop tard ce soir là car le froid nous rattrape même si le soleil ne se couche pas.

Le lendemain nous profiterons de la journée pour bien manger et se reposer, Quentin partira également faire une longue balade sur les hauteurs. Matthieu et moi resterons près du feu toute la journée à tailler du bois, à papoter… On sentira d’ailleurs le feu de bois dans les vêtements et les cheveux jusqu’au retour en France.

Nous ne verrons absolument personne ce jour là, c’est génial… On a de la chance d’être ici, en Laponie et de pouvoir vivre pleinement notre aventure.

Huitième jour : encore plus loin et plus seuls


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Fraîche nuit comme en témoigne le chapeau de givre sur les montagnes alentours.

Nous quittons le camp et faisons en sorte de ne laisser aucune trace de notre passage hormis deux petits bancs de pierre. Nous reprenons la route direction Abiskojaure et certainement vers plus de contact humain…

Le chemin est bon et bien marqué vers la cabane, avec la perte d’altitude, nous retrouvons des forêts composées de grands arbres qui contrastent avec les chétifs bouleaux des jours précédents.

Nous arriverons rapidement à Absikojaure qui est une grosse installation de cabane. Les gardiens nous diront qu’ils peuvent accueillir jusqu’à 60 personnes par nuit. Nous les croisons d’ailleurs en train de prendre le petit déjeuner et ils nous inviteront à nous installer avec eux afin que l’on échange sur les conditions de terrain. Je suis d’ailleurs étonné car je n’ai pas l’impression que les cabanes discutent beaucoup entre elles pour faire le point sur les conditions de terrain, les gardiens sont donc très intéressés par le retour que l’on peut leur en faire.

Un des gérants nous parle d’une vallée un peu plus au nord dans laquelle peu de personnes vont. Nous avions initialement prévu de suivre la Kungsleden jusqu’à Abisko mais la perspective de se retrouver encore plus isolés est séduisante. Nous changeons donc nos plans pour rejoindre la vallée de Karsåvagge.

Le début du chemin se trouve derrière l’emplacement de camping d’Abiskojaure. On longe d’abord le lac puis une petite rivière. On prend vite de l’altitude et la vue se dégage derrière nous révélant le lac, les montagnes alentours et à l’horizon. C’est beau.

La neige refait rapidement son apparition dissimulant un peu le chemin que l’on suit tout de même facilement grâce aux cairns régulièrement espacés.

Le chemin et l’ambiance générale du paysage sont de mieux en mieux au fil de l’ascension, il y a un air de jardin d’Eden, de nature intacte, pure. Sur notre droite deux troupeaux de rennes paissent, à gauche un petit ruisseau court entre les herbes. Il y a un grand soleil, nous sommes seuls, c’est un moment très agréable durant lequel nous étions particulièrement heureux d’être là et de partir à l’aventure dans une vallée où peu de personnes sont passées cette année.

Le chemin nous emmène de plus en plus haut, nous suivons les traces laissées par le gardien d’Abiskojaure hier, il n’y a que les siennes…

Nous arrivons au sommet (qui est tout plat et tout en longueur) vers 1150m d’altitude. La vue alentour est superbe : au sud ouest les vallées d’où nous venons et au loin le Kebnekaise. Au nord est, Abisko et le lac de Torneträsk.

Nous entamons la descente vers Kårsavagge. Il n’y a plus aucune trace le terrain est vierge à partir de maintenant. La vallée est particulièrement recouverte de neige, on voit d’ici les lacs qui sont encore gelés.

Il y a quelques cairns pour indiquer le chemin. C’est très beau. On a l’impression, encore une fois, d’être seuls au monde.

Il y a un chemin de l’autre côté de la vallée mais pour le rejoindre il faut traverser à guet vers la cabane de Kårsavagge. Nous ne prendrons pas cette option, nous choisissons au contraire de reste de ce côté de la vallée et de progresser hors sentier. Nous bifurquons donc vers la droite au niveau de la grosse rivière 500m après le sommet. La descente est rapide, nous utilisons les plaques de neige pour aller plus vite en se laissant un peu glisser.

Nous continuerons un peu plus loin le temps de trouver un bel emplacement de bivouac pour la nuit. Ce sera chose faite non loin de la rivière à un endroit où son lit se ressert.

Nous posons le camp pour la dernière fois car demain nous serons à Abisko. On est bien installé même si il y a un peu de vent. On se trouve un petit coin à l’abri pour prendre le quatre heure et jouer aux cartes.

Fin de soirée classique avec repas, moment de plénitude et lumière magnifique lorsque le soleil passe derrière les montagnes. Kårsavagge est magnifique en tous cas. Nous ne sommes pas loin de la Kungsleden mais on ressent bien qu’ici peu de personnes viennent. La vallée est calme, vierge…

Neuvième et Dernier Jour : Arrivée à Abisko...


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Dernier rangement, dernier petit déjeuner, dernier empaquetage… Nous prenons la route direction Abisko. Aucun de nous n’est pressé de retrouver la ville et son agitation…

Nous progressons dans la vallée de Kårsavagge hors sentier en direction du pont qui permet de traverser la rivière. On l’atteint rapidement mais son aspect nous interpelle un peu de loin… C’est en se rapprochant qu’on comprend mieux : une des lattes qui soutient le tablier est cassée ce qui fait que celui-ci pend au dessus de l’eau… Un écriteau, de l’autre côté, indique que le pont est fermé. Le problème est que si l’on ne prend pas le pont on se retrouve avec le choix de rebrousser chemin et traverser à guet plus haut (malgré le très fort courant) ou bien faire un sacré détour en aval… Vu l’état du pont on estime qu’on peut tenter. On se lance donc les uns après les autres et malgré quelques craquements nous passons sans encombre…

Il n’y a pas grand chose à dire sur la fin du chemin vers Abisko. Celui-ci offre une belle vue sur le Torneträsk et les sommets alentours.

Nous rejoignons au final d’autres chemins parcourus par des touristes de passage à Abisko. On commence à retrouver la civilisation… La fin du chemin débouche sur la route non loin de la fameuse porte qui marque le début ou la fin de la Kungsleden. Nous nous y arrêtons le temps d’une photo.

Nous voilà arrivés à Abisko! Les chaussures de Mattieu auront tenu finalement !

Il est 13h et le bus pour Kiruna passe à 18h, on s’installe donc à la Turist Station sur les tables dehors profiter du soleil. C’est la fête du Mid-Summer qui marque le solstice d’été. Il y a donc toute une animation de danse et de musique et même du gâteau ! Cela nous permet de passer le temps …

Nous embarquons à 18h en direction de Kiruna où nous passerons la nuit et le lendemain (nous dormirons à l’hotel Scandic Ferrum qui est plutôt pas mal). Nous profiterons d’ailleurs de notre jour de battement pour visiter la mine ce qui vaut le coup. Le soir nous passerons la soirée au Bishop Arm, le pub de Kiruna…

Retour en France le surlendemain. Retour difficile à la réalité entre la température qui a dû prendre 20°C, la pollution et la foule… La Laponie nous paraît déjà loin…

Conclusions

Encore un trek qui m’aura marqué. Ces dix jours en Laponie ont été absolument géniaux grâce aux paysages, à l’ambiance mais surtout grâce au sentiment de liberté et de nature vierge que l’on y ressent. J’avais quelques appréhensions avant le départ sur la nature du terrain et les difficultés que l’on allait rencontrer, appréhension confirmées à notre arrivée par les retour que l’on en a eu mais à présent avec le recul, ce n’était pas si dur que cela, au contraire. La difficulté physique modérée nous a permis d’encore plus en profiter. Je suis également content car c’était la première fois que je partais avec 10 jours d’autonomie dans le sac et j’avais même du rab au retour. On peut donc envisager des treks de cette durée voir même un peu plus long avec un sac de 65L bien rempli.

Ce trek était ma première expérience Suédoise et en Laponie. J’y retournerai avec plaisir ! A peine rentré j’ai commencé à regarder du côté du Sarek National Park pour une prochaine balade… Qui sait, on verra ?…

Je ne saurai que vous conseiller d’aller vous perdre quelques jours dans ces contrées sauvages que la main de l’homme à laisser intactes pour l’instant.


Paysage en chiens de traineau

Itinérance en chiens de traîneau

Introduction


Ça faisait longtemps qu’on en causait, que ça nous travaillait Qing et moi (Quentin) (entre autres choses…) : expédition chiens de traîneau en Laponie. Bon la Laponie c’était complet. Du coup plan B : direction Québec ! (pour le même prix). En plus on y a déjà fait un road trip en été et c’était juste génial. Ça sera surement le cas en hiver…

La vidéo de notre périple au fin fond du Québec :

Video de l'itinéraire en Chiens de Traineau

Le camp des loups


Après une petite journée/nuit à la ville de Québec où nous pûmes expérimenter les conditions climatiques qui allaient être globalement celles du séjour (froid + soleil) ainsi que la graille locale nous arrivâmes dimanche soir à Girardville près du lac Saint Jean. Le paysage qui défile pendant nos 5 heures de route est déjà une expérience : lacs gelés et forêts enneigées à perte de vue nous plongent directement dans une ambiance de roman de Jack London.

Arrivés à la nuit tombée au « camp des loups » nous fûmes émerveillés d’apprendre que nous allions dormir les 2 premières nuits dans des cabanes parmi des loups, de vrais loups. En effet si ça peut paraître logique vu le nom du camp, moi j’imaginais bêtement que c’était juste un nom. Imaginez donc une forêt, une nuit étoilée sans pollution lumineuse, une soixantaine de loups répartis en 3 meutes et 3 très grands enclos, nos 2 cabanes au milieu, puis soudainement ces fameuses bibittes (« bêtes en Québécois) qui se mettent à chanter à l’unisson : le pied total pour nous autres amoureux de la nature!

Nous vécûmes cette nuit là notre première expérience de l’hiver Canadien telle qu’on en rêvait. Même se déplacer la nuit jusqu’à la cabane toilette par -20 degrés fut un réel plaisir!

Le lendemain matin, on assista au repas des loups et à une séance câlin entre les bestioles et Gilles le boss du camp. Vous pouvez payer ici pour une expérience presque unique au monde, l’activité « contact avec les loups » où vous rentrez dans l’enclos d’une des meutes pour s’adonner à une séance de papouilles. Aucun risque, ces loups sont en fait « imprégnés » c’est à dire qu’ils ont été élevés et nourris par l’homme depuis qu’ils sont petits ce qui les rend dociles et affectueux comme de bons chienchiens à leurs mémères (à noter que seul un des enclos a ce type de loup).

