La Wild Atlantic Way, c’est 2500km de route le long de la côte ouest, sauvage, de l’Irlande. Cette route s’étend de Kinsale, au sud, à Malin Head au nord. Elle permet de découvrir de nombreux comtés Irlandais et de nombreuses pépites cachées auxquels la Wild Atlantic Way nous mène en suivant son logo si bien trouvé.

Je n’avais qu’une petite semaine de vacances, il m’était donc impossible de faire la Wild Atlantic Way en entier. J’ai donc décidé de limiter mes pérégrinations entre Limerick et plus précisément Loop Head et Sligo en prenant mon temps dans le Connemara que je voulais découvrir tout particulièrement.

Premier Jour - De Paris à Loop Head


Départ 09 Mars à 13h de Charles de Gaulle avec Aer Lingus. Comme je serai en voiture je n’ai pas été très économe sur les affaires prises, je pars donc bien chargé.

Le vol est rapide (environ 1h30), juste de quoi faire une petite sieste. L’arrivée à Dublin se passe sans encombre et je file au loueur de voiture après avoir récupérer mon bagage. Et là première surprise : j’avais trouvé une location à un prix vraiment intéressant par contre ce qu’il fallait lire dans les petites lignes c’est qu’un dépôt de garantie de 1500€ était demandé ! Evidemment je ne les avais pas sur mon compte, j’ai donc dû payé 160€  supplémentaires (équivalent au prix de location) pour abaisser le dépôt à 300€…

Vérifiez bien les dépôts de garantie demandés lors de la location de votre véhicule. De plus, faire attention avec les suppléments d’assurance que l’on va essayer de vous vendre et qui finalement ne change pas (forcément) grand chose. Pour ma part j’utilise une carte GOLD (gratuite avec la plupart des banques aujourd’hui) qui permet d’avoir une assurance complémentaire en cas de dommage sur la voiture.

Bon, passé cela je récupère la voiture, une VW Golf toute neuve. Je vais être pas mal là dedans. Je prends possession des lieux et c’est là que les difficultés commencent : ON ROULE A GAUCHE EN IRLANDE !! Il va donc falloir se mettre directement dans le bain (on notera le nombre de fois que ce « détail » est rappelé à l’aéroport, jusque dans les toilettes…). J’ai déjà conduis à gauche mais dans une voiture française, là il va falloir que je gère le sens de circulation et le passage des vitesses sur la gauche !!

Je m’embarque donc dans le trafic autour de l’aéroport et ensuite sur la M50, sorte de périph de Dublin. Au début j’ai l’impression de réapprendre à conduire : je ne vois pas les panneaux, je galère à passer mes vitesses, j’ai des trajectoires pourries,… Heureusement que le GPS est là pour me guider… Je me retrouve vite sur la N7 puis la M7 ce qui me permet de me « relaxer » un peu niveau conduite… mais ça va être difficile les premiers temps !

Je passerai sur la traversée de l’Irlande jusqu’à Limerick. Tout ce que je peux en dire c’est que c’est étonnamment rapide (2h30-3h).

Je sors des « grosses routes » un peu après Limerick vers Ennis pour rejoindre la N68 en direction de Kilkee, petite ville en bord de mer. La route rapetisse déjà et ça demande plus de concentration.

Au final j’arrive à Kilkee vers 18h30. La cité est calme, il n’y a pas grand monde dans les rues. Le front de mer est sympa mais pas renversant.

Je m’arrête le temps de prendre un peu l’air et de faire mes plans pour la soirée : au départ je voulais dormir dans un camping dans le coin mais ce camping n’est pas du tout en bord de mer et, est surtout composé de mobile homes et de caravanes… pas génial. Comme il est encore tôt je vais aller à Loop Head et j’aviserai sur place.

C’est à ce moment que je récupère réellement la Wild Atlantic Way et que commence vraiment le voyage. Les routes, sorti de la ville, sont minuscules ! Heureusement il n’y a pas grand monde et je peux m’habituer à cette conduite. Dès la sortie de Kilkee, on tombe sur une belle ligne de falaises vertigineuses. Je m’arrête déjà prendre quelques photos. Petite parenthèse : j’ai été marqué ces premiers jours par l’odeur très particulière (pas gênante ni désagréable pour autant) dans ces zones de falaise. Je n’en suis pas sûr mais je pense que cela est dû aux colonies d’oiseaux marins y nichant.

