Sommet - Kristinartindar

Kristinartindar - Randonnée dans le Skaftafell

Découvrez la parc du Skaftafell à l’occasion de l’ascension du Kristinartindar (1126m) qui vous permettra d’embrasser une des plus belles vues d’Islande.

Le Parc National de Skaftafell


Initialement fondé en 1967, le Parc National de Skaftafell, d’une superficie de 4800km² est aujourd’hui rattaché au Parc National du Vatnajökull donc il borde l’extrémité sud-ouest.

Facilement accessible depuis la route 1 (4h depuis Reykjavik), le parc propose de belles possibilités d’activités outdoor :

  • Multiple possibilité de randonnées à la journée. La plus connue mène à la cascade de Svartifoss mais il faut aimé la foule… Nous vous proposons, ci-dessous, une randonnée plus engagée mais absolument superbe !
  • Excursions sur glacier : pas mal d’entreprises de guides proposent des sorties de quelques heures sur les glaciers environnants. C’est physiquement accessible au plus grand nombre et cela vous permettra de découvrir de belles formations glaciaires tout en apprenant pleins de choses intéressantes sur les glaciers. C’est également l’occasion de, malheureusement, voir l’impact concret du réchauffement climatique.

Le centre névralgique du parc se situe au niveau du « Visitor Center » (64.016343, -16.966968). Vous y trouverez des infos utiles sur les randonnées mais également des cartes de la zone. On trouvera également un camping agréable, bien que parfois un peu trop peuplé, au pied du départ des sentiers. Autre solution pour la nuit, le petit et beau camping de Svínafell un peu plus à l’Est sur la route 1.

Ascension du Kristinartindar


Si vous cherchez quelle randonnée réaliser lors de votre passage au Skaftafell, l’ascension du Kristinartindar vous offrira assurément l’une des plus belles options. Loin de l’effervescence de Svartifoss (par laquelle on passe tout de même), le sentier vous enchantera tout du long et vous offrira un panorama exceptionnel depuis le sommet.

Pour une distance de 17km et 1100 de D+, la randonnée est physique notamment la partie finale qui se déroule dans un terrain parfois mauvais (glissant et caillouteux), prudence donc ! C’est une randonnée à éviter avec de trop jeunes enfants. Il y a de plus quelques passages un peu « gazeux » à déconseiller aux personnes sujettes au vertige. Hormis cela, le sentier reste accessible.

Une variante évitant le sommet et la portion difficile mais offrant tout de même de magnifiques points de vue, est possible – voir ci-dessous.

SOYEZ BIEN EQUIPÉ POUR CETTE RANDONNÉE. Portez de vraies chaussures de randonnées et pas de simples baskets et soyez vigilants à la météo. Même si il fait beau, prenez de quoi vous couvrir. De même ne négligez pas la quantité d’eau à emmener car la montée en fait perdre beaucoup et on ne croise pas de ruisseau.

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Le début du sentiers se situe dans le camping (même lieu que celui menant à Svartifoss). Suivez le chemin en montée jusqu’à la première intersection. De là bifurquez sur la droite. Attention il n’y a pas d’indication claire quant au fait qu’il mène au Kristinartindar et le sentiers peut paraître étonnant mais c’est bien par là.

Le sentiers suit ensuite la crête dans une forêt de petits arbres denses. On aperçoit le glacier en contrebas entre les branches. Lorsque nous empruntons le chemin il est 9h30 et il n’y a quasiment personne.

Au fur et à mesure de la montée, la vue se dégage car la végétation se fait de plus en plus rase avec l’altitude. On découvre enfin la vue notamment côté sandur.

La suite de la montée se fait le long du glacier, de plus en plus beau. En le surplombant ainsi, on se rend compte de sa taille gigantesque alors que ce n’est qu’une langue du Vatnajökull.

Le sentier monte bien mais la pente n’est pas excessive ce qui fait qu’on a bien chaud sans être particulièrement essoufflés. Nous avons une chance folle aujourd’hui car la météo est au grand beau. On aura donc une vue de là haut !

Après cette longue portion tout droit qui longe le glacier, le sentier balisé bifurque d’un coup sur la gauche pour contourner (par la gauche) le gros massif face à vous. Si vous voulez atteindre le sommet, repérez un sentier qui part tout droit dans la pente et qui poursuit ensuite sur la droite, il est bien visible normalement et on trouve quelques marques. Si vous ne voulez pas faire le sommet, suivez le sentier balisé sur la gauche.

Le sentier devient dès à présent plus difficile. N’hésitez pas à faire un break maintenant pour respirer et boire un coup. Vous allez enchaîner quelques montées bien rudes dans une roche qui se délite un peu. Soyez prudent.

Vous arriverez après une forte montée à un épaulement marqué par un gros cairn. Un second sentier rejoint le votre (sentier de descente). Pour le sommet, partez dans la sente rocailleuse qui monte fort en zigzag. Il ne vous reste plus beaucoup de dénivelé ! Courage !

Encore quelques mètres et vous y êtes ! Le sommet est merveilleux avec une vue à 360° et notamment sur l’arête qui s’étend en direction du Nord-Est.

Soyez prudent car ici une chute ne pardonnerait pas ! Nous avons profité de ce paysage à couper le souffle pour faire la pause pic-nique d’autant plus qu’il y avait du soleil et peu de vent. Nous étions peu au sommet d’abord 6 et plus tard juste 4. Il est malheureusement temps de descendre car il vous reste du chemin ! Pour cela, empruntez le même chemin qu’à la montée jusqu’au gros cairn plus bas.

La descente peut être impressionnante, prenez votre temps.

De là bifurquez vers le second sentier qui part tout droit le long de la pente.

Cette portion peut être fatiguante pour les chevilles, attention. En bas de cette longue descente, vous rejoignez le sentier balisé que vous suivrez en continuant sur votre droite. Plus loin vous pourrez admirer l’autre versant du parc.

Il ne vous reste alors qu’à suivre la longue descente qui vous ramène vers le Visitor Center, en prenant tout de même le temps d’admirer les paysages.

Sur la descente, après une table d’observation, suivez le sentier balisé sur la gauche. Il vous conduira à Svartifoss. En général le lieu est noir de monde mais la cascade vaut le détour.

Encore un peu de marche et vous voilà revenu à votre point de départ ! Félicitations ! Nous espérons que cette randonnée vous inspirera car elle propose des paysages vraiment superbes, parmi les plus beaux que nous ayons vu durant notre séjour. Même si vous ne faites pas le sommet, les vues à la montée et à la descente valent le coup ! Et pour fêter cette belle marche, le Visitor Center propose une cafétéria avec tout ce qu’il faut en boisson et en cinnamon rolls !


Laugavegur

Laugavegur - De Landmannalaugar à Þórsmörk

4jours

de trek

55km

parcourus

1100m

D+

4

gués

Le Laugavegur est certainement le trek le plus connu et le plus couru d’Islande. Ce dernier point m’a longtemps dissuader de le parcourir mais le Laugavegur est également le trek de bien des superlatifs en terme de paysages. Vous savez ce qu’on dit sur ceux qui changent pas d’avis… Cela aurait donc été dommage de ne pas aller découvrir ce chemin mythique lors de notre dernier voyage en Islande. 55km dans un décors incroyable à découvrir avec nous.

Le Laugavegur


L'itinéraire

S’étendant sur 55km dans le sud Islandais entre Landmannalaugar et Þórsmörk , le Laugavegur, « La route des sources chaudes », permet de découvrir certains des plus beaux paysages islandais. Ces derniers seront aussi variés que grandioses. Bien que le record soit de 4h39 le trek se parcourt général en 3 ou 4 jours. Les étapes sont les suivantes (direction Nord->Sud) :

  • Landmannalaugar – Hrafntinnusker : 12km pour 470m de D+
  • Hrafntinnusker – Álftavatn : 12km pour 490 de D-
  • Álftavatn – Emstrur : 15km pour 40m de D-
  • Emstrur – Þórsmörk : 15km pour 300m de D-

L’itinéraire de base peut être allongé de 22km jusqu’à Skogar en passant par le « Col des cinq cairns », le Fimmvörðuháls.

Il n’y a pas de difficultés techniques majeures en terme de terrain hormis les traversées de rivières (cf ci-dessous). Le chemin est très bien balisé mais il faut rester prudent en cas de brouillard car les marques vont vite à disparaître.

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Sens de parcours

Le Laugavegur peut se réaliser du nord au sud ou l’inverse. En général la direction nord-sud est privilégiée pour diverses raisons :

  • le vent est généralement orienté N->S dans cette région, mieux vaut donc l’avoir dans le dos que dans les yeux surtout lorsqu’il soulève des nuages de sable.
  • Le sentier descend globalement dans la direction N->S
  • Comme il y a plus de monde qui le parcours dans cette direction vous croiserez un peu moins de monde.

Gros points forts si vous parcourez le trek dans la direction sud->nord, vous finirez en beauté au Landmannalaugar qui est certainement le plus beau paysage du trek et vous aurez droit à un bain dans les sources chaudes naturelles, ultime plaisir après 55km de marche !

Dans les faits la répartition que nous avons constaté était de 60/40 pour N->S contre S->N.

Difficultés

Météo

Le Laugavegur ne présente pas de difficulté en soit si ce n’est les quelques passages à gué comme nous l’abordons ci-dessous. La seule vraie difficulté est liée à la météo. L’Islande, par sa localisation géographique (proche du cercle polaire et en plein milieu de l’Atlantique), connait une météo très changeante et pouvant être violente. Ne vous y méprenez pas, un grand soleil peut être remplacé par une tempête en quelques minutes.

Renseignez vous au maximum auprès des refuges ou si vous avez du réseau pour savoir qu’elle est la météo à venir ou tout du moins la tendance. L’Islande a un excellent site météorologique fiable et bien fait : https://en.vedur.is/

Les deux principales menaces seront la pluie et le vent. Ce dernier peut être très puissant et soulevé des nuages de sable notamment dans la portion Alftavatn-Emstrur. Pensez à vous protéger les yeux ! Un peu de liquide physiologique peut être le bienvenue en cas d’irritation de l’oeil.

Pour la pluie et surtout si elle est combiné au vent, un poncho long semble être l’un des meilleurs moyens de se protéger. Les gore-tex et autres membranes imper-respirantes finissent bien souvent par laisser passer l’eau en cas d’averses soutenues (débit et durée). Protéger bien votre sac et son contenus également grâce à un sursac (attention au vent !) et à des sacs étanches à l’intérieur.

Le brouillard est également un vrai danger car il fera disparaître le balisage si il est épais. Vous trouverez sur la route une plaque commémorative d’un randonneur décédé à quelques centaines de mètres d’un refuge car il s’est perdu du fait d’une tempête occultant le balisage ! Le danger est réel ! Si vous êtes perdus rester où vous êtes et attendez une accalmie, ne cherchez pas à aller plus en avant c’est ainsi que l’on se met en danger.

Même si vous êtes en groupe, prévenez quelqu’un d’extérieur de votre parcours et des dates prévues. Il/elle pourra donner l’alerte si vous n’êtes pas de retour au bout de quelques jours.

Traversées de rivières

Il y a quatre traversées de rivières que vous devrez obligatoirement réaliser à gué, c’est à dire en traversant à pied les cours d’eau. En plus d’être un moment fort peu agréable étant donné que l’eau descend directement des glaciers et ne dépasse pas les 5°C, c’est un moment à aborder avec prudence car une chute pourrait être problématique voire dangereuse.

Voici quelques conseils afin de minimiser le risques :

  • Traverser là où les personnes traversent : si les groupes traversent ici c’est parce que c’est surement le meilleur passage, de plus il y aura plus de monde ce qui est un gage de sécurité en cas de pépin
  • Organiser bien la traversée : ranger ce qui doit être à l’abri de l’eau, préparer une petite serviette si besoin, planifier la trajectoire de votre traversée, détacher la ceinture ventrale et pectorale de votre sac à dos car en cas de chute il faut pouvoir s’en débarrasser rapidement.
  • Prévoyez des chaussures adaptées : beaucoup de personnes prévoient des sandales ou des crocs pour la traversée, cela permet de se prémunir de rochers coupants et améliorer l’adhérence (et peut servir le soir au bivouac). Pour ma part je l’ai fait pieds nus, ça passe mais il faut faire attention aux rochers glissants.
  • Lors de la traversée et d’autant plus en cas de fort courant, restez face au flux et déplacer vous de côté. Ne chercher pas à lutter contre le courant mais au contraire à l’utiliser pour vous aider. Les batons de marche sont très pratiques pour améliorer l’équilibre.
  • Une traversée à gué devient dangereuse lorsque le niveau d’eau dépasse le genou : si c’est le cas soyez extrêmement prudent et traverser en groupe si possible en vous tenant les uns aux autres.
  • De manière générale : ne tentez pas le diable et mieux vaut rebrousser chemin saint et sauf que de prendre des risques inconsidérés.

Pratique

Rejoindre le Laugavegur

Les points d’accès du trek sont les suivants :

  • Landmannalaugar : accessible en bus ou en 4×4 par la route Landmannaleið et la F208 – Attention quelques gués à traverser.
  • Þórsmörk : accessible en bus et en 4×4 par la F249 – Attention : beaucoup de gués à traverser et certains vraiment profonds !
  • Skogar : accessible en bus et par la route 1

Si vous êtes à pied, vous pouvez constater que l’accès en bus est facile aux extrémités du trek. Nous sommes passés par la compagnie Reykjavik Excursions. Le pass « Iceland On Your Own » permet une certaine flexibilité et diminue un peu le prix – Comptez 100€/personne A/R.

Vous retrouverez les infos à l’adresse suivante : https://www.re.is/tour/hiking-pass-iceland-on-your-own/

Une autre compagnie que l’on a croisé plusieurs fois sur place : https://trex.is/scheduled-bus/

Refuge ou bivouac ?

Le Laugavegur offre la possibilité de le parcourir soit intégralement en refuge ou en tente soit un mix.

Les refuges sont un choix confortable mais très cher ! Compter 130€ la nuit pour deux sans le repas qui n’est pas proposé. Il faudra donc emmener votre nourriture même avec ce choix. Les refuges comportent toutefois une cuisine qui permet de ne pas emporter le matériel de popote. On peut également se ravitailler avec les basiques dans certains refuges ce qui peut être utile.

Vous trouverez de nombreuses informations complémentaires sur le site de la FI :

ATTENTION : il faut réserver les refuges à l’avance. Nous avons eu une chance folle de trouver de la place le jour même sans réservation mais c’est rare. Certaines personnes à qui nous avons parlé sur place avaient réservé plusieurs mois à l’avance et ont longtemps été sur liste d’attente…

Les emplacements de bivouac près des refuges sont payants (20€ la nuit environ) et assez variables en qualité :

  • Landmannalaugar : très pierreux et bruyant car bondé parfois. La tente commune est agréable.
  • Hrafntinnusker : très venteux potentiellement. Des murets de pierre protègent un peu.
  • Álftavatn : également venteux, on peut se servir des bâtiments pour se protéger du vent
  • Emstrur : agréable même si les emplacements sont denses
  • Þórsmörk : préférer Laugidalur qui est très agréable et offre de belles vues sur les glaciers

Vous pouvez également bivouaquer entre les refuges (sauf dans le parc du Landmannalaugar) mais le terrain très sablonneux ou rocailleux n’est pas toujours pratique.

Pour ce qui est de notre expérience, nous avions prévu de bivouaquer près des refuges mais la météo atroce que nous avons eu nous a incité à faire deux nuits en refuge.

Premier jour - Du Landmannalaugar à Hrafntinnusker


18 Août 2019, après deux jours passés au sein du Landmannalaugar à découvrir ce merveilleux site, nous débutons nos quatre jours de trek en direction de Þórsmörk.

Découvrez également le Landmannalaugar grâce à une randonnée à la journée

Le début du sentier se situe derrière le refuge de l’association de randonnée islandaise, la « Ferðafélag Íslands ». Nous commençons par traverser une ancienne coulée de lave qui présentent de jolies structures balsatiques. Il fait beau pour l’instant et nous croisons personne.

Nous rejoignons rapidement le fumerolle sur les hauteurs de Landmannalaugar. S’en suit une courte mais intense montée qui permet d’atteindre le sommet de la colline. Les paysages qui nous attendent se dévoilent toujours aussi riches en couleurs !

Les formations volcaniques créent d’étranges formes parfois. Nous en croisons une évoquant un squelette de dinosaure ou de dragon – ce qui colle très bien avec le décors et l’ambiance d’ailleurs.

Le chemin se poursuit en suivant la crête des collines. Le vent s’est levé depuis que nous avons dépassé le petit col. La température a bien diminué, nous sommes également un peu humide étant donné qu’il y a également de la brume. Ici, impossible de se protéger du vent car il n’y a pas d’arbre ou de buissons ; juste de la rocaille à perte de vue.

Heureusement, le chemin est bien balisé sinon on aurait vite fait de se perdre. Les températures continuent de chuter et le temps de virer au mauvais.

Nous arrivons à nous abriter tant bien que mal dans une tranchée le temps de manger un petit bout et de mettre des gros gants et de protéger le sac de la bruine.

Un peu plus loin nous croiserons de petits fumerolles juste à côté du chemin. C’est une chance de pouvoir voir ce genre de phénomène d’aussi près.

Rapidement nous arrivons sur un plateau qui se perd à l’infini dans le brouillard. Il fait de plus en plus bouché. Il n’y a quasiment plus de couleurs, nous voyons la vie en noir et blanc. Même si on a pas les vues que l’on souhaiterai, l’ambiance est géniale. On se sent bien au cœur de l’Islande sauvage. Nous croisons peu de personnes et c’est tant mieux car j’avais un peu peur de la foule.

Les quelques randonneurs que l’on aperçoit, ont plus l’air d’ombres que de personnes réelles.

Encore quelques névés à traverser et nous voilà en vue du refuge de Hrafntinnusker. Les 12km auront été rapide car nous n’avons pas chômé vu la météo.

Celle-ci semble d’ailleurs aller de pire en pire, ce qui est confirmé par la personne à l’accueil du refuge. La pluie arrive et va forcir dans la soirée, le vent lui se maintiendra fort. La journée de demain s’annonce horrible niveau météo.

Nous avions prévu de bivouaquer mais nous changeons d’avis. Tout d’abord l’espace de bivouac ne donne pas très envie, tout en rocaille et en plein dans le vent, de plus la météo n’incite pas à rester dehors. Nous ne sommes pas là pour réaliser une performance mais pour prendre plaisir à marcher. Coup de chance il reste 2 places ! On les prend même si les 130€ de note font un peu mal…

Nous sommes les premiers arrivés avec un charmant couple de canadiens retraités. Nous nous installons sur une couchette double avant de nous faire à manger pour se réchauffer. Le refuge est agréable et propre. Il y a deux grands dortoirs ainsi qu’une cuisine avec tout le matériel nécessaire.

L’après-midi sera dédié à l’observation de l’extérieur (notamment de petits oiseaux luttant contre le vent), à papoter avec les randonneurs qui arrivent au compte goutte et à se reposer.

L’heure du repas sera mouvementée étant donné que tout le monde cuisine quasiment en même temps mais au moins ça réchauffe l’atmosphère.