On quitta le camp des loups pour rejoindre la base de préparation des expéditions, jointe à la maison de Gilles et au chenil. Les chiens sentaient probablement l’odeur du départ qui s’approche car ils braillaient un max et semblaient gonflés à bloc. Bon… on n’était pas encore sur le traîneau, ni même dans le chenil, mais la pression commençait à monter, tranquillement…

Après la distribution de bottes et moufles grand froid, notre guide d’expédition, dénommé Julien, commença à briefer notre petit groupe (Qing, moi et Dominique (une Belge)) sur un tas de détails techniques et nous annonça la couleur : « Je vais être obligé de vous parler maintenant de tout ce qu’il y a à savoir car dès que vous serez sur le traîneau il n’y aura pas de temps d’apprentissage, vous serez en autonomie et devrez gérer vous mêmes votre attelage. En kayak par exemple, on peut y aller molo et apprendre petit à petit sur le tas. En traîneau ce n’est pas possible ». Nous l’avons compris bien assez tôt : les chiens n’attendent pas, pas d’hésitation possible, pas de réglage de dernière minute autorisé… Imaginez que vous ne savez pas skier et qu’on vous balance direct sur une piste rouge avec uniquement quelques paroles et conseils théoriques en guise de bagage… et bien c’est exactement ce qu’on peut ressentir la première fois qu’on se retrouve aux commandes d’un traîneau.

Un état de fait nous apparu soudain comme une révélation : « hey! c’est compliqué en fait ». Aucune personne dans notre entourage n’ayant vécu l’expérience nous n’étions pas prévenus… à dire vrai il y avait bien le retour d’une collègue qui m’avait dit que son fils avait trouvé ça flippant mais je n’y avais pas prêté attention. Nous étions donc jusqu’avant ce briefing sans aucun à priori et dans une confortable naïveté (que peut-il y avoir de difficile à se faire traîner par de gentils chienchiens??).

Julien nous distribua également le nom des 4 limiers qui composèrent notre attelage. Il était alors très important de retenir leur nom car ordres, réprimandes et encouragements doivent souvent être ciblés à un chien en particulier. L’attelage de Q était ainsi composé de Corail et Karma en chien de tête ainsi que de Cosmos & Sikar à l’arrière. J’avais en tête Sky & Akouf et à l’arrière Jacks & Pépère. Bon, Pépère n’est en fait pas un vrai nom car je dois avouer que je l’ai tout simplement oublié… Pour ma défense, l’avenir nous dira que je ne devais garder qu’une seule de ces braves bêtes tout du long de l’expédition : Akouf (dit « le courageux »). Je reviendrai sur les causes du turnover de chien plus tard. Après ce petit briefing, la pression passa un cran au dessus : on avait plein d’info en tête et avions légitimement peur d’en zapper une importante…

La préparation des traîneaux consista à l’installation de la toile pour les bagages (opération qui me parut aussi pénible que mettre une couette dans sa housse) ainsi qu’à l’attache de l’ancre (sorte de grappin à planter dans le sol, dans le but de fixer l’engin).

Quelques minutes plus tard, nous voila à tirer nos traîneaux dans le chenil où 70 chiens de traîneau survoltés,de toutes les races nordiques (Husky, Malamutes, Groenlandais, Samoyèdes etc.), aboyaient à gorge déployée : + 1 cran niveau pression…

Une fois les traîneaux correctement disposés, il convient à chacun d’aller récupérer ses animaux en commençant par les chiens de tête. C’est là que le sport commença. Il faut aller chercher chaque cerbère, le détacher de sa niche et le ramener au traîneau. Problèmes généralement rencontrés :

  1. La dite bestiole a envie de se mettre sur la gueule avec une autre bestiole du chenil
  2. Les autres bestioles du chenil ont envie d’en découdre avec la dite bestiole (par jalousie peut être?)
  3. La dite bestiole n’a pas envie d’aller au traîneau et préfère aller courtiser de la chienne en chaleur / agacer du mâle

A ces situations s’ajoute un élément à considérer : chaque molosse est une vraie boule de nerfs et de muscles capable de tracter 2 fois son poids (sachant qu’un Malamute mâle peut atteindre jusqu’à 50kg…)

Je rencontrais plutôt les situations 1 et 2 mais fus heureusement aidé de Julien qui vint faire la police. Qing était plutôt sur la situation 3. et se fit traîner dans la neige (littéralement) par une de ses chiennes désireuse d’aller chanter la pomme (« flirter » en Québécois). Tout ça avec en parallèle Julien qui nous pressa de nous magner le fion (plus on met de temps, plus les chiens s’impatientent, plus ça peut partir en cacahuète). Inutile de préciser qu’à partir de ce moment là, toutes les consignes claires et cohérentes qu’on nous avait précédemment énumérées ne sont plus que poussières dans la tempête émotionnelle que nous subissons.

A peine le dernier molosse attaché que Julien nous fit signe de détacher les animaux attachés à l’arrière de nos traîneaux respectifs (les chiens de tête de chaque traîneau sont en effet attachés au traîneau de devant). C’est une étape hyper importante car si on part sans les détacher ces pauvres toutous peuvent tout simplement se retrouver étranglés et y laisser leur vie…

A peine les bestiaux de derrière détachés que mon traîneau démarra à 50000km/s sans attendre mon « OK » censé autoriser le départ. Déjà bien éloignés du chenil j’entendis un guide venu nous assister dans notre préparation me crier « l’ANCRE! N’OUBLIE PAS L’ANCRE! ». En effet j’avais été tellement pris de court que j’avais zappé que j’avais initialement une ancre enterrée dans le sol censée bloquer mes chiens à l’arrêt… Ces derniers avaient réussi à faire décoller l’engin sans difficulté alors que le grappin était solidement planté dans la glace… Et voici donc ce fameux grappin qui se baladait à l’arrière de mon bolide au risque de se coincer dans une souche et provoquer l’accident. Ni une ni 2  j’arrivai à choper le problème pour venir le fixer là où il était censé se trouver (du moins je croyais). Après 30 secondes je réalisai que le traîneau de Qing me suivait de prêt, mais sans Qing dessus… Une fois arrêté, elle nous rejoignit en courant puis nous expliqua qu’elle avait dû utiliser ses 2 mains pour déterrer l’ancre et que bien entendu les chiens n’avaient pas attendu qu’elle soit confortablement installée avant de démarrer. Elle avait bien réussi à se faire traîner sur quelques mètres, tel le skieur qui tombant du tire-fesse s’obstine à ne pas lâcher prise…

Nous revoilà vite repartis dans l’action car les chiens sont encore chargés à bloc et ne supportent pas d’être à l’arrêt. Il s’en suivi de multiples déboires et gamelles dont je vous passerai l’énumération. Les passages les plus difficiles à négocier consistent aux virages dans les descentes qui, si vous n’êtes pas bien positionnés et avez de surcroît une mauvaise vitesse, vous envoient systématiquement dans le décor.

Arriva un moment où je fis une gaffe beaucoup plus sérieuse que les autres : une fois n’est pas coutume Q s’était sympathiquement vautrée lors d’une descente et ses chiens avaient décidé de continuer la route sans elle (rien d’inhabituel en cela). N’écoutant que mon courage je descendis de mon traîneau pour arrêter sa meute. Seulement voila, mon propre quadruplet de canailles décida également de se faire la malle pendant que j’étais occupé à sauver ma belle. Ils n’allèrent pas bien loin : juste assez pour se mettre sur la gueule avec les chiens de Dominique qui était placée devant moi. S’en suivi une bagarre entre les 2 attelages d’une rare violence où Julien dû intervenir en distribuant les taloches… A noter qu’il est d’autant plus difficile dans ces situations de séparer les querelleurs du fait que les attelages s’emmêlent. Bilan du combat, beaucoup des pauvres toutous avaient pris de sales coups par ma faute… Jacks notamment avais pris une sacré morsure à la patte (je voyais du sang sur la neige). Julien ne manqua pas de m’engueuler à juste titre, en précisant que j’étais le seul responsable de la catastrophe… Inutile de préciser qu’à ce moment là je me sentais mal… très mal.

Julien décida ensuite de s’arrêter un peu plus tôt pour la pause déjeuner car tout le monde avait l’air d’avoir besoin de souffler. Une fois les chiens installés et tranquillisés, nous procédâmes moi et Q à une séance câlin / réconfort avec nos bêtes qui avaient tant souffert de notre incompétence. On essayait de les rassurer et de se montrer positif, mais notre cœur battait toujours la chamade. On dit que les animaux sentent la peur. J’espérais qu’à ce moment là ce n’était pas le cas!

Julien lança sans transition des sujets de conversation sans lien avec notre aventure actuelle. Ceci, je supposais, dans le but de détourner notre attention de nos problèmes et de baisser un peu la pression de nos cocottes minutes respectives. Seulement voilà, après moultes gamelles et gaffes plus ou moins sérieuses notre esprit ne voulait pas zapper de chaîne et notre participation à la conversation n’étaient donc réalisées que grâce au mode automatique de notre cerveau. La partie consciente de notre matière grise elle, passait en revue le concentré d’action qu’on avait subi dans la matinée…

En quelques minutes Julien avait abattu un petit arbre mort (bien sec!), l’avait débité en bûches et avait coupé ces dernières en 2. Il agença 4 demi-bûches en lignes parallèles puis superposa les autres en couches successives, systématiquement perpendiculaires à la couche du dessous. Avec quelques brindilles et de l’écorce de bouleau, le feu prit en 2 secondes avec juste l’aide d’un petit briquet!! Il est impressionnant de voir à quel point l’air est sec (du fait des températures négatives je suppose). Pour se désaltérer, rien de plus simple, il suffisait de remplir de neige la bouilloire puis de la mettre sur le feu. Barbaque et pains à toaster furent ensuite déposés sur le grill pour nous offrir le plus sauvage des barbecues. Le cadre, en pleine forêt boréale canadienne, était idyllique. Seulement, nos têtes pleines d’inquiétude n’étaient pas du tout réceptives car on était déjà mentalement en train de préparer le départ.

Le rangement des ustensiles de cuisine et de la bouffe doit être fait le plus discrètement possible car les canidés, loin d’être idiots, sentent très vite le départ arriver. A peine la dernière fourchette réintégrée dans la boite que tous les molosses étaient debout à aboyer qu’on traînait un peu trop. Quelques secondes plus tard on était chacun sur nos traîneaux respectifs et Julien nous fit signe de détacher les chiens de derrière.

