Bouquetins au col de la Vache - GR738

GR738 - Haute Traversée de Belledonne

8jours

de trek

130km

parcourus

10000m

D+

10

Bouquetins

Voilà longtemps que je souhaitais découvrir le massif de Belledonne la création de cette nouvelle grande traversée de massif, le GR738, était le moment parfait pour enfin y aller et explorer ce massif aussi magnifique que méconnu.

Suivez-moi pour 8 jours sur GR difficile mais également sauvage et peu couru, le tout à 4h de train de Paris !

Belledonne et le GR738


Belledonne est un massif s’étendant de Chambéry à Grenoble. Long de 60km sur 10 de large, la chaîne culmine à 2977m avec le Grand Pic de Belledonne. C’est l’un des rares massifs de la région à ne pas être classé en Parc Naturel Régional ou National mais des projets sont en cours en ce sens. Belledonne est moins connu que les illustres Ecrins, Vanoise ou Vercors mais recèle toutefois des possibilités de randonnées fortes intéressantes et de sublimes paysages, le tout étant peu fréquenté et sauvage. Le massif est aisément accessible en voiture mais également en train en passant par Chambéry ou Grenoble.

Le massif est un haut lieu de pastoralisme et vous croiserez de nombreux troupeaux de moutons souvent protégés par des chiens Patou (prudence!). La faune y est riche, on y croise les « classiques » bouquetins, chamois et mouflons et le Loup y est également présent surtout dans le nord, dans l’Allevard.

Les Patous : ces chiens sont élevés pour garder et protéger les troupeaux de moutons, au sein desquels ils évoluent dès le plus jeune age. Ceux sont donc des chiens de défense qui ne laisseront personne approcher du troupeau, même les randonneurs. Il faut donc être particulièrement prudent à l’approche d’un troupeau car chaque année des randonneurs se font mordre.

Comment se comporter en présence d’un troupeau et d’un patou :

  • Ne pas traverser un troupeau de moutons, toujours le contourner ou le laisser passer en gardant ses distances.
  • Le patou, lorsqu’il vous repérera, va venir vers vous en courant et en aboyant fortement afin de « marquer » son territoire. Il va ensuite vous sentir et évaluer la menace que vous représentez. Parlez lui gentiment, sans crier, arrêtez vous le temps qu’il vous « scanne » ou bien continuez à marcher tranquillement, ayez une attitude apaisée et calme afin de le mettre en confiance. Il vous accompagnera le temps que vous vous éloignez du troupeau.
  • Ne courrez pas, ne soyez menaçant d’aucune sorte que ce soit. Ne brandissez pas de bâton par exemple. Toute action pouvant être interprétée par le chien comme une agression pourrait déboucher sur un comportement agressif de sa part.
  • Si vous avez un chien avec vous, ne le prenez pas dans les bras.

Les sentiers qui composent le GR738 ne datent pas d’hier, ils étaient connus sous le nom du « sentier des bergers » auparavant, mais l’officialisation du statut de GR date de 2017 avec une ouverture officielle à l’été 2018. Lorsque j’ai parcouru le GR (juillet 2018), la section entre le col de la Vache et la brèche de la roche fendu n’était pas encore balisée GR (mais il y a bien un balisage composé d’un trait jaune et/ou de points bleus) mais cela devrait être finalisé courant 2018. Avec ces 130km de long et 10 000m de dénivelé positif, le GR738 se positionne en tant que grande traversée de massif difficile à l’instar du GR54 ou du fameux GR20. L’une des spécificités du GR qui m’a marqué est le peu de village que l’on traverse. Si vous souhaitez donc partir en autonomie, il faudra prévoir de la nourriture pour quasiment tout le long de la randonnée. Si vous ne souhaitez pas faire de portage lourd, il est également possible de faire la randonnée de refuge en refuge mais certains ne sont pas gardés.

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Comme je l’ai dit précédemment, Belledonne est peu couru et sauvage, vous randonnerez donc en croisant peu de monde surtout dans les parties les plus reculées. Pour l’avoir parcouru, le GR738 est donc un beau parcours, assez demandant physiquement mais gratifiant en terme de paysages surtout sur la partie Sept Laux – La Pra.

Jour 1 - Départ de Paris et premiers kilomètres


Nous sommes le 06 juillet 2018 à Gare de Lyon et c’est parti pour 8jours de randonnée le long du GR738. Je serai en solo pour ce trek car je devais partir avec mon frère mais ses vacances ont été annulées malheureusement… C’est la première grande randonnée de l’année et on ne peut pas dire que j’ai fait beaucoup beaucoup de sport dernièrement (…), on verra ce que ça donne physiquement sachant que le sac est particulièrement lourd car j’emmène 8 jours de nourriture avec moi étant donné que je veux être totalement autonome.

Direction Aiguebelle pour rejoindre le début du GR738. Le voyage est rapide car le village est à 30min de TER de Chambéry que l’on rejoint en 3h de TGV depuis Paris.

Me voilà donc au début des 130 bornes qui me séparent de Vizille, la fin du GR. Pour trouver le début du chemin, rejoignez la rue principale du village en direction du NO. Les premières marques rouge et blanche qui vont vous accompagner pour quelques jours se situent à l’embranchement de la route qui monte vers le Planay (c’est dommage qu’il n’y ait pas de petit panneau marquant le début du sentier, quelque chose d’un peu solennel).

Alors disons-le tout de suite, je n’aime pas les premières journées de marche, en général c’est difficile (le temps de lancer la machine), c’est pas folichon en terme de paysage et je fais toujours une erreur de navigation. Et bah vous savez quoi … j’ai eu droit au trio gagnant cette fois-ci ! La montée au dessus d’Aiguebelle n’est pas très jolie et je serai de plus accompagné par les mouches et les taons. Le sac est lourd, je ne suis pas « chaud » et la fatigue du voyage font que c’est dur dur en cette première journée. Pour couronner le tout je me tromperai de direction vers Les Bugnons me rajoutant 2-3km inutiles !

L’objectif de la journée était de monter au Fort de Montgilbert et d’y bivouaquer. J’y arrive vers 19h, épuisé (…) et harcelé par des nuées de moustiques – un enfer ! Pas de surface adéquates pour poser la tente, je décide de pousser plus loin dans l’espoir de trouver un meilleur coin.

Au final je me poserai à côté d’une piste forestière (un coin bien moche) et je passerai la soirée dans la tente car les moustiques rendaient l’extérieur invivable… Voilà une première journée typique ! J’espère que ça ira mieux demain, normalement on attaque des zones plus sympathiques. Pour l’instant dodo, il faut récupérer pour la suite.

Jour 2 - Du Fort de Montgilbert au Refuge de la Perrière


Réveil matinal avec le soleil et empaquetage rapide. C’est une longue journée qui m’attend : 17km et 1700m de D+ ! Reprenant la route je croise quelques centaines de mètre après le bivouac une ancienne batterie avec un coin qui aurait été parfait pour poser la tente … Dommage !

Le sentier descend ensuite vers un petit patelin appelé Les Granges, je croise fugacement un chamois dans la descente en sous-bois. Au village, le GR738 passe de l’autre côté de la vallée, à l’ombre, pour monter en direction du col du Champet.

L’ascension pour le col est longue, en tous cas j’ai du mal et physiquement ça suit pas. Je paie le manque d’entrainement cette année. Heureusement on monte à l’ombre.

Arrivé au col je m’accorde une petite pause, le temps de grignoter. Les arbres commencent à se faire rare à cette altitude (~1800m) ; les montagnes alentours se dévoilent plus, le paysage a déjà bien changé et est plus beau.

Le GR738 mène ensuite vers le sommet du Grand Chat (1992m) et court le long de la crête vers le lac aux grenouilles. C’est un joli passage mais j’ai un peu de mal à en profiter car je n’ai plus d’eau depuis quelques temps et il fait très chaud. Malheureusement le coin est sec…

Heureusement, je croise le petit lac des grenouilles qui me permet de boire un peu même s’il n’est pas profond et l’eau un peu trouble (merci la paille filtrante…). Par contre sur ce coup là je fais preuve d’une certaine bêtise étant donné que quelques mètres plus bas (mais cacher à la vue depuis le lac) se trouve le refuge d’Arbarétan auquel il y a de l’eau…

Je reprends la route après cette courte pause pseudo rafraîchissante. Prochain passage clé, le col de la Perche (1988m) que je rejoins rapidement. Il faut ensuite descendre relativement bas avant d’attaquer la montée vers le Col de la Perrière (1979m). Sur le chemin on croise la source du Gargoton qui est pleine de charme et qui me permet surtout de boire à ma soif et de refaire le plein. Je m’y accorde une bonne pause avant d’attaquer les 300/400 m de montée.

L’ascension vers le col n’est pas complexe en soit mais je commence vraiment à être fatigué aujourd’hui. J’ai hâte d’arriver au refuge de la Perrière et de souffler un peu.

Ce dernier est situé non loin du col légèrement en contrebas. C’est une jolie cabane avec une quinzaine de couchage. Le bâtiment a entièrement été rénové par l’association « Tous à poêle » en 2018. Bien que non gardé le refuge de la Perrière offre un bon confort. Il est d’ailleurs prisé des habitants du coin car on peut y accéder depuis Val Pelouse en 50min de marche. Etant donné que nous sommes samedi, pas mal de famille sont montés avec leurs enfants et le refuge sera plein ce soir. Pour ma part je poserai ma tente dehors afin de dormir au calme.

Je suis content d’arriver car je suis exténué. Il n’est pas encore trop tard, j’ai donc le temps de profiter du lieu et de l’ambiance. S’en suivra une agréable soirée animée par les jeux d’enfants et l’ambiance conviviale. Le coucher de soleil sur le Pic du Frêne est beau.

D’ici j’aperçois mon objectif de demain, le Col de Claran (1956m) qui n’est qu’à 4km à vol d’oiseau mais qui va nécessiter une bonne balade encore une fois.

Mon sentiment est partagé ce soir car bien que l’endroit soit sympa et l’ambiance agréable, le GR738 ne m’a pas encore particulièrement impressionné par ses paysages. Par contre physiquement il m’a bien attaqué et j’espère que les prochaines journées seront plus cool. Pour l’instant passons une bonne nuit de sommeil.

Jour 3 - Du refuge de la Perrière au Refuge de la Pierre du Carre


La nuit a été bonne même si je me réveille avec les jambes toutes raides ainsi que le dos. Je suis le seul réveillé, c’est l’aube, il fait bon et l’atmosphère est apaisante. Le « camp » est vite plié et je me mets en route en direction du Refuge des Férices.

Cette étape du GR738 commence par une jolie montée vers le Col de la Frèche (2183m) de quoi se mettre en jambe dès le matin !

Le terrain a changé depuis hier. C’est plus sauvage, plus rocailleux, je préfère. Une fois au col, le sentier passe de combe en combe à flan de falaise en descendant gentiment vers les Férices. Cette portion est très belle, très sauvage mais attention le chemin peut être abrupte (particulièrement en descente). Soyez donc prudent surtout si vous randonnez avec des enfants.

J’atteins le petit Refuge rustique des Férices qui est une simple cabane de pierre avec juste ce qu’il faut d’installation à l’intérieur. Je trouve que ce refuge a beaucoup de charme et le lieu dans lequel il se trouve est vraiment magnifique.

Je m’accorde une longue pause avant de reprendre la route en direction du Chalet de Pré Nouveau quelques 400m plus bas.

Les genoux sont douloureux dans la descente et la fatigue des derniers jours se fait sentir. Cette portion contrairement à la précédente n’a que peu de charme… Je croiserai dans cette descente les seules autres personnes de mes 8 jours ayant parcourus le GR738 en intégral…

Pause repas au Chalet (qui est fermé) avant d’attaquer l’ascension vers le Claran.

Encore une fois cette portion n’est pas très jolie car elle évolue dans une végétation dense et fort humide. Ce n’est qu’à l’approche du refuge de Claran (1828m) que le paysage s’ouvre de nouveau. En tous cas la montée est longue et difficile pour moi…

La montée finale vers le col finie de me fatiguer même si la vue est belle. Derrière le refuge de la Pierre du Carre se dévoile plus bas avec lui l’idée d’une bonne bière fraîche. Par contre il paraît beaucoup plus proche qu’il n’est en réalité et la descente est une torture pour mes genoux.