La route mène gentiment à Loop Head qui se situe sur une pointe. Les paysages sont constitués de champs, bien verts, c’est une région agricole. Il fait beau c’est agréable.

Loop Head et son phare se dévoilent rapidement au bout de la route. Le parking est quasiment vide, je vais pouvoir profiter sereinement du lieu. Le phare est sympa, il y a la maison du gardien à côté et quelques bâtiments techniques je suppose. Le tout est cerclé par un muret.

La pointe est belle, elle est entourée de hautes falaises avec pas mal d’oiseaux qui y nichent. Malheureusement mon objectif d’appareil photo ne permet pas de faire de photos satisfaisantes des volatils… Je me balade profitant de la quiétude de la fin d’après-midi.

Au final, je choisis de rester ici pour la nuit, il n’y a personne et ce n’est pas une petite tente qui va gêner. Je monte donc le camp juste à côté de la falaise et je me prépare à manger, par contre petit détail j’ai un peu oublié d’acheter du gaz pour mon réchaud… Heureusement il y a un van qui « campe » sur le parking et il me dépanne gentiment pour faire chauffer mon eau.

En Irlande et au Royaume Uni, le camping sauvage est globalement toléré. Par contre la quasi totalité des terres sont privées, il faut donc demander au propriétaire avant de poser son bivouac, celui-ci acceptera en général et vous conseillera même parfois un emplacement plus sympa. Le principal est de ne pas abuser et surtout de laisser le camp absolument intact après son départ.

Je finis la soirée ainsi à admirer le coucher de soleil sur les falaises. En écrivant mon carnet je suis éclairé par le phare de Loop Head, point de départ de mon voyage…

Deuxième Jour - De Loop Head à Galway


C’est parti pour la première vraie journée de road trip le long de la Wild Atlantic Way. Je reprends la route rapidement après un réveil matinal vers 6h… Autant dire qu’il n’y a personne qui roule à cette heure là ; ce qui m’arrange bien car cela me laisse le champ pour prendre mes marques avec la conduite à gauche sur ces petites routes.

Le premier stop se fera au « Bridge of Ross », une arche naturelle sur un petit bout de mer et formant derrière une petite « crique aux pirates ».

La route me ramène ensuite à Kilkee que je dépasse rapidement. On longe ensuite la côte sur des portions sympathiques mais pas émerveillantes. Je m’arrête rapidement à Spanish Point mais la plage est un peu décevante.

Comme le temps passe rapidement il est bientôt 9h et je commence à avoir une petite fringale. Je fais donc un crochet hors du circuit vers Ennystimon, petite bourgarde sur la N67. La ville est sympathique si ce n’est la « grosse » route qui la traverse de part en part et sur laquelle il y a pas mal de trafic notamment des poids lourds. Tout cela enlève un peu de charme aux jolies façades colorées des pubs et autres boutiques.

Je m’arrête tout de même chez Ginger Lou’s prendre un typique « Irish breakfast » composé d’œufs, de white et black pudding (équivalent à du boudin blanc et noir), du bacon, …

Direction ensuite les fameuses falaises de Moher après cette bonne pause !

Celles-ci ne sont pas loin sur la route. On sent que c’est une grosse attraction touristique quand on voit la taille du parking, l’affluence et le prix pour s’y garer : 6€/adulte. Par contre ça vaut le coup car les falaises sont vraiment belles.

Le site se développe vers le nord (à droite lors de la visite) vers la Tour O’Brien et vers le sud pour une balade le long des falaises. Il y a beaucoup de monde mais ça va ce n’est pas trop dérangeant. Par contre j’imagine qu’au plus fort de la saison touristique ça doit être noir de monde…

Je commence ma balade vers la tour pour admirer les falaises vers le sud. Il y a un peu de brume mais c’est vraiment beau : les falaises tombent à pic dans la mer du haut de leurs 200m. Beaucoup d’oiseaux y nichent également.

Je commence ensuite la balade qui longe les falaises vers le sud en direction de Túr an Mhothair, une seconde tour avec une geocache non loin. La balade fait dans les 5,5km aller et se fait en aller-retour. Il y a pas mal de monde au départ mais rapidement on quitte la partie (très) aménagée et la « foule » se dilue. On se retrouve donc rapidement au calme à longer les vertigineuses falaises.