A y est c’était reparti à 500000km/s comme ce matin. Même mon attelage qui comportait maintenant un blessé restait vaillant. Bon on maîtrisait tout de même un peu plus. Notre équilibre notamment se faisait de plus en plus naturellement. Ceci n’empêchait pas les multiples gamelles. Voulant revenir au camp par la rivière gelée (plate et tranquille comme on aime!), Julien décida d’emprunter des chemins ouverts par des motoneiges. Le petit problème est qu’il fallait, pour arriver à la rivière, se taper quelques descentes à pas piquer des hannetons. J’arrivais à les négocier tant bien que mal mais Qing par contre n’avait pas encore compris comment utiliser les freins. Lors d’une descente un peu plus raide que les autres, son traîneau allant plus vite que les chiens percuta ceux de derrière puis alla se renverser dans la poudreuse. Qing enterrée dans la neige jusqu’au nombril commença alors à montrer des signes de fatigue nerveuse. Pour couronner le tout, un de ses toutous avait décidé de la réconforter par une séance de léchouille alors que ses efforts étaient concentrés sur comment se dépêtrer de la neige. 2 de ses chiens, emmêlés l’un sur l’autre, commençaient par ailleurs à se reprocher violemment cet état de fait. Heureusement Julien intervint vite pour arrêter la bagarre et aider Qing à se remettre sur pieds. Le reste de la balade sur la rivière fut beaucoup plus tranquille mais notre esprit lui, était très occupé. Allions nous abandonner ce soir? Fallait-il continuer alors qu’on avait tant souffert aujourd’hui? On pensait alors que le boulot trankilou devant son ordi, c’était pas si mal finalement. Dans mon attelage, Jacks l’estropié montra vite des signes de fatigue (matérialisés par sa corde qui n’est pas systématiquement tendue) et il laissait des traces de sang dans la neige, ce qui me rappelait constamment mon erreur et me nouait l’estomac. Quant aux chiens de Qing ils regardaient désormais souvent derrière eux pour vérifier qu’elle avait toujours le contrôle et qu’ils n’allaient pas se faire botter l’arrière-train par un traîneau fou.

De retour au camp des loups, on passa la soirée à débriefer de notre calvaire et à lister toutes les techniques qui nous restaient à maîtriser. Gilles vint nous apporter le repas ainsi que quelques mots de réconfort : « la première journée est toujours la plus dure et ça ne peut aller qu’en s’améliorant ». Cet état de fait ne nous rassura pas des masses non plus vu le niveau duquel on partait… qui plus est le lendemain c’était le début de l’expédition de 4 jours et un abandon en cours de route ne serait alors plus envisageable…

Départ du camp


Le lendemain matin le stress était à son comble, avec la même suite d’actions et d’adrénaline jusqu’au départ à quelques différences prêts : il faut charger les traîneaux du nécessaire pour 4 jours d’expédition avec notamment les sacs de couchage grand froid et surtout la bouffe pour hommes et bêtes. Par ailleurs, mon pauvre Jacks, blessé à la patoune par ma faute, dû rester à la niche se reposer. Son poto Pépère fut lui aussi remplacé pour maintenir l’harmonie au sein de l’attelage (il est primordial de respecter les liens sociaux si l’on veut que tout se passe bien). A leur place je récupérai Keorn et Keffir, 2 frères malamutes mâles qui se ressemblent tellement que je ne sus jamais les distinguer.

A y’est, c’est parti pour quatre jours d’expéditions! Le départ fut violent mais nous avions tout de même retenu quelques leçons qui nous permirent d’éviter grand nombre de gamelles. J’utilisais notamment désormais régulièrement mon grappin en plus de mes freins pour calmer la hardiesse de mes limiers qui se montraient souvent un peu trop rapides et impatients.

Le temps était toujours au beau fixe et l’air de rien, le stress diminuait petit à petit. On commença à se permettre de ne pas être à 100% concentrés sur notre conduite et de contempler un peu le paysage magnifique qui nous entourait. Je sortis même pour la première fois ma caméra lors d’un long passage assez plat dans une tourbière.

Notre tranquillité fut à un moment interrompue par le passage délicat d’une petite crevasse creusée par un ruisseau, où nous devions emprunter un pont de glace. Julien passa le premier sans grabuge. Vint ensuite le tour de Qing qui s’élança à pleine vitesse comme commandée. A l’inverse de Julien cependant, le pont céda et son traîneau vint se planter violemment dans la neige ce qui ne manqua pas de la faire tomber. Celle-ci eu cependant le réflexe de s’accrocher de toute ses forces à la partie émergée des skis de son traîneau. Le temps que Julien arrive pour l’aider, elle avait tout de même mis un pied dans l’eau glacée, ce qui ne s’avéra pas très confortable pour le reste de la journée!

Nous arrivâmes en fin d’après-midi à notre premier camp, situé sur une île en plein milieu d’un lac gelé où nous fûmes heureux de découvrir un peu plus la vie de trappeur canadien telle qu’on l’imaginait. Après s’être occupé de l’installation des chiens nous allâmes chercher de l’eau au lac. Rien de plus simple sachant que celui-ci était recouvert d’une couche de 2m de glace! Heureusement Julien était équipé en conséquence. Après avoir dégagé la neige à coups de hache, celui-ci entreprit de percer la glace via une sorte d’énorme visse surmontée d’une manivelle. Après quelques minutes d’effort, l’eau jaillit du trou telle une fontaine, du fait de la pression exercée par la banquise.

S’en suivi une petite balade en raquette en duo avec Julien (les femmes avaient décidé de rester au chaud dans la cabane) où nous discutâmes politique, finance et permaculture. Je fus impressionné par la singularité de cet homme qui, nourrit d’une énergie débordante et d’une grande curiosité, ne limitait pas ses intérêts à son univers de coureur des bois. Bien au contraire, j’avais souvent l’impression que ces sujets l’ennuyaient car il passait rapidement à d’autres thèmes de conversation. Après réflexion, je me dis que je serais également las de répéter chaque semaine les mêmes choses à des citadins qui ne connaissent rien à la vie sauvage! Nous apprîmes plus tard qu’il était, en plus d’être guide, écrivain…

De retour au camp, on décida, moi et Q de tester le sauna avec pour objectif de clôturer l’expérience par un bain de neige… Une chose que je n’avais pas prévue en plongeant dans la poudreuse c’est que ce n’était pas de la poudreuse, mais plutôt de la glace, ce qui ne manqua pas de me meurtrir les genoux. J’étais cependant content de moi car j’avais résisté quelques secondes de plus que Q dans ce froid de canard 🙂

Après un dîner copieux nous nous endormîmes on ne peut plus rapidement…

Deuxième jour de raid


Le lendemain un élément que l’on n’avait pas vraiment rencontré jusqu’à présent s’invita dans notre expédition : le froid. Les autres en avaient déjà fait l’expérience pendant la nuit (-30 degrés paraît-il) sur le court chemin qui allait au petit coin mais j’avais réussi à ne pas avoir besoin d’y aller. Le soleil déjà haut dans le ciel, le thermomètre indiquait toujours -22 degrés. Les rafales de vent qui faisaient bouger la cabane nous indiquaient par ailleurs que ce n’était pas le bon moment pour une promenade de santé. On attendit un petit peu mais décidâmes finalement d’y aller malgré les conditions un peu rudes. Les moufles, jusqu’à présent plutôt optionnelles (on portait jusqu’à présent des  gants légers), étaient devenues une nécessité et ce fut une réelle difficulté supplémentaire que d’essayer de détacher/attacher les chiens avec.

Une fois parti, en trombe comme d’habitude (mais avec une appréhension moindre), je m’aperçu que Qing ne nous avait pas suivi. Celle-ci avait une fois de plus eu tout le mal du monde à retirer l’ancre solidement plantée dans le sol… Il convient d’ajouter que, du fait des difficultés des 2 jours précédents, Qing était courbaturée à un niveau tel qu’elle n’arrivait pas à lever le bras (NB : on comprendra donc mieux sa démarche de canard dans certains passages de la vidéo…).

L’épreuve en ce début de journée consista à résister au froid, dont l’effet était décuplé par le vent que l’on prenait en pleine face (étant donné qu’on évoluait essentiellement sur des lacs). Ainsi par exemple, avec une température de l’air à -20°C, et un vent de 35km/h (moyenne observée au canada au mois de mars selon windfinder.com) la température équivalente ressentie est de -43°C… Tout ça pour dire qu’on se situait très probablement à ces moments là dans la fourchette de températures correspondant à la définition de « Froid intense. Danger grand : gelures probables lors d’exposition prolongée. » (Lien vers source). Heureusement on avait pris le soin de se couvrir de la tête aux pieds par de multiples couches et notre chaudière interne était constamment alimentée par les efforts fournis sur le traîneau. Heureusement aussi, on arriva vite dans la forêt est ce fut comme si la température avait récupéré 20 °C d’un coup.

Le reste de la journée se passa sans grabuge notable, mise à part pour Dominique qui avait toujours quelques difficultés à asseoir son autorité envers sa meute. Une des probables raisons exprimées par Julien était qu’elle n’arrivait pas à changer de ton entre ses quelques encouragements et ses nombreux reproches, ce qui perturbait grandement ses chiens. Moka, un de ses deux chiens de tête, lui donnait spécialement du fil à retordre. Fatigué d’entendre trop souvent Dominique crier après l’animal, Julien décida de le changer d’attelage. Plus précisément, il me refila la bestiole en échange de Sky. Julien m’expliqua plus tard : « des fois, le feeling passe pas entre chien et homme, tout comme entre hommes. Dans ces cas là faut pas chercher à comprendre ». Moka était en effet un peu plus dissipé que le reste de ma bande (il ne perdait pas une occasion pour se rouler dans la neige) mais Akouf le remettait généralement dans le droit chemin (parfois en montrant les crocs) et finalement l’efficacité de ma meute n’était pas amoindrie.

Etant placée devant moi je voyais régulièrement  Dominique paniquer à l’approche d’une pente un peu raide. Elle répétait alors ce même mot, que ses toutous n’avaient très probablement jamais appris, avec une intensité croissante « doucement!, DoUcEment! DOUCEMENNNNNNNNNNT » puis ce dernier cri s’atténuait d’un coup comme celui de quelqu’un qui saute dans le vide.  Je savais alors qu’il fallait que je laisse passer un peu de temps avant d’attaquer à mon tour la descente car si Dominique s’était plantée sur le chemin ou même en bas de la pente, il fallait que je puisse m’arrêter avant de lui rentrer dedans. J’eus une fois affaire à cette situation et je dus mettre toute mes forces à la fois sur le frein et sur le grappin pour éviter la collision.