J’atteins enfin le refuge, épuisé encore une fois… Il y a peu de monde et je me retrouverai rapidement seul avec les gardiens. Je profite d’être à un refuge gardé pour manger une bonne part de tarte aux myrtilles accompagnée d’une bière bien méritée. Encore une fois et comme souvent, la vue du refuge est belle.

Je passerai pas mal de temps à discuter avec le gardien et sa femme qui sont très accueillants. Si vous passez dans le coin, je vous conseille vraiment d’y passer pour une nuit ou juste le temps de manger un bout car il y règne une agréable ambiance de « refuge familial » qui parfois se perd avec les gros établissements.

Il y a quelques emplacements au dessus du refuge pour poser la tente. Ils offrent une jolie vue sur la vallée.

Je me couche tôt car j’ai besoin de récupérer. Je commence à être inquiet pour la suite et j’espère que je vais tenir physiquement. Le fait de marcher seul n’aide pas car j’ai personne pour me motiver quand je suis fatigué. Le groupe fournit une belle énergie en général.

Je m’endors ce soir, bercer par les « effaroucheurs à loup » (des tirs à blanc de canon à gaz) du berger qui est un peu plus haut sur la montagne.

Jour 4 - Du Refuge de la Pierre du Carre au Chalet du Léat


Quatrième jour… mes petits rituels sont bien rodés et je me lève encore une fois de bonne heure et je plie le camp rapidement. La journée commence par une longue descente… J’aime pas les descentes, surtout en début de journée.

Celle-ci est particulièrement moche et pas agréable car la rosée du matin a tout trempé et ça dérape. Elle me casse le moral et déjà que je commençais à me dire que je n’arriverai pas à finir le GR738, cette descente me sape encore un peu plus.

Conséquence : arrivé au niveau de la fourche en T lorsque le sentier rejoint une piste forestière, je me pose sérieusement la question de savoir si je continue ou non le GR738. C’est une scène qui serait très cinématographique avec le choix cornélien suivant : vers la gauche le GR, vers la droite le retour à la maison ponctué d’un échec. J’appelle ma copine à la rescousse qui trouve les mots pour me remotiver et me convainc de continuer.

Direction la gauche et la motivation de finir ce sacré GR738 !!

Le chemin suit la piste forestière sur une bonne distance. Ce n’est pas très joli mais au moins le terrain est bon et à l’ombre. Arrivé au Praillet vers 1700m, le sentier entame une douce descente à travers les alpages en direction de l’Aup Bernard que j’atteindrai rapidement.

Après l’Aup Bernard et une pause réhydratation, une autre descente en direction de la Bourgeat Noire m’attends. Il n’y a pas grand chose à dire sur cette portion encore une fois si ce n’est qu’on évolue dans les arbres ce qui est à la fois agréable car on est à l’ombre mais d’un point de vue paysage je préfère les grands espaces nus.

Arrivé au village le GR738 monte normalement vers de Refuge de l’Oule mais je vais devoir doubler mon étape demain pour tenir mon planning, je fais donc le choix de prendre un itinéraire direct en direction du chalet du Léat et ainsi gagner un peu de temps pour demain.

Le sentier en question évolue en forêt (heureusement car il fait très chaud) mais monte très très fort ! Au moins on prend vite du dénivelé… J’ai la chance de croiser une maman et sa fille qui font une randonnée à la journée entre le Léat et l’Oule et je fais la montée avec elles, c’est plus motivant à plusieurs et ça permet de papoter.

Je suis bien content d’arriver au chalet qui est niché juste à côté du joli lac du Léat dans un petite dépression. C’est un bel endroit et le chalet est très bien entretenu.

Nous partageons un petit thé à la menthe avec mes deux camarades de montée avant qu’elles ne reprennent leur route. Rapidement un duo de marcheurs arrivent pour passer la nuit au refuge également. On sera rejoint un peu plus tard par un groupe de quinqua’ très sympa. Au final c’est une soirée agréable que je passe. Les abords du chalet sont vraiment jolis surtout dans la lumière orangée du soir.

Je pose ma tente juste à côté du refuge. Demain, direction les Sept Laux, pour je pense une nouvelle approche du GR738 car si on en croit la carte je vais passer dans un milieu beaucoup plus « montagne » et rocailleux.

Jour 5 - Du Chalet du Léat aux Sept Laux


J’ai bien fait de dormir dans ma tente et pas dans le refuge car il y avait du ronfleur ! Je les ai même entendu de dehors !

Longue journée en perspective car aujourd’hui je double une étape (même si l’étape jusqu’à La Martinette n’est pas bien longue) et ce soir je serai aux Sept Laux.

Pour changer, la journée commence par une descente sans grand intérêt vers le fond de vallée, de là on part en direction de la Martinette.

Commence alors la longue montée de 1100m vers les Sept Laux. Il est tôt j’ai donc tout le temps pour manger ce dénivelé et j’y vais tranquillement, à mon rythme.

D’après ce qu’on m’a dit, préférez le sentier du GR738 plutôt que celui qui passe par le « Cul de la Vieille » car ce passage nécessite de mettre un peu les mains ce qui n’est pas idéal avec le sac. La montée est belle et sauvage, on passe entre les pierriers et sur de jolis sentiers en prenant petit à petit de la hauteur. Il n’y a personne encore une fois et il fait grand beau.

Une fois au lac noir, vous êtes quasiment arrivés. Encore 10min et enfin le Refuge des Sept Laux se dévoile sur un petit bout de rocher entre les lacs. Les Sept Laux sont un immense complexe hydroélectrique créés par EDF (j’imagine qu’il devait tout de même il y avoir des lacs initialement). Il y a donc pleins de lacs plus ou moins grands qui communiquent ensemble. En ce moment les lacs sont bas comme on peut le voir sur les photos mais c’est joli tout de même, surtout en direction du sud.

Je m’installe à la terrasse du refuge pour manger une bonne omelette. Je papote un peu avec les randonneurs présents et je savoure la satisfaction d’avoir grimper ces 1100m surtout que je me sens beaucoup mieux physiquement, je suis donc confiant pour finir le GR738.

C’est en faisant le point sur les prochains jours que je me rends compte de mon erreur : j’ai mal compté les étapes et les jours qu’il me reste. Actuellement je rate mon train d’une journée !! Il va donc falloir que je double une autre étape… En analysant un peu la carte et la suite des étapes, je décide de tenter de doubler l’étape de demain c’est à dire de marcher jusqu’à Jean Collet plutôt que de m’arrêter à l’Habert d’Aiguebelle. Cela va être une longue journée mais c’est faisable. Par contre pour gagner un chouya de temps demain, je reprends mon sac et je pousse jusqu’à la bergerie du Cos sous le col de la Vache pour poser mon bivouac du soir.

Le chemin entre le refuge et la bergerie est vraiment beau surtout avec les jeux de lumière dus aux nuages de la fin d’après midi.

Les abords du Lac du Cos sont magnifiques et offrent des emplacements de bivouacs de rêve ! Je me pose non loin de la bergerie qui n’est pas occupée pour l’instant. J’ai toute la vue sur le lac et la Pyramide (2912m) en fond. C’est un joli moment, serein et solitaire encore une fois.

Le soir j’aurai la visite de quelques bouquetins sur les hauteurs derrière la tente. Les couleurs sur les montagnes environnantes sont très belles et il ne fait pas froid. C’est vraiment un beau coin à bivouac, certainement le plus beau de mon GR !

Jour 6 - Du Lac du Cos au Refuge Jean Collet


Bon, c’est une longue journée qui m’attend ! Je dois doubler mon étape et rejoindre le refuge Jean Collet. Le premier soucis c’est que face à moi il y a le Col de la Vache et qu’il est encore en neige. En effet, les précipitations ont été exceptionnelles cet hiver et la neige est encore bien présente. Je sais que ça passe car j’ai croisé des groupes qui avaient réussi mais en fin d’après midi à chaque fois. L’attaquant de bon matin, j’espère que le regel nocturne a été limité…

Je commence donc la montée dans la rocaille pour l’instant. Derrière la vue est magnifique avec le soleil du matin et le lac en contrebas.

Je rejoins rapidement la neige. Je pense que dès 2300-2400m tout est tout blanc. Heureusement les abords du névé sont praticables. N’étant pas équipé de crampons, je préfère donc passer dans la rocaille et éviter une glissage… Pour la montée ça se fait bien et c’est même plus « ludique » car je dois mettre un peu les mains dans certains passages.

J’arrive rapidement au col au final. De l’autre côté pas de surprise : la neige sur 200m de D-…  sauf que cette neige est totalement gelée et donc c’est une longue pente de glace qui se présente à moi pour la descente ! Aie !! Je ne suis pas du tout équipé pour. J’ai donc 3 choix : soit je fais demi tour et je passe ailleurs (mais où ?), soit j’attends que le soleil tourne et réchauffe le col mais dans ce cas adieu le doublage d’étape aujourd’hui, soit je tente de descendre la pente en ramasse c’est à dire en me faisant glisser sur les fesses…

Je choisis la 3e option car je veux avancer. Je vais être honnête, avec le recul, cette idée n’était pas très maline car étant tout seul, le risque était assez élevé… Mais bon, me voilà en train de glisser doucement sur les fesses en me freinant avec les bâtons autant dire que l’équilibre est précaire et que j’ai froid aux fesses ! D’ailleurs ça ne rate pas, je pars en glissage incontrôlée et j’arrive à me freiner uniquement grâce à une dépression dans la glace un peu plus bas… Je m’en tire sans trop de dommage si ce n’est une jolie blessure à la main mais ça aurait pu être bien pire.

La descente prendra une bonne heure au final et un bon stress !

Heureusement et pour me faire oublier cette mésaventure, quelques bouquetins m’attendent en bas et ne dédaigne à peine se décaler pour me laisser passer. Je réalise quelques belles photos, j’aime ce genre de rencontre avec la faune locale (a priori leur présence ici le matin est commune).

Je reprends la route en direction du Pas de la Coche après avoir désinfecté ma main. On voit le chemin serpenter au loin. Le passage du Col de la Vache symbolise vraiment un changement dans les paysages je trouve, étant donné que la suite du GR738 se fera dans une ambiance beaucoup plus rocailleuse, plus sauvage.

Lorsque j’ai parcouru le GR738 en juillet 2018, le sentier n’était pas balisé « GR » du Col de la Vache jusqu’à la Brèche de Roche Fendue. Il y a d’autres balisages notamment des traits jaunes et/ou des points bleus. Le balise GR devrait être terminé pour l’automne 2018.

Les paysages sont très beaux sur cette portion.

J’atteins rapidement le Pas de la Coche qui symbolise normalement la fin de l’étape de la journée. Il est encore tôt j’ai donc tout le temps pour rejoindre Jean Collet.

Pour l’instant je me dirige en direction de la Brèche de Roche Fendue (2480m). Le chemin emprunté est très sauvage et n’apparaît même pas sur la carte IGN (ce qui est rare). Profitez de la petite source qui donne naissance au ruisseau de la Grande Montagne pour refaire le plein d’eau de source aussi bonne que fraîche.

L’ascension vers la Brèche se fait dans le pierrier tout du long. C’est une bonne ascension, assez longue au final surtout qu’il fait très chaud.

Le passage de la brèche est beau car c’est vraiment une petite ouverture dans les falaises environnantes.

Pour ce qui est du passage du Col de la Mine de fer et toute la descente vers Jean Collet, je n’ai pas beaucoup de photos à vous présenter car, derrière la Brèche de Roche Fendue, j’étais dans les nuages tout du long. Cela créé cependant une jolie ambiance mais c’est plus difficile pour apprécier les paysages environnants.

Le Col de la Mine de Fer et la descente jusqu’au Refuge Jean Collet ne présentent pas de difficulté particulière.

J’atteins donc le refuge dans l’après midi. J’ai bien crapahuté, je suis content. Je m’offre donc une petite bière artisanale du coin en récompense.