Nous dormirons bien cette nuit car, coup de chance, il n’y a pas de ronfleurs avec nous. Nous avons intérêt à bien nous reposer d’ailleurs car la journée de demain va être terrible…

Jour 2 - De Hrafntinnusker à Álftavatn


Cette journée restera dans nos mémoires comme l’une des pires que l’on a vécu en randonnée d’un point de vue météo… Il n’y aura pas de photo sur cette journée de marche car nous ne voulions pas endommager les appareils. De toute façon nous aurions eu des monochromes de blanc en guise de photo…

Le réveil est quasiment collectif vers 7h. Tout le monde guette la météo dehors car elle est censée s’arranger dans la matinée mais pour l’instant c’est pluie, brouillard et vent très puissant. Personne ne se presse. Nous faisons un petit déjeuner riche afin de stocker des calories.

9h… La météo n’a pas changé… Les groupes commencent à se préparer. Motivés par cette émulation, nous nous mettons en branle également. Derniers réglages dehors. Nous avons directement sorti la grosse artillerie pour nous protéger de la pluie (poncho, pantalon de pluie pour Hélène, …).

On attaque ! Le vent nous arrive par l’arrière gauche (grand largue !) il est si fort qu’il nous gène pour marcher. Parfois les rafales (dans les 100kmh surement) nous déportent de quelques pas… Le tout est accompagné d’une pluie quasiment horizontale qui ne nous mouille que la gauche mais qui fouette le visage. Des paysages, nous n’entrevoyons que la forme générale. Le sentier suit une succession de petites collines.

Malgré ces conditions particulièrement dures, nous vivons un beau moment car nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur et nous rions de tout cela ! Nous cherchons dans notre complicité l’énergie pour avancer et cela marche ! Heureusement pour nous, nous avons un équipement adapté ; nous croisons certains groupes en baskets de toile et sans vraie protection contre la pluie, hormis le confort on peut vite friser le danger…

Les kilomètres passent dans des conditions toujours équivalentes. Arrivés à la fin de ce long plateau, nous amorçons la descente qui nous mène à la vraie difficulté de la journée : le premier gué !

Nous le rejoignons rapidement. Il n’est pas très large, tout au plus 8m mais le débit est fort et le niveau de l’eau arrive aux genoux ! L’idée de traverser une rivière dont l’eau est à 4°C n’est jamais réjouissante mais avec ce vent et la pluie je vous avoue qu’il faut chercher loin pour trouver la motivation. Le plus simple et c’est ce que l’on fait, est d’éteindre le cerveau et y aller. Je passerai le premier. Lorsque l’on rentre dans l’eau on a une sensation de froid mais ça va, c’est après 10/15s que la douleur arrive, vive et violente ! Lorsque l’on sort de l’eau elle passe en 30s mais sur le coup ce n’est vraiment pas agréable. Hélène me suit, pour elle la douleur est encore pire je crois mais elle surmonte la difficulté et arrive de l’autre côté. S’en suit un petit moment d’apocalypse car nous devons nous rhabiller sous la pluie et dans le vent avec les ponchos dans le visage en essayant en vain de se sécher les pieds … Ce premier gué aura été épique pour nous vue les conditions et restera en mémoire.

Il ne nous reste quelques kilomètres jusqu’à Álftavatn où nous reprendrons la nuit en refuge car nous sommes quand même bien mouillés après une journée comme celle-ci et cela ne sert à rien de jouer « aux héros ». Le refuge se transformera d’ailleurs en étendoir géant car tout le monde arrive trempé (à différents niveaux). Nous passerons l’après midi à nous reposer, à nous réchauffer et surtout à discuter avec Adin et Amélie, un couple de français super sympa que nous reverrons ensuite à Paris.

La météo sera un peu plus clémente en fin de journée, le vent se maintiendra aussi fort mais il ne pleuvra plus. Cela permettra de mettre quelques affaires à sécher dehors au vent.

Quelle journée ! Dommage que nous n’ayons pu prendre de photos de la marche. A l’instar d’une autre journée comme celle-ci durant un précédent trek au Sarek, celle-ci restera dans notre mémoire comme le Mordor ! Nous dormirons bien ce soir en tous cas. La journée de demain s’annonce sous de meilleurs augures car le soleil doit faire son retour.

Le Laugavegur n’est pas difficile en soi mais la météo est vraiment le point dur. Soyez prévoyant et partez équipé !

Jour 3 - D'Álftavatn à Emstrur


Nous avons eu une bonne idée de choisir la nuit en refuge. Nous nous réveillons reposés et prêts pour une nouvelle journée. Cerise sur le gâteau il fait beau ce matin !

La préparation se fait donc dans une ambiance sereine et détendue. Nos affaires ont même eu le temps de sécher pour la plupart. Seules les chaussures sont encore humides.

On dit à bientôt à Amélie et Adin et on prend la route en direction d’Emstrur. Quel plaisir de pouvoir profiter de la beauté du Laugavegur et de ses paysages.

L’immense glacier de Mýrdalsjökull se dessine au loin. Cette masse de glace est déjà impressionnante mais ce n’est rien à coté du Vatnajökull …

Le sentier mène rapidement au premier gué de la journée. On approche l’obstacle avec beaucoup de légèreté qu’hier vu le soleil. La rivière a une physionomie bien différente : à l’inverse de celle de la veille, celle-ci est large et relativement moins profonde. La traversée est néanmoins douloureuse car l’eau est toujours aussi froide…

Nous continuons notre route dans un paysage qui s’ouvre de plus en plus. Le sol devient de plus en plus noir de cendre et de scories. Les paysages ont un autre profil, tout aussi beau.

Nous passons par le site de Hvanngil, un petit refuge qui offre des aires de bivouac plus agréable qu’Alftavatn. Le sentier attaque ensuite une immense plaine au paysage lunaire : juste du sable, du plat, quelques plantes luttant pour survivre et beaucoup d’espace. C’est un endroit magnifique.

Peu de temps avant Hvanngil, un deuxième gué nous attend. Celui-ci est particulièrement large mais ne nous pose pas de difficulté majeure. On commence à être habitué.

Bien que cette portion du Laugavegur soit belle, elle devient monotone sur la fin car c’est vraiment long… La sortie de la plaine se fait par une sorte de « porte » marquée par des collines rocheuses à l’ouest. Le sentier garde la même physionomie mais offre de très belles vues sur l’Eyjafjallajökull.

Le sentier n’est plus très long jusqu’à Emstrur mais les paysages toujours aussi beau. Il n’y a que des teintes de noirs et d’ocres, ponctuées de touches vertes parfois.

Emstrur se situe dans la colline et offre une belle vue sur le Mýrdalsjökull. Il y a quelques habitations en dures pour passer la nuit mais le site offre également des aires de bivouac plutôt agréable bien que dense. Comme la météo est plutôt optimiste nous passerons la nuit en tente.

C’est un site agréable et il fait beau et même bon si on se protège du vent.

Je profiterai de la fin d’après midi pour faire voler le drone afin de réaliser quelques photos aériennes.

Cette journée aura été superbe tant par les paysages que par la météo. Nous aurons tout de même quelques gouttes le soir mais rien de méchant. Nous attaquons déjà la dernière journée demain …

Jour 4 - D'Emstrur à Þórsmörk


Plus que 15km et nous aurons atteint notre objectif : Þórsmörk. Nous commencerons la journée par prendre connaissance des consignes de sécurité en cas d’éruption car nous entrons dans la l’aire du Katla.

Le Laugavegur, quant à lui, ressemble à ce que l’on a pu parcourir hier, c’est à dire un sol composé de sable et de scories sombre. Nous passerons d’abord par une sorte de vallée creusée par l’eau de fonte du glacier. Celle-ci nous emmène ensuite sur les hauteurs, ce qui nous permet d’apprécier la vue.

Le terrain ne présente aucune difficulté. Il suffit de se laisser porter en admirant les paysages. Le Laugavegur va ensuite descendre progressivement vers l’immense zone où se rejoignent nombre de rivières glaciaires. Le paysage s’ouvre vers l’ouest au fur et à mesure ce qui permet de deviner la mer au loin.

Sans être moche, ce n’est pas la portion la plus intéressante du Laugavegur. Notons toutefois la réapparition progressive des arbres.

Le sentier traverse ensuite une rivière grâce un pont au dessus d’une impressionnante gorge avant de grimper sur le haut de la colline. De là on redescend pour rejoindre le 4e et dernier gué du trek.

Celui-ci est particulièrement large et profond jusqu’aux genoux. Il se fait en 2 étapes ce qui permet de récupérer un peu au milieu. La prudence s’impose car il y a pas mal de débit.

Nous y sommes presque ! La fin du chemin présente vraiment peu d’intérêt car elle suit une sorte de grosse piste. Fait remarquable : on évolue dans une forêt ce qui est particulièrement rare en Islande !

Ce soir nous dormirons à Langidalur. Je vous déconseille Husadalur car la vue est moins sympa. Nous arriverons à notre destination en début d’après-midi. C’est un joli site bien entretenu et qui offre surtout une vue merveilleuse sur Þórsmörk et les glaciers environnants.

Voilà, nous avons fini le trek. L’après midi se passera sous un grand soleil qui nous fera un bien fou. Le tout sera agrémenté par une petite bouteille de vin achetée à prix d’or pour fêter cela !

Il y a de belles randonnées à faire à partir de Langidalur, notamment l’ascension de Tindjöll.

Nous prenons le bus demain en direction de Reykjavi pour ensuite continuer notre voyage en Islande.

Conclusions


Bien que ce soit un trek particulièrement connu et couru, le Laugavegur n’en mérite pas moins les superlatifs qu’on lui connait ; autant pour ses paysages qui sont merveilleux et changeant d’une journée à l’autre mais également pour sa météo qui saura mettre votre résistance à rude épreuve. Ce dernier point est à ne surtout pas négliger. Même si certaines personnes ont 4 jours de beau temps d’autres peuvent avoir 4 jour de moche ! Plus tard durant notre séjour, le Laugavegur a même été fermé à cause de la météo trop difficile , c’est dire ! 

Si vous hésitez pour votre prochain voyage : allez-y, le Laugavegur saura vous marquer et vous créer des souvenirs impérissables.


Landmannalaugar

Landmannalaugar - Hautes terres Islandaises

Le Landmannalaugar est un massif situé dans les hautes terres Islandaises. Le site est particulièrement connu et réputé pour ses couleurs qui sont dues au volcanisme très présent dans la région mais également pour ses sources chaudes naturelles. Départ ou arrivée du fameux Laugavegur, le Landmannalaugar mérite de s’y arrêter pour l’explorer et le découvrir.

Le Landmannalaugar


Géologie

Les extraordinaires couleurs du Landmannalaugar sont dues au fer contenu dans la rhyolite, la principale roche du site. En effet, la lave s’est formé sous une calotte glaciaire ce qui a permis une interaction entre la roche et l’eau de fonte. On parle ici de tuf rhyolithique.

Vous croiserez également beaucoup d’obsidienne, du verre volcanique. Cette roche est magnifique lorsqu’elle est mouillée.

Rejoindre le Landmannalaugar

Le landmannalaugar est accessible par une bonne poste sur laquelle vous devrez tout de même traverser au moins deux gués. L’accès est donc réservé au 4×4. Pour accès au site suivez les F225 puis 224 à partir de la route 26.

Le site est également accessible grâce à plusieurs services de bus. Nous avons opté pour Reykjavík Excursion car les bus partent du centre de la capitale et proposaient des horaires qui nous convenaient. Si vous souhaitez plus d’informations : https://www.re.is/tour/landmannalaugar-iceland-on-your-own/

Ce trajet est le premier que nous avons fait sur une F-road et est vraiment beau. Essayez de prendre une place à l’avant en bus si vous voulez profitez de la vue.

Que faire au Landmannalaugar ?

Le Landmannalaugar est une des extrémités du fameux Laugavegur que nous avons eu la chance de parcourir. Mais vous pouvez également rayonner à la journée depuis le camp pour de belles randonnées à la journée comme nous vous le présentons ci-dessous.

Le Landmannalaugar est également connu pour ses sources chaudes. C’est un arrêt obligatoire si vous venez ici. La source un peu en retrait du tumulte du parking est superbe. La température doit être autour des 40°C mais est modulable car des courants froid et chaud se rejoignent dans le bassin principal, vous permettant ainsi de trouver l’emplacement qui vous conviendra le mieux. Le fond est en gravier fin ce qui fait que l’eau est très claire. Une structure permet d’entreposer ses affaires pendant la baignade. Seul point noir et pas des moindres : le monde ! L’après midi lorsque les bus sont arrivés c’est la folie ! Nous vous conseillons donc d’y aller le soir ou encore mieux le matin ! Nous avons eu la chance d’être que trois dans le bassin en y allant vers 9h. Un vrai bonheur surtout après une nuit fraîche.

Infos pratiques

Où dormir ? Plusieurs solutions :

  • Le refuge de « FI », l’association de randonnée Islandaise. La nuit est à 9000ISK. Je vous conseille de réserver longtemps à l’avance vue l’affluence … Plus d’infos : https://www.fi.is/en/mountain-huts/all-mountain-huts/view/landmannalaugar
  • En tente : il y a une grande aire de bivouac. N’imaginez pas le beau bivouac sauvage et confortable : le sol est en rocaille et le terrain est situé trop près du parking. Nous avons également trouvé le site bruyant même en pleine nuit … Il vous en coûtera 1000ISK par nuit par personne …

Ravitaillement

Sur place vous pourrez achetez quelques produits de base comme des lyophi ou du gaz. Le tout à prix d’or évidemment mais cela reste pratique au cas où.

Découvrir le Landmannalaugar - Ascension du Bláhnúkur (945m)


Le Landmannalaugar offre de nombreuses possibilités de randonnées. Nous vous proposons ici, un itinéraire accessible au plus grand nombre qui permet de découvrir la richesse du site sur une petit demie-journée, de quoi vous laisser le temps de profiter des sources chaudes ensuite. Celui-ci vous mène au sommet du Bláhnúkur à 945m se qui vous permet d’admirer le paysage alentour. Vous découvrirez ensuite la richesse des couleurs et des structures du Landmannalaugar avant de vous rendre vers une zone de fumerolles. Le retour se fait à travers un champ de lave pétrifié. Vous aurez ainsi un aperçu complet de ce que peut vous offrir le Landmannalaugar.

Carte d’identité : 

  • Distance : 6.5km
  • Durée : environ 3h15min
  • Dénivelé positif : 350m

L’itinéraire est accessible ci-dessous :

 

Télécharger

Le début de la randonnée se situe au bout du parking vers le sud. Face à vous, après une petite portion dans un ancien lit de rivière, se dresse une montagne en roche verdâtre (la rhyolite) sur laquelle on voit clairement un sentier monter en zigzag. Continuer légèrement sur la gauche (100m) pour trouver le début du sentier qui rejoint l’arête à main droite.

On le voit bien sur la photo ci-dessous :

Il « suffit » de suivre le sentier jusqu’au sommet. Soyez simplement prudent avec le terrain qui n’est pas toujours bien stable (sable et scories) et qui doit être glissant si il pleut. La montée est assez raide mais prenez votre temps elle se fait rapidement. La montée offre des vues de plus en plus belles, de quoi garder la motivation !

Vous voilà au sommet ! La vue est époustouflante ! Lorsque nous l’avons fait il faisait gris mais cela ne gâche en rien les couleurs qui restent fantastiques.

Vous pouvez ensuite commencer la descente qui suit l’arête direction SO.

Vous arriverez à une partie plus plate, ici prenez à droite (en direction du nord) dans une sorte de gorge. Le sentier est magnifique ici ainsi que les couleurs environnantes !

Suivez le chemin (attention certaines portions peuvent être glissantes). Rejoignez ensuite le chemin balisé en direction des fumerolles légèrement sur les hauteurs. De là plusieurs solutions : vous pouvez redescendre par le Laugavegur, vous pouvez également enchaîner sur l’ascension du Brennisteinsalda (881m) ou bien, comme nous, faire demi tour et poursuivre dans le champs de lave.

Le sentier poursuit en longeant la petite rivière brennisteinsöldukvisl avant de revenir au niveau du départ.

Il ne vous reste alors qu’à retourner au camp avant d’aller vous détendre dans les sources chaudes ! Nous avons mis 3h20min pour réaliser ce trajet sans se presser et en prenant pas mal de photo.

Il existe un autre itinéraire, le « Skalli », qui fait 15km et qui réalise une longue boucle par le sud. Ce chemin offre également des vues extraordinaires sur des roches aux teintes superbes. Attention les topo indique que c’est un chemin pénible en cas de mauvais temps. Pour le réaliser partez vers le sud et suivez les potelés coiffés de bleu.


Bivouac au Snofjellstjonna - Dovrefjell

Parc National du Dovrefjell–Sunndalsfjella

9jours

de trek

100km

parcourus

3600m

D+

3.5

jours absolument seuls

La Norvège regorge de parcs nationaux sublimes et en choisir un n’est pas forcément facile car il mérite tous d’être découverts. Après quelques temps de réflexion, notre dévolu s’est porté sur le parc national du Dovrefjell-Sunndalsfjella en combinant avec Innerdalen, l’une des plus belles vallées de Norvège. On vous invite donc à nous suivre durant les 9 jours de ce trek de printemps, loin du monde et dans de magnifiques paysages.

Dovrefjell-Sunndalsfjella, Innerdalen et itinéraire


Le Parc National du Dovrefjell-Sunndalsfjella

Situé au sud de Trondheim et à l’est d’Ålesund, le Parc National de Dovrefjell-Sunndalsfjella couvre une superficie de 1693km². Le parc est surtout réputé pour la présence unique en Europe continentale de boeufs musqués, des mamifères reliques des temps préhistoriques. Le parc s’articule autour du Snøhetta, une belle montagne haute de 2286m.

Les boeufs musqués sont de gros mammifères de la famille des chèvres contrairement à ce que leur nom indique. Relique de l’age glaciaire, on les trouve aujourd’hui au Canada, au Groenland, un petit peu en Sibérie et pour quelques dizaines de têtes dans le parc du Dovrefjell. Ces derniers ont été réintroduis après extinction due à la chasse.

Avec un poids pouvant atteindre 300kg, les bœufs musqués sont de grands mammifères n’hésitant pas à charger si ils se sentent menacés. Courant le 100m en 6s vous aurez peu de chance de vous échapper. Une certaine prudence s’impose donc, surtout en présence de petits. Les guides locaux préconisent de garder une distance de 300m.

Le parc est principalement constitué de toundra : des herbes rases, de la mousse et du lichen. Les arbres disparaissent très vite avec l’altitude.

S’y rendre :

Le parc est aisément accessible en transports en commun. En effet la ligne de train Oslo-Trondheim contourne toute la partie sud et est du Dovrefjell.  Vous aurez donc diverses choix :

  • Dombås : petite ville au sud
  • Hjerkinn : station de montagne avec une auberge de jeunesse
  • Oppdal : la ville du coin avec tous les services qu’il faut. Une bonne base pour rayonner.

La partie nord est accessible en bus grâce à la ligne 901 au départ d’Oppdal et en direction de Kristiansund. Vous trouverez les infos ici : Horaires du bus 901

Innerdalen

Un petit peu au nord-ouest du Parc du Dovrefjell se trouve la magnifique vallée d’Innerdalen. Le site « Visit Norway », la nomme même « la plus belle vallée de Norvège ».