Le rythme de marche n’est pas très élevé car il y a des photos à prendre tous les 10m…

Cette balade, qui prend tout de même environ 2h30-3h aller-retour (avec les photos) vaut vraiment le coup et offre de superbes points de vue. Je n’ai pas fait le centre touristique des falaises de Moher mais j’imagine qu’il doit y avoir quelques infos intéressantes…

C’est reparti ! La Wild Atlantic Way longe ensuite la côte sur de toutes petites routes en direction du nord. C’est très beau d’autant plus que sur la droite (vers l’est) se dévoile les landes des Burren vers lesquels je vais ensuite faire un tour.

Avant cela je fais un stop à Fanore beach pour quelques photos.

La route est toujours aussi jolie et vraiment pas large après Fanore beach. On passe par toute une série de petits patelins, c’est sympa.

Je pique vers le sud en suivant la N67 puis la R480 à Ballyvaughan en direction du dolmen de Poulnabrone. La R480 évolue dans les Burren c’est beau. Cette région est constituée de  landes avec beaucoup de rocailles calcaire affleurantes aux teintes blanches apportant de l’esthétisme aux paysage.

J’atteins rapidement le site de Poulnabrone. Il y a personne quand j’arrive, tant mieux. On trouve quelques panneaux explicatifs sur le chemin vers le dolmen. Ce dernier date d’une période de -4200 à -2900ans c’est à dire du néolithique.

Le dolmen en lui même est composé d’une grande dalle relativement fine reposant sur deux pierres verticales appelées « pierres portails » (portal stone en anglais). Le tout donne au dolmen une allure de portail en effet.

Le site est une sépulture, 33 personnes y reposant ont été découvertes (adultes et enfant) ainsi que de nombreux artefacts.

En tous cas c’est impressionnant et beau. Cela vaut le petit détour.

Demi tour. Je rattrape la Wild Atlantic Way en direction de Galway. Je m’arrête au passage admirer le château de Dunguaire qui est un peu un modèle du genre.

Il est environ 17h30 et l’arrivée sur Galway se fera dans les bouchons de la sortie du travail. Je laisse la voiture dans un parking en centre ville et je récupère ma chambre au Kinlay Hostel. C’est une auberge de jeunesse sympathique et surtout parfaitement bien située en ville (environ 20€ la nuit en dortoir).

Galway est une petite ville qui a du charme et qui a l’air dynamique. Beaucoup de monde dans les rues et en terrasse à profiter du soleil.

Je finirai ma soirée avec ma première pinte de Guinness dans un vrai pub irlandais. Je commencerai avec le Quays puis je m’installerai au Taaffes bar pour écouter de la musique traditionnelle. L’ambiance est très conviviale et il y a beaucoup de monde même pour un jour en semaine.

Troisième jour - De Galway à Cilfden


Après cette douce nuit bercée par les ronflements et les bruits gutturaux de mon voisin de chambrée, je reprends la route un peu fatigué vers le Connemara ! C’est la région que j’ai le plus envie de découvrir durant ce voyage car ça a l’air magnifique et « authentique » même si je n’aime pas trop ce qualificatif, pour le dire autrement j’espère que la culture traditionnelle Irlandaise et locale y est toujours forte.

Je retrouve la Wild Atlantic Way à la sortie de Galway. Le début de la route ne présente pas trop d’intérêt mais doucement la densité urbaine diminue et on commence à percevoir les landes de pierres du Connemara. Le paysage change réellement après le petit aérodrome vers Indreabhán. La R336 long la côte au plus près et on passe par de jolis villages. Au loin on commence à percevoir les collines (grosses collines de 700m pour les plus imposantes).

Je fais quelques arrêts dans de petits villages de bord de mer qui offrent de jolis petites ports ou des plages de sable blanc ; le tout a beaucoup de charme en tous cas.

La route se fait vraiment de plus en plus belle en particulier lorsque l’on oblique sur la R342. On aperçoit bien au nord les « Bens » ces grosses collines (ou petites montagne) qui donnent son caractère au Connemara. Il n’y a pas grand monde ce qui permet de profiter du paysage et de la conduite (surtout que maintenant je maîtrise enfin la conduite à gauche et en particulier le passage des vitesses).

Comme je veux « explorer » au maximum les routes du Connemara, je sors de la Wild Atlantic Way un moment pour couper au travers du « Roundstone Bog ». La route qui traverse ce marais est absolument superbe et offre un panorama saisissant. Je n’arrive pas à trouver son appellation mais il est facile de trouver la bifurcation qui y mène dans un sens comme dans l’autre.