Fin de journée assez classique. Je passerai pas mal de temps à discuter avec les gardiens et un randonneur au refuge. J’installerai ensuite ma tente un peu au dessus car il y a quelques emplacements prévus pour le bivouac. Le coin offre une belle vue sur la vallée et Grenoble 1700m plus bas. Voir Grenoble c’est aussi le symbole de la fin prochaine du GR. Encore 2 étapes et j’aurai fini. En tous cas cette journée est la plus belle du GR738 en terme de paysages à mon sens.

Jour 7 - Du Refuge Jean Collet au Refuge de la Pra


C’est reparti pour un tour ! Cette étape représente la dernière vraie étape du GR étant donné que la dernière sera juste dédiée à la descente sur Chamrousse.

Pour l’instant la première partie de la journée commence par la descente vers l’Habert du Mousset, ce qui est rapidement réalisé.

On entre ensuite dans le vif du sujet avec l’ascension sur Col de la Sitre (~2160m). C’est une belle montée assez raide mais qui ne présente pas de difficulté technique majeure. Il faut juste prendre son temps.

J’avoue une certaine appréhension à passer ce col car je sais qu’il y a un troupeau gardé par un patou derrière et que certains randonneurs ont déjà eu de « sympathiques » contacts avec ce bon toutou…

Heureusement pour moi le troupeau est plus bas et descend vers le lac de la Grande Sitre, je vais donc éviter une mauvaise rencontre.

On a une belle vue depuis le col avec le petit lac en contrebas et toute la zone vers le col du Loup. C’est d’ailleurs la prochaine étape que j’atteins rapidement.

De là commence la longue descente vers le Lac du Crozet. Le lac est beau et cela doit être un bon coin pour le bivouac. Par contre il y a du monde étant donné que nous ne sommes pas près du Pré Raymond ou du Pré du Mollard.

Depuis le Crozet, on biffurque sur la gauche en direction du Col de la Pra. Toute cette portion a beaucoup de charme car il y a de nombreux petits cours d’eau qui sillonnent au travers du vallon.

Le passage du col est une formalité et on atteint le refuge 5min plus tard. C’est un « gros » refuge, avec deux bâtiments qui font face au superbe paysage qui s’étend entre Le Galeteau et les falaises des Pointes de la Jasse Bralard. J’aime beaucoup ces grands replats alpins parcouru par de jolis ruisseaux.

Je m’installe donc à la terrasse du refuge pour manger un bout avec une petite bière en admirant le paysage. Il est tôt je vais avoir tout le loisir de me reposer, de profiter du moment et de discuter avec du monde.

Attention : le bivouac est à présent interdit dans la zone direct du refuge, suite à un arrêté municipal. En effet l’affluence touristique a fortement dégradé la zone, sans compter les personnes qui arrachent des arbres pour les feux de camps. Lien vers le site du refuge et l’arrêté.

En discutant justement avec les gardiens, ceux-ci me disent que des randonneurs ont vu le Loup hier à quelques mètre de leur bivouac ! C’est inespéré mais j’aimerai tellement vivre la même chose ce soir !

Après cette longue pause de plusieurs heures je reprends la route en direction du lac Longet afin de sortir de la zone d’interdiction de bivouac. Je me dégote un petit coin fort sympathique à l’extrémité SO du lac, juste au bord de l’eau.

Pas de loup ce soir mais la jolie visite d’un groupe de Chamois tout près du camp. Un beau moment pour signer mon dernier bivouac du GR738.

Jour 8 - Retour à la maison


Voilà, dernier réveil, dernier rangement et dernier départ du bivouac. Il ne me reste que 3h jusque Chamrousse avant le retour au tumulte citadin. Mon appareil photo n’avait plus de batterie, je ne peux donc pas vous monter les jolis lacs Robert. Cela aurait bien été le seul paysage sympa de cette étape car le reste (surtout après les lacs) n’est pas très beau en comparaison aux derniers jours. La fin notamment se fait par les pistes de ski…

Je pensais que Chamrousse serait un authentique village de montagne mais il n’en est rien. C’est une station 100% dédiée au ski sans grand charme. J’attendrai donc le bus pour Grenoble à la terrasse d’un restaurant. Direction la gare SNCF et le retour sur Paris… Voilà ce qui conclue ces 8 jours.

Les plus attentifs auront remarqué que je n’ai pas réalisé la dernière étape qui consiste en une longue descente vers Vizille. Je n’ai pas vu d’intérêt à ce tronçon et cela m’avait été confirmé par un groupe de randonneurs.


Conclusions

Et bien avant tout, j’ai été surpris par ce GR738. Je m’attendais à quelque chose de plus facile et je dois avouer qu’il m’a fait douter de moi-même ! Bon, mon entrainement physique n’était pas au top, loin de là, mais quand même c’est technique. Un des points clés de cette difficulté tient dans le fait que si vous souhaitez le réaliser en autonomie complète il faut emmener toute la nourriture avec vous… Le sac pèse donc assez lourd au départ. Par contre vous pouvez le réaliser de refuge en refuge ce qui limite cette difficulté. Les premières journées sont de plus assez exigeantes en terme de dénivelé. Bon, il faut tout de même nuancer car j’ai réalisé en 8jours ce qui est prévu en 10 et je pense que j’aurai pu rejoindre directement Chamrousse la même journée que la Pra. Si j’y arrive c’est que vous pouvez le faire aussi. 

En terme de paysage il y a vraiment un contraste entre un début très « forestier », joli mais sans plus et la portion après les Sept Laux qui est très belle et très sauvage. Toute cette zone mérite vraiment d’être connue. De plus on croise vraiment peu de monde (en tous cas début juillet) et c’est appréciable pour profiter pleinement de la Montagne.

Le tracé du dernier né de la famille des GR (en 2018) permet de découvrir ce beau et méconnu massif de Belledonne et je suis content de l’avoir réalisé. Si vous cherchez donc un beau trek alpin loin des itinéraires classiques je vous conseille vraiment le GR738 qui ne manquera pas de faire des émules les prochaines années.

N’hésitez pas à partager votre expérience de cet itinéraire dans les commentaires !


Traversée du Vercors

Traversée du Vercors

3jours

de trek

42km

parcourus

1660m

D+

10

Bouquetins

Trouver une randonnée en montagne de quelques jours en novembre n’est pas toujours chose aisée mais le Vercors était le lieu parfait : isolement, paysages, faune, altitude, tout y est réuni pour marcher quelques jours loin du monde.

Le Vercors est un lieu particulier, massif calcaire des pré-Alpes situé à deux pas de Grenoble, il se démarque par son isolement et l’absence relative d’eau qui y règne. On y trouve également une faune riche et peu farouche. Le massif est facilement accessible en voiture ou en train, ce qui facilite la logistique transport. Et puis, je ne sais pas trop pourquoi, le Vercors et ses hauts plateaux ont toujours eu un raisonnement un peu mystique en moi et cela faisait longtemps que je voulais découvrir ce lieu.

Nous avons donc bouclé les sacs pour trois jours à la Toussaint. L’objectif était simple : rejoindre Corrençon-en-Vercors depuis Chichilianne en prenant le temps de savourer l’automne sur les Hauts Plateaux. Voici le récit de ce beau trek automnal le long du GR91.

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Jour 1 - De Paris au Mont Aiguille


Pour cette aventure, je serai accompagné de mon pote Geoffroy, Jeff pour les intimes. C’est gare de Lyon que nous nous retrouvons pour un départ matinal en direction de Grenoble. Nous y serons 3h plus tard Ô magie du Train à Grande Vitesse !

Pour la suite nous prendrons un TER qui nous déposera à Clelles. La gare et le village sont perdus au milieu de nulle part, ça y est, on y est, on peut commencer notre randonnées !

Celle-ci commence par une petite déconvenue, étant donné que Jeff a oublié sa carte mémoire d’appareil photo ! Je serai donc le reporter pour les prochains jours, lourde tâche que voici !

La première étape de la rando consiste à rejoindre Chichilianne et plus précisément la Richardière, au pied du Mont Aiguille. Il est environ 13h on a encore quelques heures devant nous avant la nuit.

En toile de fond de cette première étape, le magnifique Mont Aiguille, proéminence rocheuse culminant, seul, à 2087m. C’est un lieu historique pour l’Alpinisme car c’est la première « véritable » ascension réalisée en 1492. C’est également notre objectif de la journée car nous avons l’intention de bivouaquer vers le Col de l’Aupet.

Le chemin n’est pas train difficile jusqu’à la Richardière et relativement plat. Nous tournons au fur et à mesure autour du mont qui nous présente différents profils.

Une fois à la Richardière (1000m), nous attaquons le vif du sujet avec la montée au travers de la forêt domaniale de Chichilianne. Nous prenons rapidement de l’altitude et pour ma part je lutte un peu et j’ai le souffle court. Jeff, lui caracole en tête. Il commence à se faire tard et le soleil baisse à vue d’oeil.

Nous arriverons à l’épaulement sous le Mont Aiguille vers 16h, pour ma part exténué… Nous ne pouvons pas boire à notre soif car il n’y a pas d’eau dans le coin. Nous espérons en trouver demain à la fontaine de Bachassons. Pour le moment on installe le camp qui offre une belle vue sur le Mont Aiguille et la vallée environnante. Comme il fait encore jour nous partons tenter de trouver de l’eau sur le versant nord mais rien…on rentre bredouille.

Les températures chutent vite et le vent n’arrange rien ! Nous nous réfugierons dans nos duvets très tôt après un repas pris à la hâte ! Nous avons suffisamment d’eau pour ce soir mais il faut que l’on en trouve demain.

Comme souvent avec les premières journées, la mise en jambe n’a pas été facile mais nous sommes tout de même content d’être ici bien emmitouflés dans nos duvets.

Jour 2 - Du Mont Aiguille à la Fontaine du Playe


La nuit n’a pas été trop froide, nous nous étions équipés en connaissance de cause. L’aube nous réserve un lever de soleil rougeoyant et la météo est au beau temps, tout ce qu’il faut pour attaquer la journée du bon pied !

Le petit déjeuner sera frugal et rapide car le manque d’eau ne nous permet pas de faire un thé ou un café. On reprend donc la route assez rapidement une fois le camp plié.

La première étape nous emmène au Pas de la Selle qui sera notre porte d’accès aux hauts plateaux. Nous laissons les arbres derrière nous dans la montée qui se fait donc de plus en plus minérale. La vue jusqu’au col est merveilleuse : en contre bas la vallée nimbée des brumes matinales et le Mont Aiguille planté là dans toute sa splendeur.

L’arrivée au pas de la Selle révèle enfin les Hauts Plateaux et cela vaut le coup ! On se croirait dans le Rohan du Seigneur des Anneaux : de grandes landes d’herbes rases à perte de vue avec quelques arbres ici et là. C’est très beau et il y a personne surtout !

Nous bifurquons ensuite vers le Nord en quête de la fontaine des Bachassons. Sur la route nous croisons une petite cabane perdue dans la pampa, on y fait un stop 2min.

Nous cherchons la fontaine que nous trouverons un peu plus loin. Elle coule doucement mais elle coule, c’est déjà ça ! On remplie nos bouteilles à fond (3L/personne).

On reprend la route en direction de la Cabane des Aiguillettes pour prendre un café. Il fait beau mais ça souffle très fort, au point de nous déporter. La vue est très belle avec le Grand Veymont (2341m) en toile de fond tout coiffé d’un joli chapeau nuageux.

Nous arrivons rapidement à la Cabane des Aiguillettes mais celle-ci est déjà occupée par d’autres randonneurs avec qui nous nous installons le temps d’un café.

Les nouvelles ne sont pas bonnes par contre : nos compagnons de pti déjeuner nous informent que de nombreuses fontaines sont complètements à sec. Cela n’augure rien de bon ! On prend donc des bouteilles en plus que l’on remplie avec un peu de neige fondue au réchaud… On espère tout de même trouver un peu d’eau sur la route…

Nous repartons après cette bonne pause un peu « inquiet » de ce problème d’eau… nous verrons bien. Initialement nous voulions grimper en haut du Grand Veymont mais comme il est tout encapuchonné nous décidons d’obliquer plein ouest et de récupérer le GR91 plus tôt que prévu.