La vallée est aisément accessible et propose des logements en refuges et un camping  qui a été élu « Plus beau camping d’Europe » par le Guardian ! Que de superlatifs pour ce lieu.

S’y rendre :

Pour s’y rendre nous avons pris le bus 901 depuis Oppdal et nous sommes descendu à Ålvundeid rv. 70. Pour la longue portion de route avant de débuter le chemin, nous avons fait du stop. Il y a un peu de passage nous n’avons pas attendu très longtemps.

Itinéraire

Nous avons commencé par rejoindre Oppdal depuis l’aéroport d’Oslo en train (rapide et pas très cher) puis de là nous avons pris le bus 901 en direction de Kristiansund. Nous nous sommes arrêté à Ålvundeid rv. 70 en direction d’Innerdalen. Nous avons récupérer la route 70 depuis la vallée en coupant par les montagnes. De là nous avons rejoint en bus l’arrêt nommé Lønset après un détour d’une nuit à Oppdal. Nous avons ensuite traversé le Dovrefjell selon une direction globale nord-sud pour arriver à Hjerkinn d’où nous avons repris le train pour Oppdal.

Vous retrouverez l’ensemble de la partie marchée ci-dessous (téléchargeable) :

Télécharger

Refuges

Le système de refuge norvégien est différent du nôtre. Alors qu’en France les refuges sont souvent gardés et reste en partie ouvert l’hiver, ici nombreux sont les refuges sans gardiens et qui nécessite une clé pour être ouvert été comme hiver.

Cette clé est disponible en adhérant à l’association norvégienne de trekking, le DNT. On peut alors emprunter ou recevoir une clé pour accéder aux refuges. ATTENTION : les refuges ne proposent pas d’abri d’hiver en général !

Vous trouverez les infos nécessaires ici : https://english.dnt.no/

Jour 1 - Innerdalen


10h, le 11 juin 2019, nous sommes dans le bus 901 en direction de l’embranchement qui va nous mener à Innerdalen. Je suis avec Arthur avec qui j’ai déjà fait le GR R2 à la Réunion. 3 ans que l’on ne s’est pas vu mais nous voilà au milieu de la Norvège partis pour 9 jours de trek. Nous sommes arrivés hier à Oppdal après un rapide voyage en avion vers Oslo puis en train.

Le bus s’arrête au niveau d’un arrêt perdu sur la route. Nous descendons. On met les sacs, on règle le tout et on est parti en direction de la vallée.

Cette première portion est une route goudronnée sur 10km qui fait mal aux pieds… On marche mais on essaie le stop quand une voiture nous dépasse. Cela fonctionne au bout de 20-30min. Un couple sympathique de norvégiens qui sont du coin et qui montent dans Innerdalen pour le week-end.

Arrivés au bout de la route, il ne nous reste que 3km à faire. Il fait chaud aujourd’hui, on enlève donc une couche et on se remet en route. Le début du chemin est agréable, cela ressemble à ce que l’on peut trouver en forêt en montagne. Les paysages environnants sont beaux mais on ne voit pas très bien avec les arbres. Mais voilà, encore une petite montée et un virage et Innerdalen se dévoile à nous, merveilleuse.

J’avais vu quelques photos avant de partir mais je dois avouer que voir la vallée comme ça dans toute sa beauté laisse bouche-bée…

Encore 15min de marche et nous voilà à Renndølsetra. C’est une ancienne ferme d’été dans le plus pur style norvégien. Aujourd’hui c’est un gîte, le site est vraiment beau. On papote un peu avec le gardien pour savoir où bivouaquer. Il nous dit que sur les hauteurs de la vallée, le terrain est détrempé à cause de la fonte des neiges. Il nous conseille donc de rester dans le coin. C’est ici qu’il y a le plus beau camping d’Europe d’après le Guardian. Comme le camp n’est pas encore officiellement ouvert il nous laisse nous installer gratos ! Super sympa ! On se prendra tout de même une bière pour participer un minimum.

Nous allons poser les sacs plus loin sous le sous-bois avant d’aller nous balader un peu dans la vallée. On passera devant la Innerdal Turishytte qui offre également un beau site pour passer la soirée.

Une fois notre petit tour finir, nous retournons à nos sacs. On pose le camp non loin de l’eau. On allume un petit feu et on s’installe pour profiter de la fin d’après-midi sous un grand soleil. Quel bonheur. Tout est parfait : le site, le paysage, le petit feu.

Cela n’aura pas été une grosse journée (au final environ 5km de marche) mais cela nous va bien, on peut profiter ainsi. Nous nous couchons sous le soleil. En effet pas de nuit à cette saison, il va falloir s’y habituer mais le ruisseau à côté nous berce suffisamment pour nous endormir rapidement.

Jour 2 - De Innerdalen vers le Dovrefjell


La nuit a été bonne et pas si froide. L’objectif de la journée est simple : rejoindre « l’entrée » du parc de Dovrefjell en traversant les montagnes vers le sud.

On se met donc en route après le petit déjeuner et l’empaquetage du camp. Il fait grisou aujourd’hui voir même un peu bruineux.

Le début de la randonnée mène vers un petit pont qui permet de traverser la rivière. On attaque ensuite une montée raide qui mène à la Flatvaddalen entre 700 et 900m d’altitude. Ce passage sous la grisaille est un peu tristoune mais offre tout de même de belles vues.

Cette portion assez plate, est bien humide du fait de la présence de nombreux lacs et zones marécageuse. De plus, nous sommes tôt dans la saison, il reste donc beaucoup de neige sur les hauteurs et celle-ci fond à tout va, ce qui ajoute à l’humidité ambiante de la petite vallée.

Son extrémité sud offre une belle vue sur la Sunndalen. De là le chemin bifurque à flan de falaise vers l’est. Nous ferons notre pause du midi à l’embranchement de la Tverrådalen qui pour le coup est tout en neige.

Cette portion est plaisante notamment grâce à la vue. C’est un peu plus loin que ça devient moins drôle. En effet on se lance ensuite dans 700m de dénivelé négatif dans un terrain qui fait mal aux genoux, nos sacs lourds de la nourriture pour les 8 prochains jours n’arrangent rien.

On atteindra Eiriksvollen en milieu d’après midi. Nous voulions y rester pour la nuit mais la cabane est fermée à clé…  Pas grave, en plus on repère un tique ici, on va donc essayer de faire du stop pour aller à Grøa car on y a repéré un camping. On sera prit après un peu d’attente par le bus scolaire qui fera même un détour pour nous déposer. Arrivés sur place, on tourne sur le terrain du camping pour trouver la réception mais rien… étrange. Une dame sort pour nous demander ce que l’on cherche, on lui explique et nous répond sans beaucoup d’amabilité qu’ici c’est un camping privé et qu’on ne peut pas rester… Il faudra m’expliquer le principe mais tout est-il qu’on se retrouve le bec dans l’eau. Bon… Après concertation on décide de retourner à Oppdal car on y trouvera de quoi dormir et puis il faut qu’on revoit un peu le début du chemin car niveau planning on est pas au top.

En retournant vers la route principale, nous croiserons un car qui va en direction d’Oppdal, nous sauterons sur l’occasion. De retour en ville on se trouve un hotel et on refait les plans pour demain. Nous voulions initialement passer par la Grødalen pour pénétrer dans le Dovrefjell mais finalement on opte pour la Dindalen. On gagne ainsi quasiment une journée de marche au global ce qui relaxe le planning et nous permettra de mieux prendre le temps sur place.

On aura tout de même bien marché aujourd’hui et on s’endort donc de bonne heure car demain on attaque enfin le gros du sujet !

Jour 3 - Dindalen


Et on se remet en route ! La douche a fait du bien hier soir mais c’est la dernière pour quelques jours.

Bus 901, quelques minutes et nous voilà « droppés » à Lønset. Nous attaquons par là car cela nous fait gagner un peu de marche et la montée est plus progressive.

Le début du chemin se fait sur une route/piste. Par particulièrement agréable, cette portion à l’avantage de permettre une progression rapide.  Il fait bon aujourd’hui sous ce beau soleil. Après quelques kilomètres on rentre dans Dindalen. C’est une jolie vallée, parsemée de charmants chalets qui semblent inhabités pour l’instant. Au sud on aperçoit, l’extrémité du plateau où nous nous rendons.

Avant cela, courte pause à Dindalshytta, un refuge encore fermé en ce début de saison.

Allé, encore une petite montée qui une belle vue sur la vallée et nous y voilà, nous entrons dans le parc national de Dovrefjell. En haut nous sommes sur une sorte de plateau, c’est « plat » et le vent souffle très fort de face ici.

Encore quelques kilomètres fatiguant avec ce vent de face. Nous arrivons en vu du lac de Snøfjellstjønna. Il y a pas mal de jolies cabanes ici, certaines assez grosses d’ailleurs mais personnes en vue. Je pense que les gens montent peu en cette saison.

Quelques traversées faciles de rivières (de rochers en rochers) et nous arrivons à un gros chalet au pied de la montée côté ouest du lac. Comme le vent souffle toujours aussi fort, on utilise le chalet pour s’en protéger. Il n’y a personne ça dérangera pas. Il y a même une table à l’extérieur parfaitement protégée. On se pose donc, fin de la journée de marche.

A l’abri du vent et au soleil il fait bon. Nous profitons de l’après-midi en admirant les lumières sur le lac qui varient de minutes en minutes.

Nous installerons la tente sur les hauteurs, protégée du vent par une colline, près du lac il y a trop d’humidité.

Soirée traditionnelle : saucisson, fromage, lyophi, sac de couchage, lecture, dodo.

Une première bonne journée, on a pas fait beaucoup de kilomètres mais au moins nous sommes enfin dans le Dovrefjell en lui-même. Demain nous progresserons plus au cœur du parc.

Jour 4 - Plus loin dans le Dovrefjell


La nuit a été bonne malgré le vent. La bonne nouvelle est qu’il est tombé ce matin ! On peut donc se préparer au calme.

Nous partirons le bonne heure. Le chemin commence par l’ascension de la colline à l’ouest du lac. Du haut la vue est appréciable :

Les paysages s’ouvrent et offrent une belle vue sur ce qui nous attend.

Le terrain est composé de lande rocailleuse à perte de vue. Beaucoup de rochers affleurant ce qui rend la marche assez ludique et pas ennuyante. Au loin le massif du Snøhetta surplombe le parc.

Il n’y a pas de sentier à proprement parler mais des cairns comportant souvent un point ou un « T » rouge sont régulièrement espacés afin de faciliter l’orientation ce qui est bien pratique dans ces paysages où tout se ressemble.

La progression est agréable. Nous ferons notre pause du midi à côté d’une toute petite cabane de chasseur (Pilbua peut être ?) avant de nous diriger vers une intersection aux environs du lac Urdvatnet. Il y a ici une large rivière à traverser mais heureusement des rochers ont été habilement disposé pour traverser à sec (avec un peu de gymnastique tout de même).

Nous passerons ensuite une colline vers 1500m d’altitude avant de redescendre vers le joli lac de Langvatnet.

La Nature offre parfois de jolie rencontre, c’est le cas durant la descente lorsque nous croiserons sur le chemin un petit nid contenant un œuf. Il n’y a pas d’arbre ici, les oiseaux se débrouillent donc comme cela. On ne s’attarde pas pour ne pas effrayer les parents qui doivent être dans la zone.

Nous ferons une courte pause à la cabane (de chasse ?) que l’on croise au nord du lac. L’heure étant déjà avancée, nous décidons de rester ici pour la nuit mais nous devons trouver un coin où poser la tente.

Nous nous trouverons une aire de bivouac absolument superbe sur une petite langue de terre au milieu du lac. La vue sur le Snøhetta est magnifique.

Nous commencerons par installer la tente avant de nous faire un thé bien chaud et de nous reposer au soleil !

Nous n’avons croisé personne aujourd’hui. Ni même d’animaux si ce n’est quelques oiseaux. Le sentiment d’isolement est donc complet. C’est toujours aussi agréable que perturbant parfois.

Nous nous sentons bien ce soir et les paysages n’ont de cesse de nous impressionner. On a l’impression d’être seuls au monde ici.

Cela a été une bien belle journée. On s’endort serein et nous avons hâte d’être demain pour découvrir la suite.

Jour 5 - Reinheim


Que peut-on espérer de plus que se réveiller bien au chaud dans son duvet au beau milieu de la Norvège sauvage… Bon, c’est vrai que sortir du duvet est moins plaisant mais il fait beau aujourd’hui et une bonne petite marche nous attend.

Rituel du matin classique et en route une fois tout bouclé.

La première étape de la journée nous mène à Åmotdalshytta, un gros refuge que l’on atteint rapidement depuis le lac. Personne en vue. Cela fait à présent 48h que l’on a croisé âme qui vive…

Aujourd’hui nous rejoignons Reinheim. D’ici 3 options s’offrent à nous : passer par le sommet du Snøhetta, emprunter un col à 1554m plus au NE ou bien une voie intermédiaire qui passe à 1698m. Nous choisirons cette dernière option (le sommet du Snøhetta nous semblait encore bien (trop) en neige en ce début de saison).

Les paysages sont bien plus minéraux à présent. Nous avons pris de l’altitude et même les herbes et les lichens semblent ne plus pouvoir tenir ici hormis quelques coriaces. Nous croiserons un lièvre au loin…seul être animé que nous croiserons aujourd’hui si on excepte quelques oiseaux.

Nous ferons notre pause au point coté à 1698m d’altitude, le plus haut de notre périple. Ici la vue sur le parc et le Snøhetta est saisissante. Il n’y a pas un bruit, pas un mouvement. Nous avons vraiment d’être les derniers ou les premiers humains sur terre…

La descente vers Reinheim sera rapide et assez facile si ce n’est quelques névés piègeux. Nous emprunterons le chemin que l’on croise vers Larsurda et indiqué par un panneau.

Arrivés à Reinheim, on découvre un autre ensemble de chalets qui ont l’air tout à fait cosys mais qui sont surtout fermés… Comme nous le disions en introduction, il faut avoir une clé pour profiter des refuges or nous ne l’avons pas. Nous serons un peu comme tantale à voir fauteuils, banquettes et poêle à bois au travers de la fenêtre…

Nous ne sommes pas si mal loti que cela car il fait beau malgré un vent assez fort. Si on s’en protège on est bien.

Nous sommes arrivés tôt aujourd’hui, nous pourrons donc profiter des beaux paysages environnants, du calme et de la solitude. Nous pourrons tout de même manger sur une table extérieure ce soir, on apprécie les petits confort.

Encore deux jours dans le Dovrefjell et toujours pas de bœufs musqués en vue ni de rennes… A vrai dire nous n’avons rien en vu depuis 2,5 jours hormis l’infini des paysages… C’est appréciable et nous nous sentons bien mais parfois ça donne un peu le vertige. Je ne sais pas ce que serait une telle aventure seul… Cela doit être étrange mais j’essaierai bien.

Jour 6 - Snøheim


Météo agréable au réveil ce matin. Encore une nuit loin du monde et au soleil. Nous remballons le camp pour une courte étape ce matin car nous allons à Snøheim à seulement 6km d’ici.

La route commence par une montée dans un grand névé ce qui nous permet d’admirer le paysage au loin. Une fois arrivés en haut on découvre un grand plateau très minéral et au loin du mauvais temps qui vient droit sur nous.

Pas le choix nous allons à la rencontre de la pluie que l’on voit se rapprocher rapidement. Nous serons en dessous au niveau du lac qui l’on longe par l’est. Il pleut dru ! Nous sommes rapidement mouillés, heureusement nous apercevons Snøheim au loin.

Je suis étonné de la taille du refuge car la carte annonce un « abri », on est ici en présence d’un très grand refuge. Toujours est-il que nous n’y sommes pas il faut encore marcher. On met donc la tête entre les épaules et on marche le plus vite possible dans la rocaille dérapante avec la perspective d’un abri voir même d’un bon feu dans quelques minutes.

Nous atteignons le refuge bien mouillés. La pluie a baissée en intensité mais il bruine encore avec beaucoup de vent. On se refroidit donc. Sur place, le calme nous intrigue…mais il est tôt peut être que les randonneurs ne sont pas encore arrivés… On chercher la réception : fermée !!

Le refuge est fermé ! Ça on ne s’y attendait pas … nous sommes le 16 juin pourtant ! Bon pas grave on va allé chercher le refuge d’hiver c’est déjà grand luxe.

Nous partons donc en quête de ce fameux refuge d’hiver… Version courte : il n’y en a pas. On fera le tour de l’immense refuge plusieurs fois et rien. Pas un abri d’ouvert pas une salle prévue pour les randonneurs. On tente de frapper au carreau si jamais il y a quelqu’un à l’intérieur, personne. On se résigne donc : le refuge est fermé, il n’y a personne et aucun endroit prévu pour des randonneurs hors saison, il pleut toujours et cela n’a pas l’air de vouloir s’arrêter… Il nous faut nous abriter.

Nous avons repéré une sorte de balcon couvert qui donne accès à des chambres. Heureusement pour nous il y a un petit banc et l’ensemble est assez isolé du vent. Je ne sais pas trop si nous avons le droit mais nous nous installons ici pour nous mettre à l’abri (au final on laissera le balcon dans l’état où nous l’avons trouvé je ne pense pas que l’on ait gêné…). Nous commençons par mettre des habits secs puis nous lançons le réchaud pour se faire un lyophilisé revigorant. On a un peu l’air de vieux chiens mouillés mais on est pas mal.

Nous nous installerons sous la couverture de survie après le repas pour faire une sieste au chaud et à l’abri du vent. Je suis toujours impressionné par l’efficacité des couvertures. On est bien là dessous, là sortie ne sera pas facile.

Après une heure ou deux passés sur le balcon nous avons envie de nous dégourdir les jambes surtout qu’il ne pleut quasiment plus. S’en suivra un long après-midi alternant balade pour se réchauffer et repos/lecture. Nous passerons également beaucoup de temps à admirer les courses poursuites totalement folles des canards sur le petit lac à côté (on sent le niveau de distraction…).

Le soir nous nous abriterons pour manger à côté de la réception car la zone est à l’abri du vent. On sera pas si mal que cela finalement, nous aurons même un beau moment à écouter de la musique seuls au monde encore une fois. Voilà maintenant 3.5jours que nous n’avons croisé personne hormis un lièvre, quelques oiseaux et nos canards fous.

Jour 7 - Rencontres


Il a encore un peu plu cette nuit mais ce matin nous avons seulement du temps gris et un peu de brouillard. On prend le petit déjeuner à l’abri sur « notre balcon ». A la fin du repas, on entend un bruit de moteur ! C’est le gardien du refuge qui monte faire du bricolage. Voilà quasiment quatre jours que nous n’avions croisé personne, cela fait toujours bizarre car on a l’impression qu’un étranger entre dans notre monde qui se résumait à nous deux.

Nous plions rapidement la tente et nos affaires et nous reprenons la route. Nous entamons la descente qui se fait en suivant la piste qui mène à Snøheim. Le sentier n’est pas très beau mais les paysages compensent.