Arrivés à notre second camp, qui se révéla être la cabane la plus spacieuse du séjour, nous procédâmes à notre routine de travaux du soir (à noter que Julien effectuait quatre vingt pour cent des tâches): décharger les traîneaux, nettoyer les emplacements des chiens, leur donner à boire et à manger, aller chercher de l’eau au lac, ramener du bois dans la cabane, sortir les sacs de couchage etc.

Nous eûmes cependant le temps moi et Qing d’aller faire une petite promenade en raquette. Évoluer dans cette forêt où régnait un calme absolu avait quelque chose de magique. Seul le bruit de nos raquettes venait perturber le silence et le temps semblait être arrêté. Nous ne suivions pas de chemin et la nuit tombait, nous étions donc prudent. Julien nous avait notamment prévenu qu’il ne fallait pas marcher sur certains endroits de la rivière, où la glace pouvait se révéler être fragile. Après une petite demi-heure, il nous rejoignit, avec la démarche assurée du trappeur qui avait marché en raquette toute sa vie. Tout l’opposé de Qing qui avait, du fait de ses courbatures, une démarche de canard boiteux.

On arriva jusqu’à une clairière qui était en fait des lacs gelés entretenus par des castors (on n’aurait pas pu deviner si on ne nous l’avait pas précisé!).

La soirée Julien nous demanda si on souhaitait continuer notre expédition jusqu’au 3ème camp ou retourner au premier. Le chemin qui allait au troisième s’avérait plus technique que ce qu’on avait vu jusqu’à présent et vu qu’on n’était pas encore des as du traîneau, il nous posait légitimement la question. Ce  dernier campement était aussi selon lui le plus rustique. Si ma nature de perpétuel optimiste et curieux me faisait pencher pour le troisième camp, Qing était partagée et Dominique était clairement plus pour retourner au premier, ce qui du coup, n’aida pas du tout Julien… Malgré l’indécision générale, il finit par trancher: nous irions jusqu’au troisième!

Troisième jour de raid


Le lendemain matin, après le copieux petit déjeuner à base de pancakes et sirop d’érable, on s’apprêta au départ comme d’habitude. Il faisait toujours très froid et le port des moufles était de rigueur. Une fois les traîneaux disposés, Julien nous donna le top départ pour aller chercher nos chiens. S’enclencha alors le chrono habituel, où telle une course il fallait aller le plus vite possible car les molosses étaient déjà survoltés. Pour une raison que je ne m’explique pas, je fus assez lent et Julien me pressa comme d’accoutumé car j’allais « être en retard ». A peine les bestiaux attelés que Julien nous fit signe de détacher les chiens de derrière. Seulement voilà, j’éprouvai toutes les difficultés du monde à détacher l’attache avec mes moufles alors que les secondes étaient comptées… Je me débarrassai en vitesse de ma moufle droite puis détachai rapidement les bestiaux. Du moins je croyais, car je réalisai vite mon erreur, d’une extrême gravité : au lieu de détacher les chiens de mon traîneau j’avais simplement détaché la corde qui reliait les chiens de tête entre eux. A ce moment là un vent de panique s’empara de moi car je savais que si mon attelage partait, la pauvre bête qui était restée attachée à mon traîneau allait se faire étranglée (imaginer 4 molosses qui tirent une corde reliée à votre coup et que votre corps lui, ne peut pas bouger…) Je criai de toutes mes forces pour dire à Julien et Qing (situés devant moi) de ne pas partir pour de pas inciter mes chiens à faire de même mais ils ne m’entendirent pas sous le vacarme des aboiements. Il était déjà trop tard… ils étaient déjà lancés. Heureusement un miracle se produisit alors. Mon ancre, qui le premier jour n’avait pas résisté une seconde, restait sereinement plantée dans le sol. Après une manipulation de quelques secondes qui me parurent une éternité, j’étais lancé sur les traces de Q et Julien, tremblant et heureux d’avoir esquivé l’horreur.

Arrivé à hauteur de Qing et Julien, j’expliquais ce qui venait de se passer et vit le visage du guide pâlir (il avait faillit perdre un chien cette saison à cause du même type d’accident). Je n’eu pas le temps de lui dire que tout s’était finalement bien passé qu’il était déjà en train de courir à la rencontre de Dominique qui était resté bloquée au départ. Heureusement elle n’arrivait juste pas à déterrer la fameuse ancre!! Ainsi au final il y eu plus de peur que de mal!

Le reste de la journée ne fut pas aussi difficile qu’annoncé par ce faux départ. Le chemin était en effet assez technique mais il n’y avait pas trop de descentes de la mort comme le craignait Dominique. La difficulté résidait essentiellement au franchissement/contournement des nombreux obstacles de la forêt, ainsi qu’à quelques côtes un peu abruptes à grimper. Généralement, tout est question de vitesse, équilibre et maîtrise de la force centrifuge. D’autres passages délicats consistaient à faire comprendre à son quadruplet de coquins qu’il valait mieux, dans un virage serré, bien suivre le chemin plutôt que de couper à travers les bois. Ainsi parfois il était important dans un virage d’attendre que les chiens de derrières identifient bien là où ils devaient passer car ces derniers avaient souvent le mauvais réflexe de couper au plus court sans se soucier de savoir si le traîneau qu’ils tiraient pouvait également suivre…

On arriva en fin d’après-midi au dernier camp qui n’était pas une cabane mais une tente, située sur une petite île au milieu d’un lac.

Ici pas de toilette, il convenait d’aller dans la forêt pour faire ses besoins. Après notre routine habituelle de soirée je demandais à Julien si je ne pouvais pas aller couper un arbre pour faire du bois (je l’avais vu faire plein de fois lors de nos piques niques du midi) et celui-ci se proposa de m’accompagner. On ramena ainsi 3 arbres que l’on débita en buches. La nuit tombée, nous observions le ciel avec attention car l’application de Qing disait que c’était la soirée de la semaine avec le plus de chance de voir des aurores boréales. Malheureusement, les nuages, de plus en plus épais, éliminèrent vite toutes nos chances de voir le phénomène.

Dernier jour ...


La nuit ne fut pas très confortable pour une seule et bonne raison : le poêle chauffait énormément et la petite tente n’arrivait pas à évacuer la chaleur. Ne tenant plus, je sortis une paire de fois pour me refroidir et on garda longtemps la porte ouverte, alors qu’il faisait -20 dehors…

Au petit matin, nous fûmes réveillés par le chant de la meute, qui ressemblait étrangement à celui des loups. C’est la première fois que je les entendais se coordonner de la sorte et en fus touché. Nous amorcions notre dernière journée d’expédition et déjà je commençais à m’attrister de finir l’aventure. Je m’ébrouais : il fallait profiter à fond de cette dernière journée et ne pas penser au lendemain!

Je sortis pour aller au petit coin et fus surpris par le temps : il neigeait à gros flocons ce qui tout de suite me plongea directement dans une ambiance encore jamais vue, presque féérique. Après le copieux petit déj habituel, je m’imposais la corvée de ramassage de crottes. Julien avait plus nourri les molosses que d’habitude (car il les trouvait un peu maigrichons) ce qui augmentait proportionnellement la quantité d’excréments produite. Je dus ramasser ainsi en moyenne 3 gros cacas par chien (x 17 toutous = 3 seaux remplis à ras bord). Heureusement par ces températures, les étrons, gelés comme des esquimaux au chocolat, ne sentent quasiment rien.

Le départ se passa cette fois-ci sans accroche.  L’objectif de la journée était de retrouver le camp de base en passant par « la route des crêtes ». Celle-ci s’avéra beaucoup plus tranquille que le jour précédent mais c’était sympa de changer de paysage. En effet, on prenait de la hauteur et beaucoup d’endroits présentaient une vue dégagée.

Le départ se passa cette fois-ci sans accroche.  L’objectif de la journée était de retrouver le camp de base en passant par « la route des crêtes ». Celle-ci s’avéra beaucoup plus tranquille que le jour précédent mais c’était sympa de changer de paysage. En effet, on prenait de la hauteur et beaucoup d’endroits présentaient une vue dégagée.

A un moment je vis Julien crier « ORIGNAL DROIT DEVANT! » puis foncer à toute allure. En effet il avait aperçu deux orignaux, chose apparemment rarissime et nous encourageait donc à partir à leur poursuite pour avoir une chance de les voir. Malheureusement, les chiens de Dominique, qui étaient placés juste devant moi et Q, n’avaient pas envie de faire de même et nous restâmes donc à un rythme relativement lent. Nous avions donc presque vu des Orignaux sauvages, est-ce que cela compte pour quelque chose?

Il était toujours tôt dans l’après-midi mais déjà je reconnaissais la rivière du 1er jour : on s’approchait du camp de base et du chenil. Ça tombait pas mal car Qing avait percuté un arbre assez violemment ce qui avait abîmé son pare-choc et la déséquilibrait constamment (la pauvre devait perpétuellement mettre son poids sur la droite). Avant même de voir le chenil, on l’entendit : tous les chiens qui étaient restés au camp nous accueillaient par de chaleureux aboiements!

Dès que nous fûmes arrivés, nous dûmes raccompagner chacun de nos braves toutous à leur niche respective. Un vrai crève cœur! Qing versa une petite larme et moi je me retenais de ne pas en faire autant. L’aventure avait été courte (5 jours seulement) mais elle avait été d’une richesse intense et splendide.

Conclusions


Au moment où je vous écris (plus ou moins 1 mois après), il n’y a pas eu un seul jour sans que je ne repense à cette expérience formidable. Je repense à nos chiens bien sûr, mais aussi aux petits détails qui nous ont plongé dans un autre univers : les forêts de pins et d’épinettes, les barrages de castor, le pain croustillant cuit à la chaleur du feu du poêle, la sensation de la neige que l’on frotte entre ses mains pour se les laver, le crépitement du feu du pique-nique dans les bois, la fatigue du soir quand on se glisse dans le sac de couchage, le bruit de nos pas dans la neige, le chant des loups…

Aussi en seulement cinq petits jours, nous fûmes surpris de la rapidité avec laquelle nous avons développé des sentiments envers nos chiens. Chacun sa personnalité, ses qualités, ses défauts, son charisme auprès des autres. Sur mon attelage :

  • Akouf dit « le courageux » : le seul toutou que j’eus dans mon équipe du début jusqu’à la fin. Il n’en démord jamais et il est toujours le premier à vouloir repartir. Un vrai chien de tête! Il a aussi un sacré coup d’épaule qui lui a permis de rompre son attache (je dus alors en bricoler une  de fortune le temps de rejoindre Julien).