Nous passons donc par le Pas des Chattons où nous attend une belle surprise ! C’est en effet ici que nous attendent une dizaine de bouquetins littéralement en train de paître sur le chemin… Nous nous approchons avec précaution pour ne pas les effrayer au point de se retrouver à moins de 10m d’eux. C’est même à nous de nous décaler du chemin pour passer car ces messieurs (il n’y a que des mâles) ne prennent pas la peine de bouger… On en profite pour quelques photos !

J’avais entendu dire que la faune ici était peu craintive mais à ce point ! Comme je le disais nous ne sommes en présence que de mâles ici, les femelles sont plus haut avec leurs petits.

Le paysage change rapidement après le Pas des Chattons. Nous perdons de l’altitude, les arbres refont donc leur apparition en nombre. Ceux ne sont que des conifères par contre, les conditions étant toujours rudes ici en hiver.

Nous tomberons, un peu par hasard, sur notre premier Scialet un peu plus loin. Les Scialets sont des sortes de trou sans fond (tout du moins en apparence) qui sont dû à la nature même du sous-sol de Vercors. En effet celui-ci est principalement constitué de calcaire et est donc particulièrement sujet à l’érosion par les eaux. C’est d’ailleurs ce sous-sol karstique qui fait du Vercors un zone si aride car l’eau disparaît directement dans les anfractuosités du terrain. Dans tous les cas faut pas tomber dedans !

Nous rejoignons le GR91 un peu plus loin, au Nord-Est de la « Grande Cabane ». Nous suivrons à présent de GR qui traverse le Vercors de part en part. Direction plein nord.

On s’arrête un peu plus loin un peu avant la fontaine des Serrons pour casser la croûte. La vue est belle sur le Grand Veymon.

Nous poursuivons vers la fontaine des Serrons. Même si on nous a dit qu’elle était à sec on fait un détour de 100m pour aller voir. Et bien certes ça coule pas bien fort mais ça coule tout de même ! On décide donc de remplir toutes les bouteilles avec de la bonne eau (la moitié était remplie avec de la neige fondue et pas bien propre).

Bon il faut 10min par bouteille et on a 6 bouteilles à faire … Une bonne pause en perspective, mais ça nous va on est pas pas mal là au soleil.

9L plus tard on reprend notre chemin avec le soleil dans le dos.

Les paysages oscillent entre de la forêt au sol assez rocailleux et des espaces ouverts où croiser des bisons ne serait pas étonnant. On avance vite, c’est plaisant. On a pas croisé grand monde depuis notre départ de la cabane des Aiguillettes.

Plus loin nous croisons la fontaine de la Chaux qui ne coule quasiment pas (juste un goutte à goutte). On récupère un peu d’eau qui stagne dans le tuyau pour boire à la pause.

Nous poursuivons notre route dans le maquis sur encore 2km en direction de la fontaine du Playe, on compte bivouaquer non loin en espérant y trouver suffisamment d’eau.

Et nous avons de la chance car la fontaine a encore un débit acceptable. Nous aurons donc suffisamment d’eau, ce soir, pour boire à notre soif et cuisiner. Nous installons le camp juste à côté. La vue est belle d’ici mais les températures chutent vite avec le crépuscule et il a toujours beaucoup de vent.

Nous ferons un bon repas bien riche en comparaison de la veille mais nous ne nous attarderons pas dehors car il caille fort ce soir. Direction le duvet à 18h30 pour s’endormir pas très longtemps après. Une jolie journée avec pas mal de diversité en terme paysage et surtout une vraie immersion dans le Vercors sauvage.

Jour 3 - De la Fontaine du Playe à la Cabane de Carrette


Nuit fraîche mais pas de soucis avec les gros duvets. Le petit déjeuner sera plus sympa que celui de la veille étant donné qu’on a de l’eau. Nous faisons d’ailleurs le plein des bouteilles au maximum avant de partir car nous ne croiserons pas d’autres fontaines a priori et ce soir nous serons à la cabane de Carrette, il nous faut donc des réserves.

Nous reprenons la route en passant à côté de la Cabane de la Jasse du Play qui exhale une bonne odeur de feu de bois au passage…

Le chemin se poursuit ensuite au travers de la forêt et par de petites dépressions. Il y a un côté labyrinthique agréable. Un peu plus loin, non loin de la tête de cognaux, on surplombe la forêt et le soleil levant offre une belle lumière. On en profite pour faire une pause et faire des photos aériennes car on peut enfin faire voler le drone étant donné que le vent est tombé.

Nous continuons notre route le long du GR91. Les paysages sont toujours aussi beaux. La progression est rapide car depuis la veille nous sommes sur un faux-plat descendant.

Le GR91 nous emmène ensuite au travers du Canyon des Erges. Alors ce n’est pas le Grand Canyon non plus mais c’est originale, le sentier est encaissé entre deux falaises de 20m de haut environ aux formes organiques parfois.

Petite pause repas non loin du Pot du Play après la traversée du canyon. On a perdu un peu d’altitude depuis ce matin et cela se ressent par la présence de feuillus de plus en plus nombreux.

Nous atteignons ensuite rapidement la plaine de Darbounouse. Je trouve cet endroit magnifique notamment au moment où nous y sommes car les nuages créés des jeux d’ombres au sol tout à fait beau. On se croirait dans les Grandes Plaines américaine et on se serait pas surpris de voir un troupeau de bison en train de paître.

Séance photo pour immortalisé le moment.

De retour dans la forêt il ne nous reste plus beaucoup de distance jusqu’à la Cabane de Carrette. La météo a rapidement tournée à la grisaille et les températures ont chuté au passage.

Nous arrivons relativement tôt à la cabane qui est nichée dans une petite dépression à l’Est du chemin. Nous aurions pu continuer jusqu’à Corrençon mais nous voulions profiter de cette dernière nuit dans la forêt.

La cabane est déjà occupée par une maman, sa fille et une amie, nous partageons un thé avant qu’elles reprennent le chemin du retour.

Etant donné qu’il y a un petit poêle, nous allons voir dans les bois alentours si nous pouvons trouver un peu de bois mort mais la récolte est pauvre. Cela permettra peut être de gagner quelques petits degrés…

La cabane est on ne peut plus simple : une emprise rectangulaire avec poêle dans un coin et une table au milieu de la pièce, au fond un escalier mène à l’étage, un simple plancher en bois, prévu pour dormir. Sans être nickel ce n’est pas trop sale non plus, ça ira bien pour ce soir.

Notre solitude est vite interrompue car deux voyageurs arrivent : une fille et son petit frère qui viennent également passer la nuit ici, cela n’en sera que plus sympa.

L’heure passe vite et nous en sommes déjà au repas où nous partageons nos victuailles. Le poêle chauffe très peu et on est pas mécontent d’être à 4 ça réchauffe un peu.

Malheureusement, nous ne resterons pas à 4 car l’un de nos acolytes ne s’est pas senti bien en fin de repas et ils ont fait le choix de rentrer à leur voiture car ils pressentaient le besoin de voir un médecin rapidement… Dommage et pas cool pour eux car ils venaient exprès de Toulon…

Nous voilà de retour seuls. On profite de la fin de soirée au calme et au froid à la lumière de la bougie ! Bucolique !

Dodo tôt pour changer, demain retour à la civilisation.

Jour 4 - Arrivée à Corrençon et à la maison


On a pas trop mal dormi même si il a dû faire froid dehors comme en témoigne le magnifique paysage givré que nous réserve le réveil.

Commençons la journée par une session photo :

Le petit déjeuner prit, nous continuons d’admirer ce spectacle matinal dehors et en vue aérienne :

Ce moment contemplatif  passé, nous faisons les sacs une ultime fois, nous rangeons la cabane et c’est reparti, direction Corrençon-en-Vercors. Mais avant cela nous faisons un petit crochet par une grotte non loin de la cabane qui abrite une source.

On la trouve après quelques hésitations. Le lieu est assez sympa et surtout pratique si on a besoin d’eau.

Nous prenons ensuite effectivement la direction du village. Le chemin passe par un double lieu d’intérêt : la borne du 45e parallèle qui symbolise cette latitude ainsi qu’un monument à la mémoire des maquisards du Vercors car les Hauts Plateaux ont été un haut lieu de la Résistance durant le Seconde Guerre Mondiale.

Le chemin qui suit nous ramène à la civilisation. Il devient quasiment carrossable et serpente entre le golf et les circuits de ski de fond… Nous arrivons à Correçon-en-Vercors peu de temps après.

Jeff poussera jusqu’à Villard-de-Lans à pied mais j’opterai pour le stop de mon côté car j’ai une vive douleur au genou qui est apparue depuis hier…

Villard, qui est tout à fait sympathique comme ville, marque bien la fin du voyage, un pti coup de bus jusqu’à Grenoble et de train vers Paris et nous voilà au bercail…


Conclusion

Le Vercors aura tenu ses promesses : quel lieu extraordinaire ! A seulement 1h de route de Grenoble et tellement isolé. Il y a vraiment un sentiment de bout du monde ici. J’ai particulièrement été surpris par la variété des paysages et de leur étagement, en seulement 100m de dénivelé on passe de la plaine herbeuse à la forêt. 

La rando en elle même est vraiment sympa et accessible. Le seul point d’attention c’est l’eau, il faut se renseigner un peu en avance mais il existe ce site pour savoir l’état des fontaines : Lien

Je vous conseille donc d’aller découvrir ce beau coin de France aussi bien en été, en automne ou même en hiver en ski de rando ou raquettes.


Bivouac au Lac de l'Etoile - Parc National des Ecrins

GR54, Tour des Ecrins

10jours

de trek

176km

parcourus

12000m

D+

14 cols

Ce n’est pas le GR le plus connu mais le GR54 n’a rien à envier au GR20 ou au Tour du Mont Blanc. Techniquement d’une part, les chiffres parlent d’eux même : un peu moins de 180km et environ 13000m de dénivelé positifs, 11 cols et une altitude moyenne de 1800m. Mais d’un point de vue scénique non plus, le GR54 n’a pas à rougir : on traverse l’un des plus beaux massif des Alpes, on passe par tous les étages montagnards, on croise Chamois, Marmottes et Vautours,… et cerise sur le gâteau, le chemin est bien moins couru que d’autres GR tel que ceux cités précédemment. En d’autres termes, le Tour de l’Oisans et des Ecrins est superbe et sauvage et y randonner a été un bonheur pendant 10jours.


Le GR54 et le Parc National des Ecrins

Le Tour de l’Oisans et des Ecrins est une boucle qui parcoure ces magnifiques massifs au cœur de l’Isère. La diversité des paysages, leur beauté et leur aspect sauvage (surtout pour la partie Sud) font de ce GR l’un des plus beaux qui soit. Toutes les journées de marche sont ponctuées par le passage d’au moins un col, par des lacs de montagne ou des vallées majestueuses. En terme de difficultés, le GR54 n’est pas simple mais reste accessible au plus grand nombre car il est tout à fait possible de faire chaque nuit en refuge et donc de voyager léger. Pour ma part j’ai choisi le bivouac tout du long car ce format offre la plus grand liberté qui soit. Le fait de traverser des villages ou des bourgs au moins tous les deux jours permet également de ne pas avoir à prendre trop de nourriture sur soit et permet de varier les menus.

On parcours le GR54 en grande partie dans le Parc National des Ecrins. Cet espace de protection de la nature et des traditions montagnardes est à respecter comme un joyau. Le feu y est évidemment interdit ainsi que le camping. Toutefois le bivouac est autorisé entre 20h et 8h. Le mieux pour bien connaître les règles à suivre est de se rendre sur le site du parc ce que je vous conseille avant le départ : http://www.ecrins-parcnational.fr/

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Premier Jour : de Paris aux Ecrins

Nous sommes début juillet, c’est le jour du départ ! Enfin ! Comme toujours avant de partir en randonnée (et en vacances…) l’attente a été longue. Mais on y est ! Je rejoins Quentin qui aurait dû m’accompagner sur tout le GR54 mais comme on le verra cela ne sera pas possible pour lui malheureusement. Pour ce rendre aux Ecrins rien de plus facile : un peu de TGV jusqu’à Grenoble et un peu de bus jusqu’à Bourg d’Oisans d’où nous débuterons le GR54.