Plus bas, une fois sortis des nuages, nous apercevons au loin un 4×4 qui monte vers le refuge mais qui est arrêté pour le moment comme pour observer quelque chose … On passe donc en mode « vigilance » arrivés au niveau d’où était le 4×4.

C’est alors que nous les voyons : deux beaux bœufs musqués paisiblement en train de brouter. Nous nous rapprochons doucement en gardant nos distances. Finalement nous nous arrêtons à une centaine de mètre pour les observer.

Les bœufs sont de belles bêtes, massives et impressionnantes. Les deux spécimens que l’on a devant semblent paisibles et ne montrent aucun signe de stress ou d’énervement et on est très bien comme ça. On a pas cherché à se cacher en arrivant tout en restant calme et « humble » afin de ne pas paraître des menaces. Nous resterons peut-être 30min à les observer brouter non loin puis nous reprenons notre route contents d’avoir eu cette rencontre.

Nous continuons notre route à l’affût de nouvelles rencontres mais rien pour l’instant à part peut être deux petits points noirs à l’horizon.

Nous pourrions rejoindre Hjerkinn dans la journée mais nous préférons rester encore un peu dans la nature. Nous sortons donc du chemin vers les 2/3 de la descente pour bifurquer en direction du sommet nommé Kolla. Nous trouverons un super coin un peu plus haut non loin d’une charmante rivière avec une vue magnifique sur toute la zone et parfait pour surveiller les bœufs alentour.

Nous installons donc notre dernier campement du voyage. Une fois la tente montée, nous faisons une petite vérification de routine des alentours afin de voir si nos amis musqués sont dans les parages. Au loin, nous apercevons ce qui nous parait être deux silhouettes de bœufs. On décide de partir à leur rencontre afin de vérifier.

Simplement munis de nos appareils photos nous marchons donc en direction d’un point de rencontre. Nous confirmons au fur et à mesure que c’est bien des bœufs musqués, quelle chance ! Plus proche nous nous rendons surtout compte que ce ne sont pas deux ni trois bœufs musqués qui viennent à notre rencontre mais six au total !! Incroyable ! Il y a même trois veaux, on est aux anges. Ils remontent tranquillement la route et nous nous dirigeons un peu plus haut pour les regarder passer.

On est super content, quelle joie après tous ces jours sans rien voir. On se rapproche de la route et c’est là que l’on se rend compte qu’ils n’étaient pas six mais sept ! Le grand mâle est là à tout juste 50m. On tombe un peu « nez à nez », nous sommes surpris. On s’arrête donc et on ne bouge plus. C’est alors qu’un grondement absolument terrifiant empli l’air : le mâle nous fait clairement comprendre qu’il n’apprécie pas notre proximité. On recule donc tranquillement sans mouvement brusque.

Une fois nos distances prises on se met un peu à couvert mais le petit groupe de bœufs est en alerte et compense à repartir en arrière. Nous ne voulions pas les effrayer mais la présence des veaux doit les stresser. Ils rebroussent donc chemin mais bifurquent rapidement sur la gauche du chemin vers notre camp. On décide donc de les suivre à distance en restant discret.

Nous trouverons un bon poste d’observation sur une proéminence issue du passé militaire du parc (le parc a longtemps été un champs de tir de l’armée). De là nous pouvons observer toute la famille à convenance en gardant nos distances. Le mâle nous a vu mais ne semble pas inquiété vu la distance.

C’est extraordinaire de voir ce genre de bête batifoler librement dans la toundra, observer les petits allaiter, courir après leur mère, le tout sans personne et dans le plus grand calme. C’est un très beau moment.

Le mâle est splendide. Il veille paisiblement et guide la troupe. Il émane la puissance et la force.

Nous passerons un long moment à les observer là, sans chercher à interagir ou à se rapprocher. Nous retournons ensuite à notre camp, bien heureux de ce moment !

Il est tôt et il fait beau. Nous passerons l’après-midi à bouquiner au soleil.

Un peu plus tard les bœufs se rapprocheront eux-même de nous tout en restant à distance. Ils se poseront même quelques temps pour une petite sieste, nous les imiterons.

La fin de journée sera calme avec les bœufs musqués non loin. Nous commençons la liste des derniers : dernier repas dans la nature et dernier coucher en bivouac. Les bœufs ont établi leur « camp » pour la nuit à 400m de nous. Il pleuvra un peu en ce début de soirée, quelques ondées mais rien de méchant.

Cette journée a été superbe et emplie d’image qui se transformeront rapidement en souvenir. Être là au contact de ces animaux presque préhistorique dans ce cadre magnifique et dénué de toute humanité c’est formidable. Nous avons de la chance.

Jour 8 - Retour à la civilisation


Dernier réveil au cœur du Dovrefjell. Les bœufs ont continué leur route ce matin. Nous plions la tente et de retour sur le chemin nous continuons en direction de Hjerkinn.

Le chemin est rapide et sans grand intérêt au fur et à mesure que l’on descend. Une fois sur place, plutôt que de retourner tout de suite à Oppdal, nous optons pour monter au Snøhetta viewpoint qui offre une vue saisissante sur le parc. Une dernière montée nous attend pour rejoindre le fameux bâtiment au sommet et le panorama se dévoile.

Ce point marque la fin du trek. Nous finissons par un pique nique face à cette vue superbe en appréciant les kilomètres parcourus.

Il ne nous reste qu’à retourner à Oppdal pour ensuite reprendre le train et l’avion de retour demain.

Conclusions


Cela doit faire la sixième fois que je pars en Scandinavie et je ne m’en lasse pas. Le Dovrefjell propose un visage encore différents d’autres parcs norvégiens ou suèdois. J’ai été étonné par l’isolement que nous avons vécu durant la première partie du trek. Je pense que cela est en parti dû à la saison mais tout de même … Même au Sarek on a croisé plus de monde… 

La rencontre avec les bœufs musqués a été un beau moment et justifie à elle seul que l’on passe par le parc. J’ai rarement eu l’occasion d’être « au contact » avec de gros mammifères dans un environnement sauvage, c’est une belle expérience à vivre.

N’oublions pas Innerdalen et son panorama incroyable. De la même façon, n’hésitez pas à y faire un tour si vous êtes de passage.

A seulement une demie-journée de voyage, le Dovrefjell et sa région offre donc de très belles possibilités de randonnées sauvages, loin du monde et au sein d’un parc somptueux.


Sur le Chemin de Stevenson - GR70

Chemin de Stevenson - GR70

3jours

de trek

65km

parcourus

2000m

D+

1

Craquotte !

“En vérité, je ne voyage pas, moi, pour atteindre un endroit précis, mais pour marcher : simple plaisir de voyager.” – Robert Louis Stevenson

Le mois de mai est parfois un mois compliqué pour trouver un trek notamment en montagne car la neige est encore bien présente. C’est pour cela que cette année nous avons opter pour de la moyenne montagne avec le GR70 également appelé le Chemin de Stevenson, chemin ô combien connu, pour quelques jours plutôt faciles sur le papier mais qui vont vite tourner à la cata. Charme de la randonnée et de ces petites surprises.

Le Chemin de Stevenson - GR70


Avant de présenter le topo du trek il faut présenter le GR70. En effet le Chemin de Stevenson est intimement lié à son arpenteur originel : Robert Louis Stevenson.

Alors âgé d’à peine 28 ans, le jeune Stevenson décide de parcourir à l’automne 1878, les Cévennes suite, entre autre, à une peine de cœur. Il va donc rejoindre Saint-Jean-du-Gard depuis Monastier-sur-Gazeille en 12 jours pour environ 195km. Il parcoura l’itinéraire avec Modestine, un âne acheté au Monastier.

Il rédigera le très connu « Voyages avec un âne dans les Cévennes » qui inspirera nombre de randonneurs à réaliser le même parcours en compagnie d’un âne.

Aujourd’hui le chemin est lié au GR70 qui a été légèrement rallongé vers le Puy en Velay et Alès par rapport au tracé initial. Un beau GR70 qui permet de découvrir la région encore sauvage et au riche passé historique des Cévennes.

Note : Le Stevenson partage son tracé avec un itinéraire de St Jacques de Compostelle et avec la Voie Régordane.

Pour aller plus loin :

Le Stevenson avec un âne - Le Mas Des Ânes


Afin de vivre l’expérience à fond et surtout de découvrir une nouvelle façon de randonnée, nous avons décider de faire une partie du chemin prévu avec un âne.

Nous avons donc « emprunter » un âne au Mas de Ânes non loin de Langogne. Comme nous le verrons dans le topo, nous sommes ressorti enchantés de cette expérience et des moments partagés avec Craquotte notre jolie et vaillante ânesse durant ces 3 jours.

Nous voulions également remercier Marie-Ange et Dorianne pour leur gentillesse car elles nous ont été d’un grand secours suite à nos différentes galères durant le trek.

Donc si vous souhaitez également découvrir la conduite d’âne pour une journée ou un long trek, nous vous conseillons vivement le Mas des ânes dont vous pouvez retrouver l’adresse ici : http://lemasdesanes.com/

Départ et Jour 1 - Paris - Langogne - Abbaye Notre-Dame-des-Neiges


Comme souvent nous débuterons notre périple de Paris et c’est en train que nous rejoignons le Puy-en-Velay pour finalement prendre un bus jusqu’à Langogne car la ligne SNCF est en maintenance.

Langogne est un joli village médiéval qui s’articule principalement autour de son église fortifiée et de ses anciennes halles. Nous y passerons la nuit avant de réellement démarrer demain. Le temps n’est pas clément ce soir et il fait froid, ce  confirme les prévisions météo pour les prochains jours.

Mai est t souvent une saison compliquée pour la randonnée car on se sait pas trop sur quel pied danser niveau météo. L’année précédente à la même époque il y avait 30cm de neige sur toute la région.

Réveil matinal le lendemain car nous avons rendez-vous avec Marie-Ange et Dorianne  du Mas de ânes pour récupérer notre ânesse à Luc. Nous rejoindrons la petite bourgade en bus encore une fois ce qui ne prend que 10min. Notre rendez-vous est à côté de la gare. Nos hôtes nous y attendent déjà avec Craquotte notre ânesse pour les prochains jours. Avant de partir nous passons par l’étape apprentissage des bases de la conduite d’âne, rien de très compliqué en soit mais la météo ce matin est dure : neige, vent et froid hivernal !! On écourte donc la séance et on se met en route, contents de démarrer et d’être avec Craquotte.

Nous attaquons donc par un petit bout de route qui bifurque rapidement sur la droite sur un bon chemin qui nous amène sur les hauteurs nous permettant ainsi d’admirer Luc.

Il fait froid, le vent n’arrange rien mais nous sommes concentrés sur Craquotte pour qu’elle avance bien (ce qui est le cas) et qu’il n’y ait pas de soucis (stress du débutant).

« Le lendemain matin (26 septembre) je pris la route avec un nouvel arrangement. Le sac ne fut plus plié en deux, mais suspendu de toute sa longueur à la selle.

(…)

Ma route remontait la vallée chauve de la rivière longeant les confins de Vivarais et Gévaudan. Les monts du Gévaudan sur la droite était encore plus nus, si l’on peut dire, que ceux du Vivarais sur la gauche. » – Voyage avec un âne dans les Cévennes, R.L. Stevenson

La route est belle sous cette fine pellicule de neige. L’année précédente 30cm étaient tombés à la même période. Je pense que nous avons sous-estimé le climat en étant trop optimiste sur un doux soleil de printemps…

Nous passons par quelques jolis lieux-dits et de petits villages. C’est très calme, peu ou prou de randonneurs.

L’orientation est très simple comme d’habitude sur un GR. Il suffit de suivre le symbole rouge et blanc et de se laisser porter par le chemin.

Marie-Ange nous avait prévenu : « le premier jour, vous verrez, elle va vous tester pour voir si vous êtes des gogos ». Pour l’instant notre chère Craquotte s’était contentée de quelques courts arrêts pour brouter ça et là mais c’est le moment du test :

Sur le chemin nous devons traverser une rivière ! Que dis-je !? Un fleuve, un détroit ! Au moins 30cm de largeur !! Même pour nous cela ne prend qu’un pas mais Craquotte, elle, décide que non et se plante là, fixe. Nous voilà donc tout démunis face à cette ânesse qui a décidé de voir si elle va pouvoir s’amuser avec nous. On teste donc toutes les techniques : on pousse, on tire, on parle gentiment, on essaie de feinter … rien elle ne bouge pas mais on ne démord pas, on continue de tester…

Après 15 bonnes minutes, on essaie une ultime méthode. On s’équipe d’une petite touffe de genêt et là Ô miracle une simple pichenette avec le gênet nous fait avancer Craquotte avec une superbe saut au dessus du gouffre en atterrissant presque sur Hélène … Après cette épisode elle ne nous « embêtera » plus du voyage. Le test était passé, on était copains.

Le chemin nous mène aujourd’hui vers l’Abbaye de Notre Dame des Neiges où Stevenson avait passé quelques jours. Une fois sur place l’accueil est froid et nous devons attendre 2 heures pour savoir si il reste de la place au dortoir car on ne peut pas bivouaquer ici…

« La route que nous suivions et que ce père athlétique avait construite de ses mains en l’espace d’un an arriva à un coude et nous découvrit quelques bâtiments blancs, un peu plus loin à l’arrière du bois. Au même instant, la cloche une fois de plus sonna au lointain » – Voyage avec un âne dans les Cévennes, R.L. Stevenson

Nous préférons donc pousser à la Bastide-Puylaurent un peu plus loin. Etant donné la température nous préférons un logement en dur et chauffé ce soir. De nombreux établissements sont prévus pour recevoir les ânes ici. C’est le cas de l’hôtel des Genets, tout de moins c’est ce qu’on trouve comme infos.

Nous y arriverons après un peu moins d’une heure de marche.

On dénote dans le village avec notre âne surtout lorsqu’on va à l’hôtel pour réserver une chambre. Nous sommes un peu déçu par l’aire pour Craquotte car c’est le jardin de la propriétaire (ce qui est gentil) mais il n’y a pas grand chose pour que notre âne broute.

La soirée se fera bien au chaud et avec un repas copieux (les desserts étaient excellents). Cette première journée a été éprouvante avec le vent, le froid et la mise en route, toutefois nous sommes très contents avec Craquotte. Sa présence apporte un véritable plus à la randonnée et permet d’oublier les petits tracas de la marche. Nous nous endormons avec hâte de la retrouver demain.

Jour 2 - Bastide Puylaurent - Serreméjan


Départ à 9h aujourd’hui, après une bonne nuit de sommeil, un bon petit déjeuner et l’équipement de Craquotte sans oublier un bon coup de brosse.

Le chemin part en direction de Chasseradès dans une montée assez longue mais qui offre de jolis points de vue.

Craquotte est au top. Elle marche super bien en montée.

L’arrivée sur les hauteurs est un peu décevant car toute la zone est en chantier pour installer d’immenses éoliennes. Le chemin est donc devenu une zone de piste pour les camions qui montent le matos…

Nous entamerons ensuite la descente vers Chasseradès, le temps est maussade et toujours froid mais semble vouloir passer au soleil…

« Puis Modestine et moi remontâmes le cours de l’Allier (ce qui nous ramena dans le Gévaudan) vers sa source dans la forêt de Mercoire. Ce n’était plus qu’un ruisseau sans importance bien avant de cesser de le suivre. De là, une colline franchie, notre route fît traverser un plateau dénudé jusqu’au moment d’atteindre Chasseradès, au soleil couchant » – Voyage avec un âne dans les Cévennes, R.L. Stevenson

Chasseradès est un joli petit village. Nous nous arrêterons à l’épicerie à l’entrée pour acheter du pain frais et le commerçant nous donnera gentiment du pain dur qui fera le régal de Craquotte. Nous nous installerons à côté de l’église pour faire la pause pique nique. Craquotte participera à sa façon en curieuse.

On reprend la route vers Mirandol, il fait très froid Hélène souffre de ses mains dans ces conditions. Mirandol a beaucoup de charme surtout avec le beau viaduc qui passe au dessus.

La suite de chemin se fait sous le soleil enfin ! On suit la ligne de chemin de fer. Les paysages sont jolis, assez ouvert.

Tout va bien jusqu’à ce que ma semelle gauche décide de se décrocher … J’ai pris pour cette rando de vieilles chaussures qui ont passé par mal de temps sans bouger et je pense qu’elles n’ont pas aimé … Je bricole donc un truc avec un bout de ficelle pour la caler en position… C’est de rafistolage mais étonnamment ça tient … C’est pas de bol cette histoire mais si ça évolue pas ça devrait le faire pour la suite.

Ce petit déboire passé, nous continuons en sous-bois dans une bonne montée qui sera suivi d’une descente vers le ruisseau de Serreméjean. Nous trouverons le long du chemin les ruines de quelques batiments où nous poserons le camp pour la soirée. C’est assez encaissé mais le soleil brillera encore quelques heures.

On installe donc la tente, on décharge Craquotte et on lui trouve un coin avec de la bonne herbe.

Nous passerons un bon moment au bivouac à profiter sur soleil tant qu’il était encore là. Dès qu’il passa derrière les températures chutèrent rapidement accélérant notre migration vers les duvets bien chauds…

Jour 3 - Serreméjan au Pont-de-Montvert


La nuit a été fraîche, nous retrouverons même un peu de givre sur la tente… Pas de soucis pour Craquotte qui a alterné repos et broutage cette nuit.

On prend un petit déjeuner bien chaud, on brosse notre âne, on plie le camp et on l’équipe. Nous voilà reparti.

Le GR70 rejoint rapidement le lot à sa source et sur ses premiers mètres. Cette portion est vraiment belle surtout dans la lumière du matin. Le Lot, tout juste sorti de terre, serpente dans de jolis pâturages verdoyants. Nous sommes tous les deux avec notre chère Craquotte qui avance du tonnerre, on est bien.

Nous reprenons un peu de hauteurs ensuite, le chemin nous mène aux Alpiers et à deux jolis panoramas. Il fait vraiment beau aujourd’hui, ça fait du bien. De plus mes chaussures semblent vouloir tenir malgré la semelle décollées tenue avec de la ficelle…tant mieux !

Nous arriverons ensuite au Bleymard. Encore une beau village typique avec ses toutes petites rue, sa charmante église et une belle ambiance du temps passé.

Nous ferons une bonne pause face à l’église justement. Nous avons besoin de faire le point car nous voulions avancer vers le Mont de Lozère ce soir mais la météo de demain semble exécrable ce qui serait dommage pour ce passage. De plus c’est demain que nous devons rendre Craquotte à Marie-Ange au Pont-de-Montvert. On évalue donc la possibilité de marcher jusqu’à Finiels voir le Pont aujourd’hui mais cela représente quasiment 30km. Bon… On se dit que dans tous les cas on passe le Mont aujourd’hui et on voit si on a encore la motivation pour pousser vers le Pont. Une bonne balade nous attend !

