Bien s’habiller en randonnée n’est pas toujours facile. On a vite trop chaud ou trop froid. Au delà du confort, il y a également une dimension sécuritaire dans l’habillement car en situation délicate ou en environnement hostile, il faut avoir les bons réflexes pour se protéger des éléments. Cet article vous donnera donc quelques conseils de l’expérience que j’ai pu acquérir durant mes treks et mes voyages. Ils vous permettront de bien choisir vos habits mais aussi de faire le choix sur quoi emmener ou non. Il n’y a évidemment pas de vérités générales et peut être que certaines techniques fonctionnant pour moi n’iront pas à d’autres. N’hésitez pas à partager vos techniques en commentaire.

Les conseils que vous retrouverez ci-dessous sont surtout à appliquer en montagne ou dans des territoires comme la Scandinavie, c’est à dire des lieux au climat incertains et potentiellement violent et qui peut vite changer avec des amplitudes thermiques importantes.


La tête

La tête est un élément essentiel à protéger. Elle évacue 20% de toute la chaleur de notre corps ce qui est énorme si l’on considère sa taille. Cela est dû au fait que le cerveau est un très gros consommateur d’énergie et donc en diffuse beaucoup.

Protéger la tête du froid est relativement simple, on peut utiliser simplement sa capuche de veste ou bien un bonnet (plus ou moins gros en fonction de la température extérieure). Si il fait encore plus froid une chapka doublée polaire ou fourrure synthétique apporte une protection encore plus forte. Un tour du cou type Buff peut également être utile par température fraîches car il peut être utilisé de diverses manières.

Lorsqu’il fait très froid on peut aussi mettre une cagoule qui recouvre tout le visage mais il faut que celle-ci évacue bien l’humidité de la respiration. Toutes ces solutions sont combinables évidemment.

Pour la nuit, utiliser la capuche du sac de couchage si il en a une ou un bonnet (ou les deux).

La photo ci-dessous a été prise durant une garde du nuit d’un bivouac au Svalbard (préventive en cas d’ours blanc trop curieux). J’étais ici équipé pour la tête de ma chapka, de la capuche du la doudoune et d’un tour de cou, j’avais limite chaud (on notera le bonheur dans le regard)…


Le haut du corps - Le système trois couches

Pour protéger le tronc du froid et du vent, j’applique le système trois couches la majeure partie du temps.

Ce système est relativement simple :

  1. Première couche : le sous-vêtement, en contact direct avec le corps, va avoir pour but principal d’évacuer l’humidité créée par la transpiration. Il peut également avoir un rôle thermique direct en cas de grand froid. La première couche doit donc être relativement proche du corps. Pour ce qui est de la matière privilégié des matériaux légers, qui ne sentent pas trop après quelques jours et qui évacuent bien la transpiration évidemment. A mon sens le meilleur candidat à ce cahier des charges est le MERINOS. Cette laine de mouton a tout les avantages précédents. Son principal défaut étant le prix qui est relativement élevé. Pour les sous vêtements grand froid « actif » j’ai choisi un mélange synthétique/merinos car le synthétique aide à mieux évacuer l’humidité. Évidemment pour une randonnée estivale une chemise ou un t-shirt suffisent.
  2. La deuxième couche va avoir un rôle thermique et n’est donc pas toujours nécessaire si la température est confortable. Deux situations se distinguent :
    1. En cas d’utilisation ACTIVE : la polaire est le meilleur candidat car elle évacue bien l’humidité. Il existe différentes thermicités pour ce vêtement. Pour ma part j’ai choisi une polaire en HIGHLOFT qui cherche à reproduire une « fourrure » artificielle. A thermicité équivalente c’est plus léger et plus compact que les polaires « classiques »
    2. En cas d’utilisation « STATIQUE » : la polaire peut fonctionner mais pour ma part je prends plus souvent une micro doudoune sans manche avec 110gr de duvet. C’est généralement suffisant pour le soir en montagne l’été ou en mi-saison.
  3. La dernière couche est peut-être la plus importante car elle protège directement des éléments que sont le vent et la pluie. Un bon vieux Kway peut faire l’affaire et protège très bien de la pluie et du vent mais ne laisse absolument pas passer la transpiration. L’intérieur devient vite une étuve et on est trempé. Heureusement un type de matière appelé imper-respirant a été inventé. Le plus connu est la membrane GORE-TEX mais d’autres membranes fonctionnent sur le même principe. Celui-ci est simple : les molécules de l’eau liquide (la pluie) sont plus grosses que celle de l’eau gazeuse (la transpiration). Les membranes imper-respirantes sont donc constituées de pores minuscules bloquants la pluie et laissant passé la transpiration. On est donc ainsi au sec en toute circonstances. Ça c’est la théorie car même avec une bonne Gore-Tex on peut être mouillé après une longue pluie et on peut être humide du fait de la transpiration. Il n’y a pas de matière magique… Ce type de veste est appelé une HARDSHELL, une « coquille dure » en mot à mot ; il y aussi les SOFTSHELL, les « coquilles molles » qui partent du principe que si on sort et qu’on sait qu’il y a un faible risque de pluie alors un coupe vent déperlant suffit. En général les Softshell sont plus légères elles sont donc adaptées à une usage estival en montagne. Encore une fois cette couche sera en fond de sac « au cas où » si il fait beau et chaud. Pour les grands froid et surtout à l’arrêt on privilégiera l’usage d’une « grosse » doudoune car la thermicité du duvet est bien meilleure. Attention toute fois à ne pas avoir trop chaud dans sa doudoune car la transpiration mouillerai le duvet et lui ferait perdre ses capacités thermiques.