Il ne nous aura donc fallu qu’une grosse matinée pour passer de la ville à la montagne. Sur place on complète notre réserve de nourriture avec un peu de frais pour les prochains jours et le midi. Le « début » du GR54 est facile à trouver, il se situe derrière le camping de la Cascade et commence directement par une petite montée dans les rochers (attention en cas de pluie ça peut être glissant je pense). Il fait super beau, voir même trop chaud et les prévisions météo sont au beau fixe pour les prochains jours…

On s’arrêtera sur les hauteurs de Bourg d’Oisans pour grignoter notre midi.

Le chemin continue de monter ensuite pour finalement déboucher dans le joli hameau de La Ville auquel on s’arrête 2min profiter de la fontaine publique ! Le GR54 continue ensuite en alternant chemins et passages goudronnés le tout en nous faisant passer par de petits villages typiquement montagnard. Encore une fois on profite des fontaines que l’on trouve dans quasiment chacun d’eux. Il fait très très chaud et les mouches sont nombreuses et bien agaçantes !

Le chemin redescend une fois le village du Rosay passer. On rejoint le torrent de la Sarenne au niveau d’un superbe pont en pierre romain. Nous sommes à présent sous le couvert de la forêt il fait donc meilleur mais il y a toujours autant de mouches c’est fatiguant. On avait prévu de dormir dans ce coin mais la topologie ne s’y prête pas du tout et les mouches nous poussent à avancer, de plus il est encore tôt alors autant gagner du temps.

On longe ainsi le torrent sur pas mal de distance, petite pause boisson fraîche à une buvette et on continue.

Nous trouverons notre emplacement pour la nuit un peu plus loin, une grand étendue d’herbe assez plate et pas trop loin de la Sarenne. Les mouches sont un peu moins présentes. Il est l’heure de prendre notre petit repas du soir après une premier bonne journée (entre le trajet et la marche) et on se couchera tôt.


Deuxième Jour : du Col de Sarenne au plateau d'Emparis

La deuxième journée commence glorieusement envahis par les mouches. On quitte donc rapidement le bivouac en direction du col de Sarenne (1999m). Sur le chemin on croise un berger qui conduit ses moutons dans un enclos. En continuant d’avancer deux patous surgissent de nul part et viennent vers moi, un devant l’autre derrière, je ne fais pas le malin. Heureusement le berger les calme…

Les patous sont des chiens de bergers élevés dès leur plus jeune age au sein du troupeau. Ils se pensent donc « moutons » et feront tous pour les protéger. Faites donc attention lorsque vous approchez d’un troupeau non gardé car le patou peut être agressif malheureusement. Des « attaques » de randonneurs sont enregistrées chaque année.

La montée vers le col n’a pas vraiment de charme car elle suit une route. Il y a beaucoup de cyclistes. On fait une pause au refuge afin de boire un coup.

Nous entamons ensuite la descente vers Clavans-Les-Bas. Il fait déjà très chaud et Quentin commence à avoir les pieds dans un sale état à cause de ses chaussures. Il a des bonnes ampoules à chaque pied et a mal à chaque pas… C’est pas bon signe.

Nous prenons  notre pause midi au début du chemin qui monte vers Besse. Il fait de plus en plus chaud et les mouches sont une plaie. Une fois à Besse on attaque une montée de 700m de dénivelé. C’est pas mal mais en temps normal ça passerait bien mais là avec la température accablante c’est franchement dur ! Quentin a de plus en plus mal aux pieds…

Par contre une fois en haut de spectacle est sublime : devant nous s’étale le Plateau d’Emparis, immense prairie verte qui n’est pas sans rappeler les Grandes Plaines Américaines d’une certaine façon, sauf qu’ici point de bisons mais des marmottes.

Je motive Quentin à avancer encore un peu afin de bivouaquer à côté d’un point d’eau. Ses pieds le font vraiment souffrir ça m’inquiète pour la suite…

Notre emplacement pour la nuit est très beau. On est légèrement surplombant on a donc la vu sur tout le plateau. Juste à côté le « Rif du Coin » nous permet de nous rafraîchir et de laver un peu nos affaires…

La soirée se finit avec une fondue lyophilisée bien méritée et une armée de mouche pour nous souhaiter bonne nuit…


Troisième Jour : Du Plateau d'Emparis au Lac de l'Etoile

La journée commence par une mauvaise nouvelle : Quentin décide d’arrêter le GR étant donné l’état de ses pieds et la douleur qu’il ressent à chaque pas… Il va donc descendre jusqu’à La Grave et continuer en stop jusqu’à une gare. Je continuerai donc sans lui.

Nous sommes encore une fois chassés par les mouches ce matin. La montée au Col du Souchet (2365m) ne présente pas de difficultés et est vite avalé. Du haut le massif de la Meije se dévoile, beau et impressionnant.

La descente vers la Grave est jolie surtout grâce à la Meije (3983m) en face. Le GR54 passe également par quelques jolis village comme le Chazelet ou Les Terrasses. La Grave aussi est joli mais plus animé déjà.

Après la pause du midi, Quentin reste là et je continue… J’aurai préféré qu’il puisse continué mais vu ses pieds c’est mieux comme ça pour lui. Je vais continué seul mais c’est pas grave ça donnera une autre dimension au GR.

Direction Villar-d’Arêne et plus loin Pont d’Arsine. Le chemin est plat et facile par contre il fait une chaleur étouffante… Je m’arrête quasiment toute les heures boire 1L d’eau… Je suis trempé…

Mais bon j’avale du terrain et je me retrouve rapidement à gravir le chemin qui mène au Refuge de l’Alpe de Villar-d’Arêne. Je suis à accueilli par un troupeau de vaches.

Pour finir cette longue journée, durant laquelle j’aurai abattu, pas mal de kilomètres je me mets à la recherche d’un coin pour mon bivouac du soir (après avoir pris une petite bière au refuge quand même …).

Mon dévolu se jettera sur le Lac de l’Etoile car on y est un peu caché par rapport au sentier et surtout l’emplacement est superbe ! Une sacré journée qui fini et surtout une chaude journée ! J’aurai bu quasiment 7L !


Quatrième Jour : du Lac de l'Etoile à Vallouise

J’ai survécu à ma première nuit tout seul… En même temps le plus inquiétant en montagne la nuit c’est plus le silence qui règne que réellement les bruits alentours.

Je refais mon sac après un petit déjeuner rapide et j’attaque direction le Col d’Arsine (2348m). Au col il y a pas mal de marmottes mais les photos ne rendent pas bien…

J’attaque ensuite la descente. On suit le ruisseau du Petit Tabuc qui va grossissant au fur et à mesure. Le décor minéral laisse la place à des forêts de conifères. C’est un très beau paysage, il fait encore suffisamment frais pour en profiter et comme les jours précédents je ne croise personne…

Le chemin continue ensuite vers Le Casset et Le Monêtier-les-Bains. Je commence à croiser des randonneurs qui remontent vers le col. Le sentier commence à se « civiliser », il y a présent des cyclistes et on se retrouve dans des sortes de champs. Le tout a beaucoup moins de charme forcément…

Après une pause à Monêtier, j’embraye sur la montée vers le Col de l’Eychauda (2425m). Le début de l’ascension se fait heureusement à l’ombre sous le couvert de la forêt. Je croise quelques cervidés qui cherchent également la fraîcheur du sous-bois. La montée se fait en suivant le Torrent de la Selle, c’est sympathique.

Par contre, vers 2177m, on débarque sur une zone de télésiège et d’installation de sports d’hiver… ça casse toute l’ambiance. Le chemin est caillouteux et poussiéreux, tout est « maîtrisé », artificiel. C’est ainsi jusqu’au col auquel on trouve un lac de rétention pour la neige artificielle.

Je continue dans le Ravin des Neyzets, heureusement la vue est beaucoup plus sympa ici.

Les 600m de descente jusqu’à Chambrian font mal au genoux surtout si l’on compte les 800m de D- après le col d’Arsine… Pour couronner le tout j’ai droit à un saignement de nez bien abondant surement dû à la chaleur, à l’altitude et la déshydratation.

Je décide de continuer vers Vallouise pour ce soir et de faire une nuit en camping afin de prendre une bonne douche. Le problème c’est que Vallouise c’est pas tout près et que la route pour y aller c’est que du goudron globalement. Autant dire que c’est un calvaire pour les genoux…

Je me résous donc à faire un peu de stop pour économiser mes petites articulations… Un couple de Hollandais me prendra au bout de quelques minutes et, coup de chance, il loge au camping où je voulais aller !

Ils me déposent donc devant l’accueil, royal. Après avoir poser ma tente je m’octroie une vraie douche, la première depuis le départ ! En fin d’après je passe un peu de temps avec « Vinz » un autre randonneur qui fait le GR54. C’est un ancien gérant de bar à Paris qui a tout lâché et qui fait des randos depuis. On discute de tout ça autour d’un petit pastis bien mérité après cette longue journée encore une fois très/trop chaude.


Cinquième Jour : de Vallouise au Refuge du Prè de la Chaumette.

J’ai moins bien dormi cette nuit que les précédentes… Forcément dans un camping il y a un peu plus de bruit le soir qu’à 2300m d’altitude..

Aujourd’hui au programme : passage du Col de l’Aulp Martin, point culminant du GR54 avec ses 2761m. Ce qui donne un dénivelé de 1100 depuis le parking d’Entre les Aygues suivi d’une descente de 900m. Une journée sportive mais au bout de quatre jours complets que je commence à avoir la forme.

Comme je viens de le dire je commencerai la journée à Entre les Aygues car ce n’est que du goudron depuis Vallouise. J’arrive donc à me faire prendre en stop pour ces 8km.

Le début du chemin est très beau. On se balade en fond de vallée avec le joli Torrent de la Selle à côté. Après quelques kilomètres on arrive à la Cabane du Jas Lacroix à laquelle se repose le berger et où je recharge en eau. Le site est charmant.

Le GR54 change rapidement de physionomie après la cabane. L’environnement devient de plus en plus minéral au fur et à mesure. Les 700m de D+ au dessus de la cabane se font bien sentir surtout qu’il fait déjà bien chaud.

La fin de la montée se réalise dans un environnement 100% minéral. Je pense que la roche est du Gneiss, ceux sont des sortes d’ardoises empilées très friable. Il faut faire un peu attention si il y a du monde au dessus. Je pense également qu’en cas de pluie le chemin doit être assez dérapant, prudence donc.

En tous cas j’arrive enfin en haut, très jolie vue. J’y croise un couple qui réalise le GR54 avec qui on papote un peu.

Le chemin traverse ensuite jusqu’au Pas de la Cavale (2735m). Il faut ensuite attaqué la descente vers le Refuge. La vue est belle. On croise pas mal de moutons qui se cachent derrière des rochers pour ne pas trop souffrir de la chaleur.

J’avale rapidement le dénivelé et je suis relativement tôt au Refuge du Pré de la Chaumette (1790m). Je profite du temps que j’ai pour manger une bonne omelette, une part de tarte et une bière, grand luxe ! Je passe ensuite une bonne partie de l’après midi à discuter avec le gardien. C’est toujours intéressant de discuter avec les gardiens de refuge, ils ont plein de chose à nous apprendre.

Plus tard dans l’après midi, le couple de tout à l’heure arrive également au refuge. On va ensuite chercher un emplacement pour bivouaquer. Le bivouac est autorisé à côté du refuge mais dans une zone précise, demandez simplement au gardien de vous l’indiquer en cas de doute. Malheureusement le terrain n’est pas très plat et surtout très herbeux (grandes herbes hautes) ce n’est pas le plus pratique. En soirée Vinz arrive enfin avec son énorme sac à dos qui doit être rempli à plus de 20kg.

Fin de journée toujours avec les mouches et gros dodo…


Sixième Jour : du Pré de la Chaumette à la Chapelle-en-Valgaudémar

Encore une sacré journée en perspective : trois cols à passer et pas mal de kilomètres jusqu’à la Chapelle !

J’attaque donc tôt mais le couple de la veille est déjà parti ! Le début du chemin se fait bien sans difficulté. J’enquille rapidement jusqu’au Col de la Valette (2668m) malgré le dénivelé. Dans la montée je rattrape mon petit couple qui prend son temps.