« Devant moi s’ouvrit une vallée peu profonde et, à l’arrière, la chaine des monts de la Lozère, partiellement boisés, aux flancs assez accidentés dans l’ensemble toutefois d’une configuration sèche et triste. A peine apparence de culture. Pourtant aux environs de Bleymard, la grand’route de Villefort à Mende traversait une série de prairies plantées de peupliers élancés et de partout toute sonores des clochettes des ouailles et des troupeaux. » – Voyage avec un âne dans les Cévennes, R.L. Stevenson

Après la pause le chemin commence une longue montée vers la petite station du chalet du Mont de Lozère, c’est alors que c’est la catastrophe. Les chaussures d’Hélène ont également décidé, et ensemble de plus, de se séparer de leur semelle … Les deux en même temps ! Le problème c’est dans ce cas c’est le talon qui se décolle, ce qui est beaucoup plus compliqué à réparer avec ce qu’on a sous la main ! C’est vraiment pas notre vaine. Nos deux paires de chaussures qui lâchent ! On avait pris des chaussures plus légères que nos chaussures classiques mais ces deux paires avaient longtemps étaient au grenier sans bouger, ce qui a dû fatiguer la colle (vive les semelles cousues !!!!). Le même problème nous était arrivé avec Matthieu lors du trip sur la Kungsleden. Pour l’instant les semelles tiennent encore un peu on va donc pousser au Chalet du Mont de Lozère et voir sur place si on peut trouver un coup de main pour réparer.

Au chalet du Mont de Lozère, nous tomberons sur le proprio du restaurant « Le Refuge » en train de bricoler et qui sera super sympa avec nous. Il nous proposa de recoller avec de la colle néoprène mais son pot était tout sec, il nous a donc filé un gros scotch électrique bien solide. Même Craquotte a eu son petit geste avec un bon sot d’eau bien fraîche. Merci encore à ce monsieur fort sympathique !

Nous reprenons donc la route sur le GR70 vers le Mont de Lozère avec nos chaussures toutes moisies et rafistolées au scotch et à la ficelle ! Heureusement Craquotte est en plein forme et n’a pas de bobo !

Cette portion du chemin est vraiment belle. On évolue dans une lande de bruyère et de petits sapins rabougris. On voit au loin les Alpes qui dessinent leurs sommets blancs à l’horizon.

Cette belle montée est jalonnée de pierres dressées. Ce ne sont pas des restes préhistoriques mais des Montjoies. Ces pierres servaient à délimiter les possessions de l’Ordre de Malte entre les XIIe et XVIIIe siècle. Elles sont bien pratiques aujourd’hui pour se repérer en cas de brouillard.

Je pense que ce moment sera celui que l’on préférera de la randonnée car ce sont les paysages que l’on aime surtout sous le beau soleil. Craquotte quant à elle gambade vaillamment à nos côtés. C’est agréable de marcher avec un âne, elle fait vraiment parti de notre petit groupe et participe à sa façon.

« Les monts de Lozère se développent quasiment à l’est et à l’ouest  coupant le Gévaudan en deux parties inégales. Son point le plus culminant, ce pic de Finiels sur lequel j’étais debout, dépasse de cinq mille six cents pieds le niveaux des eaux de la mer, et, par temps clair, commande une vue sur tout le bas Languedoc jusqu’à la Méditerranée. »- Voyage avec un âne dans les Cévennes, R.L. Stevenson

La montée nous prendra une petite heure, sans se presser. Nous ne pousserons pas au sommet car nous avons encore du chemin à faire vers Finiels voir le Pont-de-Montvert. On s’octroie tout de même une petite pause bien méritée.

Nous entamons ensuite la descente vers Finiels. Celle-ci en plus d’être assez long n’est qu’un imbroglio de racines et de caillasse. C’est fatiguant pour tout le monde et Hélène commence à ressentir des douleurs aux genoux ce qui n’arrange rien. On doit en être à 20-25km déjà je pense…

Arrivés en vue de Finiels, nous déciderons de pousser jusqu’au Pont-de-Montvert car on y trouvera des gîtes ce qui sera parfait pour ce soir.

Nous entrons ici en pays protestant. Toute la zone a connu de vives tensions et des révoltes au temps de la répression des catholiques contre les protestants. La plus connue est la révolte des Camisards entre 1685 et 1700. On peut aujourd’hui encore voir dans les jardins de certaines maisons des tombes. Cette curiosité est due à ces périodes troublées car à l’époque les protestants étaient interdits dans les cimetières catholiques. Les gens enterraient donc leurs anciens dans le jardin.

Le chemin entre Finiels et le Pont-de-Montvert est très beau et différent de l’autre côté de la montagne. Ici moins de forêt mais de grandes étendues vertes jonchées de blocs rocheux (du granite ?).

Même si elle sera également belle, la fin du chemin sera dure. Premièrement on atteint bientôt les 30km de marche dans la journée avec des chaussures en mauvais état, on commence à être bien fatigué. Craquotte également en a plein les sabots et rendra la descente vers le Pont très compliquée car elle ne voulait plus avancer. Ce sera donc un long moment entre patience et fermeté calme… On ne peut pas lui en vouloir vue la distance et franchement elle aura super bien marché toute la journée.

Après tous ces efforts nous arrivons enfin dans le village ! Ce dernier est vraiment beau et fait « médiéval ». Il y a du monde qui profite du soleil de l’après midi en terrasse. De notre côté on se dirige vers le gîte du Chastel où nous avons réservé pour ce soir finalement. Nous sommes éreintés. Je ferai un dernier effort pour aller mettre Craquotte au pré communal et faire quelques petites courses pour ce soir.

« Tout était agitation dominicale dans les rues et dans les cafés comme tout avait été paix dominicale dans la montagne. »- Voyage avec un âne dans les Cévennes, R.L. Stevenson

Suite et fin - On arrête ...


Malgré une bonne nuit, on se lève avec le moral totalement dans les chaussettes. Nous avons sous estimé le soleil hier à cause du petit voile nuageux qui ne nous a pas empêché de cramé (erreur de débutant…). Hélène en plus du coup de soleil fait une mauvaise réaction au niveau du nez qui est tout gonflé ce matin. La météo est totalement immonde ce matin avec plafond bas et gris et pluie… Tout cela à quoi il faut ajouter nos chaussures qui sont en train de perdre leurs semelles, on commence à se dire qu’il serait plus sage de s’arrêter … En effet, ajouter 50 bornes avec des semelles qui tombent ce n’est pas forcément une bonne idée et en plus l’eau va rentrer par le bas avec cette pluie et si il refait beau ce sera un problème pour Hélène et sa réaction au soleil. Non, malgré le crève-coeur que cela représente nous devons arrêter aujourd’hui. On comprendra donc que nous sommes mortifiés ce matin.

Avant de voir ce que nous allons faire, il faut rendre Craquotte à Marie-Ange et Doriane. On se rejoint donc au rendez-vous fixé. Après leur avoir raconté nos mésaventures, elles nous proposeront spontanément de nous déposer à la gare de Langogne demain et de nous loger ce soir ! Quelle surprise et quelle joie surtout ! Nous filons donc au gîte ranger nos affaires en vitesse et nous prenons la route avec nos sauveuses. Nous discuterons beaucoup pendant la route, de nos parcours, de nos vies. C’est agréable et rare aujourd’hui d’avoir de tels échanges avec des gens que l’on connait à peine et qui pourtant « donne » sans attendre en retour. Merci 1000 fois à elles pour ce qu’elles ont fait pour nous ce jour là.

Le lendemain nous reprenons les transports (bus et train) en direction de Paris que nous atteindrons en début de soirée ….

Au final


C’est un voyage particulier que nous venons de vivre. On a été de déboire en déboire, entre la météo des premiers jours, les chaussures, la brûlure au nez, … Renoncer à une fin de rando n’est pas très drôle à vivre mais il faut savoir s’arrêter à temps. On part pour prendre du plaisir, là ce n’était plus le cas.

Le Chemin de Stevenson en tant que tel est agréable mais nous avons été un peu déçu par les paysages les deux premiers jours. Je pense que la portion au sud du Mont de Lozère est plus joli… Il faudra y retourner pour vérifier. Ce chemin reste intéressant à faire, ne serait pour découvrir cette région peut être moins touristique que d’autres et pour mettre en parallèle le récit même de Stevenson et apprécier les changements en quelques décennies. 

LE gros point fort de la randonnée restera Craquotte. C’est la première fois que l’on marchait avec un âne et on a adoré. Sa présence est agréable, elle venait souvent entre nous pour marcher, elle demandait des câlins et des caresses, il y a un véritable échange. Jamais une once d’hostilité ou un mauvais mouvement,  Craquotte a été adorable tout du long. On a souvent une image erronée des ânes (têtus, bête,…) ; les personnes qui pensent cela ne sauraient avoir plus tord. Bien au contraire, les ânes sont très sensibles et malins et ne seront au final que le reflet de votre humeur.  Cette expérience nous laissera un très bon souvenir et je pense que ce n’est pas la dernière fois que l’on se balade avec un âne. 


Vue sur Rapadalen dans la montée vers le Skierffe - Sarek

SAREK

9jours

de trek

170km

parcourus

2500m

D+

1

jour sans pluie

Voilà quinze mois à présent que nous sommes revenu de notre aventure Lapone le long de la Kungsleden. Quinze mois que le Grand Nord nous appelle de nouveau. Alors, certes, le GR738 m’a permis de m’évader une bonne semaine en montagne mais j’ai besoin de ma migration annuelle en pays nordique, cette fois-ci nous prendrons la direction du Parc National du Sarek en Suède pour neufs jours de trek dans une Nature sauvage et brute.

Sarek et itinéraire


Vaste de presque 2000km², le Sarek est un parc national Suédois situé à quelques heures de route au sud de Kiruna et non loin de la frontière Norvégienne. Souvent considéré comme le dernier espace sauvage d’Europe, le Sarek est un concentré de nature sauvage. Ici pas de route, pas de chemin balisé (et même quasiment pas de « vrai » chemin), juste 2 ponts, pas de refuge en tant que tel, tout au plus quelques cabanes aussi spartiates que rares et des conditions climatiques pouvant être dures. Vos seuls voisins à des (dizaines) de kilomètres seront les rennes que les Sames laissent paître ici tout l’été.

Un vrai paradis pour le marcheur qui souhaite se retrouver au beau milieu de rien pour plusieurs jours.

Par contre le Sarek a un prix : pas de chemin, pas de route, etc implique qu’il faut naviguer soit même dans un environnement souvent dur. En guise de terrain vous aurez le choix entre les marais, les forêts denses de bouleaux ou bien les grandes étendues vides en altitude et pour la météo : la pluie (beaucoup), le vent, la neige et un peu de soleil tout de même.

Le Sarek est un environnement difficile. Le terrain et la météo peuvent être très durs et changeants. Même en plein été, très court au demeurant, vous pourrez avoir des conditions hivernales en altitude. Soyez donc préparés ! Le Sarek s’adressent à des marcheurs expérimentés qui connaissent un minimum le milieu de l’Arctique Scandinave et qui sont équipés en conséquences. Ici vous serez seuls et les secours ne pourront pas toujours intervenir rapidement, sans compter que vous n’aurez aucun réseau téléphonique, ni échappatoire rapide.

Attention : le topo qui va suivre s’inscrit dans un contexte spécifique de ce mois de septembre 2018. Ne présumez pas des conditions à l’avance (notamment en ce qui concerne les traversées de guets) et ne prenez pas les caractéristiques que nous avons rencontrés comme une vérité absolue. Préparez bien votre rando et gardez toujours une marge de sécurité.

Notre itinéraire nous a permis de parcourir un bon morceau du Sarek et de passer notamment par la Rapadalen et le Skierffe, LE point de vue à ne pas rater dans le parc. Long de 170km environ, il nous aura fallu 9 jours de marche pour le réaliser à raison de 20km/jours. Ce n’était pas une balade de santé mais c’est réalisable. Vous trouverez ci-dessous sont détail (le GPX est téléchargeable) :

Télécharger

Rejoindre le Sarek


Qui dit région isolée dit accessibilité pas facile. De plus, nous partons en septembre ce qui correspond à la fin de la saison ici, certains services sont donc déjà à l’arrêt.

Première étape : monter dans le Nord. Nous avons choisi une fois de plus Kiruna comme camp de base. On peut aussi démarrer de Gällivare qui est accessible en train (mais plus en avion). Kiruna a l’avantage d’avoir un aéroport et quelques bons hotels. C’est « la ville » du nord Suédois. Pour entrer au Sarek il y a plusieurs points « classiques » : Ritsem, Kvikkjokk et Saltoluokta. Etant donné que les traversées de lac et le bus à Ritsem paraissaient complexes car les services étaient finis pour la saison, nous avons choisi Kvikkjokk en point d’entrée et Saltoluokta pour la sortie.

Rejoindre Kvikkjokk en transport en commun depuis Kiruna, nécessite de prendre un train pour Gällivare puis plusieurs bus et un taxi, en d’autres termes, c’est long et nous n’avions pas beaucoup de jours devant nous. Nous avons donc opter pour une solution pas sexy et plutôt onéreuse : le taxi. Il faut compter tout de même 4h30 de route et aux alentours de 5000SEK, à trois ça passe mieux mais bon …

Nous sommes donc arrivés sur place un dimanche, nous avons acheté du gaz pour le réchaud le lundi matin et on a pris le taxi à 12h pour arriver vers 16h (conduite sportive du chauffeur…).

Pour le retour de Saltoluoka il « suffit » de prendre deux bus pour Kiruna ou un seul vers Gällivare.

Voici quelques liens utiles pour préparer les transferts :

Egalement les liens vers les principales « stations » du coin et les infos sur les traversées de lacs :

Attention : vous aurez très certainement à traverser des lacs en bateau, bien que certains le soit à la rame il existe des traversées en bateau à moteur. Vous n’aurez d’ailleurs parfois pas le choix. Par contre c’est très cher !! Voici une liste non exhaustive valable pour 2018 :

  • Traversée Kvikkjokk-Padjalenta : 250SEK/personne
  • Traversée Sitojaure : 400SEK/personne (deux fois par jour ou bien sur demande)
  • Traversée Saltoluokta vers l’arrêt de bus : 200SEK/personne
  • Traversée à Ritsem : ?? mais surement le même ordre de grandeur

Pas de carte bancaire pour les deux premiers mais les euros semblent acceptés. Au final prévoyez du cash !

Premier jour - Départ et Padjelanta


Nous sommes le 10 septembre 2018 à Kvikkjokk vers 16h30, il fait beau, le soleil commence à être bas dans le ciel et nous attendons au bord de l’eau l’arrivée du bateau-taxi qui doit nous mener au début de la Padjelanta. Nous sommes tous les trois, avec Quentin et Matthieu, impatients de nous immerger pour 9 jours et 170km au sein du Sarek. Nous n’avions qu’une hâte après l’année dernière et la Kungsleden : revenir et faire encore plus sauvage, nous y voilà !!

Notre « passeur » arrive avec quelques passagers qui reviennent de la Padjelanta. Nous voyons avec lui quelques détails et on embarque pour 10min de bateau. Bien que début septembre, l’automne a déjà établi son camp ici. Les bouleaux se sont parés de leurs teintes jaune-rouge, c’est beau. La lumière du soleil est apaisante. Nous glissons sur l’eau tranquillement, quelle agréable façon de commencer un trek.

Le débarcadère est sommaire mais on trouve une petite cabane juste à côté pour les randonneurs qui auraient raté le dernier bateau. Nous prenons le temps de discuter avec le pilote concernant l’itinéraire, les passages de lacs, … D’abord un peu bourru, il s’avérera tout à fait sympathique et nous donnera de bons conseils.

A présent nous voilà seuls, les sacs sont chargés sur nos dos qui accusent le poids des 10 jours de nourriture mais nous allons le coeur léger sur un très bon chemin, balisé et facile. C’est d’ailleurs un bonne chose car nous allons passer deux jours le long de celui-ci, le temps de nous mettre en jambe avant d’attaquer le vif du sujet.

Nous ferons 7km ce soir. Rien de bien difficile. Les paysages sont agréables mais pas particulièrement impressionnants car on évolue principalement dans de la forêt dense. On trouve quelques aires de bivouac confortables le long du chemin. Nous nous installons donc à la nuit tombante, non loin de la rivière.

Le temps de monter le camp et de manger et la pluie commence à tomber en fines gouttes ce qui précipite notre mouvement de repli dans le sac de couchage bien chaud et douillé.

Fin de la première journée qui aura surtout été une journée de transfert. On attaque vraiment la marche demain avec au moins 18km à parcourir. En attendant : bonne nuit!

Jour 2 - Plus loin dans Taradalen


Il a plu toute la nuit et l’environnement est particulièrement humide ce matin. Nous plierons le camp sous la bruine de quoi hâter notre départ.

Aujourd’hui nous continuons le long de la Padjelanta. Nous progressons donc facilement même si la pluie a rendu certains passages glissants (notamment les fameux chemins de planches traversant les marais). Après quelques temps nous commençons à sortir par moment de la forêt ce qui nous permet d’admirer l’extension de la vallée sur des kilomètres en aval et en amont. On a, pour l’instant croisé qu’une personne, à la cabane de Nunjes et ce sera tout pour la journée…

Nous sommes en forme et heureux d’être ici. Même si le temps n’est pas au grand beau, la météo n’est pas désagréable. Le soleil joue avec les nuages denses et créé de beaux contraste sur les bouleaux orangés.

Il n’y a pas grand chose à dire de particulier sur cette journée. Les paysages nous rappellent beaucoup ceux de la Kungsleden pour l’instant mais peut être à des dimensions plus impressionnantes.

Le soir (vers 16h – le soleil se couchant à 19h30, on a décalé la journée : lever 6h coucher 21h), nous poserons le camps un peu avant Såmmarlappstugan, à l’endroit où le chemin revient très proche de la rivière. C’est un joli coin pour le bivouac avec une belle vue sur les collines environnantes. Malheureusement on aura le droit à une succession de petites averses toute la soirée. Nous avons tout de même réussi à allumer un feu malgré le bois mouillé mais celui-ci ne chauffera pas très fort.

Nous ne faisons pas de vieux os ce soir. Le soleil se couchant tôt et la pluie n’aidant pas mais surtout nous sommes fatigués de ces premiers 20km. Il faut laisser le temps au corps de s’habituer, ça ira mieux dans un ou deux jours.

Pour l’instant on s’endort, bercés par le ploc ploc de la pluie sur la tente. C’est agréable de se sentir un peu plus loin de la civilisation ce soir mais j’ai hâte d’être vraiment isolé, encore quelques jours de patience.

Jour 3 - Fin de Tarradalen et du chemin


Une seconde nuit pluvieuse. Nous plions encore une fois un camp bien humide mais au moins il s’est arrêté de pleuvoir pour l’instant.

Nous arriverons rapidement à Såmmarlappstugan où nous croiserons le gardien en train de faire le grand ménage avant de fermer. Il comptait d’ailleurs partir cet après-midi. Le temps de papoter et d’admirer la brume matinale sur la rivière et nous reprenons la route sur la Padjelanta qui monte légèrement ici.

La végétation se fait d’ailleurs de plus en plus clairsemée au fur et à mesure de la journée, cela nous permet d’apprécier la vue sur toute la vallée.

Nous arriverons en vue des cabanes de Darreluoppal en début d’après midi. Nous croiserons trois personnes dans cette zone qui seront les dernières pour 48h.

Encore une heure de marche et nous sommes aux cabanes.