  • Sky dit « le larmoyant pelé » : ce brave chienchien avait en effet un pelage des plus singuliers : tout blanc sans poil long de telle sorte qu’on avait l’impression qu’il avait été tondu comme un mouton. Julien confessa qu’il n’avait jamais vu de chien « aussi moche », point sur lequel je n’étais pas d’accord (je trouvais qu’il avait une beauté singulière). Sky avait pour habitude de s’adonner à de longues séances de plaintes et jérémiades la nuit ou le matin (il était le seul à faire ça). A la différence de beaucoup d’autres, il avait un passé probablement difficile car ce dernier avait été recueilli par Gilles il y a peu de temps et avait avant appartenu à des familles. Il était en manque constant de câlin. On avait aussi l’impression qu’il se retenait de faire ses besoins, probablement par peur de réprimandes (il est difficile de désapprendre quelque chose à un chien).

Keorn et Keffir « les forts »: Les 2 frères malamutes mâles étaient les locomotives de mon attelage. Infatigables, on avait l’impression que rien ne pouvait les arrêter. C’était surtout grâce à eux je pense, que même dans les côtes les plus raides, je n’avais qu’un effort minime à fournir là où les autres mushers devaient pousser leur traîneau! Ça avait aussi son inconvénient quand il fallait les arrêter… Ils étaient par ailleurs peu bruyants et affichaient souvent leur indépendance, un caractère typique de leur race (« Même s’il présente des caractéristiques similaires avec le husky sibérien, le malamute est plus trapu, plus puissant, plus têtu et plus dominant. Le husky sibérien est plus fin, plus rapide tandis que le Malamute est plus endurant et saura tirer de plus lourdes charges sur des distances plus longues. » source: wamiz.com)

Moka « le fou » : Moka était un peu le foufou de la bande (on sentait qu’il était plus jeune que les autres) et devait être rappelé à l’ordre à la moindre distraction (pipi des copains/copines, animaux sauvages etc.).

Et n’oublions pas:

  • Jacks ‘l’estropié » : nul besoin de le redire, ce brave Jacks (qui veut dire copain en Québécois) fut durement touché dans la bagarre du premier jour et je m’en veux encore aujourd’hui.
  • Pépère » le brave » : compagnon de traîneau de Jack, je n’eu pas le temps de développer beaucoup de liens avec lui mais je suis sûr que c’est un brave et fidèle toutou!

Ajout par « Q » sur son attelage « 5 étoiles »: une équipe de choc, avec laquelle Julien n’a jamais eu de souci:

  • Les soeurs Karma et Corail: mes chiennes de tête. Karma est la vive et Corail la câline. A chaque fois que je venais les chercher au chenil, Karma se tenait toujours toute droite et remuait de la queue, comme si elle me disait « je suis toute prête, ramène moi maintenant! » je l’attachais en effet le plus souvent en premier afin de ne pas casser ce dynamisme. Corail en revanche était totalement différente. Au départ du chenil, elle était toujours couchée et dès que j’approchais, elle roulait sur le dos, non  pas parce qu’elle ne voulait pas partir, mais parce qu’elle adorait des câlins au point où j’avais même du mal à lui mettre son harnet! Mes deux leaders étaient supra intelligentes. Mais comme l’expédition tombait pendant leur période de « chaleur », elles pouvaient s’arrêter à tout moment en chemin pour une simple odeur de mâle. Heureusement que j’avais aussi Cosmos et Sikar.

  • Cosmos est « le moteur », un malamute jeune et bien dynamique, toujours celui qui relance le troupeau. Si cet entrain ne m’arrangea pas vraiment au début, surtout à la fin des pauses,  il s’avéra être un avantage énorme tout au long de l’expédition. Plusieurs fois, il boostait mêmes les 2 chiens de tête en donnant des petits coups de tête pour qu’elles avancent. J’appréciais beaucoup le geste.
  • Sikar est le « brave », et le plus costaud. Du coup il était aussi le plus lourd, et celui qui s’enfonçait le plus dans les passages de neige souple et profonde. A ces moments là, il ne tournait jamais la tête et avançait toujours avec une détermination touchante! Il était, plus qu’un chien, un vrai partenaire.


Downhead Patrick - Wild Atlantic Way

Wild Atlantic Way - Loop Head à Sligo

La Wild Atlantic Way, c’est 2500km de route le long de la côte ouest, sauvage, de l’Irlande. Cette route s’étend de Kinsale, au sud, à Malin Head au nord. Elle permet de découvrir de nombreux comtés Irlandais et de nombreuses pépites cachées auxquels la Wild Atlantic Way nous mène en suivant son logo si bien trouvé.

Je n’avais qu’une petite semaine de vacances, il m’était donc impossible de faire la Wild Atlantic Way en entier. J’ai donc décidé de limiter mes pérégrinations entre Limerick et plus précisément Loop Head et Sligo en prenant mon temps dans le Connemara que je voulais découvrir tout particulièrement.

Premier Jour - De Paris à Loop Head


Départ 09 Mars à 13h de Charles de Gaulle avec Aer Lingus. Comme je serai en voiture je n’ai pas été très économe sur les affaires prises, je pars donc bien chargé.

Le vol est rapide (environ 1h30), juste de quoi faire une petite sieste. L’arrivée à Dublin se passe sans encombre et je file au loueur de voiture après avoir récupérer mon bagage. Et là première surprise : j’avais trouvé une location à un prix vraiment intéressant par contre ce qu’il fallait lire dans les petites lignes c’est qu’un dépôt de garantie de 1500€ était demandé ! Evidemment je ne les avais pas sur mon compte, j’ai donc dû payé 160€  supplémentaires (équivalent au prix de location) pour abaisser le dépôt à 300€…

Vérifiez bien les dépôts de garantie demandés lors de la location de votre véhicule. De plus, faire attention avec les suppléments d’assurance que l’on va essayer de vous vendre et qui finalement ne change pas (forcément) grand chose. Pour ma part j’utilise une carte GOLD (gratuite avec la plupart des banques aujourd’hui) qui permet d’avoir une assurance complémentaire en cas de dommage sur la voiture.

Bon, passé cela je récupère la voiture, une VW Golf toute neuve. Je vais être pas mal là dedans. Je prends possession des lieux et c’est là que les difficultés commencent : ON ROULE A GAUCHE EN IRLANDE !! Il va donc falloir se mettre directement dans le bain (on notera le nombre de fois que ce « détail » est rappelé à l’aéroport, jusque dans les toilettes…). J’ai déjà conduis à gauche mais dans une voiture française, là il va falloir que je gère le sens de circulation et le passage des vitesses sur la gauche !!

Je m’embarque donc dans le trafic autour de l’aéroport et ensuite sur la M50, sorte de périph de Dublin. Au début j’ai l’impression de réapprendre à conduire : je ne vois pas les panneaux, je galère à passer mes vitesses, j’ai des trajectoires pourries,… Heureusement que le GPS est là pour me guider… Je me retrouve vite sur la N7 puis la M7 ce qui me permet de me « relaxer » un peu niveau conduite… mais ça va être difficile les premiers temps !

Je passerai sur la traversée de l’Irlande jusqu’à Limerick. Tout ce que je peux en dire c’est que c’est étonnamment rapide (2h30-3h).

Je sors des « grosses routes » un peu après Limerick vers Ennis pour rejoindre la N68 en direction de Kilkee, petite ville en bord de mer. La route rapetisse déjà et ça demande plus de concentration.

Au final j’arrive à Kilkee vers 18h30. La cité est calme, il n’y a pas grand monde dans les rues. Le front de mer est sympa mais pas renversant.

Je m’arrête le temps de prendre un peu l’air et de faire mes plans pour la soirée : au départ je voulais dormir dans un camping dans le coin mais ce camping n’est pas du tout en bord de mer et, est surtout composé de mobile homes et de caravanes… pas génial. Comme il est encore tôt je vais aller à Loop Head et j’aviserai sur place.

C’est à ce moment que je récupère réellement la Wild Atlantic Way et que commence vraiment le voyage. Les routes, sorti de la ville, sont minuscules ! Heureusement il n’y a pas grand monde et je peux m’habituer à cette conduite. Dès la sortie de Kilkee, on tombe sur une belle ligne de falaises vertigineuses. Je m’arrête déjà prendre quelques photos. Petite parenthèse : j’ai été marqué ces premiers jours par l’odeur très particulière (pas gênante ni désagréable pour autant) dans ces zones de falaise. Je n’en suis pas sûr mais je pense que cela est dû aux colonies d’oiseaux marins y nichant.

La route mène gentiment à Loop Head qui se situe sur une pointe. Les paysages sont constitués de champs, bien verts, c’est une région agricole. Il fait beau c’est agréable.

Loop Head et son phare se dévoilent rapidement au bout de la route. Le parking est quasiment vide, je vais pouvoir profiter sereinement du lieu. Le phare est sympa, il y a la maison du gardien à côté et quelques bâtiments techniques je suppose. Le tout est cerclé par un muret.

La pointe est belle, elle est entourée de hautes falaises avec pas mal d’oiseaux qui y nichent. Malheureusement mon objectif d’appareil photo ne permet pas de faire de photos satisfaisantes des volatils… Je me balade profitant de la quiétude de la fin d’après-midi.

Au final, je choisis de rester ici pour la nuit, il n’y a personne et ce n’est pas une petite tente qui va gêner. Je monte donc le camp juste à côté de la falaise et je me prépare à manger, par contre petit détail j’ai un peu oublié d’acheter du gaz pour mon réchaud… Heureusement il y a un van qui « campe » sur le parking et il me dépanne gentiment pour faire chauffer mon eau.

En Irlande et au Royaume Uni, le camping sauvage est globalement toléré. Par contre la quasi totalité des terres sont privées, il faut donc demander au propriétaire avant de poser son bivouac, celui-ci acceptera en général et vous conseillera même parfois un emplacement plus sympa. Le principal est de ne pas abuser et surtout de laisser le camp absolument intact après son départ.

Je finis la soirée ainsi à admirer le coucher de soleil sur les falaises. En écrivant mon carnet je suis éclairé par le phare de Loop Head, point de départ de mon voyage…

Deuxième Jour - De Loop Head à Galway


C’est parti pour la première vraie journée de road trip le long de la Wild Atlantic Way. Je reprends la route rapidement après un réveil matinal vers 6h… Autant dire qu’il n’y a personne qui roule à cette heure là ; ce qui m’arrange bien car cela me laisse le champ pour prendre mes marques avec la conduite à gauche sur ces petites routes.