Tout ceci est un guide pas une vérité absolue il faut adapter circonstance et selon chacun. Ce qu’il faut avoir en tête c’est que l’humidité est l’ennemi et que cela ne sert à rien de multiplier les couches il faut juste avoir les bonnes.

En été, une simple chemise ou un t-shirt suffisent. Il faut essayer d’avoir de la ventilation naturelle et donc des vêtements pas trop serrés. De plus, et surtout en montagne, il faut se protéger du soleil, pour cela la chemise est assez adaptée car elle permet de protéger les bras et partiellement le cou grâce au col.


Les mains

Les extrémités sont en générales les parties du corps qui souffrent le plus du froid et notamment les mains. Cet organe étant, de plus, très vascularisé il perd énormément de chaleur et le conserver au chaud est indispensable si on ne veut pas d’engelure ou si l’on veut tout simplement garder sa dextérité.

Évidemment, nous utiliserons des gants pour protéger les mains, en particulier des gants qui protègent du vent a minima et de la pluie idéalement. Le Gore-Tex est une matière envisageable pour des gants. Si il n’y a pas trop de vent, de bon gros gants en laine apportent une bonne protection et restent chaud même mouillé.

Pour le grand froid, il faudra privilégié les moufles qui permettent d’échanger la chaleur des différents doigts et donc d’avoir plus chaud. Un alternative est le « lobster » qui sépare l’index des autres doigts se qui rend la dextérité que l’on perd avec une moufle.

Pour ma part je porte quasiment toujours des sous gants en soie sous mes gants surtout par grand froid. Outre l’apport thermique, cela permet de pouvoir sortir ses mains des gants (notamment des moufles) pour « travailler » ou utiliser des ustensiles sans pour autant avoir trop froid.

Point tout bête mais que je trouve très utile : utiliser des gants avec dragonnes permet de ne pas les perdre et de pouvoir les enlever quelques minutes sans avoir à les ranger.

Si malgré vos gants, la protection de vos mains n’est pas suffisante, vous pouvez les réchauffer en effectuant de grand mouvement circulaire avec vos bras. Cela ramènera du sang dans vos doigts et les réchauffera.


Sous-vêtements et jambes

Concernant les sous-vêtements j’ai choisi des caleçons en mérinos pour leur propriété anti bactérienne. Le coton est une bonne matière pour les même raisons.

De façon générale éviter également les sous vêtements qui pourraient créer des frottements et à terme des irritations.

Pour ce qui est des jambes j’ai un pantalon tout bête pour toutes les randonnes qui n’ont pas lieu dans la neige. Les avantages que je lui demande sont :

  • Avoir une résistance à toute épreuve
  • Etre légèrement déperlant afin de protéger de la pluie mais en gardant de la respirabilité
  • Avoir juste le nombre de poche suffisant : on voit trop souvent des pantalons avec des poches dans tous les sens : cela ne sert à rien.
  • Option que j’aime bien : pouvoir retirer le bas des jambes pour le transformer en short

Si il y a de la neige j’utilise un pantalon étanche en Gore-tex pour la respirabilité. Par grand froid je double mon pantalon par un collant en lycra ou en mérinos.


Les pieds

A l’instar des mains ou de la tête, les pieds sont des extrémités et donc sont sujets au froid. De plus le pied est votre élément locomoteur il faut donc en prendre le plus grand soin si on veut pouvoir avancer.

Les chaussettes seront évidemment votre allier pour cela.

Il existe un très grand nombre de chaussette selon les sports, la température, la morphologie. Prenez le temps de bien choisir car votre confort en dépendra. Pour ma part je privilégie les matières qui préservent des odeurs (mérinos), qui sont résistantes et qui frottent pas trop pour éviter les ampoules. Ce dernier point est également à gérer grâce à des chaussettes ni trop serrées ni trop larges ce qui entraînerait des plis.

Adaptez vos chaussettes en fonction de l’intensité de votre activité et de la température extérieure. Pour le soir je garde toujours une paire « chaude » au cas où.

Dans tous les cas : prenez soin de vos pieds et ne les laissez jamais humides ! Mieux vaut changer de chaussettes !