Nous arriverons aux cabanes en milieu d’après-midi. Se pose alors la grande question de savoir si on continue un peu le chemin ou bien si on s’arrête ici pour la nuit et que l’on profite du confort de la cabane d’hiver…

Après délibération, on choisit de pousser plus loin. Ce sera toujours ça de gagné… Nous retournons donc sur le chemin encore quelques centaines de mètre. En effet c’est ici que l’on en sort pour marcher dans la pampa en toute liberté. On choisit donc de traverser la rivière (on restera à l’ouest de celle-ci pour la suite), de monter un peu sur les hauteurs et enfin de sortir du chemin.

C’est étonnant à quel point ce petit pas de côté, celui qui vous mène hors sentier, est chargé d’une symbolique forte à mon sens. Par ce petit pas on retrouve une sorte de liberté totale, on peut marcher où on veut, comme on veut, en ayant pour seule contrainte le terrain. Par contre on quitte aussi une ligne rassurante qui mène d’un point A à un point B sans trop se poser de question. Il faut donc, intérieurement, accepter d’avoir toute cette liberté justement. Pour ma part il me faudra attendre quelques heures hors sentier pour justement trouver un sentiment agréable de marche en liberté.

En tous cas, ce qui me rassure c’est le terrain. J’avais peur que celui-ci soit compliqué sur cette section mais pour l’instant c’est de l’herbe avec quelques buissons et rocailles. Rien de bien méchant.

Nous ne tarderons pas à croiser nos premiers rennes dans ce terrain qui est idéal pour eux. Ils se déplacent en général par petit groupe d’une dizaine d’individus mais on peut croiser des troupeaux plus grands.

Après une vingtaine de kilomètres nous poserons le camp juste à côté de la rivière Vàssjàjåhkå au droit du lac Vàssjàjàvràtja. Un emplacement très agréable d’ailleurs offrant une belle vue et relativement bien abrité du vent.

Le bivouac rapidement installé, nous profitons du fait qu’il soit encore tôt pour vaquer à nos occupations : photo, repos ou chasse aux baies sauvages qui abondent dans la zone.

Nous ne tarderons pas à avoir la visite successive de petits groupes de rennes sur l’autre rive de la rivière. Ils gardent tout de même leur distance mais c’est un joli spectacle pendant que l’on mange nos lyophi bien à l’abri du vent. Le soir, les températures tombent vite et il est difficile de rester longtemps dehors après manger.

Ainsi s’achève la troisième journée de marche. Pour l’instant tout va bien si ce n’est quelques petits bobos et un peu de fatigue mais rien d’anormal.

C’est le premier soir où j’ai l’impression d’être loin de la civilisation et encore, au final, il y a les cabanes qui sont à une grosse heure de marche… En tous cas, le moral est bon, le physique suit et j’ai hâte de m’enfoncer encore un peu plus loin dans la Laponie.

Jour 4 - Hors Sentier et Traversée de lac


Nous y voilà, aujourd’hui nous pénétrons réellement dans le parc du Sarek dont la limite est représentée par la petite rivière à côté de laquelle nous campons.

La nuit a été fraîche mais bonne. Nous commençons à être bien rodés sur le rangement du camp et nous sommes rapidement de retour en piste pour nos 20km quotidien.

Nous continuons donc en direction du lac Alggajàvrre. La progression hors sentier est beaucoup plus aisée que ce à quoi je m’attendais et c’est tant mieux ! Même les quelques cours d’eau à traverser sont suffisamment bas pour ne pas nous gêner outre mesure. Nous avançons donc relativement vite dans cette magnifique vallée. Nous passons de petits cols en petits cols, dévoilant à chaque fois une nouvelle perspective. Ici, plus d’arbres évidemment mais de la steppe herbeuse à perte de vue. J’adore ce genre de paysage. On s’y sent tout petit et on respire.

Nous passerons rapidement la barrière à rennes qui sert aux Samis pour rassembler leurs bêtes. Nous la traverserons au niveau de la rivière mais il doit y avoir des « portes » pour la traverser ailleurs j’imagine. La pause repas sera faite un peu plus loin, en face de la Renvaktarstuga.

Les Renvaktarstuga sont des cabanes privées qui appartiennent aux Sames, vous ne pourrez donc pas les utiliser comme refuge pour la soirée. Sur les cartes vous trouverez de plus les indications « Låst » ou « Forfallen » à côté de certaines huttes ; cela signifie respectivement « Verrouillée » et « En ruine ».

Un petit peu après la pause repas, nous tomberons sur notre première traversée un peu complexe de rivière. En effet on trouve ici la confluence de deux bras qui forment un cours d’eau assez important au final. Il faut donc bien traverser un peu après la Renvaktarstuga et rester à l’ouest de l’ensemble des cours d’eau (rive gauche). Nous arriverons après quelques temps de recherche à traverser (presque) au sec en sautant de rochers en rochers. Encore une fois je pense que nous avons de la chance car le niveau des cours est bas en cette saison, il doit en aller tout autrement au printemps et la traversée doit être bien plus difficile !

Nous apercevrons rapidement Alggajàvrre qui marque notre point d’entrée dans le Sarek et un peu au dessus la Alkavare Kapell, une petite chapelle, vestige d’une période de prospection minière dans la zone.

Pour traverser le lac il y a deux possibilités : ramer ou passer par un pont. Vous trouverez donc vers l’extrémité Nord-Ouest et sous la Kapell, des barques pour traverser le cours d’eau.

Le système des trois bateaux : c’est un système que vous retrouverez en Suède et en Norvège. Pour traverser à la rame vous avez deux possibilités. Soit il y a deux bateaux de votre côté et vous en prenez un pour traverser, soit il n’y a qu’un bateau de votre côté et il vous faudra traverser, revenir déposer un second bateau qui est de l’autre côté et traverser une nouvelle fois. En résumé avec trois bateaux, on s’assure qu’il y en ait toujours au moins un de chaque côté et c’est de la responsabilité de l’utilisateur de l’assurer. Il faut donc jouer le jeu même si cela peut prendre du temps (on y reviendra à la traversée de Sitojaure) et faire en sorte qu’il y ait toujours un bateau au moins de chaque côté.

Pas de bol pour nous, il n’y a qu’un seul bateau de notre côté. Mais bon, la traversée doit faire 300m, on devrait s’en sortir.

On charge nos affaires, les bonhommes et le dernier (moi) pousse le bateau pour finir de le mettre à l’eau mais la problème : ça bloque ! Impossible de le faire décoller. Le niveau de l’eau est tellement bas que près de la berge il n’y en a pas assez pour que la barque flotte…

On aura beau décharger, pas moyens de faire flotter convenablement l’embarcation…. Bon… Etant donné qu’on sait qu’il y a un pont un peu plus haut on ne se prend pas la tête : on décharge la barque et on repart en direction du pont. Je pense qu’on aurait pu la mettre à l’eau en la vidant des sacs et tout, en enlevant les chaussures et en poussant dans l’eau mais hormis une certaine flemme à faire tout cela, on ne connaissait pas non plus la profondeur sur la suite du parcours, le pont paraissait donc une bonne alternative. Notons simplement que 2018 a été une année particulièrement chaude pour la Suède et ce même en Arctique, cela doit partiellement expliquer le niveau si bas du lac.

Nous revoilà donc en chemin vers le « Bro » qui se trouve environ 2km plus haut (pour repérer la zone de loin c’est dans l’ensemble de petites buttes qu’on aperçoit rapidement en repartant de la zone de la barque). On l’atteint donc vite et on se rend vite compte qu’il tire un peu la tronche ce pont …

Outre son petit côté rouillé et les quelques bouts qui pendent, on a le droit à une belle pancarte avec une main levée qui semble indiquer une interdiction de passer… N’ayant pas trop le choix on se lance tout de même, un par un. Ça craque et ça grince mais ça passe. Honnêtement, nous n’étions pas rassurés du tout à la traversée et je vous conseille de faire très attention si vous passez par là… (De retour en France et après traduction, on se rendra compte que le panneau signifie que le pont est en réparation et qu’il ne faut pas l’emprunter…).

Nous voilà de l’autre côté… Demi tour donc et c’est reparti en direction de la Kapell que l’on atteindra relativement rapidement si ce n’est la traversée de la rivière Gàjnàjjågåsj qui nous prendra un peu de temps car nous avons chercher un passage au sec.

Le détour par le pont nous a consommé du temps et nous avons moins avancé que prévu. Nous souhaitons donc continuer au moins jusqu’à l’extrémité Est du lac.

Nous progressons à présent dans une sorte de forêt miniature composées de buissons, à hauteur de taille ou d’épaules, particulièrement denses ce qui rend la navigation et la progression particulièrement difficiles. On avance donc tout doucement en nous frayant un passage. Il est sensé il y avoir un chemin dans le coin mais on le trouve pas et on a beau essayer en haut ou en bas, il y a rien à faire et franchement ça m’agace ! En plus Quentin commence à avoir une douleur suspecte au genou, il va falloir être vigilant.

Nous arriverons enfin à l’extrémité du lac et à un coin pas trop mal pour le bivouac après 23km de marche…une bonne journée.

La mise en place du bivouac est accompagnée d’une « agréable » petite pluie fine qui ne nous lâchera pas de la soirée … C’est donc pour moi un moment un peu morose dans la grisaille et le froid. C’est dommage, le coin doit être superbe sous le soleil.

Encore une fois nous ne tarderons pas à rejoindre notre duvet surtout que nous sommes bien fatigués ce soir mais bon soyons heureux, nous sommes concrètement dans le Sarek ce soir et nous allons commencer à l’explorer dès demain !

Jour 5 - Alggavàgge et la hutte magique


Nuit froide et pluvieuse ! Le réveil n’est donc pas très facile … mais le paysage compense : en effet une légère couche de neige a saupoudré la tête des montagnes environnantes c’est beau. L’ambiance matinale est très sereine mais les nuages referont vite leur apparition apportant au passage la pluie…

Nous nous remettons en route en cherchant le fameux chemin qui doit passer dans la zone. Alors honnêtement, hormis quelques traces de passages qui sont dues à l’humain mais aussi à des rennes, on ne trouvera pas de bon chemin pendant un moment. Non, on aura le droit à ces horribles buissons qui sont, de plus, trempés ce matin ! On est donc tout mouillé du pantalon et ça passe dans les chaussettes par capillarité. J’ai donc rapidement les pieds mouillés et pour tout vous dire, ils ne sécheront pas avant la fin du séjour … On progresse très lentement et on galère, c’est un sale début de journée ! Pour couronner le tout la douleur au genou de Quentin se fait vive et ressemble fort à une tendinite. C’est inquiétant pour la suite car on est à 40-50km minimum d’un point de sortie… Il va donc falloir que le genou tienne !

Après cette horrible zone, nous arrivons enfin dans un espace dégagé qui nous permet de marcher un peu plus vite même si on progresse parfois dans du marais qui finit de nous humidifier. Par contre la vue est superbe et les montagnes conservent leur bonnet de neige.

Nous prendrons la pause du midi (à 11h…) sur une petite proéminence et avec une vue magnifique sur la vallée en direction de l’ouest avec un grand troupeau de rennes en contre bas. Magnifique.

Nous entamons la descente côté ouest de la vallée. Au loin les sommets enneigés et les glaciers de Mihkàtjåhkkå et de Màhtujåhkkå.

La descente est facile et belle. Ne traversez pas la Ahkàvàgge, au contraire à ce niveau rester bien sur la gauche de la vallée (versant nord). Vous verrez au loin un Renvaktarstuga, que le semblant de chemin croise par la gauche. On croisera ici un beau troupeau de rennes assez curieux pour venir à une trentaine de mètres.

La confluence de deux vallées offre un magnifique paysage. C’est superbe, c’est ce qu’on est venu chercher.

On arrive après cette jolie rencontre à un passage potentiellement délicat : la traversée de la Guohperjåhkå. Faites cela « sous » le renvaktarstuga, on trouve des cairns qui indiquent le passage. Encore une fois, notre traversée a été facilitée par le niveau bas de la rivière mais au printemps ça doit être une autre paire de manches !

La suite de la progression sera relativement ennuyante surtout qu’il bruine ! Il n’y a pas vraiment de chemin bien marqué, tout au plus des traces de rennes … Essayez de rester sur les hauteurs ce sera plus facile pour avancer. En tous cas après quelques temps, on aperçoit enfin la petite cabane à côté du pont qui permet de traverser les gorges de Skàrjà. Je suis content on est tombé pas très loin, on s’améliore en navigation. J’ai hâte qu’on arrive car Quentin a bien mal à son genou, il faut qu’il le repose.

La descente vers la cabane sera rapide. Celle-ci est toute bête mais il y a l’essentiel : une table, deux banquettes et un espace de « stockage ». Par contre pas de quoi dormir convenablement, on monte donc les tentes dehors car nous arrêtons ici pour aujourd’hui. Le soleil refait même son apparition au bout d’un petit moment. Le coin est vraiment magnifique car il est à la confluence de plusieurs vallées. A 360°, des sommets, des vallées et la beauté brute du pays Samis.

Comme je le disais nous allons rester ici pour la nuit. L’endroit est beau, il fait beau et puis ça nous fera du bien d’être un peu à l’abri pour manger et faire la soirée.

Cette petite cabane, Mikkastuga, c’est un vrai moment de détente et de bonheur dans le trek, une bouffée d’air qui nous permet de trouver un semblant de confort. Nous passerons donc la fin d’après midi à nous réchauffer tranquillement au soleil ou à ranger un peu, nettoyer,… Nous aurons la visite d’un Finlandais qui se promène depuis 2 semaines dans le Sarek, pour faire des sommets, un personnage haut en couleur mais qui connaissait le « métier » !

Les heures passent, la lumière change en continue, j’ai envie de refaire la même photo toutes les 15min. Que ces grands espaces sont beaux !

Le soir nous feront un festin de roi : saucisson, fromage, pistaches, la fameuse fondue 4 fromages lyophilisée qui est devenue une tradition de rando, soupe, mousse au chocolat lyophi, amandes caramélisées, … De quoi refaire le stock de calorie pour le lendemain !

Nous sommes bien, il fait froid mais il n’y a pas de vent ce qui rend les choses supportables. Nous passons un petit moment à jouer aux cartes avant de rejoindre nos appartements dehors après quelques ultimes photos de nuit. Cette soirée est la meilleure que j’ai passé du trek et ce bivouac (grand luxe) est l’un des plus beaux de ces vacances. Cela nous aura fait un bien fou en ce milieu de parcours.

Je m’endors heureux, inconscient de l’horrible journée qui nous attend demain…

Jour 6 - L'horreur


Levé matinal et froid pour changer … Au moins il ne pleut pas… pour l’instant. On plie le camp et on repart.

Ici il y a un chemin pas trop mal tracé, on le perd de temps en temps mais on finit par le retrouver en général. Le genou de Quentin tire un peu mais on lui a pris du matos pour alléger son sac, ça a l’air de stabiliser la douleur au moins…

Vous verrez cette portion du chemin n’est pas compliquée. Il y a trois cours d’eau à traverser, pas de difficulté pour nous mais attention au printemps. Seule la Tjåggnårisjåhkå nous demande de passer un peu de temps à chercher un passage au sec. La trace bifurque après la rivière. Il faut que vous visiez la petite proéminence au loin baptisée Bielavàràsj (sur ma droite du plateau).

C’est à partir de ce point que la pluie fait son retour. D’abord légère, elle se renforce au fur et à mesure. Pour l’instant ça va même si l’ambiance est moins plaisante. En tous cas la vue est belle et la vallée impressionnante. Une dernière photo pluvieuse avant le début de l’horreur.

La suite du chemin nous amène à la partie technique de la journée. Le sentier passe sous la grande falaise du Bieltjåhkkå. On y croise un duo père/fille qui nous prévient que ça glisse fort et en effet déjà c’est de la rocaille bien lisse et la pluie n’arrange rien ! Pour couronner le tout, la végétation gorgée d’eau nous trempe le pantalon et la pluie tombe toujours plus fort. On se démerde donc dans ce passage en avançant doucement car ça dérape vraiment.

Au bout de 45min, on commence à être bien mouillé. On atteint enfin le plateau du lac Sàvvàjàvrre et là, on passe à un tout autre niveau. Déjà on est quasiment à 1000m, le mercure a donc bien baissé, mais on a surtout un fort vent de face (environ 50km/h) et on est dans les nuages. Prenez donc de la pluie, du vent et une température aux alentours de 0°C et vous avez le super combo. Rapidement on se retrouve mouillé jusqu’au caleçon (littéralement), la goretex abandonne la partie et on est aussitôt mouillé au niveau du torse. En gros on est entièrement trempé !

Commence alors un long moment de lutte, on perd notre température extrêmement vite, on se met donc à marcher comme des fous. Têtes baissées face au vent, on avance le plus vite possible pour se réchauffer de l’intérieur. On ne parle plus ou juste quelques blagues de temps en temps pour réchauffer l’ambiance qui règne.

On en parlera ensemble ensuite mais je peux vous dire qu’à ce moment on s’est tous senti extrêmement vulnérable au milieu. Déjà nous sommes à 60km de toute civilisation, le réseau téléphonique ne passe évidemment pas et même en cas de besoin les secours ne pourraient pas intervenir par cette météo. On est donc seuls, tous les trois, à marcher comme des fantômes pour fuir ce plateau qui est littéralement en train d’aspirer toute trace de chaleur dans nos corps.

Plus loin, avant d’attaquer la descente, nous ferons la rencontre fantomatique d’un groupe de rennes posés en train d’attendre la fin de la tempête. La descente sonne comme la porte de sortie de cet enfer de brume.

Les quelques dizaines de mètre de dénivelés refont monter légèrement le thermomètre mais nous sommes trempés et nous restons froid. Nous continuons donc d’avancer. On arrivera  vite dans une forêt de bouleaux détrempés qui continuera de nous mouiller.

Après de long kilomètres, on trouve enfin un spot où se poser. Le camp est monté à la hâte et on saute dans nos tentes respectives. Matthieu et moi nous mettons en caleçon car toutes nos fringues sont trempées. Directement sous la couverture de survie le temps de reprendre quelques degrés. Rapidement on s’habille avec des habits secs (heureusement les sacs à dos n’ont pas (ou peu) pris l’eau) et on se réfugie dans nos duvets.

Il nous faudra 3h pour revenir à une température convenable ! La pluie est tombée sans discontinu durant 7h. Le « soir » vers 17h elle s’arrête enfin et c’est heureux car il faut qu’on mange quelque chose de chaud pour récupérer. On sort donc « cuisiner » en caleçon car le pantalon est trempé. Les nuages se sont enfin levés et dévoilent un beau décor. On passe alors par un bon moment avec nos lyophi et la vue. C’est fou la vitesse à laquelle on passe d’une émotion à l’autre en rando : on alterne entre se dire « mais pourquoi bordel je suis ici ? pourquoi je fais ça? » à des moments de grâce offerts par une vue, un petit truc chaud à manger ou juste un bonne blague. C’est aussi ça finalement que l’on vient chercher ici, les choses simples qui ont un réel impact bienfaisant sur vous.

On se couchera tôt, la pluie reprenant en début de soirée. Heureusement nos duvets ne sont pas humides.