Le premier stop se fera au « Bridge of Ross », une arche naturelle sur un petit bout de mer et formant derrière une petite « crique aux pirates ».

La route me ramène ensuite à Kilkee que je dépasse rapidement. On longe ensuite la côte sur des portions sympathiques mais pas émerveillantes. Je m’arrête rapidement à Spanish Point mais la plage est un peu décevante.

Comme le temps passe rapidement il est bientôt 9h et je commence à avoir une petite fringale. Je fais donc un crochet hors du circuit vers Ennystimon, petite bourgarde sur la N67. La ville est sympathique si ce n’est la « grosse » route qui la traverse de part en part et sur laquelle il y a pas mal de trafic notamment des poids lourds. Tout cela enlève un peu de charme aux jolies façades colorées des pubs et autres boutiques.

Je m’arrête tout de même chez Ginger Lou’s prendre un typique « Irish breakfast » composé d’œufs, de white et black pudding (équivalent à du boudin blanc et noir), du bacon, …

Direction ensuite les fameuses falaises de Moher après cette bonne pause !

Celles-ci ne sont pas loin sur la route. On sent que c’est une grosse attraction touristique quand on voit la taille du parking, l’affluence et le prix pour s’y garer : 6€/adulte. Par contre ça vaut le coup car les falaises sont vraiment belles.

Le site se développe vers le nord (à droite lors de la visite) vers la Tour O’Brien et vers le sud pour une balade le long des falaises. Il y a beaucoup de monde mais ça va ce n’est pas trop dérangeant. Par contre j’imagine qu’au plus fort de la saison touristique ça doit être noir de monde…

Je commence ma balade vers la tour pour admirer les falaises vers le sud. Il y a un peu de brume mais c’est vraiment beau : les falaises tombent à pic dans la mer du haut de leurs 200m. Beaucoup d’oiseaux y nichent également.

Je commence ensuite la balade qui longe les falaises vers le sud en direction de Túr an Mhothair, une seconde tour avec une geocache non loin. La balade fait dans les 5,5km aller et se fait en aller-retour. Il y a pas mal de monde au départ mais rapidement on quitte la partie (très) aménagée et la « foule » se dilue. On se retrouve donc rapidement au calme à longer les vertigineuses falaises.

Le rythme de marche n’est pas très élevé car il y a des photos à prendre tous les 10m…

Cette balade, qui prend tout de même environ 2h30-3h aller-retour (avec les photos) vaut vraiment le coup et offre de superbes points de vue. Je n’ai pas fait le centre touristique des falaises de Moher mais j’imagine qu’il doit y avoir quelques infos intéressantes…

C’est reparti ! La Wild Atlantic Way longe ensuite la côte sur de toutes petites routes en direction du nord. C’est très beau d’autant plus que sur la droite (vers l’est) se dévoile les landes des Burren vers lesquels je vais ensuite faire un tour.

Avant cela je fais un stop à Fanore beach pour quelques photos.

La route est toujours aussi jolie et vraiment pas large après Fanore beach. On passe par toute une série de petits patelins, c’est sympa.

Je pique vers le sud en suivant la N67 puis la R480 à Ballyvaughan en direction du dolmen de Poulnabrone. La R480 évolue dans les Burren c’est beau. Cette région est constituée de  landes avec beaucoup de rocailles calcaire affleurantes aux teintes blanches apportant de l’esthétisme aux paysage.

J’atteins rapidement le site de Poulnabrone. Il y a personne quand j’arrive, tant mieux. On trouve quelques panneaux explicatifs sur le chemin vers le dolmen. Ce dernier date d’une période de -4200 à -2900ans c’est à dire du néolithique.

Le dolmen en lui même est composé d’une grande dalle relativement fine reposant sur deux pierres verticales appelées « pierres portails » (portal stone en anglais). Le tout donne au dolmen une allure de portail en effet.

Le site est une sépulture, 33 personnes y reposant ont été découvertes (adultes et enfant) ainsi que de nombreux artefacts.

En tous cas c’est impressionnant et beau. Cela vaut le petit détour.

Demi tour. Je rattrape la Wild Atlantic Way en direction de Galway. Je m’arrête au passage admirer le château de Dunguaire qui est un peu un modèle du genre.

Il est environ 17h30 et l’arrivée sur Galway se fera dans les bouchons de la sortie du travail. Je laisse la voiture dans un parking en centre ville et je récupère ma chambre au Kinlay Hostel. C’est une auberge de jeunesse sympathique et surtout parfaitement bien située en ville (environ 20€ la nuit en dortoir).

Galway est une petite ville qui a du charme et qui a l’air dynamique. Beaucoup de monde dans les rues et en terrasse à profiter du soleil.

Je finirai ma soirée avec ma première pinte de Guinness dans un vrai pub irlandais. Je commencerai avec le Quays puis je m’installerai au Taaffes bar pour écouter de la musique traditionnelle. L’ambiance est très conviviale et il y a beaucoup de monde même pour un jour en semaine.

Troisième jour - De Galway à Cilfden


Après cette douce nuit bercée par les ronflements et les bruits gutturaux de mon voisin de chambrée, je reprends la route un peu fatigué vers le Connemara ! C’est la région que j’ai le plus envie de découvrir durant ce voyage car ça a l’air magnifique et « authentique » même si je n’aime pas trop ce qualificatif, pour le dire autrement j’espère que la culture traditionnelle Irlandaise et locale y est toujours forte.

Je retrouve la Wild Atlantic Way à la sortie de Galway. Le début de la route ne présente pas trop d’intérêt mais doucement la densité urbaine diminue et on commence à percevoir les landes de pierres du Connemara. Le paysage change réellement après le petit aérodrome vers Indreabhán. La R336 long la côte au plus près et on passe par de jolis villages. Au loin on commence à percevoir les collines (grosses collines de 700m pour les plus imposantes).

Je fais quelques arrêts dans de petits villages de bord de mer qui offrent de jolis petites ports ou des plages de sable blanc ; le tout a beaucoup de charme en tous cas.

La route se fait vraiment de plus en plus belle en particulier lorsque l’on oblique sur la R342. On aperçoit bien au nord les « Bens » ces grosses collines (ou petites montagne) qui donnent son caractère au Connemara. Il n’y a pas grand monde ce qui permet de profiter du paysage et de la conduite (surtout que maintenant je maîtrise enfin la conduite à gauche et en particulier le passage des vitesses).

Comme je veux « explorer » au maximum les routes du Connemara, je sors de la Wild Atlantic Way un moment pour couper au travers du « Roundstone Bog ». La route qui traverse ce marais est absolument superbe et offre un panorama saisissant. Je n’arrive pas à trouver son appellation mais il est facile de trouver la bifurcation qui y mène dans un sens comme dans l’autre.

En suivant cet itinéraire on évolue donc dans une lande humide parsemée de lacs avec pour toile de fond les « Bens » au nord. C’est également le premier contact avec les moutons en semi-liberté. Les brebis sont d’ailleurs quasiment toutes accompagnées de leur agneau car l’agnelage a eu lieu il n’y a pas longtemps. Je prends donc le temps de m’arrêter, de photographier, de profiter, c’est très beau…

Arrivé à Ballinaboy, je reprends la Wild Atlantic Way mais vers le sud, pour parcourir cette portion d’une part et également pour me rendre vers le Ben Leitri que je souhaite « grimper ». Cette portion de la route est très belle également et offre de beaux points de vue sur la côte. On notera en particulier la superbe plage de Port Na Feadoige qui donne plus à penser à la Polynésie qu’au Connemara vu la couleur bleu azur de l’eau et le sable blanc…

Je récupère et tourne à gauche sur la N59 un peu après Ballinafad.

Le début de l’ascension du Ben Leitri se trouve au niveau de l’auberge de jeunesse du même nom quelques kilomètres à l’ouest (vers Clifden)(Coordonnées GPS : 53.4728933,-9.8624709). Il y a de la place pour se garer, c’est relativement pratique. Je me mets à la recherche du début du parcours après mettre changer pour la marche et je tombe sur la proprio de l’auberge du jeunesse, une américaine de Los Angeles qui habite en Irlande depuis 17ans (je n’ai plus son prénom en tête…) avec qui je discute un peu du meilleur chemin pour le sommet. Elle me prête également une carte, très sympa.

Le sommet n’est pas bien haut : 557m mais il n’y a pas vraiment de chemin il faut donc tracer soit-même. Le début de la rando monte bien et surtout évolue dans de la prairie à moutons avec des grosses touffes d’herbes qui déstabilisent un peu la marche. On arrive rapidement à une sorte d’épaulement après une première « barre » de petites falaises plus difficiles à passer. En général les gens semblent prendre vers l’ouest pour contourner le sommet mais je choisis de suivre cet épaulement vers le nord-est et de « tirer » droit sur le sommet. Ça a l’air praticable et je m’aide des chemins tracés par les moutons pour avancer avec une bonne sente. En tous cas le paysage qui s’offre à moi vers le sud est déjà très beau !

Le sommet s’atteint au final assez rapidement même si ça grimpe fort. En tous cas pas de grosses difficultés pour quelqu’un qui a l’habitude des terrains un peu accidentés (par contre par temps pluvieux ça doit être plus compliqué car le terrain doit être glissant).

La vue au sommet est sublime car elle offre un panorama à 360° sur le Connemara. Au nord, les Twelves Bens, à l’ouest de marais de Roundstone, vers le sud et l’est la côte et la lande Irlandaise. Il n’y a personne je profite du moment…

Comme l’ascension du Ben Leitri a été plus rapide que prévue, je décide de pousser jusqu’au Glengower (ou Bin Gabhar)(664m) car cela offrira une autre vue et qu’il n’y a que 70m de dénivelé en plus. Toujours pas de chemin à suivre mais la route est évidente.

Le sommet offre encore une fois une vue magnifique. Je profite encore une fois du moment et du silence au sommet…

Pour la descente je suivrai un chemin différent passant entre le Ben Leitri et un sommet secondaire dans un vallon en forme de fer à cheval. Pas de difficulté particulière à la descente si ce n’est qu’il ne faut pas se laisser avoir par des petites portions de falaises moins pratiques à passer.

Vous trouverez ci-dessous le tracé du parcours que j’ai emprunté et le fichier GPX associé :

Télécharger

Une fois de retour à l’auberge de jeunesse, je rends la carte et je prends un petit thé proposé par la proprio avant de reprendre la route en direction de Clifden. Je ne m’y arrêterai pas car je souhaitais aller au camping où je passerai la nuit.