En suivant cet itinéraire on évolue donc dans une lande humide parsemée de lacs avec pour toile de fond les « Bens » au nord. C’est également le premier contact avec les moutons en semi-liberté. Les brebis sont d’ailleurs quasiment toutes accompagnées de leur agneau car l’agnelage a eu lieu il n’y a pas longtemps. Je prends donc le temps de m’arrêter, de photographier, de profiter, c’est très beau…

Arrivé à Ballinaboy, je reprends la Wild Atlantic Way mais vers le sud, pour parcourir cette portion d’une part et également pour me rendre vers le Ben Leitri que je souhaite « grimper ». Cette portion de la route est très belle également et offre de beaux points de vue sur la côte. On notera en particulier la superbe plage de Port Na Feadoige qui donne plus à penser à la Polynésie qu’au Connemara vu la couleur bleu azur de l’eau et le sable blanc…

Je récupère et tourne à gauche sur la N59 un peu après Ballinafad.

Le début de l’ascension du Ben Leitri se trouve au niveau de l’auberge de jeunesse du même nom quelques kilomètres à l’ouest (vers Clifden)(Coordonnées GPS : 53.4728933,-9.8624709). Il y a de la place pour se garer, c’est relativement pratique. Je me mets à la recherche du début du parcours après mettre changer pour la marche et je tombe sur la proprio de l’auberge du jeunesse, une américaine de Los Angeles qui habite en Irlande depuis 17ans (je n’ai plus son prénom en tête…) avec qui je discute un peu du meilleur chemin pour le sommet. Elle me prête également une carte, très sympa.

Le sommet n’est pas bien haut : 557m mais il n’y a pas vraiment de chemin il faut donc tracer soit-même. Le début de la rando monte bien et surtout évolue dans de la prairie à moutons avec des grosses touffes d’herbes qui déstabilisent un peu la marche. On arrive rapidement à une sorte d’épaulement après une première « barre » de petites falaises plus difficiles à passer. En général les gens semblent prendre vers l’ouest pour contourner le sommet mais je choisis de suivre cet épaulement vers le nord-est et de « tirer » droit sur le sommet. Ça a l’air praticable et je m’aide des chemins tracés par les moutons pour avancer avec une bonne sente. En tous cas le paysage qui s’offre à moi vers le sud est déjà très beau !

Le sommet s’atteint au final assez rapidement même si ça grimpe fort. En tous cas pas de grosses difficultés pour quelqu’un qui a l’habitude des terrains un peu accidentés (par contre par temps pluvieux ça doit être plus compliqué car le terrain doit être glissant).

La vue au sommet est sublime car elle offre un panorama à 360° sur le Connemara. Au nord, les Twelves Bens, à l’ouest de marais de Roundstone, vers le sud et l’est la côte et la lande Irlandaise. Il n’y a personne je profite du moment…

Comme l’ascension du Ben Leitri a été plus rapide que prévue, je décide de pousser jusqu’au Glengower (ou Bin Gabhar)(664m) car cela offrira une autre vue et qu’il n’y a que 70m de dénivelé en plus. Toujours pas de chemin à suivre mais la route est évidente.

Le sommet offre encore une fois une vue magnifique. Je profite encore une fois du moment et du silence au sommet…

Pour la descente je suivrai un chemin différent passant entre le Ben Leitri et un sommet secondaire dans un vallon en forme de fer à cheval. Pas de difficulté particulière à la descente si ce n’est qu’il ne faut pas se laisser avoir par des petites portions de falaises moins pratiques à passer.

Vous trouverez ci-dessous le tracé du parcours que j’ai emprunté et le fichier GPX associé :

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Une fois de retour à l’auberge de jeunesse, je rends la carte et je prends un petit thé proposé par la proprio avant de reprendre la route en direction de Clifden. Je ne m’y arrêterai pas car je souhaitais aller au camping où je passerai la nuit.

Je me dirige donc vers le « Clifden ecoBeach Camping & Caravanning Park » qui offre une grande étendue d’herbe et une vue sympa pour la nuit. Le camping en lui même n’est pas extraordinaire mais ça ira pour la soirée. Le point sympa est la présence d’une plage de sable blanc « dans » le camping.