Cette journée aura été très riche en enseignement, tout d’abord et même si on le sait c’est la vitesse à laquelle une situation difficile peut arriver, c’est également le fait que l’eau arrivera toujours à traverser mais c’est surtout la rudesse du climat ici. Cet journée a changé notre perception de ce trek. On est passé de « balade » sauvage à rando engagée. Ce soir on a surtout envie de se barrer de là. Notre arrivée dans Rapadalen aura donc été bien sportive.

En terme de retour d’expérience, je pense qu’on s’est trop préparé en mode « Montagnes Françaises ». La Suède nécessite une approche particulière notamment pour ce qui est de la gestion de l’humidité. Après coup il va donc falloir qu’on revoit certains points. Mais bon rassurons nous aussi, on a surmonté cela et le duo père/fille suédois qu’on a croisé aujourd’hui nous dirons à Saltoluokta (où on les retrouvera) qu’ils ont eu pas mal de soucis aussi et que ça a été dur donc bon, si même les locaux expérimentés galèrent, ça va !

En attendant je m’endors, crevé, bien au chaud en écoutant la pluie dehors. J’espère qu’elle s’arrêtera d’ici demain matin.

Jour 7 - Rapadalen


Il a bien plu encore cette nuit mais au moins ce matin ça s’est arrêté… Par contre tout est évidemment encore mouillé de la veille. Je dois avouer que ce matin je n’ai aucune envie de me lever et enfiler des habits gorgés d’eau (pantalon, chaussettes,…).

Mais bon… il faut y aller. On plie donc le camp et on se met en route. On a pas trop mal récupérer de la veille mais Quentin a toujours aussi mal au genou gauche et celui de droite commence à faire des siennes aussi… c’est pas bon signe et il nous reste 60km à parcourir…

Le début du chemin se fait encore et toujours dans de la forêt dense et mouillée, on va pas sécher aujourd’hui… Par chemin j’entends une vague trace de piste qui semblerait avoir été récemment foulée par un humain étant donné les quelques traces de pas que l’on trouve ici et là. On est bien loin de la superbe Padjelanta et de son tracé 4 étoiles. Ici pas de chemin de planche dans les marais, il faut y aller directement et jusqu’à mi-mollets parfois. Et niveau marais on est servi aujourd’hui. De toute façon pour résumer on a le choix entre la forêt de bouleaux humides, les marais et une broussaille dense à hauteur d’homme qui vous fouette le visage… Un vrai bonheur.

Malgré tout on progresse et les quelques passages proches de l’eau révèlent à chaque fois un magnifique paysage avec, en toile de fond, le Gådoktjåhkkå tout saupoudré de neige fraîche.

Plus on avance et moins la trace est visible. Elle disparaît souvent au niveau des rivières et des marais.

Début d’après midi, Nammàsj (prononcé Nammatche) est en vue, c’est notre destination. Nous cherchons à poser le camp près du débarcadère qui mène normalement à Akste mais qui n’est plus en service à cette période.

Nous atteindrons notre destination vers 16h. Nous avons un joli espace de bivouac et surtout une vue incroyable sur Rapadalen.

Le camp installé, on s’atèle à nos tâches classiques : séchage des affaires (on a même la chance d’avoir du soleil !), photo, soin des pieds… D’ailleurs pour ce qui est des pieds, les miens commencent à en avoir un peu marre d’être trempés si bien que j’ai quelques plaies ouvertes au talons et un orteil qui commence gentiment à puruler… mais bon, quand vous marchez 8h par jour dans des marais il faut pas s’attendre à mieux – on a d’ailleurs croiser une Suédoise plus tard qui avait une philosophie intéressante : « Get wet and accept » (Sois trempé et accepte le)…

On allumera un petit feu ce soir. De quoi se réchauffer un peu même si le bois humide ne chauffe pas très fort.

La journée aura été bonne au final et on a bien progressé malgré le terrain difficile et le genou de Quentin. Le bivouac est vraiment beau et agréable. Encore une fois les lumières du soi donnent envie de faire des photos en continue.

Parce que ça caille et nous ne tarderons pas à rejoindre notre douillé duvet.

Jour 8 - Skierffe, Kungsleden et Sitojaure


Il a fait froid cette nuit ! Avec Matthieu ça a été car on est à deux dans la tente et on a de bons duvets mais Quentin s’est bien pelé. On a eu environ -5°C. Ce qui est marrant c’est qu’étant donné que tout est trempé, et bien tout a gelé, même les chaussures. On a donc le bonheur d’enfiler des bons gros blocs de glace dès le lever.

Par contre qui dit nuit fraîche dit jolie ambiance matinale ensoleillée :

La première étape de la journée consiste à réaliser l’ascension du Skierffe. Juste 600m de D+, ce n’est pas énorme mais il n’y a pas de chemin de ce côté-ci ce qui change pas mal la donne au final. On se met donc en route hors sentier à travers la forêt de bouleaux encore une fois relativement dense.

Afin de vous repérer je vous conseille de viser la cascade qui descend sur la gauche du Skierffe. En suivant ce cap vous ne rencontrerez pas de grosses difficultés. Il y a juste la Nammàsjjåhkå à traverser mais en cherchant un peu on peut trouver un passage à guet.

Nous arrivons rapidement au début de la montée qui se fait en grande partie dans la forêt. La pente est assez raide et l’absence de chemin n’aide pas mais en y allant tranquillement pas de soucis. De plus la vue est de plus en plus belle à mesure que l’on s’élève ce qui donne du baume au coeur :

Vous atteindrez un « faux » replat en haut de la montée là où les arbres se font plus rares. Prenez en direction de la droite (plein est) à ce moment. Une fois la cascade passée par le dessus, vous entamez la longue pente finale vers le sommet. Je vous conseille de ne pas trop marcher près de la falaise, déjà par sécurité mais surtout pour avoir la surprise de la vue au moment où vous arriverez au point culminant du Skierffe.

Et je dois vous dire que cette vue est absolument magnifique ! D’en haut vous embrassez en un regard Rapadalen et son delta, Nammàsj tout petit en bas, Tjahkelij, les lacs de Làjtavrre et de Tjaktjajàvrre,… C’est époustouflant ! Au nord vous pourrez également admirer les grandes landes vides qui s’étendent jusqu’au lac Sitojaure. Le Skierffe tient ses promesses en tous cas et nous sommes heureux et loin de la rudesse des derniers jours. C’est pour cela aussi qu’on marche : voir ces paysages uniques et merveilleux de ses propres yeux.

Nous profitons de ce lieu magique pour faire notre pause du midi. Toutefois à 1179m d’altitude il fait froid surtout dans le Grand Nord, on se refroidit rapidement étant statiques. Encore quelques photos et nous reprenons la route.

La suite du chemin doit nous mener vers le lac Sitojaure, pour cela nous devons rejoindre la Kungsleden mais le sentier redescend vers Akste pour remonter. On décide donc de couper tout droit en passant près du Doaresoajvve. On se retrouve donc encore une fois hors sentier dans un terrain très agréable marchant en toute liberté. Les paysages sont superbes : de la toundra à perte de vue avec en toile de fond de grand sommets tous blancs.

Nous rejoignons enfin la Kungsleden qui nous parait une autoroute après ces 7 jours dans la pampa : le chemin est large, parfaitement marqué et surtout balisé tous les 10m. En bref on avance vite sur la fin du plateau et ensuite dans une forêt/marais relativement triste.

Vers 16h30 nous arrivons en vue de la petite cabane près de l’embarcadère qui permet de traverser le lac. D’ici on peut prendre un bateau à moteur mais comme nous n’avons pas assez de couronnes suédoises sur nous (400Kr/pers), on se dit que l’on va ramer sur les 4,5km sauf que … il y a 0 bateau à rame ! Il devrait y en avoir au moins un sauf que là non… C’est un problème !

Heureusement pour nous il y a une américaine qui attend depuis 1h le bateau pour passer de l’autre côté. On va donc attendre que la pilote arrive et voir avec elle comment on peut s’arranger pour payer notre traversée (euros, virement,..).

Commence alors l’attente, on ne sait pas à quelle heure elle va passer, il y a juste un mot disant qu’elle le fera… Nous attendons donc en papotant avec la randonneuse américaine, en grignotant, en improvisant une pétanque à base de galets,…

Le temps passe et se fait long, au bout de 2 heures d’attente on commence à se demander ce qu’on va faire….

Heureusement, notre pilote arrivera vers 18h30. Heureusement également elle accepte les euros, on va donc pouvoir traverser ce soir et ne pas perdre de temps. On embarque donc tous les quatre et c’est parti pour 10 minutes de traversée.

La distance est vraiment longue jusqu’au petit village de l’autre côté. Je pense qu’en ramant c’est possible mais c’est une bonne étape  à ne pas entreprendre si il y a trop de vent ! Et je ne parle même pas du cas où il faut refaire un aller-retour supplémentaire pour ramener un bateau de l’autre côté. Je vous conseillerai donc de privilégier le passage avec le bateau à moteur même si c’est cher.

Nous arrivons donc de l’autre côté, nous débarquons et nous prenons le temps de papoter avec la pilote qui est également éleveuse de rennes. Initialement on s’était dit que nous resterions bien à la Sitojaurestugorna pour la nuit (un refuge) mais elle nous conseille de continuer la route 3km plus loin pour bivouaquer et dépenser les 50€ de la nuit (500kr) à Saltoluokta qui est plus sympa d’après elle.

Nous reprenons donc la route au crépuscule en marchant rapidement pour essayer de ne pas arriver de nuit. La Kungsleden est toujours aussi « roulante », on a donc besoin de juste 45 minutes pour couvrir les 3km jusqu’au point de bivouac près d’un point d’eau.

Il fait déjà sombre lorsque nous montons le camp. Nous aurons la visite d’un beau renard roux, pas craintif qui approchera à quelques mètres en vue de glaner un peu de nourriture je pense. Il s’en ira au bout d’un moment nous laissant à nos lyophi mangés à la lumière de la frontale.

Le ciel est clair, il va encore faire froid ce soir. On se couche pour la dernière fois dans nos tentes car demain c’est la dernière journée.

Jour 9 - Dernier jour vers Saltoluokta


Le mercure est encore descendu bien bas cette nuit comme en témoigne la tente gelée au réveil. Le soleil levant dévoile également le magnifique paysage qui nous entoure et dont on a pas pu profiter hier. J’adore ces ambiance de petit matin où tout est calme et apaisé.

Nous plions le camp une dernière fois et nous reprenons la route pour les 15km qui nous séparent de la fjallstation de Saltoluokta.

Les paysages sont réellement superbes sur toute cette portion de chemin, de plus nous avons la chance d’avoir un grand soleil aujourd’hui, le temps parfait pour finir le trek. C’est le premier jour sans aucune pluie.

Nous avançons donc le coeur léger contents de retrouver la civilisation après ces 8 jours pas toujours faciles.

Il ne nous faudra que 4h pour parcourir la distance qui nous sépare de la « station », 4h de spectacle offert par la nature :

Nous arriverons à Saltoluokta vers 13h. Il y a pas mal de monde ici, c’est même surprenant et un peu déstabilisant après une semaine en ayant croisé presque personne. Il me faut toujours un petit moment pour atterrir…

Le reste de la journée sera partagée entre une petite bière, un tour au sauna avec une vue magnifique sur le lac et la vallée, un bon repas le soir (~25€).

Le soir nous attendrons les aurores et nous serons récompensés par un beau spectacle ! Une formidable façon de finir ce trek.

Nous nous endormirons donc la tête pleine d’aurores boréales bien au chaud dans notre chambrée.

Le lendemain nous prendrons le bateau à 12h30 et ensuite le bus direction Kiruna où nous passerons une journée avant de revenir en France.

Dès le trajet en bus, nous ressentirons une nostalgie des grands espaces et du « Wild ». Nous disons malheureusement au revoir à la Laponie mais déjà nous souhaitons repartir vivre encore une fois une telle expérience.

Conclusions


Quelle aventure ! J’ai eu envie d’aller au Sarek dès que j’en ai entendu parler et mes espoirs n’ont pas été déçus. Le Sarek est sauvage, dur, beau, époustouflant. La dimension de la Nature, que ce soit les paysages ou la météo, vous font sentir tout petit. Il est rare de nos jours, en Europe tout du moins, de pouvoir marcher 3, 5 ou même 7 jours sans croiser une vraie structure humaine ni même des personnes ou bien juste 2min le temps de se croiser. 

Ce trek aura toutefois été l’un des plus durs que j’ai fait et il en est de même pour mes acolytes. Le terrain aura été la principale difficulté mais la météo n’aura rien arrangé. Mais bon, à côté de cela, la récompense qu’offre les paysages et tous ces petits moments indescriptibles compensent largement les difficultés. Quelques jours après notre retour Quentin parlait d’amnésie à la douleur, j’aime bien cette image. On oublie ce qui faisait mal et on ne garde que le bon et on a tout de suite envie de repartir encore un peu plus loin, un peu plus longtemps. Je ne sais pas encore où cela sera mais ce qui est sûr c’est que l’appel du Nord va encore être fort dans les prochains mois.


Bouquetins au col de la Vache - GR738

GR738 - Haute Traversée de Belledonne

8jours

de trek

130km

parcourus

10000m

D+

10

Bouquetins

Voilà longtemps que je souhaitais découvrir le massif de Belledonne la création de cette nouvelle grande traversée de massif, le GR738, était le moment parfait pour enfin y aller et explorer ce massif aussi magnifique que méconnu.

Suivez-moi pour 8 jours sur GR difficile mais également sauvage et peu couru, le tout à 4h de train de Paris !

Belledonne et le GR738


Belledonne est un massif s’étendant de Chambéry à Grenoble. Long de 60km sur 10 de large, la chaîne culmine à 2977m avec le Grand Pic de Belledonne. C’est l’un des rares massifs de la région à ne pas être classé en Parc Naturel Régional ou National mais des projets sont en cours en ce sens. Belledonne est moins connu que les illustres Ecrins, Vanoise ou Vercors mais recèle toutefois des possibilités de randonnées fortes intéressantes et de sublimes paysages, le tout étant peu fréquenté et sauvage. Le massif est aisément accessible en voiture mais également en train en passant par Chambéry ou Grenoble.

Le massif est un haut lieu de pastoralisme et vous croiserez de nombreux troupeaux de moutons souvent protégés par des chiens Patou (prudence!). La faune y est riche, on y croise les « classiques » bouquetins, chamois et mouflons et le Loup y est également présent surtout dans le nord, dans l’Allevard.

Les Patous : ces chiens sont élevés pour garder et protéger les troupeaux de moutons, au sein desquels ils évoluent dès le plus jeune age. Ceux sont donc des chiens de défense qui ne laisseront personne approcher du troupeau, même les randonneurs. Il faut donc être particulièrement prudent à l’approche d’un troupeau car chaque année des randonneurs se font mordre.

Comment se comporter en présence d’un troupeau et d’un patou :

  • Ne pas traverser un troupeau de moutons, toujours le contourner ou le laisser passer en gardant ses distances.
  • Le patou, lorsqu’il vous repérera, va venir vers vous en courant et en aboyant fortement afin de « marquer » son territoire. Il va ensuite vous sentir et évaluer la menace que vous représentez. Parlez lui gentiment, sans crier, arrêtez vous le temps qu’il vous « scanne » ou bien continuez à marcher tranquillement, ayez une attitude apaisée et calme afin de le mettre en confiance. Il vous accompagnera le temps que vous vous éloignez du troupeau.
  • Ne courrez pas, ne soyez menaçant d’aucune sorte que ce soit. Ne brandissez pas de bâton par exemple. Toute action pouvant être interprétée par le chien comme une agression pourrait déboucher sur un comportement agressif de sa part.
  • Si vous avez un chien avec vous, ne le prenez pas dans les bras.

Les sentiers qui composent le GR738 ne datent pas d’hier, ils étaient connus sous le nom du « sentier des bergers » auparavant, mais l’officialisation du statut de GR date de 2017 avec une ouverture officielle à l’été 2018. Lorsque j’ai parcouru le GR (juillet 2018), la section entre le col de la Vache et la brèche de la roche fendu n’était pas encore balisée GR (mais il y a bien un balisage composé d’un trait jaune et/ou de points bleus) mais cela devrait être finalisé courant 2018. Avec ces 130km de long et 10 000m de dénivelé positif, le GR738 se positionne en tant que grande traversée de massif difficile à l’instar du GR54 ou du fameux GR20. L’une des spécificités du GR qui m’a marqué est le peu de village que l’on traverse. Si vous souhaitez donc partir en autonomie, il faudra prévoir de la nourriture pour quasiment tout le long de la randonnée. Si vous ne souhaitez pas faire de portage lourd, il est également possible de faire la randonnée de refuge en refuge mais certains ne sont pas gardés.

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Comme je l’ai dit précédemment, Belledonne est peu couru et sauvage, vous randonnerez donc en croisant peu de monde surtout dans les parties les plus reculées. Pour l’avoir parcouru, le GR738 est donc un beau parcours, assez demandant physiquement mais gratifiant en terme de paysages surtout sur la partie Sept Laux – La Pra.

Jour 1 - Départ de Paris et premiers kilomètres


Nous sommes le 06 juillet 2018 à Gare de Lyon et c’est parti pour 8jours de randonnée le long du GR738. Je serai en solo pour ce trek car je devais partir avec mon frère mais ses vacances ont été annulées malheureusement… C’est la première grande randonnée de l’année et on ne peut pas dire que j’ai fait beaucoup beaucoup de sport dernièrement (…), on verra ce que ça donne physiquement sachant que le sac est particulièrement lourd car j’emmène 8 jours de nourriture avec moi étant donné que je veux être totalement autonome.

Direction Aiguebelle pour rejoindre le début du GR738. Le voyage est rapide car le village est à 30min de TER de Chambéry que l’on rejoint en 3h de TGV depuis Paris.

Me voilà donc au début des 130 bornes qui me séparent de Vizille, la fin du GR. Pour trouver le début du chemin, rejoignez la rue principale du village en direction du NO. Les premières marques rouge et blanche qui vont vous accompagner pour quelques jours se situent à l’embranchement de la route qui monte vers le Planay (c’est dommage qu’il n’y ait pas de petit panneau marquant le début du sentier, quelque chose d’un peu solennel).

Alors disons-le tout de suite, je n’aime pas les premières journées de marche, en général c’est difficile (le temps de lancer la machine), c’est pas folichon en terme de paysage et je fais toujours une erreur de navigation. Et bah vous savez quoi … j’ai eu droit au trio gagnant cette fois-ci ! La montée au dessus d’Aiguebelle n’est pas très jolie et je serai de plus accompagné par les mouches et les taons. Le sac est lourd, je ne suis pas « chaud » et la fatigue du voyage font que c’est dur dur en cette première journée. Pour couronner le tout je me tromperai de direction vers Les Bugnons me rajoutant 2-3km inutiles !

L’objectif de la journée était de monter au Fort de Montgilbert et d’y bivouaquer. J’y arrive vers 19h, épuisé (…) et harcelé par des nuées de moustiques – un enfer ! Pas de surface adéquates pour poser la tente, je décide de pousser plus loin dans l’espoir de trouver un meilleur coin.