Je me dirige donc vers le « Clifden ecoBeach Camping & Caravanning Park » qui offre une grande étendue d’herbe et une vue sympa pour la nuit. Le camping en lui même n’est pas extraordinaire mais ça ira pour la soirée. Le point sympa est la présence d’une plage de sable blanc « dans » le camping.

Fin de soirée tranquille entre repas et lecture. Je passerai une nuit d’un calme absolu en comparaison à la précédente en auberge de jeunesse… Voilà à présent trois jours que je suis ici et je n’ai pas eu une goutte de pluie !! Exceptionnel en Irlande. Espérons que ça continue comme ça mais a priori le temps devrait tourner dans les prochains jours…

Quatrième Jour - De Clifden à Westport


Encore une belle journée qui commence ! Il est tôt, environ 6h30, je plie la tente et je reprends la route direction la Wild Atlantic Way. Je retourne en direction de Clifden pour faire le plein car j’ai déjà fait pas mal de kilomètres mine de rien.

Avant cela je bifurque sur la célèbre Sky Road, une route qui longe la falaise en offrant de très beaux points de vue. Evidemment il n’y a personne à cette heure-ci il est donc agréable de conduire sur ces minuscules routes.

Le « clou du spectacle » est l’espace d’observation prévu au point le plus haut de la route et qui permet d’admirer la côte et les îles environnantes.

Comme j’arrive pas le nord, je débouche quasiment dans Clifden à l’issue de la Sky Road. La ville, qui a du charme, commence tout juste à se réveiller. Comme il est tôt et que j’ai le temps je me pose dans la rue principale pour prendre un petit déjeuner copieux à base de pancake/bacon au sirop d’érable (un régale)… Je pense que le soir ça doit être sympa ici et il doit y avoir une bonne ambiance. En tous cas tout le monde se connait, se salut, ce qui donne un aspect jovial à Clifden…

Petit détour à la station essence et hop c’est reparti sur la Wild Atlantic Way. Je suis tellement rigoureux à la suivre que je me retrouve de nouveau sur la Sky Road … comme il n’y a toujours personne sur la route je me fais plaisir à la parcourir un peu plus rapidement qu’à l’aller !

La route suit ensuite la côte et passe par de toutes petites voies. On rejoint ensuite la N59 sur laquelle je reste en direction de Letterfrack et du Connemara  National Park afin de grimper Diamond Hill.

Le parking se trouve non loin du Visitor Center qui est également le début de la randonnée. Ce n’est pas une balade très difficile et tout est bien indiqué, elle est donc à faire si l’on ne souhaite pas se retrouver dans la lande comme sur le Ben Leitri.

Il y a pas mal de monde mais la montée dilue pas mal. Je pense par contre qu’au plus fort de la saison il doit y avoir foule…

Le sommet (442m) s’atteint rapidement et offre une belle vue encore une fois (surtout avec le beau temps). J’y retrouve Romain et Cécile (ou Céline j’ai une doute…), deux Suisses très sympathiques que j’ai croisé à la montée.

Nous redescendons ensuite avec mes camarades Suisses et nous nous posons au Visitor Center le temps de prendre un café en compagnie de petits oiseaux qui ont bien compris le coup avec les touristes…

Direction ensuite l’Abbaye de Kylemore à quelques kilomètres de là.

Quelle déception lorsque je me rends compte que toute la façade ou presque est en réfection et donc n’offre que des échafaudages à prendre en photo. Dommage, le lieu avait l’air sympa…

Je rebrousse ensuite chemin pour reprendre le cours de la Wild Atlantic Way. Vers Tully Cross et Rinvyle. Je ferai d’ailleurs un crochet vers le Rynvile Castle mais celui-ci ne présente pas d’intérêt.

Les routes ne sont vraiment pas larges sur cette portion mais le décor est beau encore une fois.

On rejoint ensuite la N59 pour longer Killary Harbor qui est, selon certains, l’unique fjord d’Irlande alors que des cherches pensent que non… En tous cas l’étendue d’eau offre un joli paysage avec les collines environnantes.

La Wild Atlantic Way birfurque ensuite vers l’ouest en suivant la R355. On passe par la cascade d’Aasleagh qui est jolie sans plus et on pénètre ensuite dans la vallée de Doo Lough. Ici la route est vraiment belle et les paysages font très sauvages.

La Wild Atlantic Way passe ensuite par des routes et des villages moins agréables (tout est relatif). Je longe ensuite Croagh Patrick, la montagne Sainte d’Irlande que je gravirai demain.

Pour l’instant direction Westport pour trouver un endroit où dormir et se faire une petite soirée pub.

Je tombe encore une fois en pleine sortie du travail et ça bouchonne en ville.

Je prends une chambre au Old Mill Hostel, une auberge de jeunesse tenue par deux gars super gentils et très accommodants. Le bâtiment est un ancien grenier à grain du XIXe qui a beaucoup de cachet. Westport est un joli village avec pas mal d’activité.

Pour ce qui est de la soirée, je la passerai au pub de Matt Molloy qui est typique et qui propose de la musique traditionnelle jouée tous les jours. Une soirée fort sympathique avec une bonne ambiance et de la bonne musique. J’aime beaucoup le mélange dans les pubs car c’est vraiment un lieu où les locaux se retrouvent et sont mélangés avec les touristes. C’est convivial, bon enfant et il y est facile de discuter avec les gens du coin.

Cinquième Jour - De Westport à Annagh Head


Levé matinal après une nuit relativement courte grâce à mes voisins de chambrée qui sont rentrés un peu tard et un peu éméchés mais rien de bien grave en soit.

Première étape de la journée : ascension de Croagh Patrick et ses 764m. Cette montagne est sainte en Irlande. Selon la tradition Saint Patrick aurait jeûné au sommet pendant 40jours. C’est aujourd’hui un haut lieu de pèlerinage notamment le dernier dimanche de juillet ; 25000 pèlerins tentent alors le sommet…

De mon côté j’arrive au parking vers 7h45. Ce dernier se situe dans la bourgade de Murrisk. Evidemment le parking est payant … Le soucis c’est qu’il est cher et que je n’ai pas beaucoup de pièces, évidemment le centre touristique est fermé je ne peux pas faire de monnaie.

Je croiserai pas mal de monde à la descente qui ont eu le même problème. Il faut prévoir environ 5€ en pièce je pense pour être à l’aise niveau timing.

J’ai donc, au final, le droit de rester là jusqu’à 11h ce qui me laisse 3h A/R… C’est court étant donné que la montée est donnée en 2h30 et la descente en 1h30 en général, je vais donc devoir speeder !

J’attaque vers 8h une fois prêt. Le début du chemin est bien marqué et le sentier est et restera totalement évident jusqu’au sommet.

Le début du chemin monte bien. Ce n’est pas très difficile mais le passage répété des milliers de personnes à bien dénuder la rocaille. On évolue donc dans un terrain pierreux dans lequel mieux vaut avoir de bonnes chaussures je pense (surtout pour la descente). Malgré cela j’avance bien et je double trois marcheurs qui étaient partis un peu avant moi.

On arrive rapidement à un replat vers 400m. On y trouve quelques ruines de vieilles bâtisses, surement prévues à l’origine comme abri pour les pèlerins…

C’est sur cette portion qu’on découvre vraiment la jolie forme conique de la montagne. Le chemin offre ici une très belle vue notamment grâce à la longue trace blanche du sentier jusqu’au sommet.

La dernière partie du sentier est assez raide et, surtout, est recouverte de grosses caillasses un peu instables. Il faut donc privilégier les bords du chemin pour monter. Au final ça se passe bien et j’arrive au sommet en 1h20 finalement ! Je suis pas mécontent, j’ai bien cravaché. L’avantage c’est que je suis seul et je peux donc profiter de Croagh Patrick en toute quiétude. On trouve au sommet quelques cairns mais surtout une chapelle construite en 1905.

La(les) vues qu’offre le lieu est(sont) superbe(s). Au nord on peut admirer le littoral et ses innombrables îles, au sud, le Connemara au loin et les Bens. C’est très beau surtout que la météo est de la partie encore une fois (quelle chance à ce niveau).

Je profite un bon moment de ma solitude sommitale avant de reprendre la descente. Je croise les personnes que j’ai doublé à la montée, ils sont bien fatigués, d’autant plus qu’ils n’ont pas d’eau, je leur en file.

Il n’y a pas d’eau le long du chemin (ou en tous cas je n’en ai pas vu), prévoyez donc bien de quoi boire et manger mais également partez toujours avec un habit de pluie, on se sait jamais en Irlande

Pour la descente, je prends l’option rapide : mi-course mi glissage contrôlée (plus ou moins) sur la rocaille, c’est beaucoup plus rapide et ça fait moins mal aux genoux. Je croise pas mal de monde qui attaque la montée dont beaucoup de personnes pas suffisamment équipées (pas d’eau par exemple)… Je rejoins le parking à 10h30 c’est à dire 2h30 pour l’aller-retour avec la pause au sommet… Pas mal !! Je suis content.

Je prends le temps de me poser un peu et je reprends ensuite la route sur la Wild Atlantic Way, direction Achill Island. Comme toujours la route côtière après Westport offre de beaux points de vue et s’avale bien.

J’arrive donc rapidement à Achill. Bien que ce soit une île, celle-ci est reliée à la terre ce qui est pratique. Achill est la plus grande île d’Irlande. Elle possède un côte particulièrement tourmentée par endroit mais tout cela offre de beaux paysages. Je n’ai pas passé beaucoup de temps sur l’île mais l’ambiance a l’air calme et sereine dans les petits villages de pêcheurs.

Malheureusement j’ai (enfin) été rattrapé par le temps irlandais et il pleut assez fort ce qui bouche un peu la vue et limite l’utilisation de l’appareil photo. Par contre ce gros temps donne une atmosphère vraiment sympa au tout.

La Wild Atlantic Way mène à Keem Bay, la point occidentale de l’île. C’est une petite plage nichée entre de hautes falaises. La route pour l’atteindre n’est pas bien large et il est difficile de doubler… Arrêter vous un petit peu avant la descente finale si vous voulez une photo de la plage dans son ensemble.

Le lieu est vraiment joli même si il y a un peu de monde. Il y a une jolie balade à faire en montant vers les falaises au nord. Celles-ci offrent de jolies perspectives et une ambiance très marine. Coup de bol encore une fois je réalise cette balade sous un ciel nuageux mais pas pluvieux !

Une fois cette agréable escale, je reprends la route sur la Wild Atlantic Way, celle-ci est d’ailleurs bien faite car on n’emprunte pas le même itinéraire à l’entrée et à la sortie de l’île.