Fin de soirée tranquille entre repas et lecture. Je passerai une nuit d’un calme absolu en comparaison à la précédente en auberge de jeunesse… Voilà à présent trois jours que je suis ici et je n’ai pas eu une goutte de pluie !! Exceptionnel en Irlande. Espérons que ça continue comme ça mais a priori le temps devrait tourner dans les prochains jours…

Quatrième Jour - De Clifden à Westport


Encore une belle journée qui commence ! Il est tôt, environ 6h30, je plie la tente et je reprends la route direction la Wild Atlantic Way. Je retourne en direction de Clifden pour faire le plein car j’ai déjà fait pas mal de kilomètres mine de rien.

Avant cela je bifurque sur la célèbre Sky Road, une route qui longe la falaise en offrant de très beaux points de vue. Evidemment il n’y a personne à cette heure-ci il est donc agréable de conduire sur ces minuscules routes.

Le « clou du spectacle » est l’espace d’observation prévu au point le plus haut de la route et qui permet d’admirer la côte et les îles environnantes.

Comme j’arrive pas le nord, je débouche quasiment dans Clifden à l’issue de la Sky Road. La ville, qui a du charme, commence tout juste à se réveiller. Comme il est tôt et que j’ai le temps je me pose dans la rue principale pour prendre un petit déjeuner copieux à base de pancake/bacon au sirop d’érable (un régale)… Je pense que le soir ça doit être sympa ici et il doit y avoir une bonne ambiance. En tous cas tout le monde se connait, se salut, ce qui donne un aspect jovial à Clifden…

Petit détour à la station essence et hop c’est reparti sur la Wild Atlantic Way. Je suis tellement rigoureux à la suivre que je me retrouve de nouveau sur la Sky Road … comme il n’y a toujours personne sur la route je me fais plaisir à la parcourir un peu plus rapidement qu’à l’aller !

La route suit ensuite la côte et passe par de toutes petites voies. On rejoint ensuite la N59 sur laquelle je reste en direction de Letterfrack et du Connemara  National Park afin de grimper Diamond Hill.

Le parking se trouve non loin du Visitor Center qui est également le début de la randonnée. Ce n’est pas une balade très difficile et tout est bien indiqué, elle est donc à faire si l’on ne souhaite pas se retrouver dans la lande comme sur le Ben Leitri.

Il y a pas mal de monde mais la montée dilue pas mal. Je pense par contre qu’au plus fort de la saison il doit y avoir foule…

Le sommet (442m) s’atteint rapidement et offre une belle vue encore une fois (surtout avec le beau temps). J’y retrouve Romain et Cécile (ou Céline j’ai une doute…), deux Suisses très sympathiques que j’ai croisé à la montée.

Nous redescendons ensuite avec mes camarades Suisses et nous nous posons au Visitor Center le temps de prendre un café en compagnie de petits oiseaux qui ont bien compris le coup avec les touristes…

Direction ensuite l’Abbaye de Kylemore à quelques kilomètres de là.

Quelle déception lorsque je me rends compte que toute la façade ou presque est en réfection et donc n’offre que des échafaudages à prendre en photo. Dommage, le lieu avait l’air sympa…

Je rebrousse ensuite chemin pour reprendre le cours de la Wild Atlantic Way. Vers Tully Cross et Rinvyle. Je ferai d’ailleurs un crochet vers le Rynvile Castle mais celui-ci ne présente pas d’intérêt.

Les routes ne sont vraiment pas larges sur cette portion mais le décor est beau encore une fois.

On rejoint ensuite la N59 pour longer Killary Harbor qui est, selon certains, l’unique fjord d’Irlande alors que des cherches pensent que non… En tous cas l’étendue d’eau offre un joli paysage avec les collines environnantes.

La Wild Atlantic Way birfurque ensuite vers l’ouest en suivant la R355. On passe par la cascade d’Aasleagh qui est jolie sans plus et on pénètre ensuite dans la vallée de Doo Lough. Ici la route est vraiment belle et les paysages font très sauvages.

La Wild Atlantic Way passe ensuite par des routes et des villages moins agréables (tout est relatif). Je longe ensuite Croagh Patrick, la montagne Sainte d’Irlande que je gravirai demain.

Pour l’instant direction Westport pour trouver un endroit où dormir et se faire une petite soirée pub.

Je tombe encore une fois en pleine sortie du travail et ça bouchonne en ville.

Je prends une chambre au Old Mill Hostel, une auberge de jeunesse tenue par deux gars super gentils et très accommodants. Le bâtiment est un ancien grenier à grain du XIXe qui a beaucoup de cachet. Westport est un joli village avec pas mal d’activité.