Au final je me poserai à côté d’une piste forestière (un coin bien moche) et je passerai la soirée dans la tente car les moustiques rendaient l’extérieur invivable… Voilà une première journée typique ! J’espère que ça ira mieux demain, normalement on attaque des zones plus sympathiques. Pour l’instant dodo, il faut récupérer pour la suite.

Jour 2 - Du Fort de Montgilbert au Refuge de la Perrière


Réveil matinal avec le soleil et empaquetage rapide. C’est une longue journée qui m’attend : 17km et 1700m de D+ ! Reprenant la route je croise quelques centaines de mètre après le bivouac une ancienne batterie avec un coin qui aurait été parfait pour poser la tente … Dommage !

Le sentier descend ensuite vers un petit patelin appelé Les Granges, je croise fugacement un chamois dans la descente en sous-bois. Au village, le GR738 passe de l’autre côté de la vallée, à l’ombre, pour monter en direction du col du Champet.

L’ascension pour le col est longue, en tous cas j’ai du mal et physiquement ça suit pas. Je paie le manque d’entrainement cette année. Heureusement on monte à l’ombre.

Arrivé au col je m’accorde une petite pause, le temps de grignoter. Les arbres commencent à se faire rare à cette altitude (~1800m) ; les montagnes alentours se dévoilent plus, le paysage a déjà bien changé et est plus beau.

Le GR738 mène ensuite vers le sommet du Grand Chat (1992m) et court le long de la crête vers le lac aux grenouilles. C’est un joli passage mais j’ai un peu de mal à en profiter car je n’ai plus d’eau depuis quelques temps et il fait très chaud. Malheureusement le coin est sec…

Heureusement, je croise le petit lac des grenouilles qui me permet de boire un peu même s’il n’est pas profond et l’eau un peu trouble (merci la paille filtrante…). Par contre sur ce coup là je fais preuve d’une certaine bêtise étant donné que quelques mètres plus bas (mais cacher à la vue depuis le lac) se trouve le refuge d’Arbarétan auquel il y a de l’eau…

Je reprends la route après cette courte pause pseudo rafraîchissante. Prochain passage clé, le col de la Perche (1988m) que je rejoins rapidement. Il faut ensuite descendre relativement bas avant d’attaquer la montée vers le Col de la Perrière (1979m). Sur le chemin on croise la source du Gargoton qui est pleine de charme et qui me permet surtout de boire à ma soif et de refaire le plein. Je m’y accorde une bonne pause avant d’attaquer les 300/400 m de montée.

L’ascension vers le col n’est pas complexe en soit mais je commence vraiment à être fatigué aujourd’hui. J’ai hâte d’arriver au refuge de la Perrière et de souffler un peu.

Ce dernier est situé non loin du col légèrement en contrebas. C’est une jolie cabane avec une quinzaine de couchage. Le bâtiment a entièrement été rénové par l’association « Tous à poêle » en 2018. Bien que non gardé le refuge de la Perrière offre un bon confort. Il est d’ailleurs prisé des habitants du coin car on peut y accéder depuis Val Pelouse en 50min de marche. Etant donné que nous sommes samedi, pas mal de famille sont montés avec leurs enfants et le refuge sera plein ce soir. Pour ma part je poserai ma tente dehors afin de dormir au calme.

Je suis content d’arriver car je suis exténué. Il n’est pas encore trop tard, j’ai donc le temps de profiter du lieu et de l’ambiance. S’en suivra une agréable soirée animée par les jeux d’enfants et l’ambiance conviviale. Le coucher de soleil sur le Pic du Frêne est beau.

D’ici j’aperçois mon objectif de demain, le Col de Claran (1956m) qui n’est qu’à 4km à vol d’oiseau mais qui va nécessiter une bonne balade encore une fois.

Mon sentiment est partagé ce soir car bien que l’endroit soit sympa et l’ambiance agréable, le GR738 ne m’a pas encore particulièrement impressionné par ses paysages. Par contre physiquement il m’a bien attaqué et j’espère que les prochaines journées seront plus cool. Pour l’instant passons une bonne nuit de sommeil.

Jour 3 - Du refuge de la Perrière au Refuge de la Pierre du Carre


La nuit a été bonne même si je me réveille avec les jambes toutes raides ainsi que le dos. Je suis le seul réveillé, c’est l’aube, il fait bon et l’atmosphère est apaisante. Le « camp » est vite plié et je me mets en route en direction du Refuge des Férices.

Cette étape du GR738 commence par une jolie montée vers le Col de la Frèche (2183m) de quoi se mettre en jambe dès le matin !

Le terrain a changé depuis hier. C’est plus sauvage, plus rocailleux, je préfère. Une fois au col, le sentier passe de combe en combe à flan de falaise en descendant gentiment vers les Férices. Cette portion est très belle, très sauvage mais attention le chemin peut être abrupte (particulièrement en descente). Soyez donc prudent surtout si vous randonnez avec des enfants.

J’atteins le petit Refuge rustique des Férices qui est une simple cabane de pierre avec juste ce qu’il faut d’installation à l’intérieur. Je trouve que ce refuge a beaucoup de charme et le lieu dans lequel il se trouve est vraiment magnifique.

Je m’accorde une longue pause avant de reprendre la route en direction du Chalet de Pré Nouveau quelques 400m plus bas.

Les genoux sont douloureux dans la descente et la fatigue des derniers jours se fait sentir. Cette portion contrairement à la précédente n’a que peu de charme… Je croiserai dans cette descente les seules autres personnes de mes 8 jours ayant parcourus le GR738 en intégral…

Pause repas au Chalet (qui est fermé) avant d’attaquer l’ascension vers le Claran.

Encore une fois cette portion n’est pas très jolie car elle évolue dans une végétation dense et fort humide. Ce n’est qu’à l’approche du refuge de Claran (1828m) que le paysage s’ouvre de nouveau. En tous cas la montée est longue et difficile pour moi…

La montée finale vers le col finie de me fatiguer même si la vue est belle. Derrière le refuge de la Pierre du Carre se dévoile plus bas avec lui l’idée d’une bonne bière fraîche. Par contre il paraît beaucoup plus proche qu’il n’est en réalité et la descente est une torture pour mes genoux.

J’atteins enfin le refuge, épuisé encore une fois… Il y a peu de monde et je me retrouverai rapidement seul avec les gardiens. Je profite d’être à un refuge gardé pour manger une bonne part de tarte aux myrtilles accompagnée d’une bière bien méritée. Encore une fois et comme souvent, la vue du refuge est belle.

Je passerai pas mal de temps à discuter avec le gardien et sa femme qui sont très accueillants. Si vous passez dans le coin, je vous conseille vraiment d’y passer pour une nuit ou juste le temps de manger un bout car il y règne une agréable ambiance de « refuge familial » qui parfois se perd avec les gros établissements.

Il y a quelques emplacements au dessus du refuge pour poser la tente. Ils offrent une jolie vue sur la vallée.

Je me couche tôt car j’ai besoin de récupérer. Je commence à être inquiet pour la suite et j’espère que je vais tenir physiquement. Le fait de marcher seul n’aide pas car j’ai personne pour me motiver quand je suis fatigué. Le groupe fournit une belle énergie en général.

Je m’endors ce soir, bercer par les « effaroucheurs à loup » (des tirs à blanc de canon à gaz) du berger qui est un peu plus haut sur la montagne.

Jour 4 - Du Refuge de la Pierre du Carre au Chalet du Léat


Quatrième jour… mes petits rituels sont bien rodés et je me lève encore une fois de bonne heure et je plie le camp rapidement. La journée commence par une longue descente… J’aime pas les descentes, surtout en début de journée.

Celle-ci est particulièrement moche et pas agréable car la rosée du matin a tout trempé et ça dérape. Elle me casse le moral et déjà que je commençais à me dire que je n’arriverai pas à finir le GR738, cette descente me sape encore un peu plus.

Conséquence : arrivé au niveau de la fourche en T lorsque le sentier rejoint une piste forestière, je me pose sérieusement la question de savoir si je continue ou non le GR738. C’est une scène qui serait très cinématographique avec le choix cornélien suivant : vers la gauche le GR, vers la droite le retour à la maison ponctué d’un échec. J’appelle ma copine à la rescousse qui trouve les mots pour me remotiver et me convainc de continuer.

Direction la gauche et la motivation de finir ce sacré GR738 !!

Le chemin suit la piste forestière sur une bonne distance. Ce n’est pas très joli mais au moins le terrain est bon et à l’ombre. Arrivé au Praillet vers 1700m, le sentier entame une douce descente à travers les alpages en direction de l’Aup Bernard que j’atteindrai rapidement.

Après l’Aup Bernard et une pause réhydratation, une autre descente en direction de la Bourgeat Noire m’attends. Il n’y a pas grand chose à dire sur cette portion encore une fois si ce n’est qu’on évolue dans les arbres ce qui est à la fois agréable car on est à l’ombre mais d’un point de vue paysage je préfère les grands espaces nus.

Arrivé au village le GR738 monte normalement vers de Refuge de l’Oule mais je vais devoir doubler mon étape demain pour tenir mon planning, je fais donc le choix de prendre un itinéraire direct en direction du chalet du Léat et ainsi gagner un peu de temps pour demain.

Le sentier en question évolue en forêt (heureusement car il fait très chaud) mais monte très très fort ! Au moins on prend vite du dénivelé… J’ai la chance de croiser une maman et sa fille qui font une randonnée à la journée entre le Léat et l’Oule et je fais la montée avec elles, c’est plus motivant à plusieurs et ça permet de papoter.

Je suis bien content d’arriver au chalet qui est niché juste à côté du joli lac du Léat dans un petite dépression. C’est un bel endroit et le chalet est très bien entretenu.

Nous partageons un petit thé à la menthe avec mes deux camarades de montée avant qu’elles ne reprennent leur route. Rapidement un duo de marcheurs arrivent pour passer la nuit au refuge également. On sera rejoint un peu plus tard par un groupe de quinqua’ très sympa. Au final c’est une soirée agréable que je passe. Les abords du chalet sont vraiment jolis surtout dans la lumière orangée du soir.

Je pose ma tente juste à côté du refuge. Demain, direction les Sept Laux, pour je pense une nouvelle approche du GR738 car si on en croit la carte je vais passer dans un milieu beaucoup plus « montagne » et rocailleux.

Jour 5 - Du Chalet du Léat aux Sept Laux


J’ai bien fait de dormir dans ma tente et pas dans le refuge car il y avait du ronfleur ! Je les ai même entendu de dehors !

Longue journée en perspective car aujourd’hui je double une étape (même si l’étape jusqu’à La Martinette n’est pas bien longue) et ce soir je serai aux Sept Laux.

Pour changer, la journée commence par une descente sans grand intérêt vers le fond de vallée, de là on part en direction de la Martinette.

Commence alors la longue montée de 1100m vers les Sept Laux. Il est tôt j’ai donc tout le temps pour manger ce dénivelé et j’y vais tranquillement, à mon rythme.

D’après ce qu’on m’a dit, préférez le sentier du GR738 plutôt que celui qui passe par le « Cul de la Vieille » car ce passage nécessite de mettre un peu les mains ce qui n’est pas idéal avec le sac. La montée est belle et sauvage, on passe entre les pierriers et sur de jolis sentiers en prenant petit à petit de la hauteur. Il n’y a personne encore une fois et il fait grand beau.

Une fois au lac noir, vous êtes quasiment arrivés. Encore 10min et enfin le Refuge des Sept Laux se dévoile sur un petit bout de rocher entre les lacs. Les Sept Laux sont un immense complexe hydroélectrique créés par EDF (j’imagine qu’il devait tout de même il y avoir des lacs initialement). Il y a donc pleins de lacs plus ou moins grands qui communiquent ensemble. En ce moment les lacs sont bas comme on peut le voir sur les photos mais c’est joli tout de même, surtout en direction du sud.

Je m’installe à la terrasse du refuge pour manger une bonne omelette. Je papote un peu avec les randonneurs présents et je savoure la satisfaction d’avoir grimper ces 1100m surtout que je me sens beaucoup mieux physiquement, je suis donc confiant pour finir le GR738.

C’est en faisant le point sur les prochains jours que je me rends compte de mon erreur : j’ai mal compté les étapes et les jours qu’il me reste. Actuellement je rate mon train d’une journée !! Il va donc falloir que je double une autre étape… En analysant un peu la carte et la suite des étapes, je décide de tenter de doubler l’étape de demain c’est à dire de marcher jusqu’à Jean Collet plutôt que de m’arrêter à l’Habert d’Aiguebelle. Cela va être une longue journée mais c’est faisable. Par contre pour gagner un chouya de temps demain, je reprends mon sac et je pousse jusqu’à la bergerie du Cos sous le col de la Vache pour poser mon bivouac du soir.

Le chemin entre le refuge et la bergerie est vraiment beau surtout avec les jeux de lumière dus aux nuages de la fin d’après midi.

Les abords du Lac du Cos sont magnifiques et offrent des emplacements de bivouacs de rêve ! Je me pose non loin de la bergerie qui n’est pas occupée pour l’instant. J’ai toute la vue sur le lac et la Pyramide (2912m) en fond. C’est un joli moment, serein et solitaire encore une fois.

Le soir j’aurai la visite de quelques bouquetins sur les hauteurs derrière la tente. Les couleurs sur les montagnes environnantes sont très belles et il ne fait pas froid. C’est vraiment un beau coin à bivouac, certainement le plus beau de mon GR !

Jour 6 - Du Lac du Cos au Refuge Jean Collet


Bon, c’est une longue journée qui m’attend ! Je dois doubler mon étape et rejoindre le refuge Jean Collet. Le premier soucis c’est que face à moi il y a le Col de la Vache et qu’il est encore en neige. En effet, les précipitations ont été exceptionnelles cet hiver et la neige est encore bien présente. Je sais que ça passe car j’ai croisé des groupes qui avaient réussi mais en fin d’après midi à chaque fois. L’attaquant de bon matin, j’espère que le regel nocturne a été limité…

Je commence donc la montée dans la rocaille pour l’instant. Derrière la vue est magnifique avec le soleil du matin et le lac en contrebas.

Je rejoins rapidement la neige. Je pense que dès 2300-2400m tout est tout blanc. Heureusement les abords du névé sont praticables. N’étant pas équipé de crampons, je préfère donc passer dans la rocaille et éviter une glissage… Pour la montée ça se fait bien et c’est même plus « ludique » car je dois mettre un peu les mains dans certains passages.

J’arrive rapidement au col au final. De l’autre côté pas de surprise : la neige sur 200m de D-…  sauf que cette neige est totalement gelée et donc c’est une longue pente de glace qui se présente à moi pour la descente ! Aie !! Je ne suis pas du tout équipé pour. J’ai donc 3 choix : soit je fais demi tour et je passe ailleurs (mais où ?), soit j’attends que le soleil tourne et réchauffe le col mais dans ce cas adieu le doublage d’étape aujourd’hui, soit je tente de descendre la pente en ramasse c’est à dire en me faisant glisser sur les fesses…

Je choisis la 3e option car je veux avancer. Je vais être honnête, avec le recul, cette idée n’était pas très maline car étant tout seul, le risque était assez élevé… Mais bon, me voilà en train de glisser doucement sur les fesses en me freinant avec les bâtons autant dire que l’équilibre est précaire et que j’ai froid aux fesses ! D’ailleurs ça ne rate pas, je pars en glissage incontrôlée et j’arrive à me freiner uniquement grâce à une dépression dans la glace un peu plus bas… Je m’en tire sans trop de dommage si ce n’est une jolie blessure à la main mais ça aurait pu être bien pire.

La descente prendra une bonne heure au final et un bon stress !

Heureusement et pour me faire oublier cette mésaventure, quelques bouquetins m’attendent en bas et ne dédaigne à peine se décaler pour me laisser passer. Je réalise quelques belles photos, j’aime ce genre de rencontre avec la faune locale (a priori leur présence ici le matin est commune).

Je reprends la route en direction du Pas de la Coche après avoir désinfecté ma main. On voit le chemin serpenter au loin. Le passage du Col de la Vache symbolise vraiment un changement dans les paysages je trouve, étant donné que la suite du GR738 se fera dans une ambiance beaucoup plus rocailleuse, plus sauvage.

Lorsque j’ai parcouru le GR738 en juillet 2018, le sentier n’était pas balisé « GR » du Col de la Vache jusqu’à la Brèche de Roche Fendue. Il y a d’autres balisages notamment des traits jaunes et/ou des points bleus. Le balise GR devrait être terminé pour l’automne 2018.

Les paysages sont très beaux sur cette portion.

J’atteins rapidement le Pas de la Coche qui symbolise normalement la fin de l’étape de la journée. Il est encore tôt j’ai donc tout le temps pour rejoindre Jean Collet.

Pour l’instant je me dirige en direction de la Brèche de Roche Fendue (2480m). Le chemin emprunté est très sauvage et n’apparaît même pas sur la carte IGN (ce qui est rare). Profitez de la petite source qui donne naissance au ruisseau de la Grande Montagne pour refaire le plein d’eau de source aussi bonne que fraîche.

L’ascension vers la Brèche se fait dans le pierrier tout du long. C’est une bonne ascension, assez longue au final surtout qu’il fait très chaud.

Le passage de la brèche est beau car c’est vraiment une petite ouverture dans les falaises environnantes.

Pour ce qui est du passage du Col de la Mine de fer et toute la descente vers Jean Collet, je n’ai pas beaucoup de photos à vous présenter car, derrière la Brèche de Roche Fendue, j’étais dans les nuages tout du long. Cela créé cependant une jolie ambiance mais c’est plus difficile pour apprécier les paysages environnants.

Le Col de la Mine de Fer et la descente jusqu’au Refuge Jean Collet ne présentent pas de difficulté particulière.

J’atteins donc le refuge dans l’après midi. J’ai bien crapahuté, je suis content. Je m’offre donc une petite bière artisanale du coin en récompense.

Fin de journée assez classique. Je passerai pas mal de temps à discuter avec les gardiens et un randonneur au refuge. J’installerai ensuite ma tente un peu au dessus car il y a quelques emplacements prévus pour le bivouac. Le coin offre une belle vue sur la vallée et Grenoble 1700m plus bas. Voir Grenoble c’est aussi le symbole de la fin prochaine du GR. Encore 2 étapes et j’aurai fini. En tous cas cette journée est la plus belle du GR738 en terme de paysages à mon sens.

Jour 7 - Du Refuge Jean Collet au Refuge de la Pra


C’est reparti pour un tour ! Cette étape représente la dernière vraie étape du GR étant donné que la dernière sera juste dédiée à la descente sur Chamrousse.

Pour l’instant la première partie de la journée commence par la descente vers l’Habert du Mousset, ce qui est rapidement réalisé.

On entre ensuite dans le vif du sujet avec l’ascension sur Col de la Sitre (~2160m). C’est une belle montée assez raide mais qui ne présente pas de difficulté technique majeure. Il faut juste prendre son temps.

J’avoue une certaine appréhension à passer ce col car je sais qu’il y a un troupeau gardé par un patou derrière et que certains randonneurs ont déjà eu de « sympathiques » contacts avec ce bon toutou…

Heureusement pour moi le troupeau est plus bas et descend vers le lac de la Grande Sitre, je vais donc éviter une mauvaise rencontre.