Après le col, on entame une descente bien pentu et constituée de cette roche en feuillets bien glissant, prudence donc surtout si il pleut !

Un petit peu de plat et on attaque le Col de Gouiran (2597m) qui se passe facilement.

La physionomie du terrain à beaucoup changée ces derniers jours, on est dans la partie sud du GR54 qui est beaucoup plus « montagnarde » en terme de « minéralité » et d’ambiance. Toute cette partie sera ma préférée jusqu’à la Muzelle.

Une fois le Col de Gouiran dépassé, on longe le « Vallon Plat » jusqu’au Col de Vallonpierre (2607m). Malheureusement trop pris par le chemin à parcourir j’ai un peu oublié de faire des photos ici mais c’est l’un des plus beau paysages des Ecrins que j’ai pu voir. La vue sur la face Ouest du Sirac (3441m) est saisissante et impressionnante !

La descente vers le Refuge de Vallonpierre (2271m) permet de profiter de spectacle. Le site du refuge en lui même est magnifique avec le lac et le chaos rocheux alentour, encore une fois je zappe les photos (…).

Je profite du lieu pour faire une pause omelette avant de continuer ma route.

Je pense qu’il y a une très belle rando à faire sur 2 jours en partant du fond de vallée puis en reliant le Refuge de Vallonpierre suivi de celui du Chabournéou

Suit ensuite la très longue descente vers la Chapelle en Valgaudémar, 1100m plus bas. De mon côté ça se passe bien jusqu’au Refuge du Clot mais ensuite les long kilomètres de plat me cassent les genoux. En plus de cela il fait toujours aussi chaud… La fin du chemin se fait en longeant des champs c’est moins sympa. Je suis toujours étonné de voir comment en quelques heures on passe de la haute montagne à la vallée. L’avantage de la marche est de vivre la transition en douceur.

Enfin arrivé à la Chapelle en Valgaudémar, je prends une place au camping municipal qui est très bien en terme de rapport qualité/prix. Une fois installé, direction la douche qui fera un bien fou ! Je profite de la fin d’après midi pour refaire des courses et aller faire un tour dans le village qui est très joli.

En fin de journée je retrouve Vinz qui reste également au camping pour la nuit par coïncidence. On se prend donc une petite bière ensemble afin de bien finir la soirée.


Septième Jour : de la Chapelle en Valgaudémar au Col de la Vaurze.

Demain, mon pote Ben doit me rejoindre au village de Désert-en-Valjouffrey, le soucis c’est que ce n’est pas loin du tout. Je vais donc devoir faire une petite journée ainsi que demain.

Pour le moment je plie bagage et je prends direction Villar-Loubière. Le chemin est aménagé et ne présente pas d’intérêt. Villar est un village de montagne typique et charmant. C’est de là que commence la vraie montée qui a pour première étape le Refuge des Souffles (1968m). Je prends mon temps mais les 900m de D+ se font bien et dans un beau décor.

L’emplacement du refuge est très sympa, légèrement boisé. Je prends le temps d’y manger un bout et de me reposer comme il est encore tôt.

Après cette longue pause je reprends la route vers le col. Après avoir discuter avec le gardien je décide de dormir dans le Ravin de Périnon vers 2050m. Le seul « soucis » c’est qu’il n’y a pas d’eau dans le coin je me ravitaille donc bien au refuge, au total j’emporte 4L pour ce soir et demain matin. Cela peut paraître beaucoup mais vu la chaleur c’est limite…

Le chemin est joli jusqu’au bivouac. Il tourne dans le fond de vallée à une altitude à peu près constante.

J’arrive donc rapidement à mon emplacement pour la nuit. Je m’installe sur la petite colline au sud du ravin. C’est un joli site, encore une fois il n’y a personne. Par contre les mouches et les taons n’ont pas oubliés d’être là… Pas étonnant étant donné qu’un troupeau de mouton paît dans le coin. J’espère qu’il n’y pas de patou …

Il est tôt j’ai donc tout mon après midi mais pas grand chose à faire. Je tourne en rond. J’ai bien essayé la sieste dans la tente mais le soleil est au zénith et il y fait trop chaud…

L’après midi passe donc ainsi, lentement. En début de soirée j’ai la visite du troupeau de mouton qui passe littéralement sur mon lieu de bivouac. Je joue donc au berger pour qu’elles n’endommagent pas ma tente en priant qu’il n’y ait pas de patou un peu trop protecteur. Je suis impressionné par le nombre de brebis blessées, parfois salement…

Ainsi se finit la soirée. Tranquillement dans mon petit coin tout seul… Je me sens bien.


Huitième Jour : du Col de Vaurze au Désert en Valjouffrey

Petite journée en perspective : je passe le col, je descend au Désert et j’attends Benjamin…

Je démarre donc « tard » en prenant mon temps.

La montée au col est sympa et pas trop difficile. D’en haut la vue est très belle, on aperçoit bien le Désert en Valjouffrey loin en bas, 1200m plus bas.

Après quelques minutes à profiter de la vue, j’attaque la longue descente. En soit il n’y a rien de vraiment compliqué mais les nombreuses pierres rendent la chemin un peu dangereux. Peu de temps après être arrivé au Désert, j’ai assisté à un hélitreuillage dans ce chemin. J’apprendrai plus tard que c’était une dame qui a pris dans la cuisse un rocher lancé à pleine vitesse : bilan une fracture du fémur… Le rocher a surement dû être « lâché » par un mouton en amont. Tout ça pour dire soyez prudent dans cette longue descente. Durant la mienne j’ai vu un nombre impressionnant de brebis avec les pâtes cassées.

Toujours est-il que me voilà arrivé au petit village. Il a un air de bout du monde j’aime bien. Il fait très typique. Je n’ai pas trop de news de Benjamin, je ne sais pas trop à quelle heure il doit arrivé car il y a eu des changements de trains et malheureusement le réseau passe très mal ici.

En attendant je me pose au petit bar « Les Ecrins » prendre un verre et recharger le téléphone.

Le temps passe et toujours pas de nouvelles… Je décide d’aller faire un tour pour trouver le coin bivouac du soir. Il n’y a pas grand chose comme emplacement sympa et à proximité du village. Je repère néanmoins un coin au nord du village en direction du Côte Belle.

Je retourne au bar et j’arrive enfin à capter un chouya de réseau qui me permet de recevoir une mise à jour de Benjamin : il y a eu un gros couac avec les trains et il n’est pas sûr de trouver un bus pour monter aujourd’hui au Désert … Aïe… De toute façon je n’ai rien d’autre à faire que de l’attendre. Je reste donc au bar et finalement je passe pas mal de temps à discuter avec le gérant qui est d’origine corse.

C’est finalement en début de soirée que Benjamin arrive, transporter en Entraigues et le Désert dans la benne d’une camionnette … Une image qui me restera de le voir arriver ainsi on se serai cru dans un film…

Pour la fin de soirée on se pose au coin que j’avais repéré, on mange rapidement harcelés par les moustiques et hop au dodo.


Neuvième Jour : du Désert-en-Valjouffrey à Valsenestre

Il fait légèrement humide ce matin en fond de vallon, on décolle donc rapidement du camp. La première étape de la journée est de gravir Côte Belle (2290m). Le chemin début en pente douce mais rapidement celle-ci se raidit. Pour ma part ça va pas mal comme ça fait neuf jours que je marche mais Ben lutte un peu étant donné que c’est sa première journée et que pour ne rien arranger son sac pèse bien lourd ! Mais on avance, tranquillement. De toute façon ça sert à rien de se presser on a le temps aujourd’hui.

Le « sommet » sera tout de même rapidement atteint et on s’octroie une bonne petite pause en haut. Nous y croisons une mère et sa fille qu’on retrouvera à la Muzelle ainsi que deux potes avec qui on passera la fin d’après midi.

La vue du haut est sympa ; au nord on aperçoit le col de la Muzelle qui est impressionnant vu d’ici.

Nous descendons ensuite vers Valsenestre. Dans le haut de cette partie on trouve quelques formations rocheuses intéressantes qui pourrait faire penser à des sculptures.

La suite de la descente se fait dans la broussaille. C’est long par contre et assez monotone au bout d’un moment… Sans compter sur la chaleur toujours aussi présente.

Arrivé dans le fond du vallon nous nous dirigeons vers le village mais on s’arrêtera avant près de la rivière pour se baigner un peu et laver nos affaires.

Il est encore relativement tôt. On tue donc le temps comme on peut à une table de pique-nique. D’abord que tous les deux puis rejoins par les potes du Côte Belle (un gars et une fille). On finit la soirée tranquillement avec eux.

Pour le bivouac pas le choix Il y a un espace obligatoire et nous respecterons la règle. Par contre il n’y a même pas un point d’eau ou quelque aménagement que ce soit. Il pourrait y avoir un effort de fait à ce niveau.

Demain dernière vraie journée de marche et dernier col à passer…


Dixième Jour : De Valsenestre au Lac de la Muzelle

Nous partons tôt pour faire la montée vers le col à la fraîche. On rejoint le GR54 où on l’avait laisser, un peu plus haut. 1100m à gravir avec un final qui est réputé un peu dangereux.

Le début monte doucement jusqu’au niveau de la Cabane du Ramu (environ 2100m sur le GR). Par contre ensuite ça se redresse fort et les lacets s’enchaînent jusqu’au sommet. C’est de la rocaille glissante mais ça passe à l’aise. Vu de bas le col est impressionnant. On monte chacun à son rythme. J’arriverai en haut en premier suivi de Ben quelques minutes plus tard.

La vue du Col de la Muzelle (2613m) est superbe ! Devant s’étend le lac niché entre les falaises et surplombé du la Roche de la Muzelle (3465m).

La descente vers le Lac de la Muzelle (2099m) se fait bien même s’il faut faire un peu attention aux chevilles car il y a beaucoup de cailloux.

Arrivés en bas nous nous dirigeons directement vers le refuge savourer une bonne bière bien méritée encore une fois ! Il est tôt on se prend donc également à manger et on savoure l’instant. On croise de nouveaux la mère et sa fille de Côte Belle et les deux de la veille.

Nous allons rejoindre une coin pour le bivouac pas trop tardivement car contrairement à la fois précédente où j’étais venu ici (Entre la Muzelle et le Lauvitel) il y a pas mal de monde étant donné que le lac est facilement accessible par la route…

Mais on se trouve un bon petit coin assez isoler avec une belle vue sur le lac. Dernier bivouac, dernière nuit en montagne…


Dernier Jour : Descente et Retour

Voilà c’est le dernier jour. Ce soir on sera à Paris…

On range tout une dernière fois et on attaque la descente le long du Ruisseau de la Pisse. C’est un joli chemin bien à l’ombre et embelli par les flots tumultueux du torrent. On croise pas mal de monde qui viennent passer la journée au lac.

Une fois en bas on rejoint rapidement Bourg d’Oisans en stop afin d’éviter une longue partie plate et réussir à prendre un train plus tôt.

La boucle est bouclée et le GR54 fini !

Pouf ! Nous voilà de retour à Paris en quelques heures alors que ce matin on était encore à 2000m dans un décor superbe. Fin de cette aventure, préparons la suivante….


Conclusions

Cela ne va pas être très original mais j’ai adoré ce GR. Comme je le disais en préambule il n’a rien à envier au GR20 ou au Tour du Mont Blanc je pense. Au contraire, le fait qu’il y ait peu de monde améliore encore l’expérience.

Les Ecrins sont définitivement l’un des plus beaux massifs des Alpes, je vous conseille vraiment d’aller le découvrir. Nombre des étapes du GR54 peuvent être réaliser sur une journée (en aller-retour) ça vaut le coup !

En plus des paysages on y croise Chamois, Bouquetin, rapaces et évidemment des Marmottes.

Comme tous les GR, le GR54 est parfaitement balisé donc pas de soucis d’orientation. On croise tous les jours un refuge on peut donc le faire sans tente en demi pension ce qui est encore plus confortable.

Le fait d’avoir marcher tout seul a également été un expérience intéressante que je réitérerai malgré tout c’est quand même sympa de partager les bons moments et c’est dommage que Quentin ait dû arrêter si tôt mais c’est pas grave ce n’est que partie remise !