Pour ce qui est de la soirée, je la passerai au pub de Matt Molloy qui est typique et qui propose de la musique traditionnelle jouée tous les jours. Une soirée fort sympathique avec une bonne ambiance et de la bonne musique. J’aime beaucoup le mélange dans les pubs car c’est vraiment un lieu où les locaux se retrouvent et sont mélangés avec les touristes. C’est convivial, bon enfant et il y est facile de discuter avec les gens du coin.

Cinquième Jour - De Westport à Annagh Head


Levé matinal après une nuit relativement courte grâce à mes voisins de chambrée qui sont rentrés un peu tard et un peu éméchés mais rien de bien grave en soit.

Première étape de la journée : ascension de Croagh Patrick et ses 764m. Cette montagne est sainte en Irlande. Selon la tradition Saint Patrick aurait jeûné au sommet pendant 40jours. C’est aujourd’hui un haut lieu de pèlerinage notamment le dernier dimanche de juillet ; 25000 pèlerins tentent alors le sommet…

De mon côté j’arrive au parking vers 7h45. Ce dernier se situe dans la bourgade de Murrisk. Evidemment le parking est payant … Le soucis c’est qu’il est cher et que je n’ai pas beaucoup de pièces, évidemment le centre touristique est fermé je ne peux pas faire de monnaie.

Je croiserai pas mal de monde à la descente qui ont eu le même problème. Il faut prévoir environ 5€ en pièce je pense pour être à l’aise niveau timing.

J’ai donc, au final, le droit de rester là jusqu’à 11h ce qui me laisse 3h A/R… C’est court étant donné que la montée est donnée en 2h30 et la descente en 1h30 en général, je vais donc devoir speeder !

J’attaque vers 8h une fois prêt. Le début du chemin est bien marqué et le sentier est et restera totalement évident jusqu’au sommet.

Le début du chemin monte bien. Ce n’est pas très difficile mais le passage répété des milliers de personnes à bien dénuder la rocaille. On évolue donc dans un terrain pierreux dans lequel mieux vaut avoir de bonnes chaussures je pense (surtout pour la descente). Malgré cela j’avance bien et je double trois marcheurs qui étaient partis un peu avant moi.

On arrive rapidement à un replat vers 400m. On y trouve quelques ruines de vieilles bâtisses, surement prévues à l’origine comme abri pour les pèlerins…

C’est sur cette portion qu’on découvre vraiment la jolie forme conique de la montagne. Le chemin offre ici une très belle vue notamment grâce à la longue trace blanche du sentier jusqu’au sommet.

La dernière partie du sentier est assez raide et, surtout, est recouverte de grosses caillasses un peu instables. Il faut donc privilégier les bords du chemin pour monter. Au final ça se passe bien et j’arrive au sommet en 1h20 finalement ! Je suis pas mécontent, j’ai bien cravaché. L’avantage c’est que je suis seul et je peux donc profiter de Croagh Patrick en toute quiétude. On trouve au sommet quelques cairns mais surtout une chapelle construite en 1905.

La(les) vues qu’offre le lieu est(sont) superbe(s). Au nord on peut admirer le littoral et ses innombrables îles, au sud, le Connemara au loin et les Bens. C’est très beau surtout que la météo est de la partie encore une fois (quelle chance à ce niveau).

Je profite un bon moment de ma solitude sommitale avant de reprendre la descente. Je croise les personnes que j’ai doublé à la montée, ils sont bien fatigués, d’autant plus qu’ils n’ont pas d’eau, je leur en file.

Il n’y a pas d’eau le long du chemin (ou en tous cas je n’en ai pas vu), prévoyez donc bien de quoi boire et manger mais également partez toujours avec un habit de pluie, on se sait jamais en Irlande

Pour la descente, je prends l’option rapide : mi-course mi glissage contrôlée (plus ou moins) sur la rocaille, c’est beaucoup plus rapide et ça fait moins mal aux genoux. Je croise pas mal de monde qui attaque la montée dont beaucoup de personnes pas suffisamment équipées (pas d’eau par exemple)… Je rejoins le parking à 10h30 c’est à dire 2h30 pour l’aller-retour avec la pause au sommet… Pas mal !! Je suis content.

Je prends le temps de me poser un peu et je reprends ensuite la route sur la Wild Atlantic Way, direction Achill Island. Comme toujours la route côtière après Westport offre de beaux points de vue et s’avale bien.