Après une pause « courses », je continue vers le nord vers Ballycroy. Je ferai un stop rapide au Visitor Center du Ballycroy National Park le temps de prendre un café.

La Wild Atlantic Way nous mène ensuite vers la péninsule de Mullet où j’ai prévu de passer la nuit. Cette péninsule, toute fine, fait quasiment 30km de long au total. Sans m’étendre sur les détails j’ai été assez déçu par la partie sud car il y a bien quelques points de vue sympa mais pas de quoi casser trois pattes à un canard… La partie est déjà plus intéressante. Dans tous les cas, les habitations sont éparpillées sur toute la péninsule il y a donc peu de lieu de tranquillité. Point positif : il y a toute une série de sculptures à divers points de la péninsule. C’est d’ailleurs proche de l’une d’elle que je passerai la nuit sur Annagh Head. Comme il y a un fort vent et qu’il risque aussi de pleuvoir cette nuit je préfère ne pas monter la tente car elle aura pas le temps de sécher d’ici à mon départ. Je ferai donc la nuit dans la voiture mais en général j’y dors bien (en tous cas c’était le cas en Islande).

La lumière est belle au couchant et je profite de la soirée pour me balader alentours et bouquiner. Cela aura été une bonne journée encore, avec pas mal de kilomètres, peut être un peu trop d’ailleurs, je pense qu’Achill mérite qu’on s’y attarde un peu plus…

Sixième Jour - D'Annagh Head à Strandhill


La nuit a été bonne et il a bien plu donc je suis content de pas avoir eu à plier la tente trempée. Je reprends la route tôt mais pas directement la Wild Atlantic Way. Je me dirige vers Dun Na Mbo une sculpture qui donne sur la mer un peu au nord. Le coin est joli mais la sculpture pas extraordinaire par contre un peu plus loin en mer il y a un phare sur Eagle Island qui offre vraiment une vue superbe surtout avec une mer un peu agitée.

Je me balade ensuite sur la partie nord de la péninsule, les routes sont jolies et assez sauvages.

Je reprends ensuite le cours de la Wild Atlantic Way sur la R314. Les routes sont vraiment sympas et étroites sur cette partie.

J’arrive rapidement à Ceide Fields. Ceide Fields est un site archéologique majeur en Irlande. De nombreux témoignages du peuplement datant du néolithique y ont été retrouvés, je souhaitais donc visiter tout cela. Le « musée » ouvre pile lorsque j’arrive vers 10h. Je fais donc le tour de l’exposition tranquillement, c’est intéressant mais pas formidable. Il a ensuite une projection d’un film qui n’est pas très enrichissant et surtout un peu daté. J’espère que ça sera mieux lors du tour à l’extérieur mais je suis également déçu. Les vestiges mis en évidence sont assez pauvres. Cela reste un beau témoignage du passé mais en l’occurence on a uniquement quelques murs à moitié sortis de la tourbe. Je pense que pour un site « majeur » comme celui-ci il aurait été intéressant d’avoir une reconstitution de maisons ou plus de vestiges. La visite vaut quand même le coup.

Je vous conseille de prendre le temps d’admirer les falaises juste en face du centre car le panorama vaut le coup.

De retour sur la Wild Atlantic Way, je prends la direction de Downpatrick Head. La route est agréable mais il y a des grains qui passent il va donc falloir que je me faufile entre deux averses pour aller voir le site.

J’ai encore de la chance car j’arrive à être sur place à un moment où il fait beau. Downpatrick Head est vraiment impressionnant surtout avec ce ciel parsemé de gros nuages noirs. Encore une fois il n’y a personne et je profite du lieu…

La séance photo prend vite fin car un grain bien violent arrive encore. Je retourne donc à la voiture pour éviter de me tremper ainsi que l’appareil photo.

Je reprends la route sur la Wild Atlantic Way en direction de Sligo. La route longe la côte au plus proche et offre de belles vues sur le littoral notamment cette jolie plage vers Ballina si ma mémoire est bonne.

Je me dirige tranquillement vers Sligo en prenant mon temps. Cette portion n’offre pas « d’attractions » majeures mais on tombe sur des coins sympa tout de même surtout qu’il fait grand beau à présent.

Comme il est encore tôt je décide de faire une tour à Strandhill avant de m’arrêter à Sligo. Strandhill est une petite cité balnéaire qui  possède une jolie plage et un bon spot de surf a priori. On est dimanche et il y a beaucoup de monde qui flâne en front de mer. Je passe au glacier du coin et je me pose sur la digue profiter du paysage, du soleil et de l’ambiance très vacances.

C’est un moment agréable. Le coin me plait bien.

Direction Sligo ! Il y a un peu de trafic car pas mal de personnes rentrent en ville après leur après-midi plage. Sligo ne me fait guère une bonne impression… J’arrive à l’auberge de jeunesse près de la gare dans laquelle je veux rester ce soir mais le coin est glauque et ne donne pas du tout envie. Je vais donc faire un tour en « centre ville » et je ne suis vraiment pas emballé par tout cela.

Ma décision est prise : demi tour et direction Strandhill. Je me pose à l’auberge de jeunesse que j’ai vu un peu plus tôt dans la rue principale. Le « Surf N Stay » Hostel est une auberge de jeunesse qui propose également des lodges et qui est dans un esprit surfeur très à la cool. Il n’y a pas grand monde et je me retrouverai même seul dans mon dortoir !

Je ferai la fin de soirée au pub en face, le Strandbar et avec un écossais à l’auberge. J’ai bien fait de prendre cette décision en tous cas, la ville est plus sympa que Sligo.

Fin du voyage


C’est donc à Sligo/Strandhill que se finit pour moi mon road trip le long de la Wild Atlantic Way. En ce septième jour, je prends la direction de Dublin où je passerai l’après midi et la matinée du lendemain avant de reprendre l’avion. Je ne décrirai pas cette journée à Dublin car elle ne rentre pas dans le road trip Wild Atlantic Way mais n’hésitez à me contacter si vous souhaitez des informations.

Conclusions


Quelle bonne idée que d’avoir créé cette route balisée qu’est la Wild Atlantic Way. On se laisse porter le long de ses 2500km en suivant la signalisation, qui est très bien faite, et on découvre des sites plus somptueux les uns que les autres, des villes typiques et dynamiques et de nombreux lieux historiques, sans oublier, évidemment le pub et leurs folles soirées ! 

En résumé, j’ai vraiment aimé ces six jours sur la côte sauvage Irlandaise. Je ne connaissais pas ce pays mais j’en ai découvert une partie avec plaisir et surtout le Connemara qui marque par ses paysages magnifiques et son ambiance globale. 

Au final j’ai parcouru 1700km sur la moitié de la Wild Atlantic Way à une vitesse moyenne de 65km/h : les routes sont vraiment étroites ! Il me reste une bonne partie de la Wild Atlantic Way à découvrir et j’y retournerai avec plaisir manger les kilomètres et explorer le sud de l’île notamment. 

En tous cas si vous êtes tenté par cette route foncez-y et découvrez toutes ses merveilles !

Quelques liens utiles :

  • Le site officiel de la Wild Atlantic Way : Lien
  • Le site Ireland.com qui propose aussi des infos intéressantes : Lien
  • L'application Wild Atlantic Way très pratique car elle fonctionne hors ligne : Playstore / Appstore


Paysage Népalais

Tour des Annapurnas

Le Népal est un pays qui incarne à lui seul l’essence même de la randonnée, de l’aventure. Niché entre l’Inde et la Chine, le Népal s’étend le long de la chaîne de l’Himalaya. Huit des quatorze sommets de plus de 8000m s’y situe notamment le plus connu, l’Everest (8848m) mais également l’Annapurna (8091m). L’Annupurna est niché au cœur de son massif éponyme ; on y compte six sommets principaux, tous à plus de 7000m. C’est autour de ce massif que se réalise le trek du Tour des Annapurnas.

D’une durée de 10/12 jours (pour le tour complet), le trek évolue entre 900m et 5416m avec le passage du fameux col de Thorong. C’est un incontournable pour toute personne aimant la randonnée et les grands espaces. On passe des rizières aux hauts sommets himalayens en prenant le temps de découvrir le pays.

Ce trek est le premier que j’ai réalisé, en 2012. Malheureusement à l’époque je ne tenais pas les carnets qui me servent aujourd’hui à garder une trace des impressions, des souvenirs accumulés sur le chemin, ce retour sera donc un récit allégé principalement basé sur les photos prises durant le voyage. De plus à l’époque je souhaitais découvrir « sereinement » cette pratique et ne pas avoir à me compliqué la vie à tout organiser (ce qui est dommage avec le recul), j’étais donc passé par un organisme pour ce trek mais cela ne dénature en rien les paysages et l’expérience.

Katmandou

Katmandou est le passage obligatoire pour le début du voyage. La ville est régulièrement desservie par avion en provenance de l’Inde ou des Emirats. Nous sommes passé par Abu Dhabi de notre côté pour un voyage relativement long (6h d’escale) mais c’était l’occasion de découvrir les autres membres du groupe.

Katmandou est une ville ancrée dans l’imaginaire notamment avec le mouvement hippie dans les années 60. C’est aujourd’hui agglomération forte de plus de 800000 habitants. L’expérience en ville est complète en terme de sensation : la vue, l’ouïe, l’odorat, tout est stimulé. Katmandou est une véritable fourmilière.

La ville est riche en monuments, religieux notamment, et en histoire. On notera en particulier Durbar Square et Swayambunath qui ont malheureusement été partiellement détruit durant le tremblement de terre de 2015.

Première Partie du Trek : les Basses Altitudes

Le début du trek du Tour des Annapurnas se situe vers Besisahar. Six heures de bus sur des routes de montagne avec le style de conduite népalais… une expérience en soit.

Toute la première partie du trek se fait dans les rizières. Nous sommes à 1000m d’altitude il fait bon et beau. Le chemin, bien balisé, évolue de village en village dans un superbe décor, il y a beaucoup de monuments religieux le long de la route notamment les fameux chorten qui faut toujours passer par la gauche.

Ngadi (950 m), Jagat (1310 m), Dharapani (2000 m), Chame (2700 m), Pisang (3200m), le chemin monte tranquillement. Les étapes sont bien proportionnées et laissent le temps de s’acclimater.

Les références en terme d’altitude sont à revoir en comparaison aux Alpes. Ici pas de neige ou de paysage minéral à 3000m, on trouve encore pas mal d’arbre (des conifères surtout).