Quelques infos utiles :

  • Pour la préparation du GR54, je vous conseille l'excellent TopoGuide de la FFRandonnée : Topo Guide
  • Toujours utiles le numéro du PGHM des Hautes-Alpes : 04 92 22 22 22
  • Site du Parc National des Ecrins : http://www.ecrins-parcnational.fr/


Panorama du sommet du Mont Thabor

Ascension du Mont Thabor

Le Mont Thabor est situé dans les Alpes du nord au Sud Ouest de Modane, coincé entre le massif de la Vanoise et le massif des Ecrins. L’ascension de ses 3178m ne présente pas de difficultés pour des randonneurs en forme. Nous avons choisi pour ces quatre jours de savourer, le premier jour sera consacré au voyage aller et à la montée au refuge du Mont Thabor (2500m), le deuxième jour nous ferons une petite randonnée dans le coin et pour le troisième jour nous monterons enfin au sommet du Mont. Nous avons pris un léger risque car partant le weekend du 11 Novembre nous pourrons avoir beaucoup de neige comme pas du tout,… nous verrons sur place.

La vidéo réalisée par Quentin après ces quelques jours :

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Premier jour - Montée au Refuge du Mont Thabor (2500m)

Cela faisait un an que je voulais faire cette randonnée et gravir le Mont Thabor (3178m) mais j’avais dû repousser car les conditions météo de l’année précédente n’était pas bonne et que nous n’avions pas pu planifier une date. Mais voilà cette fois-ci c’est la bonne, la météo est au beau fixe pour les trois prochains jours et nous nous rejoignons tous à Gare de Lyon le samedi matin pour un départ matinal. Nous sommes cinq pour ces quatre jours au pied du Mont Thabor : Hélène, Jeff, Quentin, Joanne et moi même. Un des avantages de cette randonnée est qu’elle est directement accessible depuis la gare de Modane mais cela rajoute un bout de chemin en comparaison à des personnes venant en voiture.

Quelques heures, donc, après le départ, nous voici arrivés à Modane. Il fait grand beau. Il est déjà 14h et nous avons quelques heures de montée. Il ne faut pas traîner car nous sommes en Novembre et le soleil se couche vers 19h…

Pour rejoindre le début de la randonnée, il faut partir vers l’ouest en sortant de la gare ; on arrive rapidement à un passage souterrain qu’il faut prendre pour traverser les voies ferroviaires. On prend ensuite sur la droite et à 300m de là le début du chemin se dévoile sur la gauche sous le viaduc. L’endroit n’est pas très beau… C’est donc ici que la rando commence réellement ; 1500m de dénivelé nous attendent. Et ça commence fort! On attaque directement par un chemin qui monte raide en traversant une route forestière. Cette dernière était en travaux lorsque nous sommes passés il y avait donc pas mal d’engins de chantier. En plus d’être fatigués du voyage et du chemin qui grimpe, nos sacs sont bien lourds car étant donné que nous resterons trois nuits au refuge du Mt Thabor nous avons pris pas mal de nourriture et même un peu de vin pour faire de bons repas. Le poids des sacs s’en fait très clairement ressentir.

Cette première portion nous fait donc grimper de 600m assez rapidement. Sans être magnifique le chemin n’est pas déplaisant surtout grâce aux couleurs d’automnes qui font rougeoyer les mélèzes. Nous évoluons dans la forêt en suivant le ruisseau de Charmaix. La vue par contre est assez bouchée et on n’aperçoit que quelques sommets au dessus des arbres.

Nous dépasseront rapidement la station de Valfréjus, le chemin se fait plus beau et plus plat, on progresse bien mais la jour baisse déjà nous ne pouvons pas traîner.

Après quelques heures on rejoint le Lavoir après être passer à côté d’un ancien fort militaire donc ne dépasse du sol qu’un impressionnant bunker, celui-ci faisant parti de la ligne Maginot.

Si vous venez en voiture il est possible de la laisser garer au Lavoir (1941m) économisant ainsi quelques heures de marche avant d’attaquer la montée vers le refuge.

Le paysage commence à se dévoiler à partir de ce moment, derrière nous le massif de la Vanoise en montre en partie et face à nous le reste du chemin vers le refuge qui est encore loin, les sommets sont blancs, on aura surement un peu de progression à faire dans la neige. Tout le monde commence à ressentir un peu de fatigue mais pas question de baisser la cadence car il commence à faire sombre…

Après la forte montée du lavoir (sur un chemin carrossable pas très agréable) nous arrivons sur un replat (qui monte quand même), on commence à apercevoir le refuge du Mont Thabor au loin. On peut également constater qu’une grosse portion du chemin est sous la neige c’était à prévoir. Heureusement celle-ci se montrera suffisamment dure pour le pas avoir à progresser en raquettes pendant les trois jours. Le « plateau » est parsemé de petites cabanes pastorales, certaines en ruines, d’autres en bonne état, voir habitées comme en témoigne la fumée qui sort de certaines cheminées.

Nous sommes dans la neige. Heureusement elle est assez dure pour pouvoir marcher dessus même si cela nous ralenti. Le soleil est couché mais il fait encore jour pour une heure ou deux max. Nous n’avons toujours pas croiser âme qui vivent. Le refuge se rapproche de plus en plus, on aperçoit de la lumière à l’intérieur, nous ne serons pas seuls ce soir.

Nous finirons la montée dans la nuit à la frontale comme prévu. On arrivera enfin au refuge à 20h30 après ces 1500m de D+ bien long.

Le refuge est lorsque nous arrivons. Il doit bien y avoir 20-25 personnes en plus de nous. Ils ont tous fini de manger on a donc la cuisine de disponible pour se faire une bonne plâtrée de purée à la sardine.

Le refuge est sympa. L’entrée se fait par un sas qui donne sur la salle de vie principal. Il y a en tout quatre grande table qui peuvent loger chacune 10 personnes au moins. La cuisine d’été est fermée étant donné que le refuge n’est pas gardé à cette saison mais une petite cuisine est à disposition avec des casseroles, des couverts et de la vaisselle. L’eau va se chercher dans une fontaine un peu au dessus du refuge grâce à de gros jerrican. Au centre de la pièce de vie on trouve un gros poêle salvateur qui chauffe très fort. On retrouve toutes les chaussures de rando en cercle à sécher tels des adorateurs devant leur dieu. Il y a deux dortoirs dans le couloir directement après la salle de vie et d’autres places encore dans un couloir plus loin. Ces dernières places sont froide car la chaleur du poële n’y parvient pas. Les lits sont classiques pour un refuge. Il y a suffisamment de couvertures pour tout le monde. On trouvera deux toilettes sèches non loin des dortoirs qui sont même éclairées, de même pour toutes les autres pièces ! Quel luxe ! En résumé, le refuge est sympathique et tout à fait confortable pour un refuge d’hiver. Le bois pour le chauffage se trouve empilé tout autour du refuge.

De notre côté après cette bonne assiette de purée nous nous dirigeons tous vers le lit afin de récupérer de cette longue journée commencée à 6h à Paris Gare de Lyon. On ne mettra pas longtemps à s’endormir.


Deuxième journée - Petite Balade

La nuit aura été assez classique pour une nuit en refuge : chaud, froid et ronflement. Comme nous n’avons pas de programme précis pour aujourd’hui certains traînent un peu au lit. On se retrouvera tous vers 9h pour un café et un bon petit déjeuner. Après concertation on décide de faire une “petite” randonnée vers le col de la Roue (2541m). Encore une fois il fait grand beau et nous partirons tardivement vers 10h30. Le chemin est relativement facile car presque à altitude constante. Pour y parvenir on suivra le chemin “haut” qui longe la Replanette et qui débouche au col éponyme à 2338m. On passe en dessous d’une ruine qui était une vieille baraque des postes. Après une bonne descente, on poursuit le chemin sur le “Tour des Rois Mages”. Arrivés à un croisement des chemins vers 2300m on se pose pour pique niquer sous le col. Il n’y a personne encore une fois et on profite du soleil.

Le repas pris nous décidons de ne pas pousser au col de la Roue car nous souhaitons d’une part ne pas trop pousser après la journée de la veille et l’ascension du lendemain et d’autre pas ne pas rentrer trop tard au refuge pour aussi en profiter pour lire, discuter …

Le retour se fera droit dans le vallon hors sentier. On récupéra le chemin principal à la montée sous le col de la Replanette. S’en suivra un retour sans soucis jusqu’au refuge si ce n’est l’ultime pente gelée juste sous le refuge qui nous cassera à chaque fois qu’on la prendra.

Arrivés au refuge, nous sommes seuls (pour l’instant) et chacun vaque à ses occupations : repos, petit thé ou lecture. Quentin et moi décidons de fournir un peu le stock de petites bûches pour le poêle car celles stockées sont un peu grande. Nous nous donnerons donc à une saine activité de bûcheronnage avec les moyens du bord. On arrivera au final à sortir de quoi tenir la soirée et le lendemain en bûche. En tous cas débiter du bois réchauffe bien !

Nous serons rejoint en fin d’après midi par quelques randonneurs mais moins nombreux que la veille (peut être un dizaine). Je croiserai d’ailleurs un collègue du boulot… Le monde est petit. Afin de contenter nos estomac vides nous cuisinerons avec Jeff une grosse casserole de spaghettis à la tomate et au thon, de quoi tenir au corps ; on n’oubliera pas un bon verre de vin issu du cubi que l’on a monté ! Le grand luxe encore une fois ! La soirée se finira par des parties endiablées de “Hong Kong Monopoly” et de “Trou d’uc”. Demain on attaque le Mont Thabor !


Troisième jour - Ascension du Mont Thabor

La nuit n’aura pas été mauvaise encore une fois. Nous réveillons tous tôt cette fois-ci et prenons un bon petit déjeuner en prévision de la journée qui nous attend. Le dénivelé pour le sommet n’est bien important (environ 600m) mais la distance horizontale est assez conséquente et avoisine les 15km. Nous nous attendons, de plus, à en faire une grosse partie dans la neige mais il a fait froid cette nuit, la neige sera donc surement dure le matin pour la montée et ramollira en début d’après midi à la descente ce qui nous va bien.

Le départ se fait à 9h, nous sommes léger car nous ne prenons que de petits sacs pour la journée avec juste de l’eau et de quoi manger. On descend vers le col de la Vallée Etroite puis nous tournons vers la droite. Le chemin est déneigé sur cette portion et évolue à altitude constante, nous progressons donc rapidement mais en prenant tout de même le temps d’admirer la vue sur le Thabor mais également sur les Alpes alentours.

Nous récupérons la neige dans le fond du Vallon du Peyron. Le lac est d’ailleurs totalement gelé. Il n’y a personne pour changer et l’endroit est beau. On peut voir du bas toute la montée qui nous reste juste à la Chapelle sommitale que l’on commence à apercevoir. Première grosse montée (200D+) après le lac qui débouche sur “Les chances du Peyron”. Petite pause le temps de manger un bout et de s’hydrater. Le chemin continue ensuite en pente douce jusqu’au col de Méandes (2727m) auquel on croise le chemin venant de la Vallée Etroite. Quelques personnes sont visibles en contrebas.

Le chemin continue par une montée bien raide sur 200m. La neige ne gène pas voir même permet de faire des marches qui facilitent un peu la montée. Nous continuons ensuite en suivant les croix qui balisent le chemin. Dernière montée sous la chapelle. Jeff est déjà arrivé en haut je le suis avec Quentin juste derrière (la dernière montée aura été dure pour ma part). Hélène et Stéphanie nous rejoindrons quelques minutes plus tard motivée par la pression des autres marcheurs derrière elle 🙂

Voilà, nous y sommes ou presque car la chapelle est quelques mètres sous le sommet. Celui-ci est relativement plat. On y retrouve quelques marcheurs mais il y a peu de monde. La vue est superbe : au nord la Vanoise et au sud les Écrins (retrouvez également notre Tour des Écrins et de l’Oisans – Lien) dont on distingue clairement la Barre des Écrins, La Meije et d’autres sommets bien connus et à 360° des sommets à perte de vue. Séance photo pour immortaliser le moment.