J’arrive donc rapidement à Achill. Bien que ce soit une île, celle-ci est reliée à la terre ce qui est pratique. Achill est la plus grande île d’Irlande. Elle possède un côte particulièrement tourmentée par endroit mais tout cela offre de beaux paysages. Je n’ai pas passé beaucoup de temps sur l’île mais l’ambiance a l’air calme et sereine dans les petits villages de pêcheurs.

Malheureusement j’ai (enfin) été rattrapé par le temps irlandais et il pleut assez fort ce qui bouche un peu la vue et limite l’utilisation de l’appareil photo. Par contre ce gros temps donne une atmosphère vraiment sympa au tout.

La Wild Atlantic Way mène à Keem Bay, la point occidentale de l’île. C’est une petite plage nichée entre de hautes falaises. La route pour l’atteindre n’est pas bien large et il est difficile de doubler… Arrêter vous un petit peu avant la descente finale si vous voulez une photo de la plage dans son ensemble.

Le lieu est vraiment joli même si il y a un peu de monde. Il y a une jolie balade à faire en montant vers les falaises au nord. Celles-ci offrent de jolies perspectives et une ambiance très marine. Coup de bol encore une fois je réalise cette balade sous un ciel nuageux mais pas pluvieux !

Une fois cette agréable escale, je reprends la route sur la Wild Atlantic Way, celle-ci est d’ailleurs bien faite car on n’emprunte pas le même itinéraire à l’entrée et à la sortie de l’île.

Après une pause « courses », je continue vers le nord vers Ballycroy. Je ferai un stop rapide au Visitor Center du Ballycroy National Park le temps de prendre un café.

La Wild Atlantic Way nous mène ensuite vers la péninsule de Mullet où j’ai prévu de passer la nuit. Cette péninsule, toute fine, fait quasiment 30km de long au total. Sans m’étendre sur les détails j’ai été assez déçu par la partie sud car il y a bien quelques points de vue sympa mais pas de quoi casser trois pattes à un canard… La partie est déjà plus intéressante. Dans tous les cas, les habitations sont éparpillées sur toute la péninsule il y a donc peu de lieu de tranquillité. Point positif : il y a toute une série de sculptures à divers points de la péninsule. C’est d’ailleurs proche de l’une d’elle que je passerai la nuit sur Annagh Head. Comme il y a un fort vent et qu’il risque aussi de pleuvoir cette nuit je préfère ne pas monter la tente car elle aura pas le temps de sécher d’ici à mon départ. Je ferai donc la nuit dans la voiture mais en général j’y dors bien (en tous cas c’était le cas en Islande).

La lumière est belle au couchant et je profite de la soirée pour me balader alentours et bouquiner. Cela aura été une bonne journée encore, avec pas mal de kilomètres, peut être un peu trop d’ailleurs, je pense qu’Achill mérite qu’on s’y attarde un peu plus…

Sixième Jour - D'Annagh Head à Strandhill


La nuit a été bonne et il a bien plu donc je suis content de pas avoir eu à plier la tente trempée. Je reprends la route tôt mais pas directement la Wild Atlantic Way. Je me dirige vers Dun Na Mbo une sculpture qui donne sur la mer un peu au nord. Le coin est joli mais la sculpture pas extraordinaire par contre un peu plus loin en mer il y a un phare sur Eagle Island qui offre vraiment une vue superbe surtout avec une mer un peu agitée.

Je me balade ensuite sur la partie nord de la péninsule, les routes sont jolies et assez sauvages.

Je reprends ensuite le cours de la Wild Atlantic Way sur la R314. Les routes sont vraiment sympas et étroites sur cette partie.

J’arrive rapidement à Ceide Fields. Ceide Fields est un site archéologique majeur en Irlande. De nombreux témoignages du peuplement datant du néolithique y ont été retrouvés, je souhaitais donc visiter tout cela. Le « musée » ouvre pile lorsque j’arrive vers 10h. Je fais donc le tour de l’exposition tranquillement, c’est intéressant mais pas formidable. Il a ensuite une projection d’un film qui n’est pas très enrichissant et surtout un peu daté. J’espère que ça sera mieux lors du tour à l’extérieur mais je suis également déçu. Les vestiges mis en évidence sont assez pauvres. Cela reste un beau témoignage du passé mais en l’occurence on a uniquement quelques murs à moitié sortis de la tourbe. Je pense que pour un site « majeur » comme celui-ci il aurait été intéressant d’avoir une reconstitution de maisons ou plus de vestiges. La visite vaut quand même le coup.

Je vous conseille de prendre le temps d’admirer les falaises juste en face du centre car le panorama vaut le coup.

De retour sur la Wild Atlantic Way, je prends la direction de Downpatrick Head. La route est agréable mais il y a des grains qui passent il va donc falloir que je me faufile entre deux averses pour aller voir le site.

J’ai encore de la chance car j’arrive à être sur place à un moment où il fait beau. Downpatrick Head est vraiment impressionnant surtout avec ce ciel parsemé de gros nuages noirs. Encore une fois il n’y a personne et je profite du lieu…

La séance photo prend vite fin car un grain bien violent arrive encore. Je retourne donc à la voiture pour éviter de me tremper ainsi que l’appareil photo.

Je reprends la route sur la Wild Atlantic Way en direction de Sligo. La route longe la côte au plus proche et offre de belles vues sur le littoral notamment cette jolie plage vers Ballina si ma mémoire est bonne.

Je me dirige tranquillement vers Sligo en prenant mon temps. Cette portion n’offre pas « d’attractions » majeures mais on tombe sur des coins sympa tout de même surtout qu’il fait grand beau à présent.

Comme il est encore tôt je décide de faire une tour à Strandhill avant de m’arrêter à Sligo. Strandhill est une petite cité balnéaire qui  possède une jolie plage et un bon spot de surf a priori. On est dimanche et il y a beaucoup de monde qui flâne en front de mer. Je passe au glacier du coin et je me pose sur la digue profiter du paysage, du soleil et de l’ambiance très vacances.

C’est un moment agréable. Le coin me plait bien.

Direction Sligo ! Il y a un peu de trafic car pas mal de personnes rentrent en ville après leur après-midi plage. Sligo ne me fait guère une bonne impression… J’arrive à l’auberge de jeunesse près de la gare dans laquelle je veux rester ce soir mais le coin est glauque et ne donne pas du tout envie. Je vais donc faire un tour en « centre ville » et je ne suis vraiment pas emballé par tout cela.

Ma décision est prise : demi tour et direction Strandhill. Je me pose à l’auberge de jeunesse que j’ai vu un peu plus tôt dans la rue principale. Le « Surf N Stay » Hostel est une auberge de jeunesse qui propose également des lodges et qui est dans un esprit surfeur très à la cool. Il n’y a pas grand monde et je me retrouverai même seul dans mon dortoir !

Je ferai la fin de soirée au pub en face, le Strandbar et avec un écossais à l’auberge. J’ai bien fait de prendre cette décision en tous cas, la ville est plus sympa que Sligo.

Fin du voyage


C’est donc à Sligo/Strandhill que se finit pour moi mon road trip le long de la Wild Atlantic Way. En ce septième jour, je prends la direction de Dublin où je passerai l’après midi et la matinée du lendemain avant de reprendre l’avion. Je ne décrirai pas cette journée à Dublin car elle ne rentre pas dans le road trip Wild Atlantic Way mais n’hésitez à me contacter si vous souhaitez des informations.

Conclusions


Quelle bonne idée que d’avoir créé cette route balisée qu’est la Wild Atlantic Way. On se laisse porter le long de ses 2500km en suivant la signalisation, qui est très bien faite, et on découvre des sites plus somptueux les uns que les autres, des villes typiques et dynamiques et de nombreux lieux historiques, sans oublier, évidemment le pub et leurs folles soirées ! 

En résumé, j’ai vraiment aimé ces six jours sur la côte sauvage Irlandaise. Je ne connaissais pas ce pays mais j’en ai découvert une partie avec plaisir et surtout le Connemara qui marque par ses paysages magnifiques et son ambiance globale. 

Au final j’ai parcouru 1700km sur la moitié de la Wild Atlantic Way à une vitesse moyenne de 65km/h : les routes sont vraiment étroites ! Il me reste une bonne partie de la Wild Atlantic Way à découvrir et j’y retournerai avec plaisir manger les kilomètres et explorer le sud de l’île notamment. 

En tous cas si vous êtes tenté par cette route foncez-y et découvrez toutes ses merveilles !

Quelques liens utiles :

  • Le site officiel de la Wild Atlantic Way : Lien
  • Le site Ireland.com qui propose aussi des infos intéressantes : Lien
  • L'application Wild Atlantic Way très pratique car elle fonctionne hors ligne : Playstore / Appstore