Nous redescendons à la chapelle pour prendre notre déjeuner. Pour ce qui est de la chapelle c’est un petit bâtiment rectangulaire dont l’intérieur est constitué d’une pièce unique séparée deux par une grille. On y retrouve un crucifix et de nombreux objets déposés par les visiteurs. Le temps est superbe, on chauffe au soleil bien à l’abri du vent.

Une fois le repas fini il est temps de penser à la redescente. Comme celle-ci risque d’être longue du fait de la neige (plus molle) si on marche “normalement” je propose une descente type ramasse afin de gagner un peu de temps. Un peu frileux au départ tout le monde s’y met avec plus ou moins de succès au final et on descend en 30min ce que l’on a monté en 2h. On revient donc vite au lac du Peyron. J’ai trouvé le chemin qui suit très long jusqu’au col de la Vallée Etroite, surtout du fait que c’est le même qu’à l’aller. Au final nous reviendrons au refuge vers 16h. Nous sommes seul encore une fois. Nous attaquons une nouvelle tournée de bois avec Quentin pendant que les autres font la sieste ou bouquinent. Le soir ressemblera au précédents mais avec encore moins de personnes au refuge. Bon petit repas, jeux de société et dodo


Quatrième jour - Le retour

Journée de retour … Chacun range sans grande motivation à l’idée d’être de retour en ville ce soir… Nous quitterons tout de même le refuge vers 9h après avoir dûment réglé nos nuitées. Pour le retour nous passerons par les Chalets de Mounioz par le nord de la Combe de la Grande Montagne. La descente se fait rapidement et nous retrouvons le chemin de l’aller. Les genoux se feront douloureux surtout sur la fin du chemin car le sentier se fait plus dur. Nous arriverons à destination vers 11h30 Direction un petit bar local pour prendre une bonne bière rafraîchissante et bien méritée surtout. On ira également une grande pizza avant de prendre le train et de retrouver Paris à 20h…

Au final ces quatre jours en ont paru beaucoup plus ; comme souvent pour ce genre de weekend. Sans forcément être le plus bel endroit des Alpes, le refuge offre un beau panorama et la vue du sommet du Mont Thabor vaut vraiment l’ascension. Je n’ai jamais fait cette randonnée en été mais je la conseille vivement comme balade tardive dans la saison comme nous l’avons fait. La neige donne un petit goût de haute montagne à l’ascension et surtout ajoute un esthétique indéniable. Avantage et non des moindres, le refuge d’hiver est super confortable ce qui est agréable tout de même surtout le soir.

Quelques infos :


La Cime du Pied de Barry, Parc National des Ecrins

Entre la Muzelle et le Lauvitel

3jours

de randonnée

18km

parcourus

1800m

D+

2 lacs

Nous cherchions une randonnée de quelques jours avec possibilité de bivouac et en particulier près de lacs. Je connaissais déjà le Parc National des Ecrins et plus particulièrement la Bérarde. Je souhaitais y retourner depuis quelques temps. C’est donc en cherchant dans ce massif que nous avons trouvé ces deux lacs : la Muzelle perchée à 2105m surplombée par la Roche de la Muzelle (3465m) et le Lauvitel situé à 1530m, entouré de parois impressionnantes. C’était décidé : nous irons passé quelques jours en autonomie entre ces lacs entre le 18 et 22 juin 2015.

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Logo Parc National des Ecrins
Logo du Parc National des Ecrins

Le parc National des Ecrins est un parc National français situé dans les Alpes près de Grenoble et s’étendant en grande partie sur le Massif des Ecrins. Il a été créé en 27 mars 1973.

D’une surface de 918km², le parc culmine au sommet de la Barre des Ecrins à 4102m.

Pour plus d’informations : http://www.ecrins-parcnational.fr/le-parc-national


Première journée - Montée au Lac de la Muzelle (2105m)

Nous somme arrivés la veille dans le Massif des Ecrins. Nous avons passé la nuit au charmant gîte du Plan du Lac entre Vénosc et St Christophe en Oisans.

L’ascension vers le lac de la Muzelle se fait en général depuis Bourd d’Arud en suivant une portion du GR54 (retrouvez également notre Tour des Ecrins et de l’Oisans le long du GR54 – Lien). Nous avons décidé de ne pas suivre le chemin habituel et de passé par la Cîme du Pied de Barry. Ce chemin peu emprunté (nous ne croiserons absolument personne jusqu’à l’arrivée au refuge de la Muzelle) commence derrière le gîte du Plan du Lac, non loin de la cascade de la Pisse et monte jusqu’à 2637m à la Cime du Pied de Barry avant de redescendre sur la Muzelle. Il offre de superbes vue sur les Ecrins et propose un passage sur une jolie arrête bien large mais qui reste aérienne.

Nous avons quitté le gîte sans nous presser vers 8h45. La journée commence bien rapidement car nous croisons un chamois juste à côté de la cascade. Il fait beau et les prévisions sont bonnes. Tout est réuni pour une belle journée.

La randonnée commence directement par une forte pente qui nous mène au Lanchatra, un minuscule village perché, peu ou pas habité. Une fois au dessus du village la pente reste forte mais la vue sur la vallée se dégage. Par contre nous commençons à être envahis de mouches. Cela restera une constante sur toute cette journée et sur les suivantes (légèrement atténué) : des dizaines de mouches qui vous tournent autour de la tête et pas mal de taons…

Cette partie du chemin devient plus abrupte encore, il faut pas mal se servir de ses mains. L’évolution est quasiment verticale car après presque une ou deux heures de marche on est toujours en vue du gîte en contrebas. Après un bon dénivelé (600m ?), le chemin commence à suivre la la crête. On se trouve plein étage alpin tout en fleur en ce mois de juin.

Variante possible : une variante à envisager est « l’ascension » du sommet de la Clôche (2328m)

Après le col de la Clôche nous nous posons pour déjeuner. Les attaques de mouches gâchent un peu le moment et je me fais piquer par un taon… Nous repartons en direction de la fameuse crête ; c’est un très beau passage qui ne présente pas de risque si on fait attention mais qui donne une belle impression aérienne. Voilà déjà 2-3h que nous sommes parti, nous n’avons et nous ne croiserons personne, on est au coeur des Ecrins,… tout va bien.

La montée reprendre de plus belle après ce beau passage. Nous croiserons un petit troupeau de mouton paissant paisiblement et heureusement pour nous non gardé par un patou. Nous arrivons enfin en dessous de la Cîme du Pied de Barry. Le chemin disparaît quasiment ici et bifurque sur la droite (vers l’ONO) pour attaquer une descente relativement raide et sans trace visible. Nous profiterons de la vue juste avant cette partie en prenant un café (nous avions pris la Mocca…) face au Massif.

La descente bien que fatiguante car évoluant dans un terrain herbeux assez chaotique nous offre aussi un le spectacle des fleurs de printemps et des marmottes. On rejoint le chemin plus bas, non loin de ce qui semble être une ruine (une ancienne bergerie peut être) pour partir vers le refuge qui n’est plus très loin. Sur le chemin on passe non loin d’une des dernières tourbières des Ecrins, milieux extrêmement fragile. Ce n’est que là, après quasiment que l’on croise des personnes et pas n’importe qui : la gardienne du refuge et une personne de l’équipe qui monte pour ouvrir pour le week-end.

L’arrivée sur le refuge et le lac de la Muzelle est superbe. Le paysage dévoile un grand cirque fermé au fond par l’impressionnant col de la Muzelle. Le Lac est niché au fond de la dépression. Etant donné que nous sommes tôt dans la saison, de nombreuses plaques de neiges sont présentes sur les parois environnantes et se réfléchissent sur la surface du lac. Après une pause rafraîchissante au refuge, profitant de la présente de la gardienne, nous allons poser le bivouac légèrement au dessus du lac non loin du déversoir. La vue est superbe, il fait beau et nous n’aurons croisé que la gardienne, son équipière et un gars qui fait le GR54 et avec qui on mangera le soir. Nous ne nous coucherons pas tard après les 1500m de D+ que l’on vient de réaliser.


2e Journée - De la Muzelle au Lauvitel

Il a fait relativement froid cette nuit étant donné que la tente était gelée le matin mais nous avons bien dormi dans notre sac de couchage douillet. Comme le programme de la journée n’est pas très chargée nous prenons notre temps le matin en attendant que le soleil vienne réchauffé la tente.

Le petit déjeuner sera vite avalé et nous rangeons le camp avant de repartir en direction du Lac du Lauvitel.

Nous passerons par le col du Vallon (2540m) pour rejoindre le Lac du Lauvitel. Mais avant cela nous nous arrêtons 5min pour trouver une Geocache placée sous un rocher non loin du chemin.

L’ascension suit un chemin qui zigzag jusqu’au col. La vue est absolument superbe sur le Lac de la Muzelle en contrebas. Nous avons de la chance car c’est sous un grand soleil que nous marcherons encore aujourd’hui. La montée ne pose pas de difficulté particulière notamment grâce au sentier bien étagé. Arrivés au col nous nous posons pour manger un bout et surtout admirer le paysage. Un bouquetin nous fait même le plaisir de passer juste à côté tout en prenant son temps. Il n’y a personne…

Nous entamons, après cette pause, la longue descente jusqu’au Lac du Lauvitel. Plus de 1000m de D-. Heureusement le chemin est bon et la vue est belle, il suit le ruisseau de l’Embernard sur quasiment toute la descente. Le Lac se dévoile rapidement en dessous de nous et nous le voyons se rapprocher au fur et à mesure, doucement. La partie basse du sentier passe par une zone fraichement écroulée. Nous avions d’ailleurs décalé le séjour car des travaux de sécurisation étaient en cours les semaines précédentes et le chemin était interdit. Mais ce jour-ci nous passons sans encombres.

Nous arrivons enfin au Lac. Il y a un peu de monde car le chemin pour y monter depuis la vallée est simple et rapide. Il y a une grande étendue d’herbe avec deux tentes déjà et de l’autre côté du lac quelques chalets. Le Lac est très beau, il est niché entre de grandes falaises sauf sur le côté ouest où il s’ouvre sur un vallon qui est une réserve intégrale. Seul bémol, une ligne électrique qui passe au dessus du lac mais qui ne gâche pas non plus la beauté de l’endroit.

Nous ne voulons pas être trop proche des autres campeurs, nous partons donc sur la gauche vers un chaos rocheux car nous pensons trouver un emplacement pour la tente derrière celui-ci si on en croit la carte. Nous trouvons effectivement un espace juste à côté du lac et dos au rocher bien caché des autres personnes pouvant être sur la partie herbeuse. Nous montons la tente rapidement puis nous profitons du lieu et de sa sérénité.

Nous finirons la soirée en prenant un bon repas chaud et en admirant le coucher de soleil sur la montagne.


3e Journée - Descente et retour

La nuit aura été bonne et moins froide que la veille étant donné que nous étions beaucoup plus bas. Le réveil se fait à l’ombre mais l’endroit est toujours aussi beau. Nous prenons notre petit déjeuner sans nous presser car le programme de la journée n’implique que de redescendre jusqu’à la Danchère avant de retourner au plan du Lac pour reprendre la voiture et rentrer à la maison.

La descente est sympathique, elle suit le ruisseau de la Selle qui se transforme en ruisseau du Lauvitel plus bas. Nous croisons quelques personnes qui font la montée.

Voilà, nous sommes en bas … Après 2 grandes journées en haut, seuls, la vue bouchées de la vallées est étrange. Afin d’accélérer le retour (nous avons de la route ensuite pour rentrer) on décide de faire du stop. Je pense qu’il n’y a jamais eu de stop plus efficace, à peine le pouce était levé que deux gars en van s’arrêtent et nous dépose au gîte du premier jour.

Cette escapade sur trois jours aura été un vrai bol d’air. Les Ecrins sont magnifiques et sont moins courus que d’autres parties des Alpes. La nature y est forte et présente. Ce tour est à conseiller pour tout ceux qui veulent découvrir la montagne et passer deux nuits en bivouac. On peut le faciliter en montant à la Muzelle depuis Bourd d’Arud.

Quelques infos :

  • Carte IGN : IGN TOP 25 3336 ET  (1/25000e)
  • Site du refuge de la Muzelle